Affichage des articles dont le libellé est sardines. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est sardines. Afficher tous les articles

jeudi 30 juillet 2026

Dorade, sardine, mélette... lèbre contre bidoche... Yves Boni (1932-2026)

Merci à ceux qui témoignent du caractère avenant toujours égal et du grand cœur d'Yves Boni (1932-2026), Pêcheur du Golfe. Dans la chance que j'ai eue de ces entretiens spontanés cet été là, de 2015, avec la lèbre, la bidoche, j'avais oublié la suite des dorades et encore les sardines “ entrant ” dans la mélette... 

Yves, pêcheur du Golfe (XII) « AVEC LA LÈBRE , TU AS DE LA BIDOCHE ! » (lundi 28 septembre 2015). 

« Yves, tu parlais des loups et des dorades... La dorade, justement, on n’en voit plus beaucoup alors qu’elle rentrait dans les étangs par bancs entiers... 

— Si, si, à Sète, ils sont toujours à "quicho-pourrit" (1), au bord du canal, quand elles sortent de Thau, à l’automne... Et en mer, ça revient, figure-toi. L’autre jour, il en a pêché une de 3 kilos et ils foutent des coups de filets avec 50-80-100 kilos. Maintenant, ils prennent aussi du merlan... A l’époque y en avait pas... Et une autre fois, que je te raconte avant d’oublier, ce fut une pêche “ monumentale ” : on était aux dernières villas de Narbonne-Plage et on voyait les sardines, à 100 mètres, qui poussaient dans la mélette (2)... 

Sardines, marché aux poissons du Vieux-Port à Marseille mai 2013 under the Creative Commons Attribution-Share Alike 3.0 Unported license. Auteur Philippe Alès.

—... Les thons dans le maquereau, les maquereaux dans la sardine, les sardines dans la mélette...

— Et oui, l’éternel recommencement... Enfin, faut le dire vite ! En attendant, on va faire bol ! J’ai calé une maille, j’ai encerclé, on la voyait sauter, dis... On a eu 7,5 tonnes de sardines, et attends, il devait y en avoir le double sinon 20 tonnes mais j’ai levé les plombs pour ne pas crever le filet. Écoute, c’est pas compliqué, à 9 heures le soir, avec le mareyeur, on était encore à charger le camion. Aqui tabe, can sei annat per l’argent, là encore, quand je suis allé encaisser, il m’en a donné 2F 50 du kilo !

— Aujourd’hui, j’ai vu le maquereau à 6,90 euros.

— C’est qu’on mange plus du poisson comme avant, c’est devenu du luxe alors qu’avant les pauvres pouvaient se le payer et je te dis pas par chez nous, tout frais pêché...

— Et oui, quand l’appariteur annonçait Saborit sur la place avec lou bairat (le maquereau) de Las Cabanos !

— Tè, on avait beau dire que la viande était idéale pour les travailleurs de force, seuls les riches en mangeaient souvent... Tiens, tu parles de Fleury... Tu sais que j’étais bien avec Soldeville justement, le boucher... Ero un cassaire, c’était un chasseur et moi aussi j’ai eu chassé quand j’étais jeune aux Cabanes et quand je tuais le lièvre, Isidore, s’appelabo : « Isidore, on fait échange standard...

— Qu’est-ce que tu me proposes ?

— Et bé, voilà, je te propose (j’étais maquignon aussi...)... le lièvre il fait 4 kilos contre autant de bidoche ! 

— Ça marche qu’il répond le boucher ! Garde-moi les ! Tout ce que tu peux tuer, je prends ! 

Benjamin Rabier (1864-1939) de « La Vache qui Rit », du canard Gédéon, illustrant ici les Fables de La Fontaine, dont « Le_Lièvre_et_les_Grenouilles ». 

Ma mère était contente « tu as fait une bonne affaire » qu’elle m’a dit... Eh, faut se débrouiller ! Lui, je pouvais y compter. Une fois j’en ai eu trois de lièvres (3) ! Il venait, Isidore, aux Cabanes, il tournait même dans les campagnes...

Il avait une fille, qu’il la couvait comme la prunelle de ses yeux...

(1) littéralement : pressé, serré au point de pourrir comme le fruit du panier qui gâte les autres. 

(2) « Meleto, s. f., nom de divers petits poissons de mer qui ont une bande argentée sur les côtés ; argentine, joel athérine.../... PROV. « Per prene un toun, asardo uno meleto. »  Mistral / Trésor du Félibrige.
« melet » peis = sardinelle / « meleta » peis = sprat Dictionnaire occitan-français Arve Cassignac. 

(3) en occitan, “ lèbre, lèbro ” est du genre féminin. 

jeudi 2 juillet 2026

Un VILLAGE de PÊCHEURS, Yves BONI (1932-2026). (6)

Suite à l'évocation surtout de son adolescence laborieuse en tant qu'apprenti puis pêcheur, Yves parle des Cabanes-de-Fleury, le hameau de pêcheurs... (lui, parle de « village » sans s'empêcher de revenir sur l'activité principale du port sur l'Aude, la pêche...  L'article présent reprend dans les termes exacts la sixième page A4 du fascicule qu'un membre dévoué de sa famille a bien voulu taper, agrafer et offrir aux intéressés lors de la sépulture. Les photos montrent les baraques des pêcheurs ainsi que les barques à bouts pointus amarrées dans les canotes du bord de l'Aude... 

Les-Cabanes-de-Fleury. Sur un mur de l'Usine, jadis le local communautaire pour rusquer, teinter les filets, une fresque en trompe-l'œil avec, à droite, un touret du filet de pêche au globe.

«... Comme distraction on avait “ L'Usine ” que l'on appelle, pour des discussions soit de pêche ou de la vie courante. Souvent en critiquant les uns ou les autres, il arrivait que ça se termine avec une majorité n'étant pas d'accord... Après cela, il fallait aller au lit pour reprendre le travail le matin. La jeunesse n'avait pas beaucoup de distractions, mais on était heureux dans l'ensemble. Malgré cela il fallait aller travailler et souvent il n'y avait pas de dimanches. Pendant l'été les journées étaient longues, surtout pendant la pêche à la sardine. On partait à six heures du soir et on faisait la Prime comme on l'appelle. Ce qui consiste à placer les filets de sardines au couché du soleil et au bout de deux heures on les relève, s'il y avait des sardines prises dans le filet, il fallait les sortir une par une sans couper la tête, ce qui demande pas mal de temps et qui nous faisait achever des fois à minuit ou une heure du matin. Après cela il fallait repartir pour faire la matinée, ce qui consistait à placer les filets vers les cinq heures du matin et à les laisser en place une heure trente, parfois deux heures. Ensuite il fallait rentrer aux Cabanes, pour déposer la sardine et la manger. Mais ce n'est pas fini il fallait laver les bandes de sardines, ça dure 1h 30 et puis étendre les filets dans les camps pour pouvoir les remailler sous un soleil de plomb. 

Capture d’écran, neige en mer, Source INA 1956

Voilà les distractions des dimanches, on a eu des journées mémorables. Une fois, il a fallu aller chercher des provisions pour le village, on est parti à pied par le bord de la plage pour rejoindre Valras-Plage. Il avait neigé et tous les gens passaient au bord de la mer, j'ai vu pour la première fois de ma vie les vaguelettes arrivant sur le bord de la plage se geler... Et pour que l'eau de mer se gèle, il fallait qu'il fasse très froid. Une année on est partis du village pour aller chercher du pain et autres denrées avec un bateau jusqu'au pont de Fleury. Il y avait beaucoup de neige entre le pont et le village. Il y en avait tellement que pour faire environ quatre kilomètres (1) on a mis 2h 30, toute la campagne était recouverte de neige donc pas de trace de routes, de chemin, pour pouvoir avancer. Mais au retour tout allait mieux car les traces étaient faites. » Yves BONI, 2024. (à suivre)

(1) à peine 2.1km d'après Géoportail, donc une progression à raison d'une heure passée par kilomètre (note JFD). 

dimanche 21 juin 2026

Yves BONI par Yves BONI (1932-2026) (3)

Je n'y étais pas pour cet au-revoir à Yves, pêcheur du Golfe mais le jour de son dernier trajet parmi nous à Fleury, entre église et cimetière, sa famille a tenu à offrir onze pages agrafées, un résumé de sa vie, du moins une amorce, écrit par lui-même en 2024. Une amie a eu la gentille attention de m'en réserver un exemplaire... un vrai fascicule de traitement de texte agrémenté de photos de barques en bord de mer ou aux Cabanes, de la pêche au globe, de l'Aude à l'estuaire ensablé, du rugby, d'Yves bien sûr... 

Sur les deux premières pages, il raconte ses débuts à la pêche de treize à seize ans ; sur cette troisième de texte (page 5 du fascicule), Yves revient sur ses seize ans. 

« Le patron s'appelle Jean Rassié et on pratique la pêche au trémail. Pendant la période d'avril à juin, on place à 600 m des pièces pour pêcher des raies, des soles et des seiches, quelques saupes rouges et des grondins. Cela dépendait de la mer. On attrape des roussettes dites “ poissons chats ”, puis venait la pêche à la sardine qui se prépare avec des bandes de filets très fins. On partait le soir vers 17h 30 au large de Narbonne-Plage. On attendait que la nuit commence à tomber et on plaçait quatre longueurs de filets comparables à des bancs de sardine. (Une longueur de 100 m à chaque bande). On reste calé environ 1 h30 à 2 h et puis on remonte le filet à la force des bras. Il y avait des fois où la pêche était à peu près bonne, puis il fallait démailler, ce qui consiste à sortir chaque sardine prise dans le filet. 

La_barque_catalane__Bel Ange sardinal 2010 under the Creative Commons Attribution-Share Alike 3.0 Unported, 2.5 Generic, 2.0 Generic and 1.0 Generic license. Auteur Jpbazard Jean Pierre Bazard

La_Sardine_française,_Béziers_vous_salue_affiche 1920 Domaine public Benjamin_Rabier (1864-1939)

De là, on rentre aux Cabanes pour que les mareyeurs puissent prendre la pêche. On repartait vers 5h pour faire la matinée ensuite. Quand il n'y avait pas de lune, on partait à la pêche au thon. Une anecdote à ce sujet, on est parti des Cabanes en fin de matinée pour les roches de Sète avec un bateau qui s'appelait le « Bolange ». Dans le courant de la nuit, il a fait un orage très fort, on était quatre, Jean le patron, son frère Émile Rassié, Louis Galibert et moi. Il a tellement plu que l'on a passé toute la nuit à écoper l'eau, le pont du bateau était une passoire. 

Une autre fois, j'ai embarqué sur le bateau avec Étienne Rassié, son frère Henri et moi-même, on est venu caler le filet de thons devant La Nouvelle, à peu près à 3 milles de la côte, et quand on a relevé le filet à thons, on a pêché une tortue. 

Dermochelys_coriacea,_Em_torno_de_400k. Brasil 2008 licensed under the Creative Commons Attribution-Share Alike 2.0 Generic license. Autor Andrea Farias Farias

Elle pèse environ 500 kilos. Il a fallu faire appel à deux autres bateaux, et on a mis trois heures pour la remonter à bord. Une fois à bord, sur le pont du bateau avec mon copain Francis Fountic, on s'est amusé à monter sur la nageoire, elle nous soulevait comme des plumes alors que le copain devait faire dans les 80 kg et moi de même. On s'est amusé à mettre un bout de bois dans la gueule elle l'a sectionné d'un coup de mâchoire, puis quand elle a senti qu'on rentrait au port elle a commencé à se débattre avec les ailerons, et à décoller les planches du plat bord du bateau. On rentre au port de La Nouvelle, en plein mois de juillet avec beaucoup de monde dans la station et les gens qui commençaient à être proches pour voir la fameuse tortue, c'était un défilé... » 

Yves Boni 2024. (à suivre)  

 Note : les photos ou illustrations figurent indépendamment du texte d'Yves Boni. 

samedi 28 février 2026

Le bon bol de l'équipe à Robert (7.4)

Avec Robert Vié, la traîne entre le grau à sec de Pissevaches et les Cabanes-de-Fleury. 

C’est la mer, encore à la belle saison, mais quand le « vent du Nord » (1) rafraîchit l'atmosphère, qu'on met le pull le soir venu. Tous, le nez en l'air, à compter jusqu’à la septième étoile avant de poser et de remonter la traîne (2) dans l’obscurité qui monte et s’épaissit. Nuit sans lune, à la rude, à même le sable qui heureusement ne vole pas. Premières lueurs et on recommence, après le café, pour le ou les bols du matin, un coup de filet contournant, afin d'encercler le poisson... Plutôt que de faire penser à la courbe formée par les flotteurs laissés derrière la barque jusqu’à ce qu’elle revienne au bord, le mot ne s'apparente en rien à l'intérieur arrondi d'un bol : « Chaque mise à l’eau de la traîne avec retour à la plage est appelée un « bol » (le V se prononçant B en occitan, on pourrait traduire par « un vol » ou mieux « un envol » du filet.) » Guy SiéRien, cette fois là, un peu après le grau à sec de Pissevaches. 

Une autre fois, à potron-minet, sur la plage des Cabanes, il y a Émile, le voisin, Marcel mon beau-père, Robert et moi, prêts pour un premier bol (du latin bolus, coup de filet). Sauf que, pendant que nous patientons l'aube, derrière nous, sur le chemin des dunes, à la queue-leu-leu, une drôle de procession, comme ondulant entre les bunkers du Sudwall allemand, les tamaris, les oliviers de Bohème et les hampes joliment fleuries des yuccas... Mais qu’est-ce qu’ils foutent ces trois, si tôt le matin ? C’est étrange, d’autant plus louche qu’ils trimbalent quelque chose, le premier sur l’épaule, les autres à bout de bras... qu'est-ce qu'ils peuvent bien trafiquer ? 

Après les chalets jumeaux (3) ils descendent sur la plage. Le premier jette son fardeau sur le sable, les deux autres se libèrent aussi. L’un d’eux vient vers nous « Bonjour, on a la saucisse, les escargots... si ça vous dit, portez les sardines, à la bonne franquette ! ». Ses compères s’occupent déjà des victuailles, des bouteilles, du gril déjà sur la boufanelle (fagot de sarments) pour ne pas se coller de sable. 

Robert Vié ravaudant dans “ notre ” impasse. 

La mer frisotte encore fraîchement. L'aube s'annonce. Premier bol : rien. Le patron scrute, essayant de pénétrer le miroir des eaux peu engageantes. L'astre du jour est sur le point d'émerger. Deuxième essai : rien. Toujours pensif en regardant les flots, Robert annonce que ça vaut bien une troisième tentative. Jaune d'œuf (j'ai aimé l'expression de François Marty) le soleil salue la Terre. Dernier bol. A deux de chaque côté, filet vide ou filet plein, la traction semble toujours aussi lourde. On piétine en cadence, en arrière, balançant d’un pied sur l’autre, le talon bien enfoncé, le trajèl (4) sanglé sur l’épaule qui va le mieux, un peu comme des forçats à la chaîne ; celui qui arrive au bout se hâte d'aller reprendre, travail d'équipe oblige. Quand la poche se présente, un rond huileux, irisé de vert-marron-violet, gagne sur le bleu de la mer. Plus près du bord des petites écailles toujours plus nombreuses et virevoltantes lancent des éclats argentés. Que bòu ! Quel bol ! quatre cents kilos !

Et quel déjeuner sur le sable avec les trois de Salles qui s’offrent le plaisir du dimanche matin sans les femmes ! La flambée de sarments, la sardine grillée à peine sortie de l’eau... Ne dites pas que j’en ai mangé cinquante-deux ! Les escargots je ne les ai pas comptés pas plus que les centimètres de saucisse fraîche ! Et il fallut faire honneur aux vins de buvette de chacun ! Vous êtes sûrs qu'avec les Sallois, c'était la guerre ?Appétit de jeunesse... mais rien pour souper ce jour-là... j'y repensais, la main tremblante à dessiner le chalet des Cabanes...  

(1) disions-nous en parlant du Cers, vent de couloir, donc suivant celui de l'Aude, plein Ouest. 

(2) sorte de pêche à la senne mais depuis la grève, appelée aussi « caluche » ou « petite traîne ». Frédéric Mistral note (Tresor dòu Felibrige / page 10309) « Bòu, vòu, bol s.m. Coup de filet, v. tra ; produit d’une pêche par bateau, v. pesco ; poste que doit occuper un pêcheur, pour ne point endommager les filets des autres, v. espaci, sort ; capture, prise, butin, v. caturo.
Tira lou bòu, lever le filet ; metre son bòu en terro, verser sa pêche sur le rivage ; s’enrichir ; faire bòu, faire bonne pêche ; faire un bòu blanc, ne rien prendre, faire fiasco ; croumpa lou bòu, acheter le jet du filet ; avé lou bòu, avoir le droit de pêcher ; prendre bòu, acquérir ce droit ; perdre lou bòu, cesser d’avoir le droit de pêcher dans tel ou tel endroit ; tèn soun bòu, il a fait son magot ; que bòu ! quelle capture ! ».

(3) 
... pas plus que l'emplacement du chalet je voulais dire, pardon... sur pilotis afin de parer aux coups de mer de la mauvaise saison... Étrange, cette absence de fenêtre...  


(4) bricole de corde terminée par un liège et fixée à une sangle d’épaule. Une paire de tours sur le cordage de halage suffit à s’atteler. 

mardi 5 novembre 2024

Un LANGUEDOC FLEUR d'AMANDIER. Présentation suite.

À l'occasion d'un concours littéraire, la présentation d'un projet en quatre volets, un par saison, SUD, C'EST ÇA ! pour l'hiver. Les amandiers en fleur, toujours fidèles, reviendront donner à réfléchir sur nos turpitudes.    

2 novembre Mot imposé du concours à intégrer : « cavalcade » 

Le massif de l'Espinouse, les Cévennes, qui, tout en haut de l'amphithéâtre languedocien surveillent toujours ce qui pourrait arriver de la mer même si force est de chercher une continuité aujourd'hui, entre la menace des Barbaresques d'antan, autrement sinistre qu'une cavalcade de la Mi-Carême, l'islamisme ambiant, l'afflux des migrants. 
Le mariage, par le passé longtemps « chambre à part » entre l'Homme et la mer, concernant les populations littorales éloignées par la malaria, la curiosité de l'ailleurs alors que la survie n'est plus en jeu ; lié à cette géographie du tendre, le souvenir respectueux des grands esprits marquant la culture de tous, celui des temps heureux d'une mer généreuse à l'infini, une poule aux œufs d'or tuée par une cupidité qui nous tuera à terme. Est-ce que le fric ça se mange ?.. 

Vendanges, alen- ou arencades à Majorque Creative Commons Attribution-Share Alike 4.0 International Author Friedrch Haag

3 novembre mot « emberlificoter » 

Dire que les maquereaux qui approchaient les côtes par bancs et que pêcheurs et mareyeurs, loin d'emberlificoter la ménagère, avaient du mal à écouler, au prix le plus bas, tout au long d'une ribambelle de villages à l'intérieur des terres, doivent mesurer 18 cm pour être prélevés, un coin de la nageoire caudale découpée, sous peine de contravention : taille minimale aussi pour les anchois, les sardines, ces poissons bleus qui apportaient un complément inestimable, de même que le thon rouge, assez fréquent dans nos assiettes alors... 2,5 cm pour la tenille  (telline, haricot de mer suivant l'endroit), les grosses de 4 cm étant rares, celles de 5 exceptionnelles, du moins au bord, pour une pêche de loisir tranquille, basique, sans combinaison isolante ; un coquillage si abondant alors, jusque les années 70, sans restrictions... Aujourd'hui, une grosse poignée suffirait, manière de marquer la saison, de ne pas oublier le goût unique de ce bivalve familier et de tous les souvenirs qui vont avec...