![]() |
Photo en date du 7 décembre 2024, de mon ami Armand, vivant dans le sud de Mayotte |
Aude, Languedoc, Tchécoslovaquie, Ariège, Pyrénées, Océan Indien, Lyon, Brésil, ports familiers mais unique maison des humains. Apprendre du passé, refuser la gouvernance cupide suicidaire. Se ressourcer dans l'enfance pour résister, ne pas subir. Passer ? Dire qu'on passe ? Sillage ? Aïeux, culture, accueil, ouverture aux autres, tolérance, respect, héritage à léguer (amour, écoute, cœur, mémoire, histoire, arts...) des mots forts, autant de petites pierres bout à bout qui font humanité.
samedi 21 décembre 2024
Avant CHIDO, le cyclone ravageur
jeudi 11 novembre 2021
Gruissan, le cimetière marin.
"Oh ! combien de marins, combien de capitaines Qui sont partis joyeux pour des courses lointaines, Dans ce morne horizon se sont évanouis ?..." |
"... Combien ont disparu, dure et triste fortune ? Dans une mer sans fond, par une nuit sans lune, Sous l’aveugle océan à jamais enfoui ?..." |
"... Combien de patrons morts avec leurs équipages ? L’ouragan de leur vie a pris toutes les pages Et d’un souffle il a tout dispersé sur les flots !..." |
"... Nul ne saura leur fin dans l’abîme plongée, Chaque vague en passant d’un butin s’est chargée ; L’une a saisi l’esquif, l’autre les matelots !..." |
"... Nul ne sait votre sort, pauvres têtes perdues ! Vous roulez à travers les sombres étendues, Heurtant de vos fronts morts des écueils inconnus..." |
"... Oh ! que de vieux parents qui n’avaient plus qu’un rêve, Sont morts en attendant tous les jours sur la grève Ceux qui ne sont pas revenus !..." |
"... On s’entretient de vous parfois dans les veillées, Maint joyeux cercle, assis sur les ancres rouillées, Mêle encore quelque temps vos noms d’ombre couverts,..." |
"... Aux rires, aux refrains, aux récits d’aventures, Aux baisers qu’on dérobe à vos belles futures Tandis que vous dormez dans les goémons verts !..." |
lundi 27 septembre 2021
LES VENDANGES EN CHANTANT ! / Fleury-d'Aude en Languedoc.
Automne, beauté mélancolique, nostalgie esthétique... Pour ne plus soupirer sur le temps qui passe et donnera à terme sur l'hiver de la vie, les vendanges ont tout pour nous consoler. Chaleur dans les cœurs et dans les températures même si une fraîche rosée peut mouiller les pampres au lever du soleil.
Avec cette joie qui demeure lorsque les humains se retrouvent en accord avec la terre nourricière... ce doit être moins vrai aujourd'hui avec le productivisme qui a engendré, entre autres maux, les glyphosates. Mais gageons que ceux qui ont encore la chance de couper les raisins à la main (Christine, une gentille correspondante démarre avec le sourire son deuxième mois de vendanges !), en récoltent en retour une bouffée de jouvence ou du moins un ressenti de cet ordre régénérant et l'organisme et le moral avant d'aborder la "mauvaise" saison...
Étonnamment, il y a moins de poèmes "positifs" sur cet aspect de l'automne, du moins de la fin de l'été, de la rentrée, que ceux abondant dans la mélancolie.
L’Odeur des Vignes
De peine, de sueur et de soleil cuisant..."
Mais il y a des airs pour chanter la vie et tous les amours qui s'y attachent... Théodore de Banville lui-même s'y est essayé :
Allons en vendanges,
Les raisins sont bons !
Chanson.
Chanson à boire
Chanson - Paroles et musique de Louis Lust 1903
D'aller en vendange
D'aller en vendange
Et de grappillonner
Dans ton p'tit panier
.../... Voici les vendanges faites,
Le raisin est au pressoir,
Et tous les cœurs sont en fête.
Nous chanterons jusqu'au soir.
Oui, tous les cœurs sont en fête;
Nous chanterons jusqu'au soir.
**********
PLANTONS LA VIGNE (Champagne 1576)
"... De grappe en cueille
La voilà la jolie vigne
Vigni, vigna, vignons le vin,
La voilà la jolie vigne au vin,
La voilà la jolie vigne..."
Chanson qui me rappelle la fête des écoles quand les filles interprétèrent..."... Quand je vois rougir ma trogne, je suis fier d'être bourguignon...". Les mentalités d'alors étaient à des lieues de ressasser comme aujourd'hui "avec modération avec modération"... l'époque ne jugeait pas la liberté ou non de boire... ad libitum... enfin... à volonté.

Papé Jean, l'oncle Noé... lançant un pas de danse on dirait et mamé Ernestine qui en rit sous sa caline... Photo de François Dedieu prise dans la plaine, à la Barque Vieille peut-être.

Dans la famille alliée pour rentrer les récoltes de papé Jean et de l'oncle Noé, les vendanges continuaient en octobre et avec les amis venant parfois aider, le nombre influait sur une ambiance retrouvant des éclats et élans comparables à ceux des grands repas : plaisanteries, moqueries, rires et chansons. En vedette chez nos seniors, l'oncle Noé, par exemple, déployait toute sa malice pour piquer les convenances en entonnant
"J'ai mal au cul, j'ai mal au cul, j'ai mal occupé ma jeunesse..."
Et cette fois, monsieur Petiot, pas le terrible docteur non, le correspondant de guerre de la Creuse (patates et lard contre du vin), venu vendanger avec sa femme, se leva médusé par ces mots crus... sidéré même parce que l'oncle en rajoutait :
"... j'ai trop pété, j'ai trop pété... j'ai trop été dissipateur "
Ouf, monsieur Petiot put s'en remettre et replonger sereinement sa tête, ses doigts et sa serpette dans les grappes...
vendredi 24 septembre 2021
AUTOMNE ou bouquet final de l'été ?
Certes, l'équinoxe du 22 septembre cette année marque l'entrée de l'automne et météorologiquement la saison commence dès le début du mois, alors certains se laissent déjà glisser vers l'hiver. D'autres résistent, préfèrent rester en été et vivre un prolongement de la belle saison.
Amis, je veux bien partager sereinement avec vous la nostalgie poétique liée à l'automne sauf que, si on en reste aux esthètes pessimistes, l'ambiance mortifère doit être combattue. J'ose seulement espérer que ces poètes ont pu écrire des vers dans une perspective à terme plus rose, de renouveau, de printemps, de renaissance...
Onze extraits... pardonnez le saucissonnage et surtout allez vite apprécier ces poèmes dans leur intégralité...
![]() |
heremoana125399556877_art heremoana.vefblog.net |
Dans le brouillard s’en vont un paysan cagneux
Et son bœuf lentement dans le brouillard d’automne
Qui cache les hameaux pauvres et vergogneux.../...
Guillaume Apollinaire, Alcools
Victor Hugo.
Là-bas tord la forêt comme une chevelure...
Matins frileux
Le temps se vêt de brume ;
Le vent retrousse au cou des pigeons bleus
Les plumes...
Émile Verhaeren Automne.
Et que j’aime ô saison que j’aime tes rumeurs
Les fruits tombant sans qu’on les cueille
Le vent et la forêt qui pleurent...
Guillaume Apollinaire, Alcools, 1913
Des violons
De l'automne...
Adieu, vive clarté de nos étés trop courts !...
Salut ! bois couronnés d’un reste de verdure !
Feuillages jaunissants sur les gazons épars !
Salut, derniers beaux jours ! Le deuil de la nature
Convient à la douleur et plaît à mes regards !
Alphonse de Lamartine L'automne.
Eduard Mörike. Septembermorgen.
Der dunkle Herbst kehrt...
![]() |
Mont Sainte-Odile forêt brouillard wikimedia commons Author Vassil |
C'est beau oui... mais sans moi pour le moment... j'aime trop la chaleur au moins psychologique et souvent dans les températures des vendanges puis la douceur d'octobre... Mon âme exige en prime de fêter la Saint Martin avant de se conformer au repos hivernal... Il est vrai qu'il est plus aisé de le dire depuis le Golfe du Lion...
mardi 13 mars 2018
MON GOLFE DU LION ÉTAIT DANS UNE TENILLE...
"Bouscar" a peut-être donné aussi "busquer" dans l'ancien français "busquer fortune" (2).
Dans un raisin, le goût de mon pays mais son odeur aussi, salée, iodée, dans une tenille de l'été... merci Lucie Delarue-Mardrus pour un poème qui va droit au cœur des fidèles à toutes les petites patries... Pour revenir à ce petit profit de l'été (de bon rapport pour les professionnels ! voir
https://dedieujeanfrancois.blogspot.com/2015/12/yves-pecheur-du-golfe-xiv-cest-le.html),
Dans le livre du canton (Opération vilatges al pais / 2005) Jean Boucabeille de Gruissan raconte :
"Lo mainaire dins l'aigo juscas als ginolhs o a las cuèissas, en trantolejant doçament tira sul tragèl per sablar la maina (e fosicar la sabla). Las tenilhas soslevadas s'amassan dins la sàrcia, la pocha en fialat de la maina. Sovent s'i trapa tanbens de passards (barbue), d'iranhas (vives), de rompàtels (petits turbots), de cranquetas. Los mai forts a Grussan èran Roma e Célestin."
Le maïnaïre, le tenilleur ( la "mayne serait le râteau), dans l'eau jusqu'aux genoux ou aux cuisses, au lent dandinement zigzaguant, tire sur les traits pour enfoncer l'engin dans le sable (et le fouiller). les tenilles soulevées s'amassent dans le filet du tenillier. Souvent on y trouve des barbues, des vives, des petits turbots, des cranquettes (Etrille élégante, potumnus latipes, aux pattes arrières en forme de pagaies [JFD]). Les plus forts à Gruissan étaient Roma et Célestin.
En tirant vers le nord, alors que les souffles s’apaisent et qu’un train de vagues espacées indiquent que le marin veut rentrer, le panorama qui s’offre est plus prenant encore : les Pyrénées rehaussent le décor. Dans les entrées maritimes, flou embrumé à près d’une centaine de kilomètres, le Cabo de Creus ferme la courbe plus concave, gracieuse, d’une poésie plus vraie que ne pourrait le rendre la théorie des cartes de la côte. En théorie seulement car les cartes aussi font rêver…
https://dedieujeanfrancois.blogspot.com/2014/09/clovisses-ou-palourdes-quelle-affaire-3.html
(2) un rapport avec débusquer, embusqué, embuscade, racine "bosc", le bois ?
(3) Un attachement exclusif pour UN golfe clair et non, plus dilué quand on a trop d’argent et qu’on voudrait habiter partout à la fois « DES » golfes clairs où dansent les reflets d’argent de la mer…
Photos autorisées :
2. Aristide Maillol en 1925 photo Alfred Kuhn (1885-1940).
3. La Méditerranée de Maillol (Perpignan) Author Palauenc05.