Les asperges sauvages poussent et sont cueillies sans que l'hiver ne compte vraiment pour elles. Cette année 2026 a été particulièrement faste notamment grâce aux 105 mm de décembre soit le 1/5ème de la moyenne annuelle, et aux 315 mm de janvier (plus des 3/5èmes de l'année moyenne), ce qui a donné des cueillettes particulièrement abondantes.
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| Asperges_vertes_au_marché_de_Pertuis 2010 under the Creative Commons Attribution 2.0 Generic license. Auteur Summer Tomato |
Avril arrivant, les asperges cultivées sont proposées de préférence chez les maraîchers locaux. Bien que riches en vitamines, en antioxydants, en fibres, en vitamines, en potassium, parce qu'elles fatiguent les reins et favorisent les calculs rénaux, elles ne doivent pas être trop souvent consommées. Il n'empêche, elles sont d'autant plus appréciées que leur saison reste limitée et ce n'est pas, sauf chez certains, l'odeur forte du pipi qui doit nous en priver.
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| Asparagus_officinalis_-_panoramio 2013 under the Creative Commons Attribution-Share Alike 3.0 Unported license Author Björn S. |
Si l'asperge sauvage plutôt de garrigue, pousse spontanément autour du bassin méditerranéen, plus ressemblante aux variétés cultivées, elle peut pousser aussi, spontanément, dans les terrains légers voire sableux. Il en existe jusqu'à cinq espèces. Répandue dans le Midi de la France, chez nous, dans la plaine de Coursan-Vinassan, on la trouve au bord des canaux... de ces chenaux, rigoles et fossés, utiles à l'irrigation, aux quarante jours d'immersion des vignes et qui essaient historiquement de diminuer les forts débits du fleuve Aude lors des crues.
La plaine autour de Coursan est sujette aux crues de l'Aude aux berges exhaussées par rapport à la platitude qui a assez rapidement comblé l'ancien bras de mer en édifiant son delta. Bien qu'inconstant, versatile, soupe au lait, il est la rivière familière des riverains cohabitant plus ou moins dangereusement avec lui. Pour ne parler que du voisinage, les villages de Cuxac-d'Aude et de Coursan, à l'installation postérieure au comblement par les alluvions du Lacus Rubresus, restent par force à la merci de ses colères potentiellement meurtrières (quatre morts en 1999). Ceux de Salles-d'Aude et Fleury eux, chanceux de leur implantation dès les temps préhistoriques sur le piémont de la Montagne de La Clape, alors une île (Insula Laci), se sont retrouvés de fait hors de portée des débordements lorsque, par son bras oriental, avançant implacablement vers l'Est, le fleuve réputé très travailleur, a creusé son lit principal (1) sur ses apports alluvionnaires.
Par la force de l'habitude, la population des villages au sud du fleuve semble moins bien connaître les secteurs de la rive gauche, parcourue d'un réseau dense de canaux et fossés donnant sur des étangs et zones de marais importantes pour épancher et étaler des crues souvent rapides et violentes. Les étangs de Capestang, la Matte à Lespignan, l'étang de Vendres reçoivent des trop-pleins rendus ensuite au fleuve.
Et cette asperge alors, que déjà la mayonnaise est montée ?
(1) la pente de 1/1000e étant très faible, l'Atax devenu Aude divaguait en courbes et méandres qui expliquent encore aujourd'hui, l'emprise du département sur la rive gauche, un sujet, encore aujourd'hui, parfois d'irritation avec nos voisins héraultais. Dans le but de limiter les dégâts dus aux crues intempestives, son cours a été canalisé, d'abord depuis Coursan (1755), ensuite depuis Sallèles en brumaire an VIII, soit en novembre 1799, période du coup d'État de Napoléon Bonaparte...


