Armengaud : l'été à Saint-Pierre-la-Mer, sur le sable tassé de la plage aux campeurs et baraques, si large, si accueillante, passait, tranquille, en dehors des heures les plus chaudes, la promenade à cheval, les chevaux d'Armengaud cantonnés en pied de garrigue, côté Narbonne-Plage... Était-ce le père ou notre ami Riquet décédé de Salles-d'Aude ?
Le Gaillard : un qui prit la suite, un temps, avec son ranch d'été, Éric dit « Le Gaillard » pour son physique de rugbyman généreux...
La Pointe : « La Pointe de Vignard » pour le dire au complet. La vigne la plus lointaine de papé Jean, au pied du cabanon (à qui appartenait-il ce cinquième abri ou bergerie en descendant l'Aude depuis le pont ?). Aux vendanges, oubliant dépit et rancœur de n'avoir pu lancer, à la pause de onze heures, la famille montrant, non sans mépris, une sainte horreur de l'élément liquide dangereux, mon hameçon dans la rivière, la journée derrière nous, une atmosphère apaisée à la Jean-François Millet (1814-1875) montait de la terre, une scène champêtre et paysanne, hugolienne aussi, sur la dernière heure de travail : soulagement des vendangeurs mais presque une heure encore, harassante pour le cheval sur les quatre kilomètres du retour, les derniers des 32 du jour... dont la moitié à pleine charge...
En 2008, me concernant, moins éprouvé que le cheval, sur ce moment empathique, j'écrivais :
« Il a emporté un caillou marqué par un fer de sabot, celui de Lami, tirant son chariot de comportes, sur le chemin de la Plaine, vers le clocher qui se découpe, au loin, dans le soleil couchant. »
Un trajet riche d'histoires, plein des vies d'un passé refluant grâce à tout ce qu'en a dit (et écrit) mon père, aussi, à l'occasion, de la mienne de petite vie, faisant entrer en scène avec ceux qui restent, tant de chers disparus, humains et bêtes confondus...
Je l'ai là, ce caillou, toujours à portée, ce fragment de fréjal des calcaires les plus durs, devant la voile latine de l'étagère, donnant une densité sentimentale à mon semblant de catalane sorti de la foirfouille (c'est Robert Vié qui était fort pour les maquettes !)
Le labour à Bauréno : Baureno, c'est la toute petite vigne héritage de mamé Joséphine, arrière grand-mère du côté de papa, avec des manques dus, disait-on, au volcan (alors que les terres volcaniques sont réputées pour leur fertilité...). Sans intervenir, en me faisant oublier, je les y ai vus collaborer au labour, papé Jean et Lami, le grand-père menant le cheval posément, avec calme, assurance, lui ménageant des instants de récupération.
(1) mais pas des petits propriétaires devant rentrer la récolte en cave sinon pressurer à la bougie.
(2) dans sa dépendance contiguë au couvent où habitait André Vidal son mécanicien à temps plein (et Guy le fils, bon copain... des poules volées pour le réveillon... encore de ceux partis trop tôt, à 68 ans (1951-2019)(sa sœur aînée, Francette, à 67 ans) bien que plutôt tracteurs et camions, Étienne Gibert disposait de quatre chevaux ; les stalles vides portent encore les noms de Mignon, Coquet, Rip et Franco, deux noms courants et deux autres fondés mais dont on ne peut que spéculer sur l'origine...

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