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lundi 17 mars 2025

FLEURY, balade en CHANSONS... (2)

 « ... Et sur ma route il y a des trous... », oui, des trous de mémoire, sûrement ou des trous d'air puisque ma vie a continué sous les tropiques de l'Océan Indien. 

Je n'ai pas vu «...tant de rues » et « tant d'églises », sauf peut-être à La Réunion... 



« ...Mais les plus belles étaient chez nous... », non, “ la plus belle ” c'est celle de Saint-Martin à Fleury, chez nous, plus chaleureuse qu'une cathédrale même si jadis, les logis accolés, la pissotière, l'abri pour les vagabonds, celui pour les feux d'artifice, lui donnaient l'air d'une grande... 

« Mon village est loin, à l'autre bout du Monde... », non, il est toujours resté là vu que les pensées, plus encore les mots échangés, le gardent à portée, lui, sa famille et les gens qu'on aime... 

Divergences ensuite, avec les paroles de Delanoé malgré « ... Les chemins qui mènent à nos collines Avaient des pierres douces à nos pieds... » 

Vite il faut le bâcler ce topo nombriliste, se mettre en cuisine, que le tripat, même en trichant à la cocotte, ça prend du temps. Et puis ce ne sont pas mes camarades qui m'ont oublié... ces choses-là ne se disent pas... la larme à l'œil, seulement seul, en secret... Que tous ceux qui font mon ciment me soient sauvegardés, trésors vivants qu'ils sont, puisque persistent en moi les copains trop tôt partis... proches sinon plus ou moins côtoyés : André, Éric, Georges, Gérard, Guy,  Jacky, Joseph, José, Louis, Marc, Patrick, Paul-Serge, Philippe, Pierre, René, Richard, Roger, Serge... les filles aussi  Annie, Jackie, Joëlle, Marie-Agnès, Marie-France, Marie-Josée, Marie-Thérèse, Martine, Maryline, Maryse, Mauricette, Michèle, Sylvie... pardon pour les prénoms oubliés mais que la rue, la maison, ponctuellement ne manquent pas de rappeler... une litanie telle celle de Marie Laforêt (1939-2019) « Anton, Ivan, Boris et moi Rebecca, Pola, Yohanna et moi... » : 

«... Sur le chemin de bruyères
Tout le long de la rivière 
On cueillait la mirabelle 
Sous le nez des tourterelles... » 
Paroles Marnay Eddy (1920-2003), compositeur Stern Émile (1913-1997). 



Mince, il faut rentrer, c'était juste pour le romarin et le thym du tripat, surtout que j'ai pris le temps d'une botte d'asperges. Au-dessus du talus où le vélo est caché, une vigne mais toute sèche, qui, lambrusque, n'ira pas courir dans la Montagne de Jean Ferrat (1930-2010), que le printemps ne viendra pas attendrir  : 

« ... Les vignes, elles courent dans la forêt
Le vin ne sera plus tiré... »

Enfance, jeunesse, boulot aussi avec cette chanson idéale pour expliquer l'exode rural en classe de 4ème... Nostalgie multiple donc... Un chien costaud du museau passe sur la piste tracée désormais sur les friches, sans maître. Qu'il ne me sente pas malgré le Cers léger ; le coteau est devenu parcours pour les coureurs, les promeneurs, les baladeurs de toutous mais ce jour, heureusement, pas de moto tous terrains venue chambouler cette paix survivante (1)...  Et tant que nous sommes là, sous quinze degrés, malgré un ciel que le soleil n'a pas encore le courage de bousculer, ne suivons pas, finalement, les mots prémonitoires du parolier à l'intention de l'interprète :  

« ...Pas de discours et plus de larmes, 
Venez mes frères me dire adieu. » dans la bouche de Joe Dassin, devant mourir dans sa quarante deuxième année, si loin, à Papeete... 

(1) un jour j'en ai croisé un très prudent certes, attendant son petit garçon également sur un mini engin... je n'en pense pas moins que pour ces motos de mer au potin invivable... 

Ps : à propos des photos, commentez vous-mêmes que je suis enquiquiné : après 45 minutes, elles manquent de cuisson les tripes et j'ai dû les remettre sur le feu... 

Et les chansons, à la demande, vous saurez les trouver non ? 

mardi 11 mars 2025

CARNAVAL, merci la revue FOLKLORE (2ème partie)

Aude ! à associer sans complexe à la Belle Aude ! Des stations de ski aux plages du Golfe du Lion, presque tout le long du fleuve donnant l'identité administrative, un cours d'eau des plus travailleurs, “ petit frère du Rhône ” pour son delta, pour le Cers, vent de couloir, catabatique, pouvant se comparer au Mistral et, entre parenthèses, des plus vieux noms de vent de France depuis les Romains (aux présentateurs météo verbeux qui voient partout des tramontanes d'en prendre de la graine !), un département plus que trait d'union entre Massif Central et Pyrénées, entre Espagne et Italie sinon le reste du pays et au-delà l'Europe, entre Méditerranée et Atlantique, un département qui n'est pas en reste dans le domaine civilisationnel (est-ce pour cette raison que la radio d'État, présente dans l'Hérault et les P.O. nous snobe ? Est-ce pour cette raison que les descendants des barons du nord ne savent pas qu'entre Sud-Est et Sud-Ouest existe un Sud ? [dernièrement lors d'un jeu télé, un viticulteur des Corbières a tenu à affirmer ce distinguo, ce qui ne fut pas sans me plaire !]). Originalité culturelle sinon rareté, sur un demi-siècle, grâce à de passionnés érudits cette publication de la revue Folklore qui, grâce à René Nelli, nous en apprend tant sur les fêtes carnavalesques chez nous ; ci-dessous, la suite des infos et éclairages sur carnaval après les neuf relevés du précédent article :   

*10. Des quêtes alimentaires par des jeunes gens ou des enfants qui recevaient du lard, des œufs, de la charcuterie. (Est-ce en lien avec la tradition des « Vingt sous dins la padeno » ? Poser la question c'est déjà y répondre, me semble-t-il). 

Carnaval_Strasbourg 2014 under the Creative Commons Attribution 3.0 Unported license. Photographe Sandra Gruneisen

*11. Les masques faisant peur aux enfants et aux filles peuvent aussi marquer la présence des morts parmi les vivants. Afin de mieux s'opposer au carnaval, l'Église, abondant dans le sens de la superstition des deux garçons masqués qui seraient trois, le troisième ne pouvant être qu'un mort ou le diable, s'est de tous temps évertuée à freiner le goût des mascarades (1).  

*12. En 1950 déjà, les coutumes et pratiques de carnaval sont en régression, le carnaval de Limoux représentant une exception à la règle : c'est l'époque où les meuniers allaient payer les impôts au monastère de Prouilles qui possédait tous les moulins, les charretiers assuraient, eux, le transport des grains et de la farine. 

Membre_de_la_banda__Les_Arcadiens__al_Carnaval_de_Limós_dins_Auda_(França) 2006 under the Creative Commons Attribution-Share Alike 4.0 International license Autora Guilhelma
Occitan : 
Precedissent la musica, las bandas sortisson a l’ocasion de la jornada que lor es reservada, e van aital d’un cafè cap a l’autre (Aurora Guilhelma).

Limoux_Carnivale_2024 under the Creative Commons Attribution-Share Alike 2.0 Generic license. Author Rebecca W


*13. Au début du XIXème le carnaval restait marqué par l'écart entre classes sociales, à Limoux, les fils de bonnes familles en meuniers blancs sur des chevaux noirs offraient des dragées aux dames tandis que, plus peuple et à pied, d'autres masques, à l'aide de soufflets,  projetaient de la farine sur les visages. Les Fecos sont toujours les meuniers souvent en Pierrots, Arlequins, Colombines, les Goudils, vêtus de hardes ou de la blouse bleue des charretiers, représentent les plus humbles. 

*14. Exécuter Carnaval, c'est aussi refouler “ la Vieille ”, l'ultime attaque du froid fin mars début avril. 

*15. Carnaval porte parfois un nom lié à l'actualité par exemple Landru à Bassan (Hérault). 

*16. Entre 1780 et 1789 à Carcassonne, Carnaval se nomme “ Cravatat ”, il sera brûlé avec sa femme. Suivant les lieux, Carnaval peut être fusillé, pendu, noyé. 

*17. Si de nos jours il s'agit de confettis ou d'eau parfumée, le mercredi du nom, on jetait des cendres et de la farine sur les filles (à Pignan, Saint-Thibéry, Limoux).  

(1) parmi les fêtes liées à carnaval, celle de la procession du renard. Affublé de la mitre et du surplis d'évêque, le renard est promené en ecclésiastique à portée de poules que par instinct il trucidera avant la fin de la cérémonie... Sûr que cet anthropomorphisme pour critiquer le clergé ne devait pas plaire à l'autorité religieuse ! 

jeudi 5 décembre 2024

PROVENCE du RHÔNE (18) Astérix, Mistral, Lear sans Shakespeare...

Oh François ! Finie la récréation ! Déjà que tu t'es laissé aller à la parenthèse de tes « Trois Jours » à Tarascon, voilà que tu te balades, à raconter tout ce qui te passe par la tête en cette fin novembre ; ce n'est pas le tout de nous sortir tes arbres de cœur, tes bords de vignes déjà dans l'impatience des jours qui rallongent, ton village, le coin où ton moral s'accroche... tu ne peux pas laisser en plan les repérages, enquêtes sur cette Provence du Rhône. Ça vaut ce que ça vaut mais si tu te déconcentres, la collecte sera incomplète... dire que tu as failli oublier un personnage de premier plan, Jean-Henri Fabre des sauterelles et des pantigues dont l'éphippigère de Béziers qui a tant de mal à traîner sa bedaine ! Allons, tu en étais aux Alpilles, il faut t'y remettre ! 

Dans ses personnages liés à la commune se qualifiant de pierreuse, Saint-Étienne-du Grès mentionne Amanda Lear (1939-) artiste polymorphe sans le moindre rapport avec le « pierreux » du lieu, et René Goscinny (1926-1977), créateur, entre autres, d'Astérix, avec Uderzo (1927-2020). 

Fête de la careto ramado à Maillane. Pour marquer la récolte, les chevaux à l'honneur avec leurs charrettes hérissées de rameaux d'orme faisaient le tour du village, la première fois au pas puis au trot et enfin au galop. Chez nous, cette fête est attestée à Coursan. 


Maillane ! L'article ébauché de Wikipédia évoque un village carte postale du Midi, typique jusqu'au cliché : vieilles ruelles, vieilles maisons, vieilles portes ; autour une campagne d'oliviers et vergers, les platanes des routes, les cigales de l'été. Et avant tout, un monument unique nommé Mistral (1830-1914). Mais pourquoi donc, pour commencer, son nom de famille est homonymique du maître vent de la Provence ? Surtout que François, natif de la basse plaine de l'Aude, fait aussitôt le lien Mistral-Cers-Cerç. Et aussitôt les tramontanes viennent lui buffer dessus, l'obligeant à monter sur son grand cheval (il n'y en a pas pour long [1]). À propos de Mistral, « Ce monument, quand le visite-t-on ? » puisqu'il le considère ainsi et que son trait rappelle la tirade du nez de Cyrano par Edmond Rostand (1868-1918), né à Marseille, resté sudiste par bien des côtés... 

Premier_portrait_connu_de_Mistral_18_juillet_1852_à_Tarascon 2013 Inguimbertine_de_Carpentras Auteur Jean-Joseph Bonaventure Laurens


Frédéric Mistral, Frederi en souvenir du garçon mort jeune qui avait passé les mots d'amour entre ses parents amoureux, passe son enfance à Maillane, poursuit sa scolarité à Saint-Michel-de Frigolet, Avignon, Nîmes. Ses études de droit à la faculté d'Aix, avec l'Histoire de la Provence, lui ont appris que les dispositions législatives étaient des plus avancées et la langue provençale, première langue littéraire de l'Europe civilisée, d'où sa détermination à œuvrer pour rendre l'honneur aux peuples du Sud spoliés de leur culture.  


(1) Loin de moi l'idée de blablater, seulement l'intention d'en rester au factuel. 
* le nom « Cers », un des plus vieux noms de vent de France, le Cercius des Romains... celui de « tramontane » ne date que du XIIIe et encore à Florence. C'est le Cers qui s'est banalisé en tramontane et non l'inverse !
des vents de couloir liés à un cours d'eau marquent particulièrement la Méditerranée Nord-Ouest : le Mistral avec le Rhône, le Cers avec l'Aude et encore un Cerç avec l'Èbre, en Catalogne.
La tramontane, nom plus généraliste puisque étymologiquement « au-delà des montagnes », et que les tramontanes sont plurielles.
Sinon, les vents ne sont que du vent...

lundi 25 novembre 2024

BALADE FAMILIÈRE, les arbres 1

 L'autre nuit, de mèche avec le Mistral, le Cers qui déboule d'un coup ! Hier, suite à un matin calme, à peine une heure après, le Marin soudain et furieux, emportant par deux fois mon béret ; une heure de coupure aussi, pour l'électricité. Dévarilhés, perturbés, affolés nos vents, pour cause de confusion climatique.

L'après-midi, une température idéale pour la balade. Le coin est connu, depuis des dizaines d'années, l'enfance, disons le ; on croit avoir tout vu et pourtant la balade sait toujours apporter sa part de surprises, d'inédit, à commencer par les arbres qu'on ne sait pas toujours voir mais qui accompagnent si bien la vie des Hommes...

« A » comme amandier.

Arbre, ce vieil amandier, toujours là et qui manquerait tant s'il n'y était plus, aux beaux jours, verdoyant, je me promets toujours d'aller le prendre en photo...

Arbre, vieil amandier presque en hiver. Poser la main sur sa peau crevassée, son corps fendu par les années ; lui parler comme à un ami, déclarer qu'on attend son message de fleurs, promesse de renouveau, de beaux jours, au moins lui dire bonjour... 

Arbre, vieil amandier, merci viticulteur de l'avoir laissé même si la mésange n'y niche plus... 

« B » comme boutelhetier :

Arbre, boutelhetier... assez de boutelhets cette année mais seulement peau et noyaux, juste pour le dicton qui dit qu'alors les raisins ne seront pas abondants... 

Arbre, trop beau ce boutelhetier ! 

Arbre, le boutelhetier, l'azerolier manière de vous le mettre à portée, sans quoi ne reste plus que le dico... Souvenir des pâtes de fruit parfumées et des gelées aux feux ambrés ou cuivrés dans leurs prisons de verre, aux couleurs de l'automne annoncé.


lundi 16 septembre 2024

Le CERS ? qu'es aco ?

 
Windy: Wind map & weather forecast

Lundi 16 septembre 2024, 10 heures : remarquable, instructif, faute de pluie, le site Windy apporte du vent au moulin. 

Incontestable, cette carte montre les puissances du Mistral, des Cers audois et de l'Èbre, même si une tramontane catalane tient à se greffer sur ce “ selfie ”.   

Tout est dit et c'est bien pour ce motif que les images et commentaires météo des chaînes d'info, des journaux télévisés, avec seulement « Mistral et tramontane » à la bouche, sont plus que coupables d'une dérive dépassant leurs intentions. Disant cela, que peuvent évoquer ces journalistes aussi proches et appréciés du public que les présentatrices-présentateurs des journaux ?
Le Sud, le Midi, un rituel de vacances, de Méditerranée, de plages peut-on s'avancer à penser... apologie d'un art de vivre de classe aisée même s'il est fait état des risques, des incendies et si, marronnier de la rentrée, ils nous montrent ces enfants défavorisés qui ont pu passer une journée à la mer.
Rien d'anodin en cela, tout est politique, ceux qui apparaissent ne doivent surtout pas dévier de ce qui est autorisé officiellement sous peine d'exclusion sans autre forme de procès. Aucune trace internet de cet animateur météo de FR3 viré du jour au lendemain pour avoir dépassé le cadre dévolu. Ainsi, en interne, la censure, l'autocensure, la mise sous le tapis voire aux oubliettes, font toujours figure d'épée de Damoclès ; pour le public, le paternalisme, la fausseté, le choix de ce qui est bon ou non à entendre, chapeautent des médias “ pour le système ”, qu'ils soient publics ou privés, cachés derrière un concept global de démocratie, de bien contre le mal, au sujet desquels il ne faut pas faire allusion à la dominance autoritaire de Paris faussement « main de velours » et très « gant de fer ». 

En conclusion, défendre le Cers, nom d'un des plus vieux vents de France, rappelons-le, artificiellement opposé à des tramontanes, vents descendants, est l'expression d'une résistance politique, ici occitane, à un pouvoir central aussi tentaculaire qu'exclusif, contradictoire à toujours nier toute identité culturelle autre que francilienne et dans l'acceptation (est-ce sincère ?) des différences individuelles... le communautarisme serait-il en cause.   

jeudi 12 septembre 2024

Le CERS un vent violent...

cers 1. Château de Quéribus ; derrière le Grau de Maury ; au-delà le fossé du Fenouillèdes. Auteur Nidira.

Le CERS un vent violent qui loin emporte... 
Le précédent article, tout frais, d'hier seulement (et puis avec ce temps déjà d'automne) fait partie d'autres commentaires dont celui-ci, significatif de ce que l'Internet a de bon... et de mauvais : 

Histoire du CERS et du dieu Circius (monnaielocale.org) 

ainsi présenté : « Voici un article intéressant, qui remet l'église au milieu du village: »

Ne pouvant qu'ouvrir cette page quitte à accepter que ma manie à décortiquer et remettre des points sur les « i » ne trouvât à s'employer : 


Alxndr Rchrd sans la culture du doute, la formule « remettre l'église au milieu... » n'est qu'une assertion, pas une vérité. Certes tout peut être intéressant mais tout n'est pas bon à prendre. La façon de dire les choses à revers par exemple « À partir des îles charentaises, le cers devient la galerne... » ou « sur le Golfe du Lion, il n'y a aucun vent du nord, seul le cers vient de l'intérieur... » Et le Mistral ? les tramontanes ? 

Allée de Pins à St-Louis-de-la-Mer, Les-Cabanes-de-Fleury. 

À ce moment de la lecture, surprise, des extraits du livre « Le Carignan (2008) » avec certes une note du Docteur en Histoire mais pas la mention du nom de l'auteur. Le b-a ba étant de toujours citer l'auteur, des toits trop hauts empêchent de situer l'église au milieu du village... ah si, quelque chose est dit, in english « 3 thoughts on “ Le cers et l'histoire ” » et « Dedieu says »... en commentaire, de manant sûrement, seulement... 
Bref, tel le Cers, l'Internet apporte une masse brutale de données, une profusion dans laquelle se cachent des à peu près et des erreurs (ce qui au départ, motiva cette réaction). Alxndr Rchrd était plus obnubilé, lui, par son église, que par un rapprochement de noms de famille... rien de grave, vu ce que nous avons à attendre des autres...

mercredi 11 septembre 2024

On ne l'accepte que de la part de BRASSENS !

 De Roland Jansana (Narbonne alors qu'à propos de l'incendie de ce 10 septembre, les médias en ont plein la bouche de la Tramontane) : 

« CHOCOLATINE OU PAIN AU CHOCOLAT ? TRAMONTANE ? MISTRAL ? OU CERS ?
Quand les médias parlent de météo et nous mettent en garde contre un vent violent, ils citent le mistral ou la tramontane.
Sont-ils ignorants à ce point pour oublier "NOTRE" vent, celui qui balaye Narbonne et ses environs, j'ai nommé le CERS ?
Il faut donc leur expliquer que le mistral prend naissance dans la vallée du Rhône.
Ils devraient savoir que la tramontane appartient exclusivement aux Catalans puisqu'elle caresse les Pyrénées.
Le Cers, quand à lui prend son élan dans le Lauragais, se renforce en survolant la cité de Carcassonne, chasse les nuages au dessus de l'Alaric pour nous câliner, un peu brutalement certes, mais pour nous offrir un beau ciel bleu et bien d'autres spectacles fort plaisants.
Donc, après être rentrés en croisade contre le pain au chocolat, il faut que nous mobilisions nos troupes pour réhabiliter cette brise, parfois bise mais qui fut nommée CERS par les romains, il y a plus de 20 siècles !

Vive le vent pourfendeur des moustiques et autres maladies ! »

Fleury-d'Aude, années 60, les pins de Barral penchés par le Cers. 


Jean-François Dedieu

Merci pour cette croisade à laquelle je participe depuis des années... le Cers est un vent de couloir comme son aîné le Mistral et son jumeau catalan de la vallée de l'Èbre (nommé « CERS » aussi par les Romains...). Cela n'enlève rien à la « TRAMONTANE », un peu dans l'Hérault et typique du Pays Catalan, une fois passées les Corbières. nos présentateurs en ont plein la bouche du mot " tra-mon-tane ", ça fait midi, ça fait vacances et cela vient avant tout de jacobins indécrottables ramenant tout à leur nombril parigo-francilien... Entre nous, bien aidés par des traîtres au pays occitan qui se sont mis sans vergogne à parler pointu... Lacarrau ectoplasme, "Lapizza" fausse basque et même Tony Estanguet complètement phagocyté et saoul de JO... Loin de moi l'idée de racoler mais sur Fleury-d'Aude en Languedoc, manière de faire nombre, tapez https://www.facebook.com/profile/100053163884340/search/... Et si les Anglais ne font pas dans la dentelle, au moins de dire « CERS » ne leur écorche pas les lèvres... 

« TRAMONTANE » ? à Sète, oui, en limite du Mistral... et on ne l'accepte que de la part de Georges Brassens. 

samedi 20 janvier 2024

Et ENCORE le CERS !

 Manière de remettre encore une pièce dans la machine, alors que plus de 90 occurrences du mot "CERS", soit autant d'articles en dix ans, attestent de mon entêtement à défendre notre maître-vent (que nous n'avons pas toujours bien défendu, ne serait-ce qu'avec la manie que nous avions, peut-être encore à ce jour, à dire, allez savoir pourquoi, "VENT DU NORD" alors que le Cers arrive avant tout de l'Ouest), après avoir relevé (janvier 2024) ce qu'en écrivait Jules Verne à propos de l'Aude, ce qu'en dit le " GUIDE VERT MICHELIN, Causses, Cévennes, Bas-Languedoc " de 1974 apporte encore de l'eau au moulin. 


«... Au printemps et à l'automne, souvent les vents se déchaînent : l'impétueux « cers » (vent d'Ouest ou du Sud-Ouest), très désséchant...» 

Un alignement de pins face au Cers (Domaine de Saint-Louis-de-la-Mer, les Cabanes-de-Fleury, Aude). 

dimanche 7 janvier 2024

L'AUDE vue par Jules Verne...

En 1867-68 Jules Verne publie deux tomes de la « Géographie Illustrée de la France et de ses Colonies (plus de 700 pages sans compter une longue introduction de Théophile Lavallée. une lecture instructive sinon étonnante ! Et aussi, puisque je bataille pour les vrais vents des moulins, l'occasion d'enfoncer le clou contre les partisans aussi partiaux qu'obnubilés par les tramontanes, trompés qu'ils sont par nos merdias et la force de l'habitude... 

L'AUDE département. 



« .../...d'autre part, deux vents semblent lutter de violence dans le pays; l'un est le vent de l'O.-N.-O., connu sous le nom de Cers, et dont la force ne peut être appréciée de ceux qui ne l'ont point éprouvée ; l'autre est le vent d'Autan ou vent marin, qui porte sur les régions voisines de la mer les miasmes trop fréquents que produisent les marécages de la côte ; la force de ce vent augmente, dit-on, à mesure qu'il s'éloigne de la Méditerranée. L'automne est la saison la plus belle de l'année et se prolonge assez longtemps. Les fièvres paludéennes à l'E., les goîtres et les affections cutanées dans la région montagneuse, sont des maladies fréquentes dans le département. ... » " Géographie Illustrée de la France et de ses Colonies ", Jules Verne 1867 tome 1, 1868 tome 2, page 83 des départements. 

" Nos ANCÊTRES, les AUDOIS... " 

«.../...les Arabes et les Aragonais qui ont longtemps occupé ce territoire, y ont laissé une forte empreinte. Au S., domine la race ibérique, impétueuse, turbulente, amie des pérégrinations ; au N. et au N.-E., une population très-mélangée dit assez que cette contrée fut successivement habitée par les Celtes, les Romains, les Goths et les Francs; la région dés Montagnes-Noires est occupée par une race casanière, arriérée, demi-sauvage, que le désir du bien-être touche médiocrement. Le languedocien est parlé à l'O. du département; au S.-E. domine le catalan ; là, comme aux Pyrénées-Orientales, le type espagnol est fortement accusé dans la population. " Géographie Illustrée de la France et de ses Colonies ", Jules Verne 1867 tome 1, 1868 tome 2, page 83 des départements.  

AGRICULTURE... 

« .../... La production agricole est évaluée à près de 58 millions de francs, dont 35 millions pour les céréales : il y a donc surabondance de ce produit, dont le blé, le mais, l'avoine et le seigle forment les essences principales. La vigne fournit plus de 600000 hectolitres de vins assez renommés, dont un tiers environ est converti en esprit ; on cite les vins rouges de Narbonne, la blanquette ou vin blanc de Limoux que le patriotisme local compare au vin de Champagne, les vins de Bages, de la Palme, de Leucate, facilement confondus avec ceux du Roussillon. L'olivier, l'amandier, réussissent dans les terres légères, et l'arrondissement de Narbonne les cultive avec succès. Les prairies, les pâturages sont une ressource précieuse pour les habitants, et leur permettent de donner un grand développement à l'élève du bétail ; on ne compte pas moins de 646000 bêtes à laine, 34 000 bêtes à cornes, 24000 porcs, près de 19 000 chèvres et chevreaux, 16 000 ânes et mulets, 17 000 chevaux; les abeilles forment aussi une des branches de l'exploitation agricole ; plus de 13000 ruches y sont entretenues, et leur rendement fait une des principales richesses de l'arrondissement de Narbonne. Les bois, riches en noyers et en châtaigniers, ont été longtemps sacrifiés aux besoins du moment, mais aujourd'hui un intérêt mieux entendu pousse au reboisement; on évalue à 4500 le nombre d'hectares reboisés dans ces derniers temps. Le drainage et le dessèchement des marais sont poursuivis avec persévérance et ont déjà donné d'importants résultats...


« ...Dans le Minervois, le vent est plus présent (Cers et Marin se relaient) mais le soleil également... » (Wikipedia) (que sur le versant nord de la Montagne Noire)
Bon vent la tramontane !

Carte_de_la_Montagne_Noire under the following licence Creative Commons Attribution-Share Alike 4.0 International Author Boldair

Source : Géographie illustrée de la France et de ses colonies (archive.org)

mercredi 25 octobre 2023

ODE AU-DELÀ DU DELTA... / Rhône, Aude, Llobregat, Èbre

 « ... Mais l’amour infini me montera dans l’âme,
Et j’irai loin, bien loin, comme un bohémien,
Par la Nature, ~ heureux comme avec une femme. »

Sensation, Arthur Rimbaud (1854-1891).

Le Rhône embrasse ses îles et pousse les terres de Camargue vers le sud, et pas seulement dans sa propre limite. La situation climatique, entre hautes pressions au nord et la situation dépressionnaire due à la Méditerranée, mer chaude, une situation à l’origine de violents transports d’air entre les deux états ; le Mistral, les Cers, liés aux couloirs rhodanien, audois, de l’Èbre en Catalogne, en forment les porte-bannières tandis que, plus généralistes, les tramontanes, comme le nom l’indique, descendent des montagnes. Transports d’alluvions aussi, tirées des montagnes, venues combler les avancées de la mer. La géographie, en effet, duplique le schéma camarguais d’engraissement avec ses lagunes et lidos, d’érosion, aussi, de la côte. 

Du Rhône à l'Èbre.  Atlas Classique, Schrader & Gallouédec Hachette 1953


A quatre cents kilomètres, chez nos frères de Catalogne, c’est l’Èbre qui avance ses bras dans cette même Méditerranée Occidentale. Entre les deux, le Llobregat comme épongé par Barcelona (1) mais réservant encore des espaces naturels intéressants. Et, pardon de le mettre en avant « parce que c’était lui, parce que c’était moi », si présent dans ce qu’il a de sanguin, de sudiste, d’occitan, le fleuve qui continue d’échapper aux hommes venus le dompter, l’Aude qui rendit l’île de la Clape au continent, la “ rivière ”, redoutée mais familière des Pérignanais de toujours, l’Atax d’un delta aussi caché que mystérieux... 

(1) si quelqu’un peut préciser pour le Riu Fluvia (Golfe de Roses) ainsi que le Riu Tèr d’une trilogie catalane lexicale : Têt, Tech, Tèr... Sinon on parle du Mistral, du Cers du Rhône à l'Aude, de Mestral, Magistrau, des Cerç ou encore Çerç, de Tarragona à l'Ébre. 

lundi 24 avril 2023

ENCORE UNE CROISADE

Si l'Histoire les retient en dehors des Guerres Saintes, la Reconquista notamment, les Croisades marquent un affrontement entre Chrétiens et Musulmans. Nous pouvons aussi en parler en inversant l'ordre des belligérants. Sans qu'on ait à les nommer, les Croisades n'en finissent pas d'opposer deux visions du monde qu'un système économique mondialiste trop sûr de lui n'arrive pas et n'arrivera pas à niveler, à étouffer. 

Pardon d'avoir parlé de ce biais à propos d'un autre problème, bien moins sanguinaire, lié surtout à la culture et au respect des différences identitaires.. L'expiration du ressenti, bien que révélatrice d'un certain inconscient laisse parfois à désirer (je la vis souvent comme une maîtresse autoritaire qui me domine...) m'a fait violemment réagir, ce matin, aux écrits laconiques d'un rédacteur de Wikipedia disant que si les Romains ont appelé Cers un certain vent du Languedoc, en fait ils ne faisaient que parler de Tramontane ! 

E o ! cal pas que s'i amuse ! Il ne faut pas qu'il s'amuse à ce jeu ! (le " Y " n'existe pas, à ma connaissance... Jean de Siran peut-être ? Guy, cher copain de toujours et guide fondé à nous éclairer, corrigez svp si besoin). 

D'où ma croisade matinale macarel ! À la place j'ai mis : 

"  Il diffère de la Tramontane. Apparenté au Mistral par sa nature catabatique de vent de couloir, son emprise s'élargit au niveau du Golfe du Lion entre Agde au Nord, Port-la-Nouvelle au Sud. Le Cers d'un nom de vent peut-être le plus vieux de France, se retrouve, toujours par l'entremise des Romains, désigné aussi au niveau de l'Èbre. De grâce, rendons à César et sans lui en vouloir aucunement, laissons la Tramontane partout où elle voudra et où les présentateurs du temps, pas plus météorologues que vous et moi, veulent bien la coller pour les touristes, par parisianisme. Qu'elle souffle son joli nom ailleurs mais pas dans le Narbonnais. "  

Fleury-d'Aude. Les Pins de Barral non traumatisés mais penchés par le Cers, vent dominant. Pour ceux qui connaissent, au fond, Lespignan et vers nous, touchant les pins, la vigne de Noé.  Diapositive 1963


Est-ce trop réagir ? Suis-je sanguin et invivable comme ce Cers qui souffle trop fort et rend fou dit-on ? Il y a 2140 ans que les Romains l'ont honoré dans le Narbonnais vu qu'il assainissait l'air du tout au tout... et étymologiquement le mot " Tramontane " n'apparaît qu'en 1210. Tout est dit non ? 

Qu'on suive la bannière ! En chantant " Non non non non, le Cers il n'est pas mooort car il b... encore, car il buffe encore... " (buffa = souffler en languedocien). Sus aux Jacobins ! La jacobinite ne passera pas ! 

dimanche 1 mai 2022

LESPIGNAN village languedocien (4)

Qu'est-ce qu'il peut bien y avoir à dire ? Au début, souvent le syndrome de la page blanche. Et à parler du village à côté, l'attitude de voisins de palier qui se disent bonjour mais s'en voudraient de s'immiscer... Quelques échanges, seulement, parfois un début de camaraderie, je pense aux frères de Clotinières, à la mer, l'été... au mari de Monique pourtant pour pas grand chose, pour avoir surfé ensemble dans le même kayak, un après-midi de grosses vagues et de soleil pâteux aux Cabanes-de-Fleury : des sensations uniques, partagées puis chacun est rentré chez soi. Rien depuis. Même pas un prénom. Une moitié de siècle est passée... 

"... Mes camarades, à l'autre bout du monde, 
C'est bien justice, m'ont oublié. 
Je leur adresse une colombe
Buvons mes frères, à leur santé..."  
Joe Dassin "Mon village du bout du monde". 

D'un coup, une douce mais profonde nostalgie... "Mon cœur a tant de peine..." Mais peut-on en partager davantage avec Verlaine ? contrairement à lui, à ce qu'il prétend, du moins, chaque être sait trop bien pourquoi et pour qui. 
Allons, repartons sur les chemins de Lespignan puisque, fête que je me souhaite, surprise que je me fais, la suite, depuis Nissan puis vers Béziers et encore vers les moulins à l'Est, attendait discrète sur un fichier... La page blanche sera pour la prochaine fois. 

Lespignan 2015 wikimedia commons Auteur JYB Devot

Venant de Nissan, encore à vélo, un garçon, visage et cheveux au vent, dans l'agréable descente vers Lespignan. Un jour de vendanges à part, de congé, parce qu'une forte pluie empêche de rentrer dans les vignes ; la cueillette est remise au lendemain quand le manjo fango, littéralement le mangeur de fange, le Cers de chez nous, le petit frère du Mistral, aura fait son travail. On a de ces idées à treize ou quatorze ans, pour un jour de repos. Tout comme, en prime, celle de couper à droite vers la coopérative, la route de Fleury. Des potagers à l'époque, des jardins bien clos, bien entretenus ; il doit y avoir de l'eau et ce jour-là de la gadoue sur le chemin à l'estime, malgré le soleil revenu. La carte indique "Les Passerières"... Elle permet aussi de comprendre que je me suis risqué à l'époque là où il ne fallait pas, l'endroit, encore aujourd'hui, est sujet aux débordements des ruisseaux, comme le Rieux, qui descendent des garrigues. Le secteur s'est bien construit, depuis. 

Au nord du village, depuis le Puech Majou, entaillé pour le passage, la route descend dans une plaine avant de remonter vers les collines de Béziers. Inutile, comme aujourd'hui et surtout dans l'autre sens, d'appuyer sur le champignon : les Bleus peuvent vous attendre, bien cachés dans le creux. A l'époque l'élan est coupé par les Esses : de quoi admirer l'écart (toujours habité) et la jolie pinède à mi-pente. En haut, sur la gauche, surréaliste, une usine qui fume parfois : la distillerie de Bagnols. Elle produisait de l'huile de pépins de raisins, une filiale d'un groupe marseillais, je m'étais laissé dire... 

Le Web nous apprend qu'il s'agit aujourd'hui du groupe UDM (Union des Distilleries de la Méditerranée), que son unité principale, à Olonzac, regroupe les marcs issus du pressurage pour en tirer des tanins, des colorants, du tartre, des eaux de vie, de l'huile de pépins (1), du carburant biéthanol ED 95 et encore du compost en résidu ultime. 

Les alentours du village, même coupés en deux par l'autoroute, sont loin d'être sans intérêt. A l'Est, dominant la localité, le Puech des Moulins avec celui de Mauriçou, en hommage à son donateur, bien restauré par les "Amis de Lespignan", et qui devrait tourner ses ailes un jour. En bas du dit moulin, pendant des années se trouvaient les escoubilles, là où avec les déchets ménagers, les gens jetaient les embarras des greniers, des caves et remises. Avec le progrès, plus de poubelles et pas plus de vieilleries aujourd'hui monnayables dans les brocantes et vide-greniers.  

Un dernier mot pour la petite route oubliée, peut-être seulement un chemin vicinal à l'origine, bien trop fréquentée à présent, qui va vers les domaines de Saint-Aubin et débouche sur l'ancienne nationale de Béziers... A la sortie de Lespignan, des gitans occupaient un terrain... Que sont-ils devenus ?     

(1) les propriétaires qui apportaient les rafles à la distillerie de Fleury, obtenaient, au prorata des quantités livrées, des bouteilles ambrées de Fine du Languedoc. La distillerie de Salles vendait de l'huile de pépins de raisins.    

PS : la bibliothèque de photos autorisées n'est pas garnie... Appel aux prêteurs potentiels avec l'assurance que leur propriété intellectuelle sera toujours affichée... 


jeudi 4 novembre 2021

Gruissan, ses pêcheurs et l'étang de l'Ayrolle (fin).

La longue piste sur la laisse d'hiver rendue à la plage d'été, avec ses passages de sable sec à bien négocier ; la mer, toujours belle, tôt le matin, sous un soleil montant de début juillet, nue sous les écailles miroitantes d'eau soumises au faisceau encore limité de l'astre, vierge de voiles et bateaux avant que le Golfe ne les éparpille ; la plage vide quoique ensuite si peu occupée par de rares parasols. (1)

Quatre kilomètres plus loin, le grau de la Vieille Nouvelle, qui joint l'étang à la mer, au tracé et au flux  changeants. Pour bien s'en rendre compte, le site ami mais remarquable :
      

L'étang ! Perle précieuse dans les bleus ou les verts, suivant l'atmosphère, dans un écrin de sable doré ou, plus à l'intérieur, la verdure mordorée de la végétation des dunes. Puis, à droite de la vieille redoute, la réfraction de l'air réchauffé brouille la forme des pêcheurs de palourdes en un mirage digne d'un tableau de maître, imprimant à jamais la mémoire d'une émotion toujours à vif. Au fond, les pins de l'Île Sainte-Lucie et les caténaires de la voie ferrée qui loin de gâcher le panorama, amènent à se questionner sur les agissements de notre espèce. Sinon, seulement des senteurs de sel et d'iode, loin des pestilences qu'on associe trop mécaniquement aux lagunes surchauffées par les températures excessives. L'eau reste fraîche malgré une faible profondeur relative (0,75 m. en moyenne, 1,5 m au maximum). D'ailleurs,  tout à l'observation des faux cils des siphons d'un couteau, on peut se retrouver carrément au bain dans le courant d'un fossé immergé, artère qui fait respirer et nourrit, fragile garantie pour la vie de  l'étang, appelé ""cannelisse", ce dont je ne suis pas certain du tout...  
 
Photo aérienne. Source Geoportail.  
 
L'Ayrolle, j'en ai eu un aperçu l'hiver, quand le Cers donne libre cours à sa hargne et lève déjà des vagues sur l'étang. Il y avait un pêcheur à Fleury, ouvert, aimant et aimé. Nous le connaissions pour la pêche au globe, à Aude, celle, à la traîne entre Saint-Pierre et Les Cabanes. Je veux parler de Robert Vié. Il m'avait invité à le suivre sur l'étang. Un jour je retrouverai bien quelques diapos sur cette sortie : elles existent. Je n'en ai pas rêvé, lui, sur son betou, dans son ciré jaune, les pommettes rougies par le froid, les doigts gercés. Avions-nous pris des anguilles ? je ne saurais dire. Dans ces années 70, comme aujourd'hui, un camion-vivier faisait régulièrement la tournée. A l'époque Robert me disait que c'était surtout pour l'Italie où l'anguille, fumée ou non, est un poisson de luxe. 


Robert Vié

C'est sûr, j'ai beaucoup à demander aux pêcheurs de l'Ayrolle. Après l'émission, j'oserai, mieux que la dernière fois pour l'escapade à vélo sur l'Île Saint-Martin :    

"... Photos de l'Ayrolle sans la bonne odeur iodée des posidonies que les locaux appréciaient jusque pour les matelas des petits... L'étang est-il, après les calanques de Marseille notamment, envahi par ces autres algues brunes, trop vivantes elles, arrivées du Japon avec les naissains d'huîtres du bassin de Thau ?

Photos des cabanes de pêcheurs et de la cale avec les barques, les pieux et partègues ; les ganguis, trabacous et autres filets des petits métiers de l'étang. Justement un pêcheur, son placide korthal aux basques (il doit se faire vieux le pauvre), charge sa barque . 

"Pardon monsieur, est-ce que, par derrière, on peut rejoindre la route de l'Evêque ? 
- Et non il vous faut revenir jusqu'à l'embranchement... Oh ! mais vous êtes à vélo, alors suivez le canal, la route est au bout !" 
Oh qu'elles ont du chien, ces vieilles baraques, plus ou moins délabrées et pétassées ! Photos !..." 
 
https://dedieujeanfrancois.blogspot.com/2021/09/lile-saint-martin-velo-3-viree-en-terre.html

Il faudrait vous raconter aussi comme la prud'homie les unit et comment les pêcheurs fêtent Saint-Pierre. Cette cérémonie garde un lien certain avec le cimetière marin des Auzils, il faudrait l'évoquer aussi... Quant aux photos, sûr que d'y revenir sera une des priorités : les pêcheurs, heureusement, sont toujours là mais quelques "maisons rouillées", comme le chantait Trénet, menacent ruine. Elles comptent pourtant, elles aussi, pour la mémoire. 

(1) est-ce que les voitures sont autorisées sur ces presque 5 kilomètres de sable ? On comprendrait que la réponse soit NON ! La beauté, la nature se méritent... sous peine d'être vite dénaturées...



jeudi 21 octobre 2021

Soir de VENDANGES / 10. G.Gaudin, L. Bréchard, F. & J.F. Dedieu.

La plaine de Vinassan commune aussi avec Coursan et Narbonne. Parcourue de canaux (de Ste-Marie, de Lastours, ici de Grand Vignes) partis de l'Aude et débouchant dans les marais en amont de l’Étang de Campignol, ils permettaient la submersion des vignes (avec la contrainte de drains devant être creusés et régulièrement renouvelés). Aujourd'hui des friches ont en partie remplacé ce vignoble à trop haut rendement. A droite, une vigne pourtant... (Photo de fin juin 2020).    

 "... Vous savez les Ariégeois qui descendaient de la montagne n'avaient pas l'habitude de boire du vin. Et là, ils l'avaient à volonté. Ça chauffait surtout après souper quand il faisait bien chaud. Le Parisien avait acheté une maison en bas du village. Le soir il y avait grand bal et on dansait avec les sabots... [...] Moi Clémentine, j'ai dansé plus que mon compte [...] J'ai appris avec les vieux la mazurka et la scottish avant de me lancer dans la valse et surtout le tango... " 

Témoignage de Clémentine Roques (Vinassan), Le Puits de Mémoire, Gilbert Gaudin, 2001. 

 

Caboujolette, quatrième de couverture.

Fin de journée : "... A l’époque des vendanges, un petit bal avait lieu tous les soirs au café. L’animation du village était alors fort grande, les familles de vendangeurs venus d’abord de l’Ariège, puis d’Espagne, non seulement de Catalogne ou d’Aragon, mais aussi de la lointaine Andalousie, mettant une note exotique où résonnaient différentes langues ou divers dialectes et pidgins savoureux. Dès l’arrivée de la vigne, une toilette s’imposait à la fontaine du coin de la rue, et on allait se promener, puis danser un peu. Vers 22 heures, tout redevenait calme : la journée du lendemain allait être encore rude à la vigne, et on serait heureux si les nuées de moustiques voulaient bien se dissiper sous l’effet d’un petit cers (1) salutaire ou d’un vent marin bienvenu sous un soleil accablant..." 

François Dedieu, Caboujolette Pages de vie à Fleury-d'Aude II, 2008, auto-édition. 

Vignobles du Beaujolais vers Avenas 2008 Wikimedia Commons Author Alainauzas
 

 "... La fête se prolongeait souvent tard [...] Il y avait d'abord le repas, puis souvent les chants, la danse. Les jeunes prolongeaient la soirée [...] jusqu'à 2 heures du matin parfois. 

Quand on avait vingt ans [...] on avait la force de vendanger la journée, souvent de travailler au cuvage le soir, et même de bonne heure le matin [...] On avait vingt ans... Ça ne nous empêchait pas de participer aux chants et aux danses. De ce côté-là, les vendanges avaient une certaine attirance auprès des jeunes. [...] nous chantions des chansons [...] du folklore du moment [...] "J'ai deux grands bœufs dans mon étable..." [...] aussi des chansons patriotiques dans le genre Déroulède [...] Et puis l'on proférait des malédictions envers les Prussiens [...] C'était avant 1914 [...]

Il y avait toujours, au moins, un battement de deux heures au minimum avant d'aller dormir. Et l'on dansait, et l'on chantait [...]

Nous dansions les danses de l'époque, bien entendu, les polkas, même les mazurkas [...] Il n'y avait déjà plus, déjà, de danses paysannes [...] Mais nous avions les quadrilles [...] La valse faisait figure de nouveauté,quoiqu'elle eût sans doute non pas un siècle, mais peu s'en fallait..."

"Papa Bréchard Vigneron du Beaujolais", Jean-Pierre Richardot, La France Retrouvée, Rombaldi Éditeur, 1980.  

Quatrième de couverture.

"... Les vendangeurs, parfois logés à la rude, dans la paille, se lavent au puits ou à la fontaine. Ensuite, le village sort de sa léthargie, les rues s'animent, les épiceries, les boucheries, les boulangeries retrouvent l'affluence. les femmes font les commissions pour le repas du soir ; elles prévoient aussi la saquette du lendemain. Les groupes d'espagnols parcourent et remontent les avenues sur toute la largeur de la voie, filles et garçons séparés, recréant l'ambiance ibérique des paseos et ramblas, laissant dans le sillage, avec la bonne odeur du savon, des parfums de patchouli, d'eau de Cologne et de brillantine qui se croisent. Au crépuscule, pour éventuellement favoriser les échanges, las guapas dépassent la limite du dernier néon, ce qui permet aux muchachos de les rattraper pour un madrigal ou quelque flatterie intéressée qui fait rire le chœur des demoiselles sur la défensive..."

Reprise d'un extrait du chapitre Les Vendanges, Le Carignan, Pages de vie à Fleury-d'Aude I, Jean-François Dedieu, auto-édition, 2008. 

(1) le Cers, fort vent de terre local, apparenté au Mistral, soufflant entre Agde et La Franqui, malheureusement trop souvent assimilé à la tramontane...