dimanche 31 mai 2026

Yves BONI (1932-2026) « Pilier... les reins et les jambes... »

Et bé, ils ont perdu, les gars de l'Entente-Fleury-Salles-Coursan, 20 à 35, contre le R.C. Orangeois, des orange et noir, comme Narbonne... Dans une division supérieure, cela ne doit pas exister de gagner deux ans de file... et puis, c'est un peu tôt pour la Fédérale 3. 

Dans le coin, en Régionale 2, St-Gély-Pic-Saint-Loup ont perdu d'un point. En Régionale 3 Tuchan “ de ” Guy Molveau a gagné d'un point et continue en quart ; ils rencontreront Bessan qui a battu Villeneuve-les-Maguelone...  

Toi aussi, tu nous as parlé du rugby...

LES BASTETS... (III) « Pilier, ce sont les reins et les jambes...» / FLEURY en Languedoc

    C’étaient des temps pas tendres mais ouverts aux espoirs, et qui donnent à réfléchir sur la période que nous vivons, un présent apparemment plus facile mais corrompu parce qu’une minorité cupide impose sa loi à une majorité sans courage qui devra aussi en répondre, à l’heure du bilan.

    A 83 ans, Yves veut bien témoigner du travail, de la vie, de la mer : il n’a plus voulu de l’école et parle de son apprentissage de pêcheur à la traïno, la traîne, à 13 ans. 

    «... et le second essai, le bol du matin, à l’aurore... Des fois on venait jusque sous “ Tintaine ” (presque à Gruissan), on se tapait déjà huit, dix km à pied... et ce filet en coton, mouillé qui plus est, il pesait lourd et puis fallait pas mettre le pied dessus : il te foutait un coup de pied au cul... Enfin, j’aurais été plus intelligent, j’aurais continué à l’école... Mais je regrette rien... c’est un boulot rude quand même.
    Après attends, oooh il m’avait trouvé une autre combine. Il était bien le vieux Garibaldi alors il m’avait foutu à la barque, on avait des corbeilles en osier, des brassets on disait, Après le premier bol, depuis Tintaine j’allais porter 400 ou 500 kilos aux Cabanes, à la rame et arrivé, retour à l’expéditeur !

— On comprend qu’après la journée, pas besoin de faire du sport... 

— Oh ! podes i anar (tu peux y aller), à dix-sept ans, je suis allé jouer au rugby, je devais faire 80 kilos, je jouais pilier. Il y avait Serin, l’international, et un toubib qui s’appelait Olive, il était sympa et te trouvait toujours quelque chose pour soigner un bobo... Ils venaient pêcher à la ligne, moi j’avais commencé à Fleury. 

collection Josette Saborit-Dolques. Merci à elle. 


Ils m’ont dit si ça me disait d’aller jouer à Béziers. Pour ça allez voir mon père. Quand ils lui en ont parlé, il se sont fait jeter comme du poisson pourri. C’étaient des coriaces, ils sont revenus à la charge et la troisième fois mon père a dit « Le matin quand il va rentrer y a pas de rugby qui tienne, i a lou traval ! »... Des fois c’était rude et devant ça y allait, mais si je me levais pas, à six heures, il me foutait en bas du lit... Puis j’ai joué jusqu’à ce que je parte à l’armée... » 

Saint-Pierre-la-Mer, vendredi 31 juillet 2015. 

Yves, tu patientes qu'on veuille bien t'accompagner demain, à l'église qui a tant vu des nôtres et enfin, dernière adresse connue, route de TA mer, sous les vieux cyprès... Chez les vivants, ils sont quelques uns, tu sais, à rappeler leurs bons souvenirs de la traîne... ces témoignages font plaisir. Tu en parlais, en 2015. J'ai pris tes mots au bond, « un matin motivé » à penser rugby, je voudrais plaisanter mais je dérape à me réciter le début de Victor Hugo « Demain, dès l'aube... » 

(à suivre... finalement, onze ans après, presque, je vais les rééditer tes prises de parole, déjà pour moi, on oublie si vite...)


Yves BONI (1932-2026) « Tu voulais parler rugby, non ? »

Un dimanche matin de mai du début des années 60, un bon mois avant les dates présentes, sans doute depuis que la trêve hivernale s'impose...  Un réveil motivé en vue de suivre le rugby en éliminatoires du championnat de France, une aventure déjà qui change le paysage, l'occasion de voir le Pont-du-Gard si le match a lieu en Provence du Rhône, ou de saisir l'écart climatique de bien trois semaines, entre chez nous et les hauteurs du Larzac sinon de découvrir les confins plus verts de l'Ariège, l'exotisme des champs de maïs, des vaches au pré et les cages de foot quand on ne connaît du sport que les poteaux de rugby. On parlait encore de séries, la cinquième des tous petits clubs qui débutent, la quatrième série du Fleury Olympique champion du Languedoc, aux rencontres rugueuses CONTRE, là ce n'était pas AVEC, Cessenon... à la castagne, pour être clair, bagarre générale... Tu n'es pas sur la photo où vous portiez ce beau maillot aux couleurs du FO, bleu avec le haut du corps, les épaules dans un capitonnage noir. (à voir dans l'ouvrage « De Pérignan à Fleury » 2009, Les Chroniques Pérignanaises).     

Ce matin, dimanche 31 mai 2026, Fleury joue à Saint-Gilles, je dis Fleury puisque le village reste dans ce qui est une Entente entre villages voisins, avec Salles et Coursan, un bon choix à bien des égards, même extra-sportifs, faut faire équipe pour exister... et c'est très bien de faire corps, de défendre ensemble un terroir partagé... D'ailleurs, ne vivions-nous pas l'été ensemble, en compagnie de Lespignan, Nissan, aussi, sur la plage du camping sauvage, à Saint-Pierre ?  

L'Entente Fleury-Salles-Coursan “ reçoit ” Orange en 1/8ème de finale de Régionale 1... Ils sont gonflés la Fédé puisque les nôtres ont le double de kilomètres à parcourir pour le match. À part ça, nous recevons ! C'est terrible ! comme avant contre les Britanniques quand il fallait subir un arbitrage partial au motif que nous étions seulement invités... disons aussi, soyons honnêtes, que notre Languedoc garde une tradition un peu rebelle contre l'ordre établi et que, contre l'injustice et le tapis vert nous en sommes toujours à jurer nos grands dieux de notre droiture... 

1961. Cette fois-là... en 1/16èmes, nous perdons contre Mirande qui, cette année-là sera champion (c'est vrai que les Gascons, Mauvezin, Rabastens, castelnau-Magnoac... étaient alors nos bêtes noires). Ce devait être entre Foix et Auterive, Saverdun tout aussi bien. Mon grand-père, mon père, la bérette sur la tête, carrés, presque à se toucher, devant, dans la Dauphine bleue, et toi, après le match et la douche, pressé de rentrer, ne voulant pas attendre le car des joueurs, qui demande à venir avec nous. 1961, j'ai dix ans, toi, à côté, tu es costaud, plus de quatre-vingt kilos alors... Oh ! vous avez dû discuter mais je ne me souviens que du peu que je peux t'en dire ici... 

Entre 1968 et 1971 ? Les copains supporters... dont ceux partis déjà ! Ceci dit, ça fait penser qu'au Mille-Club de ces années-là aussi, des dévoués ont pris la peine de rassembler les trophées et souvenirs du FO, un petit musée qu'il est hors de question de perdre même si la structure, tant d'années plus tard, est menacée de destruction... 
 

Pardon, je bavarde, je bavarde... Yves, tu voulais me parler rugby, non ? Après le match alors... (à suivre) 

PS1 : en 1/32èmes de finale, l'EFSC bat Lalinde 45-10, à Launaguet (31). (Dans la même Régionale 1, Olonzac, Bédarieux ont perdu)

        en 1/16èmes de finale, l'EFSC bat Canton de Marsanne à Bagnols-s/Cèze (30).  

PS2 : merci Les Chroniques Pérignanaises pour le chapitre sur le rugby. 

samedi 30 mai 2026

Yves BONI (1932-2026) Les bastets du maître-nageur (2)

Tant que nous avons de quoi faire feu de ce bois qui nous consume la conscience, nous les gardons en nous, plus ou moins intimement, suivant le biais nous liant à elles, les belles personnes qui partent, toutes emportant un peu de ce que nous sommes. Yves, en toute confiance, m'avait fait compagnon officieux du Golfe, de cette mer qui baigne nos existences, de ces étangs témoins d'un delta inattendu de l'Aude, de Saint-Pierre, des Cabanes, nos plages. Avec lui, ce sont les voix d'alors qui reviennent, l'été surtout, autour de cette manne de poissons bleus, anchois, sardines, maquereaux. Avec les thons de haute mer, les muges à la rivière, en abondance alors, tant les uns que les autres, souvent sur les tables, obligeant à varier recettes et cuissons, tout notre petit peuple se félicitait alors des moissons de la belle saison, avant l'épisode aussi réjouissant des vendanges...  

Yves Boni (20 janvier 1932, Fleury / 26 mai 2026 Narbonne), porteur de belles mémoires pour le peu que nous avons pu, voulu recueillir, toujours trop peu... nous a quittés mardi.  

Je ne puis que reprendre ses mots, son propos, puisque cet été-là, de 2015, il a bien voulu que je les recueille. C'est brut, relu, à peine repris, et, espérons, plus durable, moins périssable que les fleurs... 

LES BASTETS DU MAITRE-NAGEUR (2ème partie) / Fleury en Languedoc

    Nous sommes assis sous la figuière, soutenue, tant les fruits pourraient peser (1), par une dizaine de perches telles les partègues, ces gaules à pousser les barques sur nos étangs. Thérèse reste assise à sa droite. Elle l’approuve surtout quand elle apporte son grain de sel. Elle le soutient mort et fort (2), inconditionnellement, depuis leur première rencontre, à n’en pas douter, à Saint-Pierre, quand elle passait  l’été à la baraque (au marabout plutôt, lié aux Coursanais) et que lui halait la traîne sur la plage. 

« Je suis né en 1932...

— Votre famille est de Fleury ?

— Si tu y vas par là, notre installation à Fleury remonte à mes grands-parents venus d’Italie à pied. Neuf cents kilomètres quand même. Le grand-père travaillait le cuir, il était bottier. Aussi ses deux fils prirent la suite sauf que mon père eut l’opportunité de s’installer mareyeur : il s’est établi aux Cabanes mais à la mer, attention, pas au hameau. Il avait fait un garage en planches pour la Ford, une grosse carlingue entre un fourgon et un camion. Il vendait dans les villages de l’intérieur, jusqu’à Saint-Marcel, Canet-d’Aude, tout aco (tout ça). Cal faire quicon (Faut faire quelque chose). Les gens mangeaient du poisson à l’époque... aujourd’hui, il n’y connaissent rien (3)...
    Pendant la guerre, on était à Fleury, les Boches ont fermé l’école ; je me souviens qu’on faisait la classe au café Tailhan, au premier étage, en passant au milieu des vieux qui prenaient le café.
    Nous avons été évacués de Fleury (4)... ils n’étaient pas commodes, les Allemands : ils mettaient les meubles dehors si on ne déménageait pas assez vite et ils mettaient le feu si trois jours après ils étaient toujours là.  Enfin, on s’est retrouvés à Mazamet, une partie de ma famille s’y est installée même s’il n’y a plus personne aujourd’hui.
    Après la guerre, nous nous sommes installés aux Cabanes, mais à la mer, entre la plage et l’embouchure (5). Je te raconterai les bêtises que nous avons faites, c’est vrai qu’à treize et quatorze ans, c’est bien l’âge, des bêtises.
    L’école, je voulais plus y aller : tu me vois costaud mais avant j’étais de santé fragile, j’ai manqué des mois et des mois et ce retard me décourageait complètement.
    Avec mon père, on est allé voir Garibaldi, on était un peu parents 

« Té, il veut pas aller à l’école tu le prendras à la pêche... ». 

C’est là que j’ai commencé à aller à la traîne, à 13 ans. On avait des cordes en chanvre, ça pesait une tonne et toute la nuit j’enroulais des cordes, on avait une grande traîne pratiquement à un kilomètre en mer avec douze ou treize personnes par côté, éloignées aussi de 8 ou 900 mètres. Je commençais à forcir mais ces cordes à charrier toute la nuit : j’étais au bras de dessus comme on dit, 800 mètres plus haut, celui qui portait les cordes le plus loin : le matin j’avais les bras qui touchaient par terre. Il y a eu une évolution, j’ai continué : il m’a foutu à voguer à une rame (16 ans), y avait pas de moteur à l’époque oh ! La promotion, quand tu cales, avec le vent du nord, va pla, mais cal tourna, attendi amé el vent (ça va bien, mais il faut revenir, attends, avec le vent). Bon on pêchait aussi avec le marin. L’année d’après il me met maître nageur, tu penses, deux avirons dans les paluches, y a le cul qui se pèle, sur le banc. On faisait deux bols du soir, ils étaient tacticiens les cocos, les anciens « Pitchoun, cal attendre lou leua » (Petit, il faut attendre le leua)...

Yves Boni jeune. Collection Josette Saborit-Dolques. Merci. On croit reconnaître au fond, le rocher de Saint-Pierre...


— De ques aco lo leua (6) ? (Qu’est-ce le leua ?)
— C’est l’étoile qui se levait, je sais pas, vers huit ou neuf heures, peut-être plus tard. On avait le bol (la remontée, le coup de filet) vers deux ou trois heures du matin... 

Il y a des risques que nous ne sachions rien des bêtises qu'ils pouvaient faire, à 13 et 14 ans... 

(1) Était-ce pour supporter les branches en parasol pour une ombre des plus agréables. A côté un mûrier-platane qui semble s’en savoir mal de cette promiscuité. Dans notre Sud, l’ombre est plus ou moins appréciée, suivant l’arbre qui la porte. D’après certains celle du figuier fédèrerait quelques réticences... Est-ce lié à sa nature latescente ? à une mentalité terrienne circonspecte en dépit de ce qu'il y a de paix intérieure, d'harmonie, de spiritualité seulement dans l'expression « à l'ombre du figuier », reprise, depuis l'antiquité par nombre de penseurs, d'intellectuels. Ou alors est-ce un reliquat lié à la crainte des Romains, quand Caton, voulant alerter sur l'imminence du danger, montra une figue verte carthaginoise cueillie trois jours avant à peine ? 

(2) Pai mouièn de ba trapar sur un dicciounari occita ! pas moyen de trouver l’expression, pourtant, à Fleury, elle signifie la manière têtue, acharnée de soutenir un propos.

(3) Yves veut dire que la population consommait directement, sans que les produits ne soient transformés et détournés par une chaîne d’intermédiaires. 

(4) La côte étant déjà en zone interdite, le village devait être évacué par étapes ; ma famille était aussi sur la liste en cours mais les circonstances défavorables à l’Allemagne firent que seuls les meubles partirent à Pexiora.

(5) Une insistance attestant peut-être qu’il tient à se démarquer des habitants du hameau... 

(6) peut-être de « leu » (tôt, vite, bientôt...), à propos de l’étoile visible en premier. 


  

vendredi 29 mai 2026

YVES BONI (1932-2026), éternel pêcheur...

Tant de peine quand une belle personne nous quitte. Après la barque qu'il dut brûler, après le départ de Thérèse, le souvenir d'elle avec le marabout du camping sauvage à Saint-Pierre, Yves à présent. Dimanche, le rugby joue sa qualification en championnat de France, mes pensées iront au pilier Boni du Fleury Olympique des années 60. Poutous mouillés... 

Yves Boni (20 janvier 1932, Fleury / 26 mai 2026 Narbonne), porteur de belles mémoires pour le peu que nous avons voulu recueillir, toujours trop peu... nous a quittés. 

Un jour de fin juillet 2015, rencontré par hasard à Saint-Pierre, je ne sais plus où. j'ai dû lui dire quelque chose sur notre ancien temps, le rugby peut-être, la pêche tout aussi bien. Comme prenant la balle au bond, spontané, il répondit « Viens nous voir à la maison, c'est pas difficile à trouver, boulevard de Villebrun, elle est juste avant les “ Bergeries ”, tu ne peux pas te tromper, l'avant-dernière, celle avec un gros figuier devant... ne viens pas trop tôt que j'aide le matin à la pêche... ». Je crois au hasard, aux hasards pluriels même, aux positifs, à ceux qui nous sont favorables, qui ont apporté une magie, une magie ressentie ici, pour ce lieu, la vigne et le puits, les baraques au-delà, comme d'un village à part. C'est ce que je devais penser en allant trouver Yves sous sa figuière... et tout ce qu'il a pu me dire, sans qu'il ne sache, ne pouvait que prolonger cette magie de gosse... 

«... alors commença la féérie et je sentis naître un amour qui devait durer toute ma vie... » Marcel Pagnol. 

Yves Boni, juillet 2015. 

Y avait un peu de ça mais laissons la magie du gosse qui ne serait sans les lieux et les personnes qui la font vivre, qui l'entretiennent, n'est-ce pas, Marcel ? Je descends du vélo, je m'annonce, il répond que je n'ai qu'à pousser le portail, qu'il a les mains prises et je le vois sous sa casquette bleue, dans son bleu de pêcheur, avec ses gros doigts, justement, en train d'entreprendre un délicat ramendage de filet.  

« Excuse-moi de ne pas t'ouvrir, j'ai les mains prises... rentre-le, le vélo, on ne sait jamais... 

Alors, comment c'est allé ? suite au bonjour, on se sent toujours emprunté, mal à l'aise presque, peut-être de venir exploiter une vie, certainement de se prendre pour un de ces journalistes qui se permettent sans vergogne de mettre à nu l'interlocuteur. Bien sûr, étant du même village, nous n'aurons pas de mal à donner des nouvelles, lui des siens, de son épouse Thérèse, en haut dans cette maison qui a heureusement gardé quelque chose de la baraque qu'elle fut, du cabanon des vacances qu'elle reste puisqu'ils y passent l'été. de ma part, les miens, aussi à Saint-Pierre, papa 93 ans, maman 91, ma sœur à la retraite depuis peu... Ensuite, faire savoir à l'autre qui on est afin de se faire accepter réciproquement dans une relation amicale, pacifique... finalement sans valoir plus que les animaux qui se rencontrent... dire ce qui nous pousse, échanger, en partant d'un vécu un tant soit peu partagé, dans le but souvent pas exprimé, au moins de ne pas effacer, de laisser une trace, un fil à dérouler des fois qu'un plus jeune le saisisse et qui sait, le passe plus loin dans le temps. 

Comme pour un moteur froid qui pourrait connaître des ratés, là, la liaison est toute trouvée avec ce que fait Yves, et outrepassant ce que Jean Yanne (1933-2003) sut si bien traduire dans son sketch du restaurant quand le serveur demande « C'est pour manger ? », 

« Alors Yves, toujours la pêche ?  

Le mercredi 29 juillet 2015, une première piste sur un homme des plus attachants, Yves Boni. (Rassurez-vous, je dois aussi me relire pour que ça revienne, presque 11 ans plus tard...) 

LES BASTETS (1) DU MAITRE-NAGEUR / Fleury d'Aude en Languedoc.

C’était promis. J’ai revu Yves un an après, en forme malgré ses 83 ans sauf qu’il a désormais une estafilade de quelques centimètres sur le côté droit (2), pour la pile cardiaque... Jolie la cicatrice... Plus joli que ce qu’il me dit de la Méditerranée. 

Yves Boni, juillet 2015. 

    « Les anchois ont disparu, les sardines restent naines faute de plancton... les prises ne tiennent pas et sans glace, il faut tout jeter. Les thons reviennent  paraît-il... à se demander ce qu’ils peuvent bien manger... La mer est pourrie, le commandant Cousteau le disait déjà en 1952, quand je faisais le service à Toulon... On trouvait qu’il exagérait quand il dénonçait les boues rouges (3)... malheureusement, je crois qu’il avait raison...»

    Aussi quand il pense à haute voix que finalement il préfère ce qu’il a vécu, malgré la guerre, les privations et le porte-monnaie vide, l’évocation d’une vie plus naturelle, plus vraie l’emporte sur ce qui ne manquera pas d’arriver maintenant que le système a anesthésié un genre humain conforté dans un consumérisme égoïste empêchant de réaliser que la catastrophe menace. Un tableau si sombre que la  nostalgie reste plus agréable à évoquer que les perspectives à venir. C’est ce que semble dire son sourire tandis qu’il se replonge dans les souvenirs.

(1) en occitan le bastet est la callosité, le durillon à la base des doigts provoqué par un travail répété. et quel homme de la terre, de la mer, ne m'a pas dit un jour que le porte-plume ne risquait pas de me causer des bastets ? 

(2) ce serait à gauche, plutôt, non ? 


(3) la Montedison rejetait-elle déjà ces boues rouges toxiques et mortelles ? Dans les années 70, la dévastation constatée (responsabilité de l’Italie autorisant officiellement ces rejets) provoqua la colère des Corses touchés directement... Un des bateaux qui déversaient fut plastiqué à Follonica (Toscane) : cette résistance pour une fois non assimilé à dessein à du terrorisme contribua à la condamnation de la Montedison (avril 1974). 
Yves, inscrit maritime l'hiver sur l'Étang de Bages, n'a pas eu l'occasion de parler des rejets toxiques ou débordements, suite à de forts épisodes pluvieux tels ceux de fin 2025 et début 2026, depuis l'usine Orano-Malvési, classée en 2004 « Installation nucléaire » et non plus « Seveso ». (De Gaulle aurait pu opter pour Colombey-les-deux-Églises plutôt que Narbonne... mais des emplois quitte à traiter de l'uranium).    
Les lobbies du nucléaire international ont même payé les services de la mafia pour envoyer dans les fonds méditerranéens des rafiots bourrés de fûts de déchets. Et cela dure depuis 20 ans !  

Salut Yves, je ne serais avec toi lundi que par la pensée, lorsque, de notre chère église tu feras ce dernier trajet pour un repos paisible sous les cyprès, pardonne-moi si, à mon échelon, à l'image de tous ceux qui ressentent du chagrin, je m'en voudrais toujours, de n'avoir pas fait plus, d'avoir cru qu'il ne fallait pas t'embêter, de ne t'avoir pas accompagné plus loin, d'avoir trop vite renoncé... merci pour ta générosité, pour la grande richesse que tu sus partager...     

dimanche 24 mai 2026

La Velka Pardubicka, lexique (21)

On voudrait clore même s'il y a tant à dire encore sur les chevaux, sauf que la télé semble s'être liguée pour encore un mot, oh ! Arte (non, pas une chaîne intellectuelle, certes un peu “ gauche caviar ”, mais ne donnant jamais dans une superficialité “ people ” médiocre à la “ Hanouna ” ...), à savoir, un reportage terrible sur ce qui est demandé aux chevaux de course serait-ce le sacrifice ultime... pas de quoi être fiers ! En parler ou non ? j'en suis mal à l'aise... et agaçant, je sais, de paraître jamais content mais, c'est plus fort que moi, même dans les films je supporte mal ces chevaux censés courir jusqu'à l'épuisement ou que le cow-boy achève d'un coup de revolver...   

Ici, il s'agit de la Velka Pardubicka, oui, la course, la grande de Pardubice en Tchéquie, son nom le dit, mais une grandeur qui concerne et devrait accabler les humains autant qu'ils sont. 

Velká_pardubická_steeplechase,_překážka_4_-_Velký_Taxisův_příkop,_2023 est-ce le fameux obstacle 2024 under the Creative Commons CC0 1.0 Universal Public Domain Dedication. Author Jan Konecny

Cette course datant de 1874 est la plus dure du monde hippique ; déjà sa longueur, 6900 mètres et avant tout sa tranchée Thurn and Taxis, interdite de saut à l'entraînement et dans les autres courses, une haie de 1,50 m. de haut aussitôt suivie d'un fossé large de 4 m., profond de 2 (ce n'est qu'en 1994 que cette profondeur a été réduite à 1 mètre... une faveur à ajouter au fait que l'obstacle est dans les premiers, pas quand les montures sont fatiguées... drôles d'égards ! ). 24 chevaux y sont morts... l'article, pudique aussi sur les jockeys qu'on voit tomber, ne parle pas de ceux qu'on achève, pas à deux jambes... comme une analogie avec la corrida... de Cabrel, quitte à se faire délateur...   

On nous présente Sakaniro, pur-sang de douze ans qui gagna la course en 2023, l'année qui compta le dernier mort. La course étant dotée de 160.000 euros, la prime au vainqueur atteint 80.000 €... bruts (1), il faut enlever les 2.000 de l'achat à l'âge de trois ans, les 2.600 de frais d'engagement et beaucoup plus pour les frais de véto, de kinés pouvant s'élever à deux milliers tous les mois... 

Velká_Pardubická 2025 under the Creative Commons Attribution-Share Alike 4.0 International license. Author Zdenda943

On nous présente Kuval, 8 ans, encore un cheval tchèque qui finit 6ème en 2025 (c'est un Irlandais qui a gagné) ; son patron, toute son équipe exultent, surtout parce que le cheval a passé la ligne indemne. Sakaniro, lui, empêché en 2024 par une tendinite est encore forfait pour cause d'élongation de tendon... il boîte, il en a pour six semaines à trois mois d'après le vétérinaire. Les supporters du village ne mettront pas chapeaux, chemises et tee-shirts aux couleurs du champion, investis à perte... Ouf, tant pis pour eux, ce soutien contestable, cet entrain incongru... Ce steeple-chase a causé la perte de soixante chevaux, une belle moyenne globalement, sur 135 éditions ! Que cet “ amour ” des chevaux sonne faux ! Ouf ! nous voici soulagés !  

À côté de ces propriétaires interviewés, intéressés puis poussés à l'extrême dans cette logique d'investissement jusqu'au dopage du cheval ou du jockey, (un travers en cohérence avec cette chasse au profit, addiction à l'argent), un placement devant produire malgré les risques qu'ils font courir à un animal qu'ils disent aimer... jusqu'à obtenir quelque chose avec l'abattoir au bout... Extravagante façon d'aimer ! Que cela sonne faux ! Heureusement, il y a ceux d'un amour vrai, sans bruit, qui ne veut pas des paillettes d'or du succès, un sentiment qui n'accepte pas l'élimination de ce qui ne serait qu'une donnée de production. Ils sont ceux des refuges de chevaux retraités pour cause d'âge, de blessure, de problèmes locomoteurs, sinon comportementaux, difficiles souvent pour être passés par de mauvaises mains. 

Alors ? Arte et sa neutralité affichée (ce n'est pas “ toujours ” le cas), bien accueillie dans les deux camps en cohabitation autour des haras, écuries stalles et enclos de récupération, dans une attitude nous laissant prolonger. De ma part, un seul bémol, deux points de moins à l'encre rouge (c'est l'enseignant qui parle), pour les répétitions de « Pardubiché », un “ ch ” déplacé de Slave du Sud au lieu de “ Pardubitsé ” (2), le « c, “ tsé ” » des Slaves centraux...      

Haro sinon sur les dames à chapeaux, bourgeoises à jalouser les aristos, au prétexte d'un spectacle équin, bien pathétiques d'une minorité à part dont il faut se méfier depuis qu'elle a détourné 1789 à son profit... Une caste qui coexiste avec la piétaille des turfistes... et dire qu'une seule fois, j'ai rêvé des chiffres, 5, 3, 1, la seule fois où, père d'une petite famille jonglant avec les fins de mois, circonstance atténuante, j'aurais dû oser passer la porte du P.M.U... 

Morale de l'Histoire serait-elle bancale... Quoi d'autre entre le système inégalitaire capitalistique et le collectivisme parasitaire ? Et plutôt que de se triturer en vain les méninges pour la branche que nous nous scions, méditons, tels l'amie ménageant le bien-être de ses chevaux retraités, que comme nous, ils mettent du poil blanc...   

(1) rapprochement avec les candidats à la “ qualif ” du Roland Garros 2026 qui, pour le peu que j'en dis, rapporte dans les 90.000 euros au perdant du premier tour... 

(2) mon grand-père Jan (1898-1980), né là-bas, à Pardubice, n'a jamais eu un mot sur cette course... je l'en remercie...  


samedi 16 mai 2026

L'ASPERGE en plus long (suite & fin)

 En fonction de la possibilité de ces habitudes, se limitant au peu de mes connaissances, mon propos en restera au petit secteur de la plaine de Coursan-Vinassan parcouru par un réseau de fossés. 

18-12-32,_vignobles_inondées_entre_Béziers_et_Coursan Domaine Public BnF Auteur Agence photographique Rol.

Sans eux, en pleine zone inondable, avec l'eau qui au-delà de 40 jours, tue la vie de la terre, bactéries, acariens, vers, champignons, bref, sans lesquels la culture ne serait pas possible. En amont de Coursan, en plus de la Robine, ne tenons pas compte des ramifications subordonnées, les canaux de Lastours et de Ricardelle, le canal de Grand-Vignes dans le chef-lieu de canton même et aussi, à la sortie aval du fleuve à Coursan, le canal de Sainte-Marie. Avec celui de Réunion (1), au sud, tous concourent à amener l'eau sinon l'évacuer au besoin, vers les étangs côtiers (de Gruissan, de Campignol, de l'Ayrolle) et la mer. 

Entre Vinassan et le domaine des Pouzets, passage sur le canal de Grand-Vigne.

Bien que différent mais aussi familier, pour les locaux, par la force de l'habitude, que les paysages de La Clape ou du littoral, le décor de la plaine. Il me rappelle avec bonheur celui du Pô (2), années 60, où, à la fin de la journée, afin d'apporter aux modestes ressources, les hommes se mêlaient aux enfants et aux vieux pour taquiner le fretin dans les canaux. Ce n'est pas sans rappeler, aux dires de Marcel (1930-2020), une pêche à la pelote et au parapluie (3) dans les canaux de la plaine. Entre Coursan, Narbonne et Vinassan, si les peupliers ne forment pas de longs rideaux comme en Lombardie ou Émilie-Romagne, ils font signe de loin aux amateurs les plus acharnés de piboulades, qui, ne se limitant pas au pied des troncs, visitent les arbres munis d'échelles (4). Une plaine jadis réputée pour son blé (5), ensuite plantée de vignes à fort rendement, protégées du phylloxéra par une submersion de quarante jours, pas plus, grâce à l'imperméabilité du sous-sol (?) mais nécessitant la présence ainsi que le changement régulier des fagots de sarments enterrés faisant office de drains. 

Et cette asperge alors ? Alors, à moins d'être jeune, de voir loin et bien, de courir vite, on ne peut la chercher que dans les principaux canaux libres d'accès, publics. Les autres fossés relèvent des propriétaires de vignes qui se réservent la cueillette légitime des plants naturels et parfois issus de griffes cultivées. L'asperge on ne la trouve qu'à la voir dépasser du sol, parfois haute de plus d'un mètre, valant dans ce cas et si elle est jeune, deux ou tronçons dont il serait dommage de se passer... 

On la cherche, en plus long encore, tant son contexte est riche, parce qu'avec elle, c'est aussi le fleuve aux excès coléreux, les eaux limoneuses chargées puis claires, parties vers la mer, le plaisir de la piboulade, les ceps lourds de grappes, les iris bien jaunes que des artistes ont dû fixer en tableaux, les concerts de grenouilles, les saules, arbres aux sabots, osiers des paniers... et « par-dessus tout ça », comme le chantait Gilbert Bécaud,  le souvenir des vignes de papé Rambal (François David [1908-1993]) de mamé Antoinette, chargeant de quoi nourrir ses vaches sur la charrette de son âne soupe au lait (6), de Marcel qui avec ceux de sa jeunesse, n'hésitait pas à traverser la plaine plusieurs fois la semaine (9 km A/R pour aller à la séance de cinéma à Coursan), et, plus brûlant encore, le souvenir plus intime encore, d'une jolie cueilleuse de raisins à qui chanter les vendanges de l'amour... 

Rive gauche de l'Aude, la plaine inondée. 
            

(1) alors que « rigoles » et canaux “ du nord ” (des Anglais, de France... plus d'une dizaine de noms entre Sallèles et Vendres dont un « Ruisseau Audié » jetant le trouble entre Cesse et Aude...) attendent que ça se calme pour tout renvoyer à l'Aude,

(2) c'est à peine exagéré de citer l'Aude en si bonne compagnie avec le Rhône, l'Èbre et à présent le Pô. 

(3) À l'aiguille, on enfile des lombrics sur un fil de coton jusqu'à former une boule, une pelote. À peine relevée, l'anguille un instant accrochée pour avoir mordu dedans relâche sa morsure. Il s'agit alors, pour le pêcheur, de la faire tomber à l'intérieur du parapluie renversé posé sur l'eau. Rappelons que sa pêche est très réglementée depuis qu'on la sait en voie de disparition : seule la pêche de l'anguille jaune sous conditions extrêmes est autorisée (30 minutes seulement, au parapluie, après le coucher du soleil) ; est formellement interdite celle de l'anguille blanche, en fin de cycle et en partance pour se reproduire vers la mer des Sargasses. 

(4) Le Pholiote (Agrocybe aegerita) du peuplier, apprécié au point d'être cultivé depuis l'Antiquité. 

(5) « Il n'y a pas de pays en France qui puisse être comparé pour l'abondance de ses récoltes en grains à la fertilité de la plaine de Coursan », Mémoires d'un intendant du Languedoc, deux volumes, 1788, Charles Bernard, baron de Ballainvilliers (1757-1835). 

(6) J'ai honte, il me faudra absolument aller relever ses dates au cimetière de Vinassan. Une belle personne, altruiste, généreuse, pleine d'entrain... 

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vendredi 8 mai 2026

L'ASPERGE en plus long...

Les asperges sauvages poussent et sont cueillies sans que l'hiver ne compte vraiment pour elles. Cette année 2026 a été particulièrement faste notamment grâce aux 105 mm de décembre soit le 1/5ème de la moyenne annuelle, et aux 315 mm de janvier (plus des 3/5èmes de l'année moyenne), ce qui a donné des cueillettes particulièrement abondantes. 

Désolé pour cette botte dans la moyenne annuelle, le mobile me poussant à une manip garantissant presque que les photos envoyées se retrouveraient dans la “ galerie ”, j'ai effacé pour bien sûr ne plus rien retrouver dans ladite galerie... Bonheurs, heurs et malheurs liés à la modernité... 

Asperges_vertes_au_marché_de_Pertuis 2010 under the Creative Commons Attribution 2.0 Generic license. Auteur Summer Tomato

Avril arrivant, les asperges cultivées sont proposées de préférence chez les maraîchers locaux. Bien que riches en vitamines, en antioxydants, en fibres, en vitamines, en potassium, parce qu'elles fatiguent les reins et favorisent les calculs rénaux, elles ne doivent pas être trop souvent consommées. Il n'empêche, elles sont d'autant plus appréciées que leur saison reste limitée et ce n'est pas, sauf chez certains, l'odeur forte du pipi qui doit nous en priver. 

Asparagus_officinalis_-_panoramio 2013 under the Creative Commons Attribution-Share Alike 3.0 Unported license Author Björn S.

Si l'asperge sauvage plutôt de garrigue, pousse spontanément autour du bassin méditerranéen, plus ressemblante aux variétés cultivées, elle peut pousser aussi, spontanément, dans les terrains légers voire sableux. Il en existe jusqu'à cinq espèces. Répandue dans le Midi de la France, chez nous, dans la plaine de Coursan-Vinassan, on la trouve au bord des canaux... de ces chenaux, rigoles et fossés, utiles à l'irrigation, aux quarante jours d'immersion des vignes et qui essaient historiquement de diminuer les forts débits du fleuve Aude lors des crues.  

11-Territoire à Risque important d'Inondation-Narbonne 2018 under the Creative Commons Attribution-Share Alike 4.0 International license Auteur Roland45... Bien que confuse sous certains aspects, cette illustration indique nettement les zones les plus exposées... les épanchoirs de Capestang, Lespignan et Vendres auraient pu y figurer... 

La plaine autour de Coursan est sujette aux crues de l'Aude aux berges exhaussées par rapport à la platitude qui a assez rapidement comblé l'ancien bras de mer en édifiant son delta. Bien qu'inconstant, versatile, soupe au lait, il est la rivière familière des riverains cohabitant plus ou moins dangereusement avec lui. Pour ne parler que du voisinage, les villages de Cuxac-d'Aude et de Coursan, à l'installation postérieure au comblement par les alluvions du Lacus Rubresus, restent par force à la merci de ses colères potentiellement meurtrières (quatre morts en 1999). Ceux de Salles-d'Aude et Fleury eux, chanceux de leur implantation dès les temps préhistoriques sur le piémont de la Montagne de La Clape, alors une île (Insula Laci), se sont retrouvés de fait hors de portée des débordements lorsque, par son bras oriental, avançant implacablement vers l'Est, le fleuve réputé très travailleur, a creusé son lit principal (1) sur ses apports alluvionnaires. 

Par la force de l'habitude, la population des villages au sud du fleuve semble moins bien connaître les secteurs de la rive gauche, parcourue d'un réseau dense de canaux et fossés donnant sur des étangs et zones de marais importantes pour épancher et étaler des crues souvent rapides et violentes. Les étangs de Capestang, la Matte à Lespignan, l'étang de Vendres reçoivent des trop-pleins rendus ensuite au fleuve. 

Et cette asperge alors, que déjà la mayonnaise est montée ? 

(1) la pente de 1/1000e étant très faible, l'Atax devenu Aude divaguait en courbes et méandres qui expliquent encore aujourd'hui, l'emprise du département sur la rive gauche, un sujet, encore aujourd'hui, parfois d'irritation avec nos voisins héraultais. Dans le but de limiter les dégâts dus aux crues intempestives, son cours a été canalisé, d'abord depuis Coursan (1755), ensuite depuis Sallèles en brumaire an VIII, soit en novembre 1799, période du coup d'État de Napoléon Bonaparte...