Aude, Languedoc, Tchécoslovaquie, Ariège, Pyrénées, Océan Indien, Lyon, Brésil, ports familiers mais unique maison des humains. Apprendre du passé, refuser la gouvernance cupide suicidaire. Se ressourcer dans l'enfance pour résister, ne pas subir. Passer ? Dire qu'on passe ? Sillage ? Aïeux, culture, accueil, ouverture aux autres, tolérance, respect, héritage à léguer (amour, écoute, cœur, mémoire, histoire, arts...) des mots forts, autant de petites pierres bout à bout qui font humanité.
mercredi 25 février 2026
La traîne expliquée par François MARTY (7.3)
mardi 24 février 2026
La traîne d'Yves, margoulins et gens bien (7.2.3)
Je ne peux que rappeler les plaisirs cumulés à écouter Yves Boni, pêcheur du Golfe, au matin vers 10 heures... C'est que, plus tôt, il “ traîne ” en bord de mer ou au port en soutien d'un jeune professionnel à la pêche, d'ailleurs tout en parlant, ses mains s'occupent aux mailles d'un filet. Et puis il y a son pied-à-terre de Saint-Pierre évoquant si bien un passé forcément beau de notre station balnéaire (voir un précédent « La traîne avec Yves Boni (7.2.1) ». Ces propos datent de l'été 2015.
Yves Boni 5, patron pêcheur, (à la caluche certainement, la petite traîne, ou alors peut-être s'aidait-il d'un tracteur pour une “ grande ” traîne encore (1)/ note JFD) : « La vente du poisson... une fois j’ai fait un gros coup, té, en face de chez toi, à droite du poste... Eh bé, c’était pour la fête de Sète, oui pour la Saint-Louis ; là j’avais que des copains : on fait un bol on en a eu une quinzaine, vingt kilos, des loups, et des beaux, de belles portions de deux, trois kilos.
![]() |
| De l'autre côté de notre Méditerranée, une même traîne, “ pêche à la senne ” en français. |
lundi 23 février 2026
Yves Boni, la grande traîne ou gateo (7.2.2)
— On comprend qu’après la journée, pas besoin de faire du sport...
— Oh ! podes y anar (tu peux y aller) ». (à suivre)
jeudi 19 février 2026
Ça TRAÎNE au clavier et dans le vécu... (6)
Sûr que ça traîne, mais avant de repartir aux Cabanes-de-Fleury, je me dois de revenir, manière d'honorer le vécu, sur la parole de nos disparus, non sans rappeler, plus inestimable qu'elle n'en a l'air, celle des vivants. Tous exhortent à poursuivre, tant les trépassés de la pêche sur le Golfe du Lion, que les témoins toujours présents.
![]() |
| Village de cabanes de pêcheurs à l'Étang de l'Ayrolle (Gruissan, Aude) diapositive de 1978. |
| Sur le mur de “ l'usine ”, jadis le local communautaire pour rusquer, teinter les filets, un trompe-l'œil avec, à droite, un touret ainsi que le filet de la pêche au globe (Les-Cabanes-de-Fleury). |
Enfin, demeurent les voix liées à ce chapitre de terroir, bien vivantes, elles, et c'est heureux, de Guy et Claude, copains d'enfance, de jeunesse et aussi celle d'Yves, Yves Boni, un homme libre, bon, franc, qui a bien voulu revivre pour moi des épisodes de sa vie de pêcheur du Golfe (1). C'était sous le figuier de sa villa à Saint-Pierre, un cadre charmant ouvert au bon temps de mer, d'une époque où la “ villa ”, d'un statut supérieur à la baraque, au cabanon, mais pas tape-à -l'œil du tout, d'une coquetterie modeste, des jours où Thérèse (2), son épouse, me servait l'apéritif dans la cuisinette. Pardon si, presque une larme à l'œil, j'en boumboume toujours d'émotion (hier j'ai voulu l'appeler mais le numéro n'est plus attribué... si quelque bienfaiteur pouvait me dépanner (3)... C'est qu'encore, en 2015, tout gardait le souvenir palpable de Saint-Pierre avant, avec la vigne vert-jaune de raisins blancs, son grillage troué aux lapins, sa grotte en haut, son puits d'eau saumâtre en bas, en lieu et place des Résidences Saint-Pierre et, de l'autre côté, des baraques souvent sur pilotis mais ici pour compenser la pente dont la belle parce que mystérieuse « ACOPOTANA », qui m'évoquait le Japon à un âge où partir a plus d'attraits que rester, avec un nom d'un exotisme proche vu qu'en languedocien « aco pot anar », se traduit par “ ça peut aller ” ; sinon, de modestes constructions en dur, aux toits de tuiles rouges... un quartier, presque un village à part, avec ses cyprès et pins d'Alep ou parasols... un paysage qui a surgi en moi, dans les couleurs, d'un tableau de Cézanne, et qui, pour ces raisons là, me sauta un jour, au visage...
Long préambule mais ça ne traînera pas davantage au sujet de la pêche à la traîne, traïno ou calucho, entre Gruissan et Les-Cabanes... de Fleury est-il utile de préciser ?
(1) Quinze articles sur « Partager le Voyage », taper dans la recherche : « Yves », pêcheur », « Golfe » et aussi « bastets » ou encore « bogue »...
(2) c'est sa famille de Coursan, qui, l'été, installait son marabout sur la plage, devant les baraques et au milieu des campeurs.
(3) en message privé sur carabene11@gmail.com ou facebook Fleury-d'Aude en Languedoc sinon Jean-François Dedieu encore fb.
mardi 17 février 2026
Entre Les-Cabanes et Gruissan, les “ Robert ” Vié, Boni et François Marty (4)
Le globe redescend alors pour n'être relevé que suite à un bon quart d'heure d'attente. Posé à portée des habitations, il appartient à tous et est utilisé par roulement (1). Ceux qui possèdent un tel filet à titre privé (ils sont 17 dans les années 1920 (2)) ne peuvent caler qu'en amont...
| Robert Vié (1927-2007), ravaudant dans son impasse (années 74-77). |
| Le cabanon de La Treille en 2021. |
En été, c'était entre La Pointe et Joie, exactement au cabanon de La Treille, nous y arrivions en bande, six ou plus (Jean-Marie, Joseph, René, Robert, Guy, JF... nous y allions, comme Montand, à bicyclette) en pleine pêche au muge. Les treuils de Robert et Claude à côté, cela n'empêcha pas leur accueil toujours aussi aimable et souriant... comme nous aurions aimé l'avoir plus longtemps... (à suivre)
Depuis (l'entretien date de septembre 1998 dans « Le Cagnard » n°11 “ magazine de tous les Pérignanais ”) Les-Cabanes ne comptent plus d'inscrits maritimes, (l'inscription date de Colbert il fallait cinq ans de marine royale et ensuite passer par le noviciat et le matelotage pour devenir patron). Désormais il ne faut ni être inscrit pas plus que diplômé pour être pêcheur.
![]() |
| François Marty emprunt aux Archives du Sensible, Parc Naturel de la Narbonnaise... qu'ils en soient remerciés... |
dimanche 15 février 2026
La pêche au globe aux Cabanes-de-Fleury (3)
Dans l'article précédent, sur le sujet de la pêche au globe, nous disions : lorsque les câbles qui le tendent hors de l'eau sont complètement relevés, aux sillages désespérés des poissons, il faut constater si cela vaut la peine d'y accéder en barque. Si oui, il faut redescendre les câbles porteurs (1) de manière à ce que, plaqué de tout son long à la pointe du betou, le pêcheur puisse entrer dans le piège. De ses mains accrochant les mailles, il poursuit un après l'autre chaque poisson prisonnier, (plusieurs espèces, surtout des muges) ; à l'aide d'une épuisette (2), il les jette alors dans le fond de la barque. (à suivre)
![]() |
| Un coup de globe pas terrible... Diapositive @ François Dedieu. |
![]() |
| L'ichtyologue donne le détail du dispositif de pêche et des prises potentielles, loup (“ loubarron ” en languedocien, “ bar ” en français), maquereaux au printemps (F. Marty parle de mélette, est-ce possible avec des mailles de 3 cm ?). Il se prend surtout des muges (“ butado ”, “ cabot ”, “ lesso ”, “ loup ” pour mulet ! “ mijoul ou mujol ” suivant les variantes du languedocien pratiqué sur la côte audoise... Nous, nous disions “ lisso ” d'une petite taille, “ muge ” généralement, “ camar ” pour le poisson prétendument mangeur de vase. Le spécialiste au micro, finit, lui, avec les femelles muges pleines d'œufs, qui, grâce au sel et au Cers, donneront la poutargue, caviar de la Méditerranée, à trancher finement... Diapositive @ François Dedieu. (1) Les photos dont celles du pauvre François Marty (« Étude inachevée... » Archives du Sensible, Parc Naturel de la Narbonnaise) Etude pêche Marty_août2010 montrent souvent les Vidal au globe dont le père Séverin (1896-1985), dans la pose qu'on lui connaît, catalanes aux pieds, tenant le touret (treuil à main lubrifié au savon noir) et observant les éventuels et puissants sillages des poissons pris. Ils pêchaient à deux : une boucle de corde solide passée dans un des manches de ce tourniquet (ailleurs avec un cliquet) permettait de retenir le filet relevé. Parfois ils le relâchaient après avoir constaté que les prises ne valaient pas qu'on sortît la barque. (Photo aussi dans « Canton de Coursan », Opération Vilatges al Pais, Francis Poudou, 2005). (2) on disait aussi « le salabre ». Deux remarques néanmoins : 1. Salabre. Il se compose d'une planche amincie montée sur un manche qu'il faut pousser à 45° sur le sable du fond. Le filet en arrière peut retenir « ... anguilles, crevettes, petites soles, carrelets et crevettes (F.Vals, revue Folklore). Justement, quand ils ne pêchent pas avec le cheval de trait, on peut voir un tel engin en action pour des crevettes grises, loin au Nord sur la Côte d'Opale. 2. Le glossaire des termes languedociens employés par nos pêcheurs est plus précis « Salabre s. m. : sorte de truble (petit filet emmanché ou non. [Grand Larousse])qui sert à prendre le poisson dans les bourdigues. Catalan salabre; sorte de filet à manche soutenu par des cordes sur le fond de la mer. » (revue Folklore n° 41). |
samedi 14 février 2026
« La pêche aux Cabanes-de-Fleury » (2) maisons et pêche au globe.
[ ...] Raisonnable, conscient que l'affaire pourrait s'envenimer, le comte amena à une transaction dûment notariée (1885) attestant que le propriétaire du sol en abandonne la jouissance aux pêcheurs. En échange, afin de préserver la vue sur la mer (peut-être par anticipation pour ce que serait le futur), ces derniers ont interdiction de construire en étage (ils avaient alors la possibilité de construire en dur) et obligation de laisser au domaine le cheval servant à porter le poisson à Fleury, le fumier restant à disposition du comte. Par voie d'héritage ou autre, si le successeur est non inscrit maritime, la maison devra être vendue au Comte, à un prix fixe.
| Au fond le café-restaurant-tabac, lié pour ceux d'un monde d'avant, aux noms de Gili (?-1955 ?), Marcelin Hortala (1912-1996), Daniel Frugier (1946-2013), Marie-Josée Hortala (1946 2021) |
« Un plan annexé à la minute de l'acte constituait le lotissement, deux lots étant attribués à chaque chef de famille. Disons en passant que toutes les stipulations de l'acte n'ont pas été strictement observées depuis lors; le plan de lotissement a été modifié, en particulier après un incendie qui dévora en quelques heures la totalité du hameau, il y a environ quarante ans ; il y a longtemps que le cheval a été remplacé par une camionnette garée à l'écurie, mais n'y faisant pas de fumier, comme bien on pense. D'ailleurs l'acte de 1885 a été ignoré de la plupart des propriétaires successifs de St Louis de la mer, Villeneuve ayant vendu son domaine après la guerre. Cependant, tous les usufruitiers de lots sont inscrits maritimes et le seul commerce existant (épicerie et café-restaurant)(1) est exploité dans l'immeuble de l'ancienne douane, vendu par l'Etat en 1896. Il existe encore une autre construction, dite « l'usine » servant d'atelier pour teindre les filets, bâti à même la berge de l'Aude (Domaine) et dont la situation juridique nous semble difficile à définir. Elle est entretenue par le syndic. » (BOURJADE.) ».
Au chapitre des barques de pêche, monsieur Bourjade précise qu'aux Cabanes, on trouve le beto de 4, 6 ou 7 mètres (2) et le sardinal à quille, ponté de 8 à 14 mètres pour la pêche au large.
Au 4ème chapitre sur la pêche proprement dite, Monsieur Bourjade participe aussi pour la pêche au globe (3), une pratique qui étonne le terrien de passage. Il s'agit d'un grand filet au fond de l'eau, épousant presque la largeur de la rivière (de 300 à 900 m2). Fixé sur la rive opposée par des poteaux, il est relevé par des treuils rive droite ; lorsque les câbles qui le tendent se retrouvent hors de l'eau... (à suivre)
(1) propriétaires depuis : Gili, Hortala, Frugier...
(2) Comme unité de mesure, l'auteur mentionne les empans de 16, 24 ou 28, l'empan valant 25 centimètres.
(3) Aux Cabanes-de-Fleury ainsi qu'à Port-la-Nouvelle (grau de la Vieille-Nouvelle [étang de l'Ayrolle], de la Nouvelle même [étang de Bages-et-de-Sigean]) la pêche au globe était réglementée par la prud'homie de Gruissan. (Les pêcheurs des Cabanes élisaient leur propre prud'homme).
vendredi 13 février 2026
« La pêche aux Cabanes-de-Fleury » (1) Les cabanes
À l'évocation de Maître Bourjade, plutôt pince-sans-rire, se lançant portant, à 84 ans (!), dans un rock endiablé (voir LETTRES de FLEURY (6) novembre), de fil en aiguille, par la magie de l'électronique, nous nous retrouvons sur le site audois de GARAE mettant à disposition, entre autres ressources, tous les numéros de la revue Folklore (années 1938-1988).
Au sommaire du numéro 3 de l'automne 1941 (R52_024_10_1941.pdf [la revue était saisonnière]) « La pêche sur le littoral audois » avec un déroulé de toute la côte de l'embouchure de l'Aude jusqu'à Leucate ainsi que la part audoise de son étang. Sur la quarantaine de pages de l'article, avec Mlle Isabelle Narbonne, Messieurs Carbonnel, Sire, Vals, Monsieur H-P Bourjade a rédigé « La pêche aux Cabanes-de-Fleury », une participation modeste mais intéressant en premier lieu les habitants de la commune de Fleury-d'Aude.
Si certaines données de cette participation figurent déjà dans plusieurs articles de ce blog, parce que la redite des choses intéressantes plait, “ Bis repetita placent ”, il s'avère toujours utile de répéter afin d'alimenter notre fonds culturel... la culture étant “ ce qui reste quand on a tout oublié ” (Ellen Key, pédagogue suédoise). Les notes et citations dues à Monsieur Bourjade répondent à ce principe.
Les pêcheurs des Cabanes-de-Fleury « opèrent en mer et dans le grau de la rivière » (nous pouvons même ajouter qu'ils pêchent aussi en amont de la rivière). Sur les 150 Cabanaires, la plupart sont inscrits maritimes.
« Primitivement le hameau ne comprenait qu'un groupe de huttes informes et sordides en roseau ou en torchis. Ces habitations étaient si basses qu'il était parfois impossible de s'y tenir debout; comme dans les demeures des hommes primitifs, la fumée s'échappait par un trou situé au milieu du toit. En été la cuisine se faisait dehors. Depuis une quarantaine d'années ces constructions ont été grandement améliorées ; les murs de briques ont d'abord été substitués aux parois de roseaux ; la toiture de tuile a peu à peu remplacé le chaume. Cependant, l'ensemble du hameau conserve un aspect rudimentaire et primitif ; l'électricité n'y a été installée qu'en 1938, l'eau potable fait entièrement défaut, les habitants doivent assurer eux mêmes l'évacuation des ordures ménagères en les jetant directement dans la rivière. La situation du sol sur lequel sont bâties ces habitations mérite une mention particulière... » H-P Bourjade.
S'ensuit une explication étayée sur les propriétaires des cabanes, seulement usufruitiers du terrain suite à une adjudication publique et la vente par l'État de lais et relais de mer entre l'embouchure et Gruissan (10 juin 1820). À la suite de propriétaires successifs, le litige entre le comte Pons Roger de Villeneuve du domaine Saint-Louis-de-la-Mer (1) et les pêcheurs concernait le sol des cabanes, ces derniers affirmant non sans raison, que leur présence était antérieure à 1820 et que de toute façon, celle-ci devait bénéficier de la prescription trentenaire. Variante heureuse à la raison du plus fort, afin que les choses ne tournent pas mal... (à suivre)
(1) pardon pour l'interruption : j'ai dû poursuivre un crabe de terre et une limace introduits chez nous... ce fut plus facile pour la limace... Quant au crabe, c'est signe d'intempérie...
mardi 25 novembre 2025
Le CANARD au RIZ de Bernard Poujol (2 & fin)
Cette culture biologique s'avère avantageuse :
1 - par le non emploi de l'agrochimie à fin de désherbage, d'élimination de ravageurs, de fertilisation.
2 - avec leurs pattes, les « petits ouvriers désherbeurs » oxygènent l'eau et participent à l'assimilation des bris de paille laissés par la moissonneuse.
3 - les déjections des canettes forment un excellent engrais naturel.
4 - devenus trop grosses pour passer entre les lignes de riz, les canettes sont appréciés en cuisine auprès des restaurateurs...
5 - le rendement (4 t/ha en moyenne) atteint pratiquement celui de la culture conventionnelle (moyenne de 5,5 t/ha), nocive, elle, pour notre santé, létale pour le vivant des sols.
Ce choix de culture naturelle avec l'animal en acteur principal, influerait aussi sur l'incidence de grippe aviaire.
Attention, Arles se retrouve bien mal située.
En conclusion, quelques prolongements :
— le bio doit-il rester réservé aux revenus confortables des convertis ? Visites, entretiens, vidéos, Bernard Poujol se veut ouvert... le problème est que son riz aux mulards à 13,50 euros le kilo figure dans les produits de luxe... il est pédagogue et gentil, Bernard... et si quelqu'un peut compléter en précisant le prix au kilo du canard, l'indication sera la bienvenue...
— À côté de cela, le riz produit à Marseillette dans l'Aude, s'avère raisonnable et accessible (et bon), 6 €/kg.
| Saint-Louis-de-la-Mer aux Cabanes-de-Fleury (Aude). |
— Il me semble avoir vu, au moins une année, à la place des vignes, des clos de riz à Saint-Louis-de-la-Mer, la campagne des Cabanes-de-Fleury.
— Plus que les riz dits paddy, cargo, complet, rouge, blanchi, sauvage, le bon souvenir d'un riz “ de printemps ”, venu à coup sûr des plateaux malgaches, au Poivre Vert, petit resto du Somail tenu par des Réunionnais à l'accueil très amical dans une ambiance intime : dans la salle seulement notre couple.
— À Mayotte, le riz pluvial cultivé en champs est longtemps resté un produit festif du dimanche, enfin du vendredi... certains évoquent avec nostalgie le fumet s'exhalant des toits de chaume... Non protégés par des filets, les champs attiraient des vols de perruches. Souvenir des “ kii ” répétés d'un petit vol vert fluo (années 2000) et des dernières cultures par des gens âgés (années 2010). Si dans l'île l'abandon de la culture a amené sa rareté, l'oiseau a disparu avec elle, l'espèce étant considérée « échappée » telle celle qui s'adapte à nos milieux européens occidentaux... on en voit même à Béziers.
— Encore à Mayotte, suite aux cachoteries des autorités concernant l'importance des clandestins (rappelons qu'en métropole, le ministre a reconnu qu'ils devaient être 700.000), pour avoir une idée du nombre d'habitants, un journaliste eut l'idée de totaliser la quantité de riz importée. D'un coup, d'après le chiffre des statistiques manipulées, les Mahorais se sont retrouvés théoriquement champions du monde pour une consommation au double de celle de nos voisins malgaches (c'est le Myanmar qui en consommerait le plus, 188 kg/hab [2022], 5 kg/hab en France... 50 à La Réunion où, depuis petit, un ancien élève disait en manger matin, midi et soir...).
— une cuisson basique : 1 volume de riz dans 2 volumes d'eau salée, faire bouillir 1 à 2 minutes, couvrir jusqu'à ce que le riz ait absorbé l'eau.
Vidéo annexe : Appréhender le monde avec une vision, avec Bernard Poujol (des explications par l'initiateur en France d'une “ riziculture canardière ”).
![]() |
| Riz_de_Camargue_-_3_couleurs 2012 under the Creative Commons Attribution-Share Alike 3.0 Unported license. Auteur Véronique PAGNIER. |
![]() |
| Riz culture en_Camargue par des riziculteurs indochinois, années 39-52, Domaine Public, Author source Vu Quoc Phan... relent de France coloniale... |
jeudi 11 septembre 2025
Lettre de Fleury 26 juin 1998.
[...] Mme R. a aménagé pour l'été la maison située après l'ancienne mercerie de Blanche (c'était jadis l'épicerie d'Élodie, mère de « la Ménène » ; ma grand-mère Joséphine y achetait parfois le café de « L'Éléphant Noir »...
![]() |
| Rivesaltes_general_view 2018 under the Creative Commons Attribution-Share Alike 4.0 International license. Author Palauenc05 |
[...] au retour de l'aéroport, nous sommes revenus par Rivesaltes : arrêt près de la belle promenade, quelques joueurs de pétanque profitaient de l'ombre des platanes mais l'ensemble restait bien calme à l'heure de la sieste. Juché sur sa statue au bout du mail, le maréchal Joffre ne voyait guère que les beaux palmiers aux stipes bien trapus qui nous ont invités à tirer deux ou trois photographies près de la fontaine jaillissante, paysage urbain que doit bien connaître JF puisqu'il a travaillé deux ans là-bas.
Peu de circulation au retour, route remise à neuf entre garrigue et étang, pas de points de vente d'abricots ouverts à cette heure.
![]() |
| Vue de l'Aude aux Cabanes diapositive François Dedieu 1967. |
Samedi 27 juin 1998. réveil ce matin à sept heures « en punto », como se dice en Espana, y yo creo que es bastante temprano en el ultimo sabado de junio. Pardon, je m'embarquais dans la langue sonore et douce (?) de Cervantes pero ustedes entienden perfectamente las palabras de este idioma. [...] À Saint-Pierre, Mamie a arrosé quelques jolis plants de tomates venus on ne sait d'où. De là j'ai rejoint seul l'embouchure de l'Aude pour la sardinade des Cabanes. Je me suis retrouvé à côté de Gilbert Gérard, le frère de Mme Mestre. Il faisait très bon, tout s'est bien passé : moules crues, cuites (marinière et sauce blanche), quiche, sardines excellentes, fromages et esquimau.
[...] Hier l'eau était bonne, la brise marine presque nulle, la mer sans vagues comme je la préfère, des estivants encore peu nombreux par rapport à ce que sera la foule dans une huitaine de jours.
[...] Mardi 30 juin 1998. À Fleury les quelques abricots ne se décident pas à mûrir, la grosse touffe de lavande a presque fini de fleurir... Je trie mes vieux journaux de 1972 pour garder les grilles de mots croisés et quelques articles “ historiques ”. Claude le facteur est passé en short et tenue légère because la chaleur...
« Mets bonjour et au revoir, ils n'ont pas le temps de lire toutes ces pages : ils voyagent ! » me dit mamie.
[...] La Yougoslavie a eu la malchance de rater son penalty contre les Pays-Bas, la France a provoqué la “ mort subite ” du Paraguay, 114e minute, il était moins une !

.png)
.png)
.png)

























