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dimanche 14 juin 2026

Yves BONI (1932-2026) SOUCIS et FATALISME...

Yves Boni des Cabanes-de-Fleury nous a quittés le 26 mai de cette année. En 2015, le hasard voulut notre rencontre et son souhait de partager, de nous éclairer sur ce que fut sa vie de pêcheur. En souvenir de lui, et d'autant plus que la mémoire, comme bien des choses et des êtres, est naturellement sujette à l'érosion, l'occasion nous est donnée de reprendre, précieux à plus d'un titre, les entretiens avec Yves, pêcheur du Golfe... oui, la majuscule pour celui, unique, le nôtre, du Lion...      

vendredi 11 septembre 2015

SOUCIS ET MALHEURS D’UN PÊCHEUR DU GOLFE (VIII) / Fleury d'Aude en Languedoc

« Et oui, tu vois, je faisais la traîne l’été et l’étang l’hiver, pratiquement la moitié de l’année pour chaque pêche...

— Le poisson se vendait bien ou sont-ce les mareyeurs qui en tiraient le plus grand profit ?

— Faut pas chercher à comprendre... les mareyeurs ils t’attendent... comme celui de la Nouvelle... Je lui demande s’il prend les crevettes, tu sais, les crevettes grises. Il me dit « écoute, si tu me les fais cuire, je te les prends ! » On était à la Nautique, on avait un baraquement  avec une gazinière et même, cuisinière à bois. Un jour, pour te dire, j’avais fait cuire quatre-vingts kilos, eh, de crevettes... Je les amène... Tu as vu les sous toi ? Je les attends encore...

— C’est un voleur alors ? 

— Oh, oh...

— On ne peut pas le dire comme ça ?

— Et non, et non... (Yves a du mal à dire du mal des autres même malhonnêtes...). Un drôle de lascar quand même ! Sûr qu’il les a vendues ! Et dire qu’il venait à Fleury...

— À Fleury ? Ah ! alors c'est le concernant alors que l’appariteur clamait « La sardine Tiaide (bien qu'en rapport avec ds Celsius, le nom a été changé) est sur la place ! » et qu’un ami de Trausse, Yves Lapeyre tiens, le même prénom que toi, de Trausse Minervois, avait bien fait rire mon père en s’étonnant « Es uno especialitad d’aici ? » (c'est une spécialité d'ici ?). 


Photo du tournage de Pêche au thon en Tunisie (1910) d'Albert Samama-Chikli. Au premier plan, on peut voir sa caméra. Domaine public.


— J’ai eu travaillé avec le père... lui était un gangster... « Tu peux venir avec moi ? » qu’il me dit un jour. Je devais avoir 14 ans ; il avait une espèce de camionnette ; on va à Palavas. A l’époque, je sais pas si tu en as entendu parler de ça, y avait la “seinchole” (1), au mois d’août... comme ça, les thons venaient au bord, les barques les encerclaient, ils prenaient parfois 30, 40 tonnes de thons !.. Eren partits amé Justin (on était partis avec Justin) et le temps que le type tournait le dos, il lui a piqué trois thons de 23-24 kilos comme ça, zaou, direct ! de par terre à la camionnette ! 


Vela_latina La Barque Yvonne de Palavas-les-Flots 2007 under the Creative Commons Attribution-Share Alike 2.0 Generic license. Author Juan Sol

— Tu sortais en mer aussi ? 

— Oui mais je suis resté au sardinao (2), on faisait le sardinao et le thon... Ton oncle, lui, était au lamparo...

— C’est vrai, il m’a eu donné du poisson quand on campait aux Cabanes, à quai, une fois, quand il rangeait et nettoyait encore à bord..., je me souviens, j'avais récupéré aussi un hippocampe séché sur le pont... 

— Enfin, laisse tomber Yves, songeur : c’est le pêcheur qui se la donne et toujours l’intermédiaire qui ramasse. » 

C’est vrai qu’entre la confiscation des ressources par les grosses unités prédatrices (chalutiers, thoniers) (3), la toute puissance des mareyeurs, sans parler de la pression des touristes rois, du bétonnage des côtes, des pollutions successives, des “ changements climatiques ”, et j’en passe, la grande majorité des petits métiers a logiquement disparu quand les pêcheurs comme Yves ont pris la retraite.

(1) certainement en rapport avec la seinche (Littré 1874), l’encerclement des thons à Palavas.
http://fpmm.net/wp-content/uploads/2014/09/FPMM-Palavas_specimen.pdf (page actuellement introuvable E 404... comme quoi la supériorité de l'informatique relève souvent de la théorie. 
Pour un ancien de Victor Hugo, comment ne pas penser à monsieur Sinsollier, surnommé “ Sinsolle ”, qui nous fit aimer l’Histoire (pour moi, plutôt la géographie). Et ne me dîtes pas que, contiguë aux anciens ateliers de mécanique encore marqués de cambouis où Salant et Guionie, les profs de gym, nous faisaient voltiger (enfin, il faut le dire vite...) sur les barres parallèles, la salle (qui fut aussi celle de la prof de musique), éclairée seulement par une verrière au plafond, ne laissait pas d’autre possibilité d’évasion... (je ne sais ce que ce paragraphe vient faire ici si ce n'est pour exprimer la considération, la reconnaissance gardée pour ces rares enseignants vous donnant la belle impulsion sur un futur positif... Monsieur Marcel Sinsollier (nous n'avions pas toujours accès au prénom de nos enseignants) 1932-2024, 83 ans du temps des confidences d'Yves Boni, mon pêcheur du Golfe...   

(2) nom du filet à sardines.

(3) quand je pense que les gros prennent impunément des dizaines de milliers de tonnes, notamment au large de la Libye, de la Somalie (une des causes de la piraterie fustigée par des pillards dont des FRançais, des Espagnols et d'autres ne valant finalement pas mieux...)... Yves, lui, a été contraint de brûler les barques construites de sa main ! L’égalité de traitement par l’administration ne vaut pas mieux qu’au siècle de Louis le quatorzième... “... Suivant que vous serez puissant ou misérable... ”, l'ordre des choses toujours entre hégémonistes et opprimés. Ou encore, concernant une modernité de toujours s'appelant “ corruption ”, la complicité des instances européennes... Un repenti de la pêche industrielle n’a-t-il pas déclaré : « Quant aux inspecteurs de la Cicta montés à bord, s'ils n'ont rien vu, c'est qu'un paquet de cigarettes suffit à les acheter. »
http://www.lepoint.fr/actu-science/thon-rouge-les-revelations-fracassantes-d-un-pecheur-repenti-09-11-2011-1394264_59.php (bien que qualifié de “ non sécurisé ”, le lien n'aboutit plus... merci la pérennité de l'informatique...

voir aussi http://www.midilibre.fr/2015/09/02/chalutiers-c-est-la-fin-de-l-hemorragie,1208127.php. Super, le Midi-Libre sauve l'honneur de l'informatique ! 


samedi 28 février 2026

Le bon bol de l'équipe à Robert (7.4)

Avec Robert Vié, la traîne entre le grau à sec de Pissevaches et les Cabanes-de-Fleury. 

C’est la mer, encore à la belle saison, mais quand le « vent du Nord » (1) rafraîchit l'atmosphère, qu'on met le pull le soir venu. Tous, le nez en l'air, à compter jusqu’à la septième étoile avant de poser et de remonter la traîne (2) dans l’obscurité qui monte et s’épaissit. Nuit sans lune, à la rude, à même le sable qui heureusement ne vole pas. Premières lueurs et on recommence, après le café, pour le ou les bols du matin, un coup de filet contournant, afin d'encercler le poisson... Plutôt que de faire penser à la courbe formée par les flotteurs laissés derrière la barque jusqu’à ce qu’elle revienne au bord, le mot ne s'apparente en rien à l'intérieur arrondi d'un bol : « Chaque mise à l’eau de la traîne avec retour à la plage est appelée un « bol » (le V se prononçant B en occitan, on pourrait traduire par « un vol » ou mieux « un envol » du filet.) » Guy SiéRien, cette fois là, un peu après le grau à sec de Pissevaches. 

Une autre fois, à potron-minet, sur la plage des Cabanes, il y a Émile, le voisin, Marcel mon beau-père, Robert et moi, prêts pour un premier bol (du latin bolus, coup de filet). Sauf que, pendant que nous patientons l'aube, derrière nous, sur le chemin des dunes, à la queue-leu-leu, une drôle de procession, comme ondulant entre les bunkers du Sudwall allemand, les tamaris, les oliviers de Bohème et les hampes joliment fleuries des yuccas... Mais qu’est-ce qu’ils foutent ces trois, si tôt le matin ? C’est étrange, d’autant plus louche qu’ils trimbalent quelque chose, le premier sur l’épaule, les autres à bout de bras... qu'est-ce qu'ils peuvent bien trafiquer ? 

Après les chalets jumeaux (3) ils descendent sur la plage. Le premier jette son fardeau sur le sable, les deux autres se libèrent aussi. L’un d’eux vient vers nous « Bonjour, on a la saucisse, les escargots... si ça vous dit, portez les sardines, à la bonne franquette ! ». Ses compères s’occupent déjà des victuailles, des bouteilles, du gril déjà sur la boufanelle (fagot de sarments) pour ne pas se coller de sable. 

Robert Vié ravaudant dans “ notre ” impasse. 

La mer frisotte encore fraîchement. L'aube s'annonce. Premier bol : rien. Le patron scrute, essayant de pénétrer le miroir des eaux peu engageantes. L'astre du jour est sur le point d'émerger. Deuxième essai : rien. Toujours pensif en regardant les flots, Robert annonce que ça vaut bien une troisième tentative. Jaune d'œuf (j'ai aimé l'expression de François Marty) le soleil salue la Terre. Dernier bol. A deux de chaque côté, filet vide ou filet plein, la traction semble toujours aussi lourde. On piétine en cadence, en arrière, balançant d’un pied sur l’autre, le talon bien enfoncé, le trajèl (4) sanglé sur l’épaule qui va le mieux, un peu comme des forçats à la chaîne ; celui qui arrive au bout se hâte d'aller reprendre, travail d'équipe oblige. Quand la poche se présente, un rond huileux, irisé de vert-marron-violet, gagne sur le bleu de la mer. Plus près du bord des petites écailles toujours plus nombreuses et virevoltantes lancent des éclats argentés. Que bòu ! Quel bol ! quatre cents kilos !

Et quel déjeuner sur le sable avec les trois de Salles qui s’offrent le plaisir du dimanche matin sans les femmes ! La flambée de sarments, la sardine grillée à peine sortie de l’eau... Ne dites pas que j’en ai mangé cinquante-deux ! Les escargots je ne les ai pas comptés pas plus que les centimètres de saucisse fraîche ! Et il fallut faire honneur aux vins de buvette de chacun ! Vous êtes sûrs qu'avec les Sallois, c'était la guerre ?Appétit de jeunesse... mais rien pour souper ce jour-là... j'y repensais, la main tremblante à dessiner le chalet des Cabanes...  

(1) disions-nous en parlant du Cers, vent de couloir, donc suivant celui de l'Aude, plein Ouest. 

(2) sorte de pêche à la senne mais depuis la grève, appelée aussi « caluche » ou « petite traîne ». Frédéric Mistral note (Tresor dòu Felibrige / page 10309) « Bòu, vòu, bol s.m. Coup de filet, v. tra ; produit d’une pêche par bateau, v. pesco ; poste que doit occuper un pêcheur, pour ne point endommager les filets des autres, v. espaci, sort ; capture, prise, butin, v. caturo.
Tira lou bòu, lever le filet ; metre son bòu en terro, verser sa pêche sur le rivage ; s’enrichir ; faire bòu, faire bonne pêche ; faire un bòu blanc, ne rien prendre, faire fiasco ; croumpa lou bòu, acheter le jet du filet ; avé lou bòu, avoir le droit de pêcher ; prendre bòu, acquérir ce droit ; perdre lou bòu, cesser d’avoir le droit de pêcher dans tel ou tel endroit ; tèn soun bòu, il a fait son magot ; que bòu ! quelle capture ! ».

(3) 
... pas plus que l'emplacement du chalet je voulais dire, pardon... sur pilotis afin de parer aux coups de mer de la mauvaise saison... Étrange, cette absence de fenêtre...  


(4) bricole de corde terminée par un liège et fixée à une sangle d’épaule. Une paire de tours sur le cordage de halage suffit à s’atteler. 

mercredi 18 février 2026

Aux Cabanes-de-Fleury, pêches au tramail et au trabac (5)

Suite au paragraphe de la pêche au globe, nous retrouvons Henri Bourjade lors de sa participation au numéro de la revue Folklore sur « La pêche sur le littoral audois ». 

« ...Armalhados. On désigne aussi ce filet sous le nom de tramail. En usage à Leucate de mars en août. Il est composé de trois nappes posées immédiatement l'une sur l'autre. Elles sont montées sur une ralingue commune. Les mailles sont de 13, 24 et 27 mm. Les entremailles sont bordées d'une lisière appelée sardon (Mlle NARBONNE). 

Sous le nom de “ piècos ” (ou “ piéços” ? JFD) M. BOURJADE décrit un filet analogue au tramail en usage aux Cabanes de Fleury : « La pièce est un filet rectangulaire de quelques mètres de hauteur, mais dont la longueur peut atteindre plusieurs centaines de mètres. Elle se compose de trois nappes superposées dont l'une, ou aumée à mailles d'environ 22 mm. est prise entre deux autres à mailles de 15 cm. entre lesquelles, le poisson passe facilement pour s'entortiller dans l'aumée. Il faut visiter la pièce chaque matin, car les crabes dévorent souvent le poisson prisonnier. La pièce se place de 3 à 800 m. du rivage, toujours parallèlement à lui. » 

Entrée “ tramail ” du Grand Larousse 1952.

Alors là ! faudrait un pescaire pour une explication supplémentaire ! Comment se prend le poisson ? Et les données du Grand Larousse, « tramail ou trémail » tant le texte que le dessin n'éclairent pas davantage : « Lorsque les poissons pénètrent à travers l'aumée, ils se débattent dans la flue qui forme la poche et les retient prisonniers »

Trabacou de la mar. Le trabacou de la mer est à peu près identique à celui de l'étang. On place ce filet au bord de la mer. La manche principale, la mèstro, est fixée vers la mer à un fèrre (ancre) relié par le tiro-vèni à cette manche; celui-ci est en communication avec le rivage par une corde que permet en cas de mauvais temps de ramener le filet au rivage. La paradière et les deux manches secondaires sont attachées par des cordes amarrées sur le rivage. Ce filet est utilisé de mars à juin. Il permet de capturer les lisses, les daurades, les raies, les rougets, les seiches. (VALS).  

Robert Vié en plein travail. 

Schéma approximatif du trabac à la mer... ajoutez flotteurs et plombs ainsi que lo ferre, l'ancre maintenant tendu l'engin de pêche... 

Robert travaillant, on dirait, à un trabac : accrochées à l'arrière, reconnaissables aux cerceaux de plastique (jadis de bois), les pantanes sont visibles... d'après François Marty, il faut au moins trois jours pour finir un tel piège.  

M. BOURJADE décrit ce même filet sous le nom de trabac, tel qu'il est en usage aux Cabanes de Fleury : le trabac se compose d'une nappe simple, longue d'une centaine de mètres; à une extrémité la poche vaste verveux muni de deux ailes. Il est placé perpendiculairement à la plage de mars à juin ; du côté du large la poche est fixée à un grapin, le tout est tendu de la rive; l'extrémité de la nappe doit toucher le solide façon à interdire le passage de ce côté. Le poisson qui longe la rive, en particulier la daurade, effrayé par le filet, se détourne parallèlement à lui et va se précipiter dans la poche, guidé en cela entre la nappe et l'une des d'eux ailes. Il faut visiter la poche chaque matin. (à suivre)


dimanche 7 septembre 2025

Lettre de Fleury 4 juillet 1998

« Nous voici à Fleury depuis quelques jours. Nous sommes arrivés de St-Pierre juste avant un de ces gros orages, rapides et brutaux dont le ciel nous gratifie parfois (les tuyaux de descente des chéneaux envoyaient l'eau des toits  jusqu'à un bon mètre dans les rues !). 

[...] Hier nous avons vu les deux beaux matchs des quarts de finale, mais il a manqué des buts, ceux-ci étant réservés à la seconde rencontre, où le Danemark a merveilleusement résisté aux Brésiliens, qui sont loin toutefois de leur solide réputation; Aujourd'hui nous avons droit aux deux autres quarts : Argentine-Pays-Bas et Allemagne-Croatie. Quand vous lirez ces lignes, vous saurez les résultats. 

[...] Un antiquaire de Castelnaudary vient de sonner, et il est reparti, bien gentil, sans emporter l'horloge comtoise que nous n'avons jamais possédée, ni les vieilles cartes postales conservées précieusement par ailleurs. 

Les grandes affiches viennent de faire peau neuve. En bleu sur fond blanc, je peux y lire FLEURY L'été s'anime ! 

FLEURY Samedi 4 juillet Soirée Jacques Brel Trio Vesoul-Amsterdam Place Jean Moulin 21 h. 
Sa 11 Orion danse Spectacle Pl J Moulin 21 h
Lundi 13 Retraite aux flambeaux Banda Louis Merlusous à 21 h et Bal avec Cocktail Music à 22 h Place du Ramonétage.  

SAINT-PIERRE Tous les jours “ Grand marché Typique ” centre ville de 7 à 13 heures
Ts les vendredis animation artisanale
Ts les lundis Pot d'accueil et présentation des produits du terroir avec la “ Banda Alegria ” ou “ Aval ta Soupe” à partir de 19 heures. 
Jeudi 2 Grande soirée disco avec Krypton Music
Lundi 6 concert Adac musique contemporaine Bd des Embruns
Mercredi 8 Bus Infos Jeunes de 14 h 30 à 18.30 Groupe jeffet Co rock Forum 21 h
Jeudi 9 Grande soirée disco avec Krypton Music
Samedi 11 Chantal Eden chanteuse guitariste Forum 21 h
Mercredi 15 K'Ala Marka, musique bolivienne Podium 21 h
Jeudi 16 Podium française des Jeux Place du Marché

Les Cabanes-de-Fleury 1973 Fête des Pêcheurs Le mât de beaupré. 

LES CABANES Les 1, 8, 14 Karaoké géant Fred Erikson Port ou Place des Pêcheurs à 21 h

Les-Cabanes-de-Fleury 1973 Fête des Pêcheurs Dépôt des gerbes en mer. 


Tous les jours tournoi de baby-foot gratuit Salle de Jeux
Samedi 4 Bal avec coktail's Music au Port
Dimanche 5  Fête des Pêcheurs : Jeux nautiques 15 h. BAL avec Cocktail's Music 22 h. 
Feu d'artifice 23 h au Port
Mardi 7 : BAL avec Cargo de Nuit Place des Pêcheurs
Jeudi 9 : JAZZ 1930 avec Santandréa Pl des P 21 h
Samedi 11 : LACROUX MUSETTE au Port 21 h. 
Mercredi 15 : BAL Disco Krypton Pl des P ou Port

Nous allons nous préparer pour repartir à la plage. Il fait très beau et le vent “ du Nord ” n'est pas trop fort. La température est très agréable, mais ce matin, quand j'ai lu mes dix pages des « Noces dans la maison » en compagnie des chiens, bien sages tous les deux au Jardin Public, il faisait frais et j'avais mis le blouson en guise de chemise. 

[...] Pour l'instant, au revoir, comme le disait Valéry le soir de sa défaite électorale , et à bientôt de vos bonnes nouvelles. 

Nous vous embrassons tous, et vous souhaitons une bonne fin de séjour (déjà...) mais les derniers jours ne sont-ils pas les meilleurs ? 

Papy  

vendredi 30 juillet 2021

QUAND NOUS PARTIONS PÊCHER A AUDE, A BICYCLETTE... (3)


 

Le but est de provoquer l’attaque du poisson herbivore plutôt omnivore à moins que ce ne soit pour l’énerver avec une escabène protidique poursuivant une proie... La logique nous fait dire le contraire mais c’est bien un ver qui poursuit la cuillère censée représenter le fretin. Entre nous, tant mieux si le peu que nous croyons savoir flotte entre ignorance, contradictions et auto-persuasion. Positiver par exemple à la vue d’un ventre qui se tourne et lance un reflet d’argent, en déduire mort et fort (1) que le poisson a faim et qu’il devrait être intéressé par l’appât jeté sous son museau. On pense aussi que les muges ne remontent la rivière qu’au fil de la saison. On pense vaguement quand le crin siffle et que le buldo plouffe au ras des canotes ou du tronc moussu immergé.

Mais tout reste tendu vers la proie à accrocher : les boucles du bas de ligne, le fil à la trajectoire courbe si le courant s’en mêle, le scion légèrement busqué, le crin entre chaque anneau, comme une corde de guitare, l’arceau de faction, tel un radar et au bout, sur la manivelle du moulinet, trois doigts prêts à ressentir le moindre à-coup prometteur. Au bout du bout, il faut le voir, lui, son pull «père Noël qui est une ordure», short «rugby-Platini», un brin «dragueur-tennis» (les baskets n’étaient pas tendance...), un peu «Aldo la classe» dans l’attitude, fente avant, pieds campés.

Et s’il dit «touche !», tous le fixent ; «touche» encore ; à la troisième, fil tendu, canne arquée, lui se cabre, desserre en urgence le frein et retient tant qu’il peut par peur de casser : le muge, très bagarreur, oppose son flanc à la traction ; jusqu’aux derniers coups de queue à l’approche des canotes, la lutte est âpre. En regard, le matériel est costaud : 30/100e pour la ligne, canne et moulinets moyens au moins... la finalité est de rapporter du poisson. Le pêcheur a demandé le salabre ; l’assistant doit en présenter l’ouverture par en dessous, sans plus bouger faute de provoquer une réaction ultime, malencontreuse ou providentielle suivant le point de vue du tenant ou du tenu. Attention de bien saisir la prise depuis la tête : la première nageoire dorsale porte quatre aiguillons épineux ! Sauf maladresse, le poisson retrouve l’eau mais dans un sac à patates, captif.

Vers midi, à vélo, en mobylette, les traqueurs de muges remontent au village. En même temps qu’eux, des solitaires tel ce père de famille nombreuse, le sac de jute dégoulinant d’eau sur son solex. Si les sardines et les maquereaux des Cabanes (2) sont alors aussi frais qu’abondants et abordables, les muges représentent une manne pour qui a bien des bouches à nourrir. Il se prépare bouilli, au four avec des rondelles de citron, à la braise de sarments. N’en déplaise aux difficiles, c’est un bon poisson ; certains le préfèrent au loup. (à suivre).

(1)  De l’occitan «fort e mort» ou «mort-à-fort» : opiniâtrement, obstinément (Trésor du Félibrige / Frédéric Mistral).

(2) On pourrait aussi citer le thon ou les anchois à conserver. 


samedi 17 octobre 2020

CÔTE INDIGO, nouvelle municipalité, nouveau slogan / Fleury-d'Aude en Languedoc




 
"Côte Indigo", pourquoi pas ?
 
Sur la vidéo de présentation, paysages du pays, gens de chez nous... sauf que la voix off n'est pas du pays, n'est pas de chez nous... C'est en totale contradiction avec la promo de la différence... Dommage que pour une voix in, Cabrel, pour l'accent et même l'occitan, ne soit pas Pérignanais (voir post antérieur)... 
 


Dommage parce que la vidéo que l'on doit à la nouvelle municipalité est très dense, très jolie...
 
"Par la dynamisation des outils de communication, le développement du numérique..." nous dit le site internet...
... sauf que le journal mensuel ne semble pas être disponible en ligne et qu'il faudrait se plier à toute une lourdeur plus que trinitaire pour le recevoir : télécharger, imprimer, signer, renvoyer... 
 
Où est le dynamisme prôné ? Pourquoi frustrer la diaspora et ceux qui sont attachés à notre coin en compliquant le lien au pays, en bridant la communication ? 
 
Dans l'acceptation du changement, sans passéisme sclérosé et dans l'attente de la deuxième vidéo et du journal, Fleury-d'Aude en Languedoc, communément vôtre.