« Les voyages forment la jeunesse... », dicton, proverbe ou adage... une sentence entendue partout. Certes, certes, et ce doit être vrai surtout s'agissant d'un ailleurs, d'un séjour hors son chez soi, son quotidien. Quant au migrateur saisonnier aux attaches en double entre Métropole et Mayotte, depuis plus de trente ans, c'est autre chose. (suite du 2).
Au-dessus de la baie de Chiconi, dans les lacets surnommés non sans sourire “ le Tourmalet ”, les bouquets de bambous ont bien repoussé. Là-haut, le carrefour de Ouangani qui, à un jour près sera bloqué par des bandes rivalisant à coups de machettes... et de victimes collatérales, faits divers faits de violences... Barakani, Hapandzo, moins de mri madzi, littéralement arbres à caca. Ont-ils eu à payer un lourd tribut au cyclone sinon à la bêtise des hommes ?
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| Samanéa à titre d'exemple. Samanea_saman in Trinidad and Tobago 2023 under the Creative Commons Attribution 4.0 International license. Author Lucas Kaminski |
De même, les superbes et sûrement vieux samanéas du lycée Agricole à Coconi sont moins nombreux aussi depuis la catastrophe.
Ongojou, couleurs des piments et des quelques verdures à la vente sous le gros manguier du col ; étonnant alors que nombreux ont été les cocotiers à subir, l'étal de vente de jus de palme trembo tamu que les femmes peuvent boire, vin de palme aussi, une fois fermenté... (les clandestins ont tôt fait de squatter les terres apparemment délaissées), ce trembo vruga, plus acheté depuis l'hépatite de je ne sais plus quelle lettre, contractée en juin 1996, certainement à cause de la bouteille plastique récupérée aux poubelles, mal lavée, et avant tout d'un vaccin oublié au départ de la métropole (1994)... en attendant trois semaine de maladie à ne pouvoir se nourrir que de coca, plus de dix kilos perdus... Un fourgon cache l'abri d'où les vieux habitués surtout suivent le passage des véhicules, sans papi Ali qui, à cette heure, doit toujours être loin, là-haut, à sa vache, dans son champ sinon à l'ombre du tamarinier qui a résisté au cyclone, où, de toute façon, faisant acte de présence, il montre aux inopportuns opportunistes que sa terre n'est pas abandonnée. Plus étonnant encore, l'abribus du Caribus, cette ligne gratuite destinée à désengorger les embouteillages trop lourds vers la capitale centre de tout... ainsi le car plutôt sur la côte, monte jusqu'à ce qui n'était qu'un petit village entre Est et Ouest, en équilibre sur le col, une réalisation remarquable, ce Caribus, en ce qu'il représente une des rares promesses tenues par la “ faune ” politique locale, ce qui, en France, reste dans l'ordre des choses... et qui devrait être constitutionnellement sanctionné, l'étatique encourageant la mémoire courte n'étant pas en reste...
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| Tsararano, le marché en passant. |
En bas, Tsararano, nom d'origine malgache signifiant “ la bonne eau ”, que des esprits taquins ont détourné en “ tsara madzi ” (voir les lignes “ Hapandzo ”), le bon étant exprimé par le préfixe “ tsara ”... Vrai qu'une belle rivière, la Mro Wa Dembeni, descendue du massif du Bénara, étonnante également par son joli débit en dépit des sept ou huit kilomètres seulement entre les sources et le lagon, bordée de rideaux de bambous, coule dans une plaine fertile propice au maraîchage jusqu'à ce que les lavandières préférassent la chimie agressive destructrice au savon de Marseille... enfin, ce que j'en dis ne relève que d'un séjour d'une année par là, entre 2002 et 2003 (une station aussi de la DAAF Mayotte avec essais de culture de melons... pas mauvais du tout... Rien n'en transparaît à présent sur le Net, existe-t-elle encore ? ) Tsararano encore, la population explose, les constructions se multiplient jusque sur la crête au-dessus du gros village de la commune de Dembéni. (à suivre)













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