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jeudi 14 novembre 2019

PETITE HISTOIRE BÉBÊTE D’UNE TONDEUSE / Mayotte manque d'eau...

Oh ça n’arrête pas de pousser, d’envahir même sous le climat tropical, sur la terre volcanique si fertile. A la main c’est un travail de défricheur-débroussailleur, de la plus basse caste de ces journaliers dont l’effort n’est pas sans rappeler le travail forcé sinon pire et aujourd’hui de toute façon, peu payé quand il est fait appel à une main-d’œuvre clandestine (1). Pas d’exploiteur chez moi, pas d’exploitant non plus, juste le désir de quelques légumes sains, d’un jardin propre. La tondeuse fil, ne m’en parlez pas : plus de temps à s’occuper du fil que des herbes. Alors une tondeuse classique ! A main, poussée, mais sans fil, écolo quoi, chouette ! Mais le prix ! Dommage… Alors pas plus chère, à main aussi, poussée aussi mais avec un moteur, avec fil pour l'alimentation et tant pis pour l’empreinte carbone !

Il faut la prendre en métropole, manière de court-circuiter les intermédiaires gourmands qui prennent même une marge sur le transport. La mettre dans les bagages ? Faut être un peu sinoc quoique… si ça rentre dans une valise. Et le poids ? Pas de problème de ce côté-là, moins de dix kilos. Et quand il s’agit de se préparer à partir, pourquoi ne pas bourrer les vides ? Ouais ! des boîtes de légumes secs… ça aussi on devrait s’y remettre si la protéine animale pousse à culpabiliser ! 


Montpellier, Paris, Amsterdam, Nairobi, Pamandzi : les valises sont bien arrivées et entières. 

« Bonjour chérie, tiens, un cadeau, qu’il va être beau et propre ton jardin ! » 

Quoi ? Qu'ois-je ? Qui a dit que c’est bien une idée de beauf ? Je vous signale que pendant des décennies, c’est le genre de cadeau respectueux pour la fête des mères, entre la cocotte-minute, le mixer et le caddie pour les commissions, et plein d’amour, du moins de soi, pour que maman soit mieux encore au service de la tribu ! Laissez-moi déballer plutôt.
Zut deux cartons de légumes secs ont crevé… pour les haricots ça va encore mais pour les lentilles il faut des doigts fins… 

« Chérie tu peux… Non ça ira, excuse, te dérange pas, le petit va s’en charger ! » 

La tondeuse est montée, vérifiée, rangée dans le débarras en attendant les pluies. Un mois, deux mois ; début novembre, enfin la pluie des mangues et aussitôt l’invasion verte parce que tout pousse tout seul à les entendre... et attention, parce qu’au milieu des tiges tendres du cynodon ou du bermuda grass (et oui ça fait chercher sur internet) il y en a une, qui replie ses feuilles au moindre contact (2), aux pompons mauves, amie des bourdons mais hargneuse de tous ses piquants petits mais si nombreux et aigus, ce ne doit pas être le kikuyu et même Kirikou le sentirait passer. Raison de plus pour étrenner la tondeuse.
Oh ! mais un rat a troué le plastique tissé du bac de ramassage ! 

« Chérie un rat a abîmé ton cadeau ! » 

Et quand je soulève, j’entends des choses à  l’intérieur, ça s’entrechoque, ça percute ! Et oui, ce bruit de maracas, encore des haricots, ceux qui ont appâté le rat. Il faut démonter, faire taire l’idiophone et ne plus tenter le rongeur qui s’est même fait les dents sur une ailette de plastique dur. Oh ! il y a bien une vingtaine de graines dedans ! Oh l'envie de tenter une plantation exotique ! Parce que le haricot, surtout celui de la leçon de choses du cours moyen, c'est quelque chose ! 


Une rallonge, carrément un prolongateur. Une Mac quelque chose, la tondeuse, Onnery, Icket ou Arel... non je rigole, Allister puisque je m'avance à faire la pub d'une bécane banale mais au destin pour le moins inattendu. Et pas made in China ! Anglaise my dear ! dernier geste avant les taxes que nous vaudront le brexit ! Et elle marche ! 

« Que c’est gentil, chérie, en plus tu dis que tu me laisseras toujours jouer avec ton cadeau ! » 



(1)  Il y a longtemps que le commun des îliens ne veut plus se salir les mains... quoique d'aucuns disent que de leur faire gagner de l'argent, c'est mieux que de promouvoir l'oisiveté et le vol...  Et en métropole quand le clientélisme politique promeut l'assistanat et qu'on ne trouve plus personne pour les vendanges ou la cueillette des fruits ? quand on subit l'immigration ?.. Qu'est-ce qu'on attend pour les dégager ?!?! Je parle des politiques plus insidieux pour la société (la démocratie et aussi la paix dans le monde) que les immigrés et les assistés !
(2)   Une sensitive, le mimosa pudique.    

Le mimosa pudique avant et après.
     

jeudi 7 novembre 2019

SARDO & CANSOUS / La sarde et les chansons des vendanges

Libations et chansons au dessert mais même dans les vignes des airs égaient parfois les vendangeurs. 

Marie Laforêt Mostra di Venezia 1994 Wikimedia Commons Auteur Gorup de Besanez
Quand la mort de la fille aux yeux d'or a récemment été annoncée, comment ne pas penser aux Vendanges de l'Amour ?

 https://www.youtube.com/watch?v=aj42vpjJBQU

Et, tant que nous y sommes, pourquoi ne pas se demander si d'autres chansons ne marquent pas un moment aussi important de l'année, de la vie même des hommes, au même titre que la moisson ? Entre parenthèses, avant la vigne, l'Aude comptait beaucoup pour la production de blé et à ce titre, la plaine de Coursan était particulièrement renommée.

Une vraie colle quand le net lui, répond aussitôt :
"Trois jours de vendanges", zut de l'opéra et ce n'est pas faire injure au genre que de demander les paroles faute de ne rien comprendre.

https://www.youtube.com/watch?v=k-3ZyRQgHb0

En suivant, "Vendanges à Porto" par Yvette Giraud (1916 - 2014)... pas de quoi faire le dégoûté mais ça fait rengaine, de celles que la profession se permettait, sur un 45 ou un 33 tours derrière un titre phare, comme "Les Lavandières du Portugal"... Sinon une belle voix grave et une belle carrière au Japon !

https://www.youtube.com/watch?v=_hPvM13Wy34

Avec les Zouilles, en 1989, c'est dur de couper les raisins, c'est dur dur dur aussi pour les portugaises même si la musique est pas mal...

https://www.youtube.com/watch?v=JhMeBxwVnP0

Et là, l'envie me démange d'aller en vendange même si ces paroles s'entonnaient plutôt au dessert d'un bon repas... Oh qu'ils étaient joviaux et rougeauds les convives. Jusqu'alors, m'interrogeant sur la forme de grappillage avec un petit panier percé, j'ai cru que c'était seulement leur état qui les mettait en joie, aujourd'hui je réalise seulement les idées égrillardes à peine cachées sauf qu'enfant nous n'avions pas les codes et que quand nous fûmes en âge, c'était passé de mode de s'échauffer par ce biais :

"...  Ninette, ma Ninette, vois ce beau raisin
Oh ! Fit la fillette, y en a plein la main ;
Que la grappe est belle, que les grains sont noirs
Le bon vin, dit elle, coulera du pressoir..." 

http://www.dutempsdescerisesauxfeuillesmortes.net/paroles/petit_panier_le.htm

Chanson de vendange Wikimedia Commons Author L.L

Retour à l'ordi. En 2009, pour Gérald Genty, auteur-compositeur-interprète, "... j'en ai marre du sécateur (...) le premier qui regarde sa montre c'est toujours une sale rencontre..." On sent le vécu, les sous à la fin... parent éloigné "t'es porteur", parent proche "...sur le tracteur...". C'est gentil.

 https://www.deezer.com/fr/track/3766197?autoplay=true

Encore de la rengaine cent pour cent "tralalala" avec Lily Fayol (1914 - 1999). Franchement franchouillard...

https://www.youtube.com/watch?v=Owmg1GQn3yQ

Marie Laforêt encore en italien cette fois "la vendemmia dell' amor" : l'occasion de dire que les échanges semblent grippés... Qui sait ce qui a du succès en Italie maintenant, ou en Espagne (Y volvamos el amor) ? Dommage si cette réflexion alimente l'idée que l'Europe n'est que celle du pognon...

Luis Mariano redonne lui aussi dans la recette qui rapporte avec le rythme gnagna de ses "Vendanges à Madeira".

https://www.youtube.com/watch?v=x70hKIptyCE

Et pour ceux qui aiment le genre, "La Marche des Vendanges" d'Edouard Duleu (1909 - 2001).

 https://www.youtube.com/watch?v=3yLTZjK9aHM

Bouquet final avec les Petits Chanteurs à la...

"... s'il picole c'est qu'il doit boire, pinot pinot pinot noir... buvons à sa santé et à celle des cocus pinot pinot pinot..."  

Comment ? les petits chanteurs ?? oui mai à la Gueule de Bois fallait préciser, genre barbus...

https://www.youtube.com/watch?v=uG907s1tn9A

Alors est-ce sain d'abonder pour un florilège pas en rapport avec les Vendanges de l'Amour" (1964) de Marie Laforêt (1939 - 2019) ?  Le seul rapport n'est-il pas avec l'adolescence ? Et puis cet esprit famille à l'époque... L'oncle Noé notre vedette avait ses airs de vendanges : 

« Lous anciens rasclaboun,                  « Les anciens raclaient,
Nous autris rasclan,                                 Nous autres raclons,
Lous joubés ba saboun,                           Les jeunes le savent
Elis rasclaran,                                          Eux ils racleront… »

Ah ! L’envie me démange
D’aller en vendange… etc… »

Air connu... Par contre, pour Michaëla, on en sait moins... Il semblerait que ce soit Micaëlla mia, chanson napolitaine  1910, paroles F.L. Benech / musique Léo Daniderff ? (3) :

"... Quelques paroles (j’ignore la suite) de Michaëla  (et non Manuela, 1er succès de Julio Iglesias).

« … Quel est donc ce billet                       
Entre tes seins caché                                  
Michaëla ?                                                 
Et, pâle de fureur,                                     
Antonio le pécheur                                    
LuT (1)  ce mot  
Qui lui brisa le cœur :
« Michaëla la brune,
Ce soir au clair de lune,
Comme par le passé,
Nous irons nous griser
De baisers… »

L'oncle Noé à droite.
Et  pour finir comme les barbus de tout à l'heure :
« J’ai mal occu… j’ai mal occu…
J’ai mal… occupé ma jeunesse :
J’ai troP (2) été, j’ai troP été,
J’ai trop été dissipateur »

 (Caboujolette / 2008 / François Dedieu).


(1) Il faut bien prononcer le “T”, comme dans “luth”.
(2) bien faire entendre la liaison.  
(3) voir https://dedieujeanfrancois.blogspot.com/2018/09/vendanges-ambiance-fleury-daude-en.html
Cela parait futile mais papa aurait aimé l'évocation de cette piste pour cette chanson marquant nos pages de vendanges à Fleury... Il n'empêche, pour être heureux, chacun se doit de chercher et de cumuler ses petits bonheurs, ses bonnes émotions, comme des perles de couleur pour un collier ou un bracelet...