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samedi 16 mai 2026

L'ASPERGE en plus long (suite & fin)

 En fonction de la possibilité de ces habitudes, se limitant au peu de mes connaissances, mon propos en restera au petit secteur de la plaine de Coursan-Vinassan parcouru par un réseau de fossés. 

18-12-32,_vignobles_inondées_entre_Béziers_et_Coursan Domaine Public BnF Auteur Agence photographique Rol.

Sans eux, en pleine zone inondable, avec l'eau qui au-delà de 40 jours, tue la vie de la terre, bactéries, acariens, vers, champignons, bref, sans lesquels la culture ne serait pas possible. En amont de Coursan, en plus de la Robine, ne tenons pas compte des ramifications subordonnées, les canaux de Lastours et de Ricardelle, le canal de Grand-Vignes dans le chef-lieu de canton même et aussi, à la sortie aval du fleuve à Coursan, le canal de Sainte-Marie. Avec celui de Réunion (1), au sud, tous concourent à amener l'eau sinon l'évacuer au besoin, vers les étangs côtiers (de Gruissan, de Campignol, de l'Ayrolle) et la mer. 

Entre Vinassan et le domaine des Pouzets, passage sur le canal de Grand-Vigne.

Bien que différent mais aussi familier, pour les locaux, par la force de l'habitude, que les paysages de La Clape ou du littoral, le décor de la plaine. Il me rappelle avec bonheur celui du Pô (2), années 60, où, à la fin de la journée, afin d'apporter aux modestes ressources, les hommes se mêlaient aux enfants et aux vieux pour taquiner le fretin dans les canaux. Ce n'est pas sans rappeler, aux dires de Marcel (1930-2020), une pêche à la pelote et au parapluie (3) dans les canaux de la plaine. Entre Coursan, Narbonne et Vinassan, si les peupliers ne forment pas de longs rideaux comme en Lombardie ou Émilie-Romagne, ils font signe de loin aux amateurs les plus acharnés de piboulades, qui, ne se limitant pas au pied des troncs, visitent les arbres munis d'échelles (4). Une plaine jadis réputée pour son blé (5), ensuite plantée de vignes à fort rendement, protégées du phylloxéra par une submersion de quarante jours, pas plus, grâce à l'imperméabilité du sous-sol (?) mais nécessitant la présence ainsi que le changement régulier des fagots de sarments enterrés faisant office de drains. 

Et cette asperge alors ? Alors, à moins d'être jeune, de voir loin et bien, de courir vite, on ne peut la chercher que dans les principaux canaux libres d'accès, publics. Les autres fossés relèvent des propriétaires de vignes qui se réservent la cueillette légitime des plants naturels et parfois issus de griffes cultivées. L'asperge on ne la trouve qu'à la voir dépasser du sol, parfois haute de plus d'un mètre, valant dans ce cas et si elle est jeune, deux ou tronçons dont il serait dommage de se passer... 

On la cherche, en plus long encore, tant son contexte est riche, parce qu'avec elle, c'est aussi le fleuve aux excès coléreux, les eaux limoneuses chargées puis claires, parties vers la mer, le plaisir de la piboulade, les ceps lourds de grappes, les iris bien jaunes que des artistes ont dû fixer en tableaux, les concerts de grenouilles, les saules, arbres aux sabots, osiers des paniers... et « par-dessus tout ça », comme le chantait Gilbert Bécaud,  le souvenir des vignes de papé Rambal (François David [1908-1993]) de mamé Antoinette, chargeant de quoi nourrir ses vaches sur la charrette de son âne soupe au lait (6), de Marcel qui avec ceux de sa jeunesse, n'hésitait pas à traverser la plaine plusieurs fois la semaine (9 km A/R pour aller à la séance de cinéma à Coursan), et, plus brûlant encore, le souvenir plus intime encore, d'une jolie cueilleuse de raisins à qui chanter les vendanges de l'amour... 

Rive gauche de l'Aude, la plaine inondée. 
            

(1) alors que « rigoles » et canaux “ du nord ” (des Anglais, de France... plus d'une dizaine de noms entre Sallèles et Vendres dont un « Ruisseau Audié » jetant le trouble entre Cesse et Aude...) attendent que ça se calme pour tout renvoyer à l'Aude,

(2) c'est à peine exagéré de citer l'Aude en si bonne compagnie avec le Rhône, l'Èbre et à présent le Pô. 

(3) À l'aiguille, on enfile des lombrics sur un fil de coton jusqu'à former une boule, une pelote. À peine relevée, l'anguille un instant accrochée pour avoir mordu dedans relâche sa morsure. Il s'agit alors, pour le pêcheur, de la faire tomber à l'intérieur du parapluie renversé posé sur l'eau. Rappelons que sa pêche est très réglementée depuis qu'on la sait en voie de disparition : seule la pêche de l'anguille jaune sous conditions extrêmes est autorisée (30 minutes seulement, au parapluie, après le coucher du soleil) ; est formellement interdite celle de l'anguille blanche, en fin de cycle et en partance pour se reproduire vers la mer des Sargasses. 

(4) Le Pholiote (Agrocybe aegerita) du peuplier, apprécié au point d'être cultivé depuis l'Antiquité. 

(5) « Il n'y a pas de pays en France qui puisse être comparé pour l'abondance de ses récoltes en grains à la fertilité de la plaine de Coursan », Mémoires d'un intendant du Languedoc, deux volumes, 1788, Charles Bernard, baron de Ballainvilliers (1757-1835). 

(6) J'ai honte, il me faudra absolument aller relever ses dates au cimetière de Vinassan. Une belle personne, altruiste, généreuse, pleine d'entrain... 

Sur ce blog (mai 2022)  Partager le Voyage: L'ÂNE de mamé Antoinette / Présentation. 

Partager le Voyage: L'ÂNE de mamé Antoinette (fin)

lundi 17 mars 2025

FLEURY, balade en CHANSONS... (2)

 « ... Et sur ma route il y a des trous... », oui, des trous de mémoire, sûrement ou des trous d'air puisque ma vie a continué sous les tropiques de l'Océan Indien. 

Je n'ai pas vu «...tant de rues » et « tant d'églises », sauf peut-être à La Réunion... 



« ...Mais les plus belles étaient chez nous... », non, “ la plus belle ” c'est celle de Saint-Martin à Fleury, chez nous, plus chaleureuse qu'une cathédrale même si jadis, les logis accolés, la pissotière, l'abri pour les vagabonds, celui pour les feux d'artifice, lui donnaient l'air d'une grande... 

« Mon village est loin, à l'autre bout du Monde... », non, il est toujours resté là vu que les pensées, plus encore les mots échangés, le gardent à portée, lui, sa famille et les gens qu'on aime... 

Divergences ensuite, avec les paroles de Delanoé malgré « ... Les chemins qui mènent à nos collines Avaient des pierres douces à nos pieds... » 

Vite il faut le bâcler ce topo nombriliste, se mettre en cuisine, que le tripat, même en trichant à la cocotte, ça prend du temps. Et puis ce ne sont pas mes camarades qui m'ont oublié... ces choses-là ne se disent pas... la larme à l'œil, seulement seul, en secret... Que tous ceux qui font mon ciment me soient sauvegardés, trésors vivants qu'ils sont, puisque persistent en moi les copains trop tôt partis... proches sinon plus ou moins côtoyés, sinon par leurs parents et familles : Adrien, Alain, André, Antoine, Arnold, Bernard, Christian, Christophe, Claude, Daniel, Dominique, Élian, Éric, Francis, Georges, Gérard, Gilbert, Guy, Henri, Jacky, Jean, Jean-Claude, Jean-François, Jean-Luc, Jean-Marie, Jean-Michel, Jean-Philippe, Jean-Pierre, Jean-Yves, Jérôme, Joël, Joseph, José, Louis, Marc, Michel, Norbert, Olivier, Pascal, Patrick, Paul-Serge, Philippe, Pierre, Raoul, René, Richard, Roger, Roland, Sébastien, Serge, Stéphane, Sylvain... 
Les filles aussi Africa, Anne-Marie, Annie, Catherine, Chantal, Chloé, Christine, Claudie, Colette, Danielle, Évelyne, Francette, Geneviève, Ghislaine, Gisèle, Jackie-Jacqueline, Joëlle, Josette, Louisette, Marguerite, Marie-Agnès, Marie-France, Marie-Josée, Marie-Thérèse, Martine, Maryline, Maryse, Mauricette, Michèle, Nathalie, Roselyne, Sylvie, Sylvette... pardon pour les prénoms oubliés mais que la rue, la maison, ponctuellement ne manquent pas de rappeler... une litanie telle celle de Marie Laforêt (1939-2019) « Anton, Ivan, Boris et moi Rebecca, Pola, Yohanna et moi... » : 

«... Sur le chemin de bruyères
Tout le long de la rivière 
On cueillait la mirabelle 
Sous le nez des tourterelles... » 
Paroles Marnay Eddy (1920-2003), compositeur Stern Émile (1913-1997). 



Mince, il faut rentrer, c'était juste pour le romarin et le thym du tripat, surtout que j'ai pris le temps d'une botte d'asperges. Au-dessus du talus où le vélo est caché, une vigne mais toute sèche, qui, lambrusque, n'ira pas courir dans la Montagne de Jean Ferrat (1930-2010), que le printemps ne viendra pas attendrir  : 

« ... Les vignes, elles courent dans la forêt
Le vin ne sera plus tiré... »

Enfance, jeunesse, boulot aussi avec cette chanson idéale pour expliquer l'exode rural en classe de 4ème... Nostalgie multiple donc... Un chien costaud du museau passe sur la piste tracée désormais sur les friches, sans maître. Qu'il ne me sente pas malgré le Cers léger ; le coteau est devenu parcours pour les coureurs, les promeneurs, les baladeurs de toutous mais ce jour, heureusement, pas de moto tous terrains venue chambouler cette paix survivante (1)...  Et tant que nous sommes là, sous quinze degrés, malgré un ciel que le soleil n'a pas encore le courage de bousculer, ne suivons pas, finalement, les mots prémonitoires du parolier à l'intention de l'interprète :  

« ...Pas de discours et plus de larmes, 
Venez mes frères me dire adieu. » dans la bouche de Joe Dassin, devant mourir dans sa quarante deuxième année, si loin, à Papeete... 

(1) un jour j'en ai croisé un très prudent certes, attendant son petit garçon également sur un mini engin... je n'en pense pas moins que pour ces motos de mer au potin invivable... 

Ps : à propos des photos, commentez vous-mêmes que je suis enquiquiné : après 45 minutes, elles manquent de cuisson les tripes et j'ai dû les remettre sur le feu... 

Et les chansons, à la demande, vous saurez les trouver non ? 

jeudi 7 novembre 2019

SARDO & CANSOUS / La sarde et les chansons des vendanges

Libations et chansons au dessert mais même dans les vignes des airs égaient parfois les vendangeurs. 

Marie Laforêt Mostra di Venezia 1994 Wikimedia Commons Auteur Gorup de Besanez
Quand la mort de la fille aux yeux d'or a récemment été annoncée, comment ne pas penser aux Vendanges de l'Amour ?

 https://www.youtube.com/watch?v=aj42vpjJBQU

Et, tant que nous y sommes, pourquoi ne pas se demander si d'autres chansons ne marquent pas un moment aussi important de l'année, de la vie même des hommes, au même titre que la moisson ? Entre parenthèses, avant la vigne, l'Aude comptait beaucoup pour la production de blé et à ce titre, la plaine de Coursan était particulièrement renommée.

Une vraie colle quand le net lui, répond aussitôt :
"Trois jours de vendanges", zut de l'opéra et ce n'est pas faire injure au genre que de demander les paroles faute de ne rien comprendre.

https://www.youtube.com/watch?v=k-3ZyRQgHb0

En suivant, "Vendanges à Porto" par Yvette Giraud (1916 - 2014)... pas de quoi faire le dégoûté mais ça fait rengaine, de celles que la profession se permettait, sur un 45 ou un 33 tours derrière un titre phare, comme "Les Lavandières du Portugal"... Sinon une belle voix grave et une belle carrière au Japon !

https://www.youtube.com/watch?v=_hPvM13Wy34

Avec les Zouilles, en 1989, c'est dur de couper les raisins, c'est dur dur dur aussi pour les portugaises même si la musique est pas mal...

https://www.youtube.com/watch?v=JhMeBxwVnP0

Et là, l'envie me démange d'aller en vendange même si ces paroles s'entonnaient plutôt au dessert d'un bon repas... Oh qu'ils étaient joviaux et rougeauds les convives. Jusqu'alors, m'interrogeant sur la forme de grappillage avec un petit panier percé, j'ai cru que c'était seulement leur état qui les mettait en joie, aujourd'hui je réalise seulement les idées égrillardes à peine cachées sauf qu'enfant nous n'avions pas les codes et que quand nous fûmes en âge, c'était passé de mode de s'échauffer par ce biais :

"...  Ninette, ma Ninette, vois ce beau raisin
Oh ! Fit la fillette, y en a plein la main ;
Que la grappe est belle, que les grains sont noirs
Le bon vin, dit elle, coulera du pressoir..." 

http://www.dutempsdescerisesauxfeuillesmortes.net/paroles/petit_panier_le.htm

Chanson de vendange Wikimedia Commons Author L.L

Retour à l'ordi. En 2009, pour Gérald Genty, auteur-compositeur-interprète, "... j'en ai marre du sécateur (...) le premier qui regarde sa montre c'est toujours une sale rencontre..." On sent le vécu, les sous à la fin... parent éloigné "t'es porteur", parent proche "...sur le tracteur...". C'est gentil.

 https://www.deezer.com/fr/track/3766197?autoplay=true

Encore de la rengaine cent pour cent "tralalala" avec Lily Fayol (1914 - 1999). Franchement franchouillard...

https://www.youtube.com/watch?v=Owmg1GQn3yQ

Marie Laforêt encore en italien cette fois "la vendemmia dell' amor" : l'occasion de dire que les échanges semblent grippés... Qui sait ce qui a du succès en Italie maintenant, ou en Espagne (Y volvamos el amor) ? Dommage si cette réflexion alimente l'idée que l'Europe n'est que celle du pognon...

Luis Mariano redonne lui aussi dans la recette qui rapporte avec le rythme gnagna de ses "Vendanges à Madeira".

https://www.youtube.com/watch?v=x70hKIptyCE

Et pour ceux qui aiment le genre, "La Marche des Vendanges" d'Edouard Duleu (1909 - 2001).

 https://www.youtube.com/watch?v=3yLTZjK9aHM

Bouquet final avec les Petits Chanteurs à la...

"... s'il picole c'est qu'il doit boire, pinot pinot pinot noir... buvons à sa santé et à celle des cocus pinot pinot pinot..."  

Comment ? les petits chanteurs ?? oui mai à la Gueule de Bois fallait préciser, genre barbus...

https://www.youtube.com/watch?v=uG907s1tn9A

Alors est-ce sain d'abonder pour un florilège pas en rapport avec les Vendanges de l'Amour" (1964) de Marie Laforêt (1939 - 2019) ?  Le seul rapport n'est-il pas avec l'adolescence ? Et puis cet esprit famille à l'époque... L'oncle Noé notre vedette avait ses airs de vendanges : 

« Lous anciens rasclaboun,                  « Les anciens raclaient,
Nous autris rasclan,                                 Nous autres raclons,
Lous joubés ba saboun,                           Les jeunes le savent
Elis rasclaran,                                          Eux ils racleront… »

Ah ! L’envie me démange
D’aller en vendange… etc… »

Air connu... Par contre, pour Michaëla, on en sait moins... Il semblerait que ce soit Micaëlla mia, chanson napolitaine  1910, paroles F.L. Benech / musique Léo Daniderff ? (3) :

"... Quelques paroles (j’ignore la suite) de Michaëla  (et non Manuela, 1er succès de Julio Iglesias).

« … Quel est donc ce billet                       
Entre tes seins caché                                  
Michaëla ?                                                 
Et, pâle de fureur,                                     
Antonio le pécheur                                    
LuT (1)  ce mot  
Qui lui brisa le cœur :
« Michaëla la brune,
Ce soir au clair de lune,
Comme par le passé,
Nous irons nous griser
De baisers… »

L'oncle Noé à droite.
Et  pour finir comme les barbus de tout à l'heure :
« J’ai mal occu… j’ai mal occu…
J’ai mal… occupé ma jeunesse :
J’ai troP (2) été, j’ai troP été,
J’ai trop été dissipateur »

 (Caboujolette / 2008 / François Dedieu).


(1) Il faut bien prononcer le “T”, comme dans “luth”.
(2) bien faire entendre la liaison.  
(3) voir https://dedieujeanfrancois.blogspot.com/2018/09/vendanges-ambiance-fleury-daude-en.html
Cela parait futile mais papa aurait aimé l'évocation de cette piste pour cette chanson marquant nos pages de vendanges à Fleury... Il n'empêche, pour être heureux, chacun se doit de chercher et de cumuler ses petits bonheurs, ses bonnes émotions, comme des perles de couleur pour un collier ou un bracelet...  



 


 

lundi 27 mai 2019

LE CHANT DE L'EAU, LE LONG DU BOUQUET / Fleury-d'Aude en Languedoc.

Partir sur les traces et ce qui reste d'un gentil ruisseau, par une de ces rares journées d'un mai 2019 si frais, c'est une vraie exploration tant paysagère qu'intérieure. Un cadre familier mais qui au fil de l'inspiration sait improviser et tirer des tréfonds du vécu des porte-bonheur toujours brillants.  

Au fond le village et toujours les constructions et non des moindres, qui mitent le vallon. la petite vigne de ma quinzaine de charrieur n'est plus. Les referons-nous ensemble les vendanges de l'amour ? 

  Rive convexe, rive concave...

Le petit bois mais pas de cornouillers 


"... Il passe et court et glisse
Et doucement dédie aux branches,
Qui sur son cours se penchent,
Sa chanson lisse..."

 La vigne un jour dit au roseau... 

Le rossignol y chante et le jour et la nuit... mais le couvert épais le dissimule si bien

Bien à 60-70 centimètres en contrebas, le ruisseau passe sous la chaussée, sa cascatelle n'érodera plus l'empierrage et le goudron. L'ai-je rêvé qu'il passait jadis sur la route ?  

Au village de mon père, les sureaux sont fleuris

Un no man's land pour mon âme nomade qui cherche, compagne des racines qui s'abreuvent, le mât levé vers le ciel de la pouzolanco de l'oncle Noé, puisant l'eau sacrée dans sa conque. 


Un passé de plus en plus flou.


Dutronc chantait "C'était un petit jardin... 
Mais un jour près du jardin
Passa un homme qui au revers de son veston
Portait une fleur de béton..."
 A la place du joli petit coin... Il y a les six voies de l'autoroute de notre système en banqueroute...  





L'abattoir de Soldeville, un des deux bouchers du village " Oh ! combien de bovins, combien de bêtes à cornes, venues sur cette terre sans renfort de saxhorns, dans la mort fatidique se sont évanouis..."  


Il reste un petit jardin

Mais donnant désormais sur une avenue... Le ruisseau du Bouquet doit couler sous le trottoir. 

Et le lavoir est devenu le siège d'un club de cassaires, de chasseurs. 

1964. Marie Laforêt chante Les vendanges de l'Amour.  Sur les rives du Bouquet se murmure la fable de la vigne et du roseau. Le rossignol chante jour et nuit et les sureaux sont fleuris... pardon de détourner une chanson vieille de plus de trois cents ans ! 
1972. Jacques Dutronc chante un petit jardin aussi malheureux que la maison près de la fontaine de Nino Ferrer. 
Pour l'abattoir aux effluents sanguinolents qui devaient rosir l'eau du ruisseau, la corrida de Cabrel sonnait faux. Alors si c'est très discutable d'en appeler à un grand homme tel Victor Hugo, pour qui le veut reste et restera toujours le chant de l'eau, surtout si la baguette magique de Mélusine nous transporte depuis les bancs de l'école... 

Merci Émile dont la poésie a si bien enchanté nos esprits ! Pour les enfants elle se terminait, non sans raison, avec "Le bruit de l'eau" mais la suite fait penser aussitôt à Maupassant dont il était contemporain... Enfin, je le dis très subjectivement... faudrait reprendre et relire...   
En attendant, pour les petits, les grands, et plus particulièrement les grands qui veulent rester petits :   
  
Le chant de l'eau.

L’entendez-vous, l’entendez-vous
Le menu flot sur les cailloux ?
Il passe et court et glisse
Et doucement dédie aux branches,
Qui sur son cours se penchent,
Sa chanson lisse.

Là-bas,
Le petit bois de cornouillers
Où l’on disait que Mélusine
Jadis, sur un tapis de perles fines,
Au clair de lune, en blancs souliers,
Dansa ;
Le petit bois de cornouillers
Et tous ses hôtes familiers
Et les putois et les fouines
Et les souris et les mulots
Écoutent
Loin des sentes et loin des routes
Le bruit de l’eau.

Émile Verhaeren.  

Et que le grand l'apprenne au petit en revenant de l'école, si par chance ils cheminent dans un vallon. Magie garantie sur la frimousse du petit. Et si quelques éclats de rosée brillent dans le regard du grand, ce ne sont que les perles fines que Mélusine fit danser au clair de lune...