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jeudi 8 septembre 2022

ARTE et le parti pris allemand en Europe...

Suite à une annonce de la chaîne allemando-française pour un concert donné par l'Harmonie tchèque, je me devais d'intervenir !

" Une chaîne culturelle se devrait de corriger des travers aux relents nationalistes. Or Arte présente le concert de la présidence européenne de la Tchéquie en continuant de donner le nom allemand à un poème symphonique tchèque "Vltava" d'une œuvre tchèque "Ma Vlast" composée par un tchèque "Bedrich Smetana"... Cela tient presque à du mépris ! Mauvais point ARTE !"

La Vltava et le pont Charles à Prague ; sur la hauteur, le château des rois de Bohême. 


Non il ne faut plus dire "MOLDAU" ! "Moldau" n'est que le nom allemand d'un fleuve tchèque. En quelque sorte, ce nom s'est imposé avec la domination des Habsbourg, avec la Contre-réforme contre la Réforme, la religion liée au pouvoir, la religion dans les rivalités entre Etats pourtant consanguins au fil de l'Histoire. On se mariait tout comme on se faisait la guerre entre cousins et cousines ! Bref, en 1620, les Impériaux écrasent les Tchèques protestant en tant que hussites à la bataille de la Montagne Blanche.

Dès lors, en Bohême, suite à l'autodafé des livres écrits en tchèque, considérés comme hérétiques, et à l'intégration de la noblesse locale dans la noblesse autrichienne, l'administration, l'enseignement, la littérature passent à l'allemand ; le tchèque qui n'est plus que la langue rabaissée de la campagne et des paysans va néanmoins survivre dans une clandestinité encouragée par la marge cultivée des couches modestes : enseignants, écrivains publics, traducteurs, prêtres, notaires (1).

Au XVIIIe et surtout au XIXe, cette survivance va se traduire en un Renouveau culturel tchèque et aboutir à l'indépendance de 1918.

C'est dans ce contexte que Smetana va exprimer son patriotisme avec les poèmes symphoniques de "Ma Vlast", ma patrie. L'œuvre célèbre le caractère slave de la Bohême et de Prague sur les bords de la Vltava justement, le fleuve traversant le pays du sud au nord, le torrent des prairies et forêts devenu grand jusqu'à RECEVOIR un affluent, l'Elbe !

Soutok_Labe_s_Vltavou wikimedia commons Auteur Ondřej Žváček. Le confluent proprement dit car souvent les photos montrent le débouché du canal de navigation de la Vltava, à peu de distance en aval. 


Encore une discrimination du même type puisque à Melnik, au confluent, la Vltava est plus longue et a davantage de débit que l'Elbe ! L'erreur en devient presque banale quand, par exemple, la Seine et la Saône devraient s'appeler Marne et Doubs...

Pour conclure, les postures de la chaîne Arte, tout comme celle d'un site de l'Education Nationale LA MOLDAU, de Smetana - Cycle 3 - ÉDUCATION NATIONALE (ecoles-colleges.com) en deviennent blâmables à force de bêtise irresponsable... 

(1) source wikipedia.

dimanche 18 avril 2021

"VIENS AVEC MOI PETIT..." Pierre Bilbe / Explication de texte

Ruines de Tuffarel en plein massif de la Clape.

 " Un livre est ouvert devant moi. Et soudain, sans qu'on m'ait prévenu, je vois et j'entends que ses lignes sont vivantes, que, deux à deux, elles se répondent par la rime, comme des oiseaux ou des vendangeurs, et que ce qu'elles racontent nous enchante à la manière des êtres ou des choses qui n'ont pas besoin qu'on les traduise " (Francis Jammes, De l'âge divin à l'âge ingrat). 

"... qui n'ont pas besoin qu'on les traduise" nous dit le poète qui fit tant aimer les ânes aux garçons au caractère rude pourtant, à la communale de nos campagnes. Enfin... loués soient nos instituteurs qui, en parallèle au monde clos et cadré du calcul, du français, au prétexte de nous faire encore réciter, sans s'ouvrir du côté libertaire de leur démarche, la décence voulant alors que l'on tût toute sensibilité, ouvraient en nous, avec la poésie derrière la récitation, des fenêtres d'évasions et de rêves infinis... Restons-en là de ce préalable. Quoi qu'il en soit, en Béarn, Francis Jammes a beaucoup aimé les bœufs, les abeilles... les femmes, les ânes et plus généralement la vie qui s'écoule dans un village au pied des Pyrénées. Ce doit être pour ce dernier point que je l'évoque avec Pierre Bilbe, notre poète de la garrigue et du village, bien à nous, encore d'un terroir trop rustique pour une parisianité égocentrique prétentieuse, fate et pédante...

Explication de texte. 

1. Que nous apprend le poème sur la personnalité de l'auteur ? 

2. D'après vous qui est ce "petit" ? 

3. Est-ce que la première strophe permet de situer géographiquement le poème ? Quels sont, par la suite, les mots qui ne laissent aucun doute sur la géographie du lieu ? 

Réponses : 

1. Il apprécie son coin de terre. Y est-il né ? L'a-t-il adopté ? Il tient à en faire le tour, de l'horizon au sol qu'il foule en passant par un ciel de saison "des approches de mars". Il est respectueux des générations qui se sont succédé : la Nature en témoigne encore (jachères, arbres abandonnés). Et ce  processus de transformation, il le constate non sans crainte, celle-ci n'en serait-elle pas explicitement formulée. Sa pensée se prolonge non seulement sur la place de l'Homme sur la Terre mais encore au sein de l'Univers. Pour conclure il affirme que nous devons honorer la nature tant pour sa beauté que sa fonction nourricière. 

2. "Viens avec moi petit..." L'image est trop symbolique pour qu'on s'en tienne à sa banalité apparente. "Le vieil homme et l'enfant"... Michel Simon... ou encore << Je t’aime bien, mon vieux parrain, mais je t’aimerais davantage, plus que tous les autres, si tu ne fumais pas la pipe.>> ("Poil de Carotte" Jules Romains).

Le petit-fils qui émigre définitivement ; adieux sur le port de Beyrouth laissant son grand-père au Liban : << Je te quitte , dit l'enfant retenant ses larmes. 
-- Tu m'emportes, dit le vieux.>> ("L'enfant multiple" Andrée Chedid).

Aujourd'hui encore, sur l'estran d'une plage, je vois partir d'un pas bonhomme un adulte tenant un enfant par la main (Arte / promo actuelle du film"L'été de Kikujiro"). 
 
Émotion universelle ô combien ravivée par les gestes barrières actuels... ne plus serrer une main... Ne plus prendre un enfant par la main ? Est-ce possible ? 
 
Bien sûr que l'auteur aurait aimé partager sur ce thème instinctif, lui qui peut-être ne put se nourrir de telles références... Guitou de ces copains d'enfance au lien indéfectible défiant le temps ne me dit-il pas qu'après seulement 22 mois d'école communale, son expression poétique (Guy le compare même à Lamartine) reste d'autant plus remarquable qu'elle est l’œuvre d'un autodidacte ? 
Aussi est-ce naturellement que nous évoquons cet instinct si subliminalement humaniste. 

Ce petit doit aussi être le garçon qu'il fut, soucieux de voir ce qui lui fut donné de découvrir, de comprendre, de s'élever puis de s'inscrire dans une lignée de passeurs de mémoire, d'éveilleurs de consciences. 

3. Jouons au candide. La première strophe parle des Pins de la Mairie mais seuls ceux qui les fréquentent notamment pour les champignons savent de quelle mairie il s'agit. L'indication "Lespignan", avec l'aide d'un dictionnaire encyclopédique sinon de l'Internet, est plus parlante. Et même si le nom propre "Pérignan" (1) pose problème, nous sommes, sans doute possible, en Languedoc. Adossé à la Méditerranée, le regard s'ouvre au Nord-Ouest sur le rebord du Massif Central assimilé parfois à l'extrémité extrême des Cévennes, au Sud sur la ligne de crête qui depuis la masse pyramidale du Canigou voit le bout des doigts des Pyrénées caresser la Méditerranée.
 
Par la suite, la garrigue, la vigne, le pin parasol confirment que nous sommes bien au bord du Golfe du Lion, en Languedoc.  

Pourquoi l'idée peut-être pas heureuse de prolonger "Viens avec moi, petit..." avec une explication de textes ? C'est que j'ai imaginé, dans mes manuels scolaires, simples livres de lecture ou livres uniques de français sinon du français par les textes, parmi les auteurs cultes de la langue française, trouver cette veine régionale toujours insidieusement mâchurée par un pouvoir central n'osant néanmoins aller plus loin, la honte atteignant déjà des sommets pour le pays dit des droits de l'Homme et des libertés. 
 
Sauf que vers 1960, je ne pouvais d'autant plus réaliser que, personne ne s'intéressant à moi, on ne m'a jamais proposé "Viens avec moi, petit...".    

(1) ancien nom de Fleury-d'Aude où les gens se disent plus volontiers "Pérignanais" que "Fleurystes".

 


mardi 6 octobre 2020

ARTE & acculturation ?



Prague skyline at dawn Wikimedia Commons Author Petar Milošević

La courte présentation du concert de dimanche "Concert de Prague avec Daniel Hope" a pourtant atteint un summum de bêtise. En si peu de mots !

Approximation d'abord quand la présentatrice au ton docte et ampoulé dit de Prague "la ville aux mille ponts" ! Ville aux cent tours et clochers plutôt comme l'appellation couramment admise le laisse entendre. D'où sortent ces ponts qui d'ailleurs ne seraient que dix-sept ? Pourquoi bâcler ? 

Faute grave ensuite et ce n'est pas parce qu'elle est trop bien partagée, encore par fainéantise et ignorance, qu'elle en est pardonnable ! Il existe un mot lourd de sens à bannir, le nom d'une rivière à qui on a volé le titre de fleuve qui plus est, un mot allemand pour "VLTAVA", un cours d'eau slave. Dire "MOLDAU" en effet ne peut qu'alimenter une vision malsaine de l'Histoire !

Le compositeur Bedřich Smetana a appelé "VLTAVA" et non "Moldau" le deuxième poème symphonique du cycle Má Vlast (ma patrie). Smetana l'a écrit en tant que patriote tchèque en écho à la révolte de 1849 contre l'occupant autrichien et sa langue allemande !  

Pourquoi alors abonder dans un contresens infâmant ? N'est-ce pas déjà donner dans un négationnisme ? N'est-ce pas, grâce au recul historique, interpréter à mal quand on sait qu'Hitler imposa à la Tchéquie et à la Moravie un protectorat allemand ?     

Dire "Moldau" n'est donc pas anodin, c'est rappeler une domination colonialiste sans la rejeter, persistance d'une faute grave et malsaine qui ne peut que salir Arte. 

Que ce soit par je-m’en-foutisme ou au nom d'une doxa prétentieuse, que penser de la présentatrice du concert, trissotine d'une fatuité emphatique crasse ?

 https://www.arte.tv/fr/videos/099088-000-A/concert-de-prague-avec-daniel-hope/ 

A voir et écouter mais pas chez Arte...

mardi 9 avril 2019

AVEC DES FLEURS ET DES CHANSONS (fin) / Je me fous du monde entier...



Oh mais ça a démarré un cran de plus en amont, grâce à Émilien qui a mis en ligne les grappes opulentes de sa glycine ! Elles ont fleuri tôt cette année ! Les plantes sont comme nous, de la même espèce mais toutes différentes. Par exemple cette glycine de juillet 2014, à Saint-Pierre, avec beaucoup de verdure et peu de fleurs, très en retard, peut-être dans un milieu défavorable, tout à fait à l'opposé de celle d’Émilien. 

 


https://www.youtube.com/watch?v=2SgiC2PaDdA



Serge Lama avec mon salut cordial pour l'ami pérignanais qui a grandi à la Pagèze, cette campagne avec vue depuis le balcon ultime de la Clape, la garrigue dans le dos, l’Aude, les marais et la mer au fond et plein de souvenirs partagés généreusement. Merci Émilien !



Vous êtes perdus ? Moi aussi… Reprenons avec le décor : l’ordi sur le bureau, la télé. 
Banal.

L’ordi m’a montré que les glycines avaient déjà fleuri ! Aussitôt, les printemps qui ont colorié ma mémoire sont revenus avec les giroflées de la rue du bassin et les « Leçons de Choses » du Cours Moyen. 


 "Giroflée, girofla... lève la queue et puis s'en va..."... une chanson encore, dans une version locale... sinon, pardon si ma mémoire flanche. 

Il y aurait bien les glycines mais elles m’obligeraient à lever un coin du voile sur des fantasmes de garçon... Sardou l'a si bien exprimé dès les premières notes : 

 https://www.youtube.com/watch?v=mLY2A8vhdhw

Entre temps, une "amie fb" est venue tourner des pages fermées pourtant depuis deux ans, une éternité, immédiateté technologique oblige. Coïncidence, encore des fleurs, de celles qui poussent au pays, les plus chères, si fragiles sur les dunes, entre mer et sansouire. Ramène moi au pays qui m'a vu naître...
 

Sur ce, les documentaires d’Arte pour que nous considérions la diversité naturelle avec respect et non sous le crible d'une dangereuse productivité à tout prix.  Une autre leçon de choses m’a alors parlé de mauvaise herbe (le livre de "Leçons  de Choses" le dit , ce que je n’ai jamais accepté parce qu’au début de années 50, la vigne de Perrucho, au pied de Caboujolette, était un champ de blé, bien plus haut que moi, avec bleuets et coquelicots… Du bleu, du blond et du rouge pour un symbole bien raciné…

 


Et les 480 « Je me souviens » de Pérec…



Sauf que « Je me souviens, c’est la devise du Québec. Et mon envie de fleurs s’accompagnant de chansons, la première qui est venue, « Frédéric » (1961), pour dire que je me fous du monde entier quand la vie si pleine du pays revient palpiter, toujours sans crier gare, toujours aussi vivante et foisonnante, est de Claude Léveillée, né à Montréal. Heureusement qu’Internet est là !

Oh la Belle Province, déjà un lâchage de la France du roi… j’en ai encore un haut-le cœur. Ça pue chez les absolutistes et plus encore chez les contaminés de la jacobinite. « Vive le Québec libre ! » De Gaulle, heureusement, pour un soupir de consolation.

Oh le Québec, à chaque piqûre de rappel, le vent sur la dune de Pissevaches en a mes larmes aux yeux. André Pédrola, le fils d’Elise, la voisine de ma grand-mère, André, le frère de François dit Francis, le grand copain de papa, a émigré à Montréal dans les années 50. Un homme formidable, de ceux qui passent sans qu’on les remarque ou qui vous percutent du trop-plein d’amour dont ils débordent. André a partagé, voulu donner à voir de son sillage depuis la guerre… Ces hommes-là vous offrent une force plus forte que le vide qu’ils laissent un jour…  Tant que nous parlons d’eux c’est qu’ils sont encore là…     



Je me fous du monde entier. Et pour cause :



« … Après, la vie t'a bouffé
Comme elle bouffe tout le monde,
Aujourd'hui ou plus tard,
Et moi, j'ai suivi.
Depuis le temps qu'on rêvait
De quitter les vieux meubles,
Depuis le temps qu'on rêvait
De se retrouver tout fin seuls,
T'as oublié Chopin,
Moi, j'ai fait de mon mieux.
Aujourd'hui, tu bois du vin,
Ça fait plus sérieux.
Le père prend un coup de vieux

Et tout ça, fait des vieux… »



Devenir vieux... l'unique alternative à la mort... Claude Laveillée a perdu son fils de vingt ans. Lui-même a subi deux avc en 2004, jusqu’à ce qu’un troisième, en 2011, referme son livre, à 79 ans.



C’est ainsi que les hommes vivent et comme le précisait Marcel Pagnol :

« … Telle est la vie des hommes. Quelques joies, très vite effacées pas d’inoubliables chagrins.  Il n’est pas nécessaire de le dire aux enfants… »

Je me fous du monde entier...

mardi 4 septembre 2018

VOYAGE EN TCHÉCO (9) / Du Schwarzwald à la Souabe âpre.



Brigach_(right)_and_Breg_(left)_forming_the_Danube_at_Donaueschingen, Wikimedia Commons, Author Cuestarafael

Sous un bleu éclatant, la Forêt-Noire entretient encore un teint pimpant de montagne. L’air semble plus léger même si l’altitude reste modeste (850 m.). A Löffingen, nous ne sommes plus qu’à 600 mètres environ. Arrêt pour quelques courses, l’eau surtout. Départ à 11h 40. La ligne de partage des eaux est bientôt passée puisqu’un pont franchit le Danube, deuxième fleuve européen, de la Forêt-Noire à la Mer Noire. Mais cette année, la navigation est stoppée en Allemagne et en Autriche et son niveau est bien bas, sous le Pont des chaînes, face au Parlement de Budapest. 
 
Zimmern (Immendingen) 12h 10. L’air est plus lourd comme un temps d’orage mais dans un ciel bleu aveuglant, sans les nuages noirs et chargés. 20,02 l GO à la mauvaise pompe pour poids-lourds… l’embout est trop gros, il en tombe par terre. Mauvais choix (1,299 €/L, 26,01 euros).

Cela devrait ressembler à un Jura Souabe mais ne seraient les maisons d’un autre style, avec la poussière rousse qui suit et monte autour des moissonneuses et des tracteurs, on se croirait plus au sud. Où sont ces nuances de verts avec le gras des foins sur les coteaux, les vergers charnus, ces paysages si bien transmis par les documentaires d’Arte ? Désormais, la campagne apparait blanchie, souffrant plus de la sécheresse persistante que des fortes chaleurs et de la canicule.

Une grande différence néanmoins, les panneaux solaires très présents sur les toitures et même des armées de miroirs voltaïques bien rangés sur de vastes espaces, en campagne. Concernant le nucléaire nos mandarins patentés mettent en avant une indépendance énergétique fragile concernant nos stocks d’uranium alors que nous devons déployer l’armée au Sahel pour garantir la ressource à plus long terme. Le pouvoir jacobin et ses cercles formant l’autorité centripète se doit, pirouette classique, d’allumer alors un contre-feu. De reprocher le recours au charbon outre-Rhin permet de jeter un voile pudique sur le peu de cas qui est fait chez nous des énergies renouvelables.
 
Château Sigmaringen Wikimedia Commons Author Rainer Halama
L’itinéraire s’écarte de la vallée du Danube sans que nous allions contre. Sans doute, ce ciel trop bleu, ce temps trop peu conforme à ce qu’il devrait être. Et puis, ce n’est pas plus mal de ne pas passer à Sigmaringen, enclave extraterritoriale de Pétain et des Vichystes en débandade dont ce putanier de Céline trouvant encore moyen de mettre à profit cette branlée finale pour un bouquin en 1957 ! Alimentaire, mon cher Gallimard ! Confirmation de l’esprit dérangé et déconnecté de Pétain, sa propension à installer un protocole (promenade, réceptions) alors que la nourriture à base de choux rouges et verts donnait la chiasse à son millier de collabos trimbalés dans les fourgons de la Wehrmacht en déroute !  

Erbach aux portes d’Ulm, comme ces localités au N-O d’Ulm, séjour d’Erwin Rommel, le renard du désert, sommé, lui, contrairement aux renégats français trop nazi-compatibles, de mettre fin à ses jours pour avoir été proche des conjurés contre Hitler. N’en déplaise à ceux qui, sur Avox même, confondant vengeance et justice, voudraient tourner une page sans l’avoir lue jusqu’au bout, sans en tirer la substantifique leçon sans laquelle le « plus jamais ça » ne veut plus rien dire. Un point néanmoins mais essentiel, indispensable à mon avis, à savoir que tout humain n’est pas assuré contre l’abjection et que, plutôt que de mettre à l’index un tel ou tel peuple, mieux vaut entretenir la conscience en prévenant de ce qui n’est pas guérissable… De ce point de vue, depuis 60 ans que je passe par l’Allemagne, je vois une communauté d’humains, à laquelle j’appartiens, dans un incubateur planétaire où peuvent fermenter, avant les bonnes si poussives, les plus mauvaises et nocives projections, si promptes et brutales, elles…

Erbach, 14h 20, 270 kilomètres seulement depuis Mulhouse… 55,3 l de GO, 1,259 €/L,  82,61 euros. Citronnelle pète et éructe avant de bien caler sa combustion : certainement les injecteurs ! A programmer avant l’été 2019 si l’État macronien, à moins de faire de nous des hors-la-loi, daigne nous laisser rouler encore un peu plutôt que de nous accabler de doubles peines au carré…   
Ulm 2012.

Ulm 2012.

Ulm, la « cathédrale » dont la flèche est la plus haute du monde. Symbole de racines chrétiennes cannibalisées, en Europe, par un monothéisme plus récent, plus corrosif. Ulm, une cathédrale entre guillemets, appartenant aux protestants : elle semble une coquille vide.

L’autoroute à présent, d’abord pour la pause-déjeuner conclue par un café bien serré, ristreto non espresso mais expresso sans pression, enfin un café italien mais maison, doublement dosé quand même… Cap au nord ; le hasard nous fait doubler la ville de naissance du Generalfeldmarschall Erwin Rommel, qui parlait avec un si fort accent souabe. La Bavière, l’Autriche, traînent, d’après ceux qui croient ne pas en avoir, ce défaut majeur. A plaindre disait Zamacoïs, le poète, à propos de ceux qui croient :

« … Avoir l'accent enfin, c'est, chaque fois qu'on cause,
Parler de son pays en parlant d'autre chose !... »