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lundi 7 juin 2021

ON DISAIT "COMPOSITION FRANÇAISE"...

Qui donc parmi mes proches, profitant que je sois à des milliers de kilomètres, a osé exhumer une pièce à conviction vieille de 55 ans ? 

En prenant connaissance du sujet, je ne pouvais que me demander si je suis devenu autre, étranger à celui qui avait 15 ans... peut-être à l'opposé, voire complètement en contradiction. Bien sûr, à partir du moment où cette publication paraît, c'est que la pièce à conviction ne m'accable pas... 

Pas encore "dissertation", après la "rédaction" d'un plus jeune âge, c'était le temps de la "composition française"... 

 

Vous l'avez trouvée, la faute d'orthographe ?

    "Si les dimanches sont variés, et jamais les mêmes, c'est le jour de congé où je peux profiter de bien de distractions quel que soit le temps. 

Chœur de l'église Saint-Martin à Fleury. De l'autel il ne reste que la base en marbre (mais de quand date-t-il ?). Le haut au style classique bien que rappelant sans aucune référence au baroque la contre-réforme repose, à cause de sa surcharge décorative en rupture avec un retour à la simplicité des premiers âges, abandonné à l'extérieur de Notre-Dame-de-Liesse, la chapelle des bords de l'Aude étouffée depuis un demi-siècle par l'autoroute entre l'Espagne et l'Europe du Nord... De part et d'autre du chœur tournant ses vitraux, notamment Saint-Martin partageant son manteau vers le soleil levant, les linteaux vénitiens, sinon au style oriental, des portes basses donnant à droite sur la sacristie, à gauche, au clocher et dans mon imaginaire d'enfant... à la caverne d'Ali Baba...
 
    Le matin, vers neuf heures, je me lève, en déjeunant je regarde la télévision où je suis le cours d'anglais. Vers onze heures, je me rends à la "grand-messe" en passant devant le bureau de tabac, j'emploie quelques pièces destinées à la quête, beaucoup plus tenté par les sucreries que par un bon geste à l'église. Il est vrai que beaucoup de personnes se disent "dévots" mais je crois bien que c'est par principe "ça fait bien et distingué". La messe c'est plutôt un devoir qu'une dévotion et bientôt ennuyé par les paroles chantantes du curé, je pense à autre chose. Après la messe, en passant par le marché, je vais dire bonjour à mes grands-parents, attendri devant cette vieille maison, je pense à mon enfance, au jardin où, dans le roucoulement des pigeons, je me roulais dans les coquelicots ; je sens l'odeur du foin qui me rappelle tant de choses. "Papé" est revenu de la vigne : son portrait me fait penser à une poésie le Semeur, qui personnifie le travail et la beauté du travail par un vieux paysan ; les mains caleuses, fortes, l'allure lente et sûre, la peau vieillie par le soleil, le visage bronzé, une fière moustache grisonnante, en pensant à ce poème, je respecte et estime mon grand-père tandis que "mamé" m'inspecte de la tête aux pieds et commence à parler des souliers neufs.......... 
    A trois heures, après avoir dîné, je vais voir le film au cinéma, toujours pareil, le film est inimaginable basé sur la magie et la science-fiction, le tout "embobiné" par une histoire d'amour. Entre nous "c'est une pommade" on y va plutôt pour passer le temps que pour voir le film, les beaux films sont si rares ! Quand je sors de la salle, je jette un coup d’œil au clocher 5 heures, comme le temps passe vite tristement je pense au lendemain, il faut finir les leçons, faire la dernière phrase du devoir de latin..... 
    Pourtant je m'arrête au café, les vieux jouent à la belote, les enfants se pressent autour du téléviseur, mes camarades parlent du rugby : "Tu as vu, il prennait toutes les balles à la touche....."
    Je reviens à la maison  et me mets à travailler, en pensant à rien, sauf au travail..... Comme chaque dimanche, au souper, ma mère apporte le potage, je me lève, vais préparer le cartable. Après m'être douché, je vais me coucher, le dimanche est fini, je pense avec tristesse au lundi, à toute une semaine qu'il faudra passer pour retrouver l'atmosphère du cinéma, la chaleur du foyer, la messe ennuyeuse, la vieille maison de grand-père, qui vers midi sent bon les frites....... Une semaine c'est long mais le temps passe si vite." 
 
Notre-Dame-de-Liesse, morceau témoin de l'ancien autel monumental. Je n'ai que cet élément en photo 2016)... il faut y repasser si l'élément gît encore à proximité...

 

samedi 29 mai 2021

Un vieil Indien dans la ville, version mai 2021 (3)

 Le désert ne laisse met une barrière aux petits moutons de la Méditerranée... 

Thalassa ! Thalassa ! La mer ! me revient un vague souvenir des Grecs de retour de Perse et qui, après les mornes plateaux d'Anatolie retrouvent la mer, déjà la leur puisque leurs peuples occupent le Pont-Euxin sur la Mer Noire. Suite aux vastes étendues ocres du Sahara, c'est un peu de cette délivrance que nous offre le moutonnement de nuages nourri par la Méditerranée. Qu'elle est belle pour un natif de ses rivages ! Ses bleus n'ont vraiment pas à souffrir de la comparaison avec les tropiques. Si nous sommes loin des verts du delta du Nil, à bâbord, plus loin encore, Tobrouk, la Cyrénaïque, la Libye... Et si les Dix-Mille de Xénophon ne voulant plus qu'embarquer pour leurs patries perdues d'Athènes, Corinthe ou Sparte, ici, comment ne pas parler de la guerre en Libye, de l'intervention aéronavale initiée par Sarkozy, et des conséquences collatérales liées au trafic aérien ? 

Dans les années 90, l'avion prenait bien soin d'éviter la Libye fortement accusée d'attentats aériens ainsi que de soutien financier aux groupes violents sinon terroristes. Années 2000, Mouammar Khadafi redevenu le riche ami flatté par tous ses anciens détracteurs occidentaux, l'espace aérien libyen autorise une trajectoire plus directe entre l'Afrique de l'Est et l'Europe de l'Ouest. Années 2010, porte-drapeau des printemps arabes et ensuite en rien vergogneux du flop qui s'en est suivi, Bernard-Henri Levy  a poussé le président français à guerroyer contre Kadhafi, l'ami plein de sous qui pourtant plantait sa tente de bédouin dans les jardins dorés de la République... Le pays doit-il porter le chapeau pour tant d'irresponsabilité déployée sinon la mort de Kadhafi (1)? 

Ah la Crète ! île attachante et pas seulement pour ses 35 millions d'oliviers, ottomane jusqu'à l'orée du siècle passé, symbole de libération...

Ah la Crète de Zorba et ce sirtaki pot pourri finalement réussi de tous les airs nationaux héllènes... 

Ah la Crète d'un menu de verdure, d'escargots, d'huile d'olive, si sain dit-on même si à la fin... 

En attendant, pour ne rien risquer dans l'espace aérien d'un pays toujours secoué par une guerre civile (2), notre vol commercial décrit un détour et ce n'est qu'en vue de l'île de Crète que le cap peut être mis sur la France via l'Italie.  

(1) alors que Macron engage encore la France à son corps défendant auprès de Kagamé, au Rwanda, colonie allemande puis belge où Mitterand et quelques acolytes nous avaient embarqués malgré nous dans une galère grâce au "coup d’État permanent", un absolutisme que la Constitution de la Ve octroie au monarque républicain président...   

(2) Mai 2021. Le dictateur biélorusse oblige un avion à se poser pour mettre la main sur un opposant.
 Juillet 2013. Hollande, pour ne pas être complice de l'évasion du lanceur d'alerte Snowden réfugié à Moscou, président "normal" d'un pays prétendument de liberté, interdit le survol du pays au président bolivien Evo Moralès. Sinon, croyez bien que Loukatchenko n'est qu'un dictateur !