Oui... à partir d'un certain âge, un coup de vieux c'est sûr...
Pour qui ne fait que migrer d'un point de chute à un autre, suivant ses intérêts affectifs, son attachement et la gestion aussi, de l'absence, de la séparation avec la famille, les êtres aimés, l'idée de voyage se retrouve amputée de bien de paramètres, en premier l'envie d'ailleurs, la quête de dépaysement... Je ne suis qu'un migrateur soucieux de rester en état, de mettre ses atouts afin, chaque fois, de réussir son déplacement. Bien sûr je me sens ridicule comparé aux animaux à l'égard de qui nous nous devons de partager la Planète, ridicule de rapprocher mes étapes des escales de vie ou de mort des oiseaux s'efforçant de reprendre des forces dont celles, primordiales quand il leur faut traverser la mer puis le désert.
Pour l'humain qui migre vers le pays, les êtres chers, écartelé par le dilemme répété de devoir aussi laisser derrière lui un port d'attache, d'autres êtres aimés plus intimement encore, le stress du voyage se retrouve réduit aux aléas possibles, en la circonstance, entre Mayotte et la Métropole en passant par l'Afrique. Ne pensant pas à ce qui pourrait advenir de définitif, c'est d'abord de bien rejoindre l'embarcadère, un accident, un blocage de route, un embouteillage, autant d'imprévus qu'on préfère éviter. La barge ensuite... au service espérons, non perturbé par un mouvement social.
Ce n'est qu'une fois que lorsque le taxi nous dépose à l'aérogare qu'il est momentanément possible de souffler un peu...
Reprenons sur la route au niveau du chantier arrêté de l'usine de dessalement liée aux pénuries et tours d'eau sur toute l'île.
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| Ironi bé, le chantier arrêté de l'usine de dessalement. |
Et l'irresponsabilité ne se poursuivrait-elle pas avec le choix, en urgence, de l'implantation de cette usine de dessalement ? Tout esprit un tant soit peu sensé opterait, me semble-t-il, concernant les excès de salinité rejetés, pour un lieu moins éloigné de la barrière coralienne, plus au sud, vers Bandrelé par exemple, manière d'évacuer dans l'océan, non ? En place de quoi on se retrouve avec des rejets dans le lagon déjà impacté par les phases de blanchiment, le cyclone (malgré des vagues moins hautes), qui plus est, à un endroit où les courants moins forts dilueront moins la salinité... Des circonstances donnant le bâton pour se faire battre, un bâton vite pris en main par des associations écologistes déjà irritables pour un rien. Une situation très insatisfaisante pour la population face au je-m'en-foutisme de l'État toujours repoussant aux calendes grecques, sinon sans gestion à long terme, et aux écolos d'autres horizons plus en protection des bébêtes et à l'excès, de la nature... au détriment des humains. Va-t-on se retrouver à nouveau dans une situation comparable à celle de la piste longue de l'aéroport, reportée durant des décennies puis abandonnée au profit d'un hypothétique virtuel aéroport sur l'île principale déjà impactée par la pression démographique, l'installation de villages clandestins, le déboisement illégal et toutes les conséquences qui ne manqueront pas de suivre dont la baisse de précipitations, la hausse des températures...
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| Mayotte, le lagon nord. |
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| Sur l'amphidrome, fraîcheur du bras de mer et vue sur quelques îlots des « Sept Frères », entre Grande et Petite-Terre. |
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| Traversée de la barge quittant Mamoudzou. |
Contraste à la barge, plein de monde alors que les rues sont vides, la circulation clairsemée.
De l'autre côté, un taxi, au patron, disons, attentionné, nous prend en charge (taxi collectif à 5 euros le dimanche bagages compris), contrairement à ceux qui tiennent à faire un maximum de courses, il roule très raisonnablement, prend en charge le petit garçon à sa maman de même que toutes les valises. Depuis toutes ces années, c'est bien la première fois qu'un “ taxi ” se décarcasse ainsi ! (à suivre)





