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lundi 24 février 2025

LA CAMARGUE de FOLCO de BARONCELLI

Par bien des aspects, tant pour sa nature que pour sa culture, la Camargue doit sa notoriété à un être exceptionnel, Folco de Baroncelli.

Folco de Baroncelli-Javon (1869-1943), dit « le marquis », est le descendant d'une vieille famille florentine, en bute aux Médicis et réfugiée en Provence (XVème s.). 

Fervent adepte du provençal (publication en 1890 de « Babali, Nouvello prouvençalo », bilingue, 53 pages), il se lie avec Roumanille, Mistral et le Félibrige. 

Folco_de_Baroncelli-Javon photo offerte par des habitants des Saintes-Maries 2003 Auteur TONIOJF

Saintes_Maries_de_la_Mer_Manade_du_marquis_de_Baroncelli Scan de carte postale ancienne Domaine Public Auteur inconnu.

1895, il loue un mas aux Saintes-Maries en vue de monter une manade. Au bout de quelques années, refusant les croisements avec l'Espagne, il s'attelle à une sévère sélection des bêtes basée sur la forme des cornes tant pour les taureaux que les vaches. Lors des courses camarguaises, les succès de son taureau Prouvenço lui valent le surnom de « roi des cocardiers ». 

Bien que marquée à titre personnel par bien des épreuves, sa vie reste liée à un engagement aussi unique qu'exceptionnel en faveur de la Camargue.  

En 1907, une crue du Rhône noie une partie de sa manade, il ne peut plus assurer ses courses et doit vendre la demeure familiale au centre d'Avignon. 
À partir de 1930, alors qu'il atteint la soixantaine, ses finances se détériorent, il doit quitter le mas de l'Amarée ; les habitants des Saintes-Maries se cotisent alors pour lui offrir un terrain où il construira le mas du Simbèu (du taureau, lou bèu, meneur du troupeau), identique à celui qu'il louait. 
1935 : il tombe gravement malade. 
1936 : le décès de son épouse le marque. 
1943 : il est chassé par les Allemands qui occupent le mas (1942). 
15 décembre 1943 : il meurt dans la belle famille de sa fille, à Avignon.   
1944 : les Allemands détruisent le Mas du Simbèu à l'explosif.  

Dans un registre plus positif à entendre, notons la réussite du marquis en tant qu'éleveur détenteur, grâce aux taureaux (dont Set-Mouraou [ 1930] et Clan-Clan [1937] à quatre reprises de la Cocarde d'Or (Biou d'Or à partir de 1952). 
1905 : il fait connaissance de Buffalo Bill alors en tournée en Europe. 
1909 : il crée l'association « Naciou Gardiano » pour la défense et le maintien des traditions camarguaises. 
Avec ses gardians et ses bêtes il collabore au tournage de films, les westerns camarguais. 

Il a contribué au sauvetage de la Confrérie des Gardians (créée à Arles en 1512. 

Capelado_de_la_cocarde_d'or_2009 under the Creative Commons Attribution-Share Alike 3.0 Unported license Author Mikani

Le Grau_du_Roi_camarguaise avec le taureau Ullin 2017 under the Creative Commons Attribution-Share Alike 4.0 International license Auteur Hyppolyte de Saint-Rambert

Il a participé à l'organisation codifiée de la course camarguaise : 
* l'abrivado, l'arrivée du troupeau de taureaux encadré par les gardians. 
* la capelado sur l'ouverture de Carmen, avec des provençales en costumes traditionnels, avant le défilé des raseteurs tout de blanc vêtus. 
* quinze minutes au cours desquelles, à l'aide d'un crochet, le raset, il faut enlever des trophées attachés aux cornes du taureau (ruban de la cocarde, glands, ficelles), valant plus ou moins de points et comptant pour le championnat saisonnier. 
* la bandido, le départ du troupeau qui regagne son pâturage. (Depuis les années 70, abrivado et bandido se font en camion). 

Croix_camarguaise_(Notre-Dame_de_la_Garde_de_Marseille) 2019 under the Creative Commons Attribution-Share Alike 4.0 International license Auteur Arnaud 25

1926 : dans l'exaltation et la promotion de traditions qui se perdent, il a demandé que soit créée la croix camarguaise. 
1930 : il s'oppose au projet d'assèchement du Vaccarès et plaide pour la création d'une réserve permettant l'essor du tourisme.  
1935 : c’est encore lui qui fit accepter le pèlerinage gitan auprès de l’archevêque d’Aix (1935). 

Les_Saintes_Tombeau_du Simbèu 2020 under the Creative Commons Attribution-Share Alike 4.0 International license Auteur Finoskov

Manadier, plus gentilhomme-gardian qu'aristocrate désargenté, majoral du félibrige, écrivain, Folco de Baroncelli-Javon, lou marquès, a pesé pour la reconnaissance tant culturelle que naturelle de la Camargue. Ses cendres reposent dans un tombeau érigé sur les ruines du Mas du Simbèu.    

samedi 7 décembre 2024

PROVENCE DU RHÔNE (19) Frédéric Mistral.

Mas_du_Juge_à_Maillane 2011 under the Creative Commons Attribution 2.0 Generic license Auteur Renaud Camus. Dans la cour, est-ce la table en pierre sur laquelle le neveu de Mistral se serait tué (1862) ? 


Maillane, village typique du Midi, peut se visiter sur les traces de Frédéric Mistral : le Mas du Juge pour son enfance et sa jeunesse, la Maison du Lézard, jusqu'à son mariage, le mas revenant à son aîné suite au décès du père, sa villa qu'il construisit devant. À 46 ans il y emmena Marie-Louise-Aimée, fraîchement épousée.  

Museon_Frederi_Mistral_dans la villa de Mistral à_Maillane 2011 under the Creative Commons Attribution 2.0 Generic license. Auteur Renaur Camus.

Miréio, son long poème d'amour contrariée, paraît en 1859, Prix Nobel de Littérature en 1904, traduit en une quinzaine de langues dont le français par Mistral lui-même, offrit au Provençal une reconnaissance universelle. L'essentiel de ses efforts allait toujours dans ce sens avec la création du Félibrige à fins de faire renaître le Provençal (voir si nécessaire les articles précédents).  


Mistral a surtout travaillé près d'une dizaine d'années à son « Tresor dou Felibrige » (1878-1886), grand dictionnaire de la langue d'Oc comprenant l'essentiel des variantes locales déclinées avec auteurs, citations, dictons et proverbes. (Si souvent ouvert dans le cadre de cette quadrilogie...).  

Parmi ses autres œuvres, « Lou Pouèmo dou Rose » 1897, le poème du Rhône, des bateliers de Condrieu descendant jusqu'à la foire de Beaucaire ; une inspiration plus tard partagée par Bernard Clavel (1923-2010), avec « Pirates du Rhône » 1957, « Le Seigneur du Fleuve » 1972, « La Guinguette » 1997, « Brutus » 2001... 

Portrait Frédéric Mistral 1907 Source Les Prix Nobel Domaine public Auteur inconnu

À propos de « L'Arlésienne », on raconte que Mistral se serait fâché avec Daudet rendant publique la confidence du Maître de Maillane sur ce neveu suicidé d'amour au Mas du Juge (1862)... Méfions-nous des “ on raconte que...” et ce n'est pas la lecture du « Poète Mistral », dans « Les Lettres de mon Moulin » qui nous dévoilerait le moindre grain de sable enrayant leur amitié. Le portrait d'abord, plus qu'avenant 

«...sa rouge taillole catalane autour des reins, l'œil allumé, le feu de l'inspiration aux pommettes, superbe avec un bon sourire, élégant comme un pâtre grec... »,   

C'est la fête du village avec fifres et tambourins dans la rue, l'aubade au conseiller municipal, des bouteilles, des verres ; l'après-midi, la procession des saints de bois « dédorés », qu'accompagnent les confréries de pénitents blancs, bleus, gris, cagoulés, de filles voilées ; ensuite, bien qu'en hiver, les taureaux, les jeux sur l'aire puis, autour d'un grand feu devant le café de Zidore, une farandole devant durer tard dans la nuit. 
La « Lettre » de Daudet se termine par un hommage, l'image de ruines majestueuses sans toits ou pétassées en remises, basses-cours ou étables (comme après la révolution) et qu'un jour un fils de paysan est déterminé à restaurer « ... Ce fils de paysan, c'est Mistral. », ces ruines, la langue provençale. 

D'après « Le Poète Mistral », « Les Lettres de mon Moulin », recueil de 1869, Alphonse Daudet.   

samedi 26 octobre 2024

PROVENCE du RHÔNE (9) Pour solde de tous contes (2)...


Orange, outre sa renommée en tant que ville romaine (théâtre antique, arc de triomphe) est la ville de naissance de l'écrivain Jean Échenoz (1947-), du pianiste virtuose, Michel Petrucciani (1962-1999), aux mains légères hélas à cause de son handicap de naissance, dû à “ la maladie des os de verre ”.


Old_vines_in winter_in_Châteauneuf-du-Pape 2014 under the Creative Commons Attribution-Share Alike 4.0 International license. Author Treephoto

   

Châteauneuf-du-Pape. Début des années 60 ; suite au pique-nique au Pont-du-Gard, endimanchés parce qu'un match du Championnat de France nous a assigné un club du Comité des Alpes (comme souvent pour les premières rencontres éliminatoires), avec de la marge avant le coup d'envoi, c'est l'occasion, en passant, d'aller saluer un cousin de loin, vigneron aussi au milieu d'un plateau incroyable de galets roulés. Seulement en passant. Rien alors sinon la mention « du-Pape », récente relativement puisque rien qu'à penser à l'histoire de la mule datant alors de plus d'un demi-millénaire ; rien sur des racines aussi profondes que celles des ceps sur un matelas de caillasses bouléguées. Et pourtant, Anselme Mathieu né en 1828 à Châteauneuf-Carcenier, décédé en 1895 dans le même village devenu Châteauneuf-du-Pape, motivé par la langue, la poésie, sut mettre en bouteilles son vin jusque-là vendu en fûts (mais peut-être plus pour être arrangé, en Bourgogne. Mathieu, vigneron-poète, appartient au groupe des Félibres, promoteurs, sous l'impulsion de Frédéric Mistral, du renouveau de la langue occitane : toujours quelques rimes sur les étiquettes de ce « Vin di Felibre ». C'est donc à partir d'ici que, toujours depuis notre voie lactée, nous croisons, semblant la plus éloignée de la galaxie, la première planète d'un système d'une voie plus vaste, le Félibrige. Plus sur le plancher des Hommes, cette fois-là, transition entre notre garrigue sèche et ce Midi du Rhône, saluant du même côté, de beaux ensembles de narcisses non loin des poteaux de rugby...  

Narcissus 2012 under the Creative Commons Attribution-ShareAlike 2.0 license. Author Kenneth Allen


Robert_Sabatier 2006 under the Creative Commons Attribution-Share Alike 2.0 France license. Author Oscar J. Marianez

Le village de Saint-Didier, à six kilomètres au sud-est de Carpentras, a longuement accueilli un autre auteur attachant, au portrait (je parle d'apparence, de photos) avant 2010 si proche de celui de Gallo, Robert Sabatier (1923-2012), Parisien pur jus mais avec toujours un accent du Sud, celui de Saugues (Haute-Loire) où il passait ses vacances auprès du grand-père Auguste, maréchal-ferrant ; dans les huit volumes du Roman d'Olivier (1), le troisième, Les Noisettes Sauvages (1974), parle de Saugues, du pépé, de la mémé, de l'oncle Victor, d'une communauté de petites gens à la campagne laissés pour compte dans la marche du monde... Une Provence rhodanienne (mais on peut en penser autant, bien qu'en plus dispersé, de tout un Sud désirable), plébiscitée par nombre d'artistes, de comédiens, de chanteurs... d'écrivains revenus, sinon venus d'autres horizons. 

Portrait_de_Picasso,_1908 Domaine public source Photo (C) RMN-Grand Palais Auteur anonyme


Un paragraphe de Sorgues nous parle d'un peintre au génie toujours prégnant, Pablo Picasso (1881-1973) ; en 1912, il y réside avec Eva Gouel (1885-1915, cancer). Sur un mur de la ville, il lui dédie « Ma Jolie », un tableau cubiste, ovale mais enlevé au public le jour où un marchand d'art fit enlever le revêtement mural. Le tableau (plutôt rectangulaire...) se trouve au Moma New-York. 

Le Pontet ; Théodore Aubanel (1829-1886) passe ses étés au mas du Grand Grangier appartenant à sa mère. 

Partager le Voyage: Teodor AUBANÈU, pas froid aux yeux et la main chaude (I)... 

Partager le Voyage: Teodor AUBANÈU, pas froid aux yeux et la main chaude (fin)...

Alors qu'il s'est lancé dans bien des évocations jusqu'à charnelles dans La Miougrano Entreduberto, la Grenade Entrouverte, que n'a-t-il pas su exprimer et partager le temps de l'amour, avec Zani, partie hélas en religion ? Les traditionnalistes, par contre, bien que prêtant d'autres intentions, ont tôt fait d'assimiler les mille graines rouge sang sous une même couverture aux mille filles que l'ogre du Petit Poucet va égorger par erreur. (à suivre).  

(1) c'est à Saint-Didier que Sabatier a écrit Les Fillettes Chantantes, sur l'adolescence d'Olivier. (1974 Albin Michel, 1985 Le Livre de Poche).  

Teodor_Aubanel Domaine public Auteur inconnu

mercredi 16 octobre 2024

PROVENCE RHODANIENNE (8) Pour solde de tous contes (1)...

Un huitième volet pour constater que les sept précédents auraient tout dit ? Serait-ce, au contraire, conclure avec des résidus sinon garder le meilleur pour la fin ? Il est vrai qu'après la géographie, l'Histoire, le Mistral, la mythologie, la religion, le roman, le gothique, les moutons, ânes, chevaux, les mules, malgré une présence plus marquée de Bosco et surtout de Daudet, c'est à peine si nous avons abordé le monde de la création, de l'art, l'unique dimension permettant de se dépasser, d'exalter l'homme jusqu'à un « H » majuscule si improbable tant sa nature profonde est vile... 

Alphonse_Daudet Domaine public Auteur Étienne Carjat (1828-1906)

Alors oui pour un huitième volet. Et puisque avec Robert Miras et Hugues Aufray, nous avons évoqué la chanson, (rabaissée au niveau de chansonnette par des débineurs élitistes agacés, fermons la parenthèse), comme nous avions relevé le petit cabanon ou l'adieu à la « Venise Provençale », 1934, de Vincent Scotto (1874-1952), « Magali », 1962, de Robert Nyel (1930-2016), avec le refrain en provençal « ... L’amour que pourra pas se taïre, e ne jamaï se repaua, Magali... ». Quelles paroles ensoleillées encore ? Qui encore ? Et qui aidera à étoffer le peu me venant à l'idée ? 
Gilbert_Bécaud_in_Rome 1972 Domaine public Auteur inconnu.

D'une manière générale, Mireille Mathieu (1946), Michèle Torr (1947), plus subjectivement, « Les Marchés de Provence », 1957, de Gilbert Bécaud (1927-2001) et Michel Sardou (1947) au moins pour « Je viens du Sud » 1981 (si bien reprise par Chimène Badi). 

Pour le reste, terme si euphémistique pour désigner les artistes, surtout en lettres, qui ont marqué de leur présence cette Provence du Rhône, de naissance et de vie sinon par choix personnel, pardon pour de si maigres ressources, déficientes, si subjectives, loin d'être exhaustives, là seulement manière de dédouaner, devant suivre un fil conducteur, faire illusion. 

Considérant en gros le Comtat depuis les enclaves aujourd'hui dans la Drôme, d'abord, proche de Valréas, le village de Grignan, à cause de la comtesse éponyme (1646-1705), restée dans les mémoires pour les centaines de lettres adressées par sa mère, Madame de Sévigné, la marquise (1626-1696) (Mère et fille décédèrent toutes deux à Grignan) ; une correspondance d'une rare modernité, ouverte sur le siècle du Roi Soleil. 

Max_Gallo salon du livre Paris 14_mars_2009 under the Creative Commons Attribution-Share Alike 4.0 International, 3.0 Unported, 2.5 Generic, 2.0 Generic and 1.0 Generic license. Auteur ΛΦΠ

Max Gallo (1932-2017), atteint par la maladie de Parkinson, meurt à Vaison-la-Romaine. Sa vie, sa trajectoire peuvent se comparer à ce que la France a vécu. De parents pauvres immigrés du Piémont, à force de volonté, il illustre un ascenseur social qui ne progresse dans les étages qu'à condition de tirer soi-même sur la corde. Titulaire d'un CAP de mécanicien-ajusteur, il est passé au doctorat et à l'agrégation d'Histoire. Politiquement, suite à un moment communiste, il se révèle jusque dans les hautes sphères socialistes, auprès de Chevènement, de Mitterand, pour, finalement, soutenir Sarkozy en 2007... un passage peut-être sinon effectif entre les illusions de gauche et une réalité restée droitière... De l'auteur prolifique de plus d'une centaine d'ouvrages, romans, suites historiques, de l'académicien, je retiens le « vivre au pays », qui, dit-on, depuis le lycée où il était maître-auxiliaire, le faisait partir aux vacances pour une longue diagonale à destination de Nice, en vespa ! Et son séjour à Vaison, sa tombe à Spéracèdes auprès de ses parents, n'ouvrent-ils pas sur un questionnement à propos du Midi dans ses versions azuréenne sinon rhodanienne ? (à suivre)

dimanche 6 octobre 2024

PROVENCE RHODANIENNE (3), MONUMENTS et HISTOIRE...

Après la menace de Carthage, suite aux victoires et conquêtes de Rome sur plus de 500 ans, les villes de Nîmes, d'Arles connaissent leurs apogées.  Si les comptoirs maritimes sont le fait des Grecs, si les Ligures ont aménagé des oppida, si les Celtes se sont installés, si les Barbares ont laissé la désolation (1), les Arabes, sur fond de confrontation religieuse, restent dans les mémoires pour leurs razzias jusqu'en France profonde (Autun), leur installation afin de faire de la mer Méditerranée une “ mare mauri “, une mer des Maures musulmane (installation jusqu'en 973) (2). Politiquement, en 1034, toute une bande Est du royaume de France est dans le Saint-Empire-Romain-Germanique. Et encore, pour les historiens et ceux qui s'entichent de cette matière, citons encore les Comtés d'Arles, de Provence, de Forcalquier, le Marquisat de Provence depuis Orange et presque jusqu'au cours de l'Isère au nord. Prolongeons avec le Comtat Venaissin jusqu'à la réunion à la France, la Révolution, jusqu'à la libération de l'occupation allemande... 

Pont_du_Gard  under the Creative Commons Attribution-Share Alike 3.0 Unported license. Author en LEU SONG (Flickr).

Concernant les monuments qui jalonnent cette Histoire, une synthèse schématique se présente d'autant plus simplement.
Les Romains avec les maisons, (marbres, mosaïques, fresques, statues... ), les riches villae au luxe plus encore exposé, régissant un domaine ; les tombes ; les monuments publics, eux, illustrent le faste de cette civilisation marquant notre Histoire : forums, arènes, temples, arcs de triomphe (municipaux plutôt), théâtres antiques, mausolées... aqueducs (Nîmes, Pont du Gard, Arles, Orange). 

Saint-Trophime_(Arles) 2008 under the Creative Commons Attribution-Share Alike 4.0 International license. Author Gzen92

L'art roman provençal (XIIe s.) marque un sursaut après des siècles de troubles (invasions barbares). Inspirées des basiliques romaines, des églises carolingiennes, les églises, fortifiées parfois (Les-Saintes-Maries-de-la-Mer), les cathédrales objets de pèlerinages autour de reliques : église et cloître Saint-Trophime à Arles, église de Saint-Gilles (portails), anciennes cathédrales d'Orange, de Vaison et de la Major à Marseille, cathédrale Notre-Dame-des-Doms à Avignon, abbayes de la même époque (Sénanque, Sylvacane). 

Carpentras Saint-Siffrein Façade 2010 Domaine public Auteur Véronique PAGNIER

L'art gothique, bien qu'austère et encore “ roman ” en Provence marque une période d'élan vers la lumière, vers le ciel où Dieu veille... l'ancienne cathédrale Saint-Siffrein de Carpentras, l'église Saint-Pierre d'Avignon en témoignent ; de même, les papes et cardinaux du Comtat font appel à des architectes et artistes (fresques) de France, d'Italie, de Flandre, d'Allemagne, Avignon est alors le centre de cet art. 

Au XVIe siècle, bien qu'ouvrant vers la France entière le courant renaissance venu d'Italie, la Provence reste avant tout liée au gothique. 

Aux XVIIe et XVIIIe siècles, les hôtels particuliers des nobles en ville illustrent leurs réussites économiques (Aix-en-Provence, Avignon...). 

(1) Plateau des Antiques, ruines de Glanum.  


vendredi 4 octobre 2024

PROVENCE RHODANIENNE (2). Climat, paysage, mythologie et autres...

Deuxième paquet, le climatique. En premier lieu, le Mistral, lou manjo fango, maître vent, de couloir, catabatique un peu, si fort, qui dessèche si vite mais à qui nous devons un air sain, limpide, à l'origine d'une lumière unique, à part : les couleurs de Paul Cézanne, de Vincent Van Gogh en témoignent à jamais. D'un extrême à l'autre, presque à contresens, nous passons à la douceur rafraîchissante des airs marins l'été. 

Episode_cévenol ou méditerranéen 2014 under the Creative Commons Attribution-Share Alike 4.0 International license. Auteur Babsy

Quant aux vents qui accompagnent les dépressions mères des épisodes cévenols, s'ils viennent du large, ils s'enroulent finalement  en spirale, en volute, en crosse d'évêque que les reliefs arrêtent. 

Paysage de la_Crau (haies au fond) 2008 under the Creative Commons Attribution-Share Alike 2.0 Generic license. Auteur yves Tennevin from La Garde, France


À évoquer le maître vent, un mot sur les formations végétales : les cyprès (1), isolés ou souvent alignés pour protéger des souffles puissants, desséchants ou exhausteurs du froid que le Mistral porte. Les chênes-verts, les pins d'Alep ou parasol, les arbousiers, les oliviers, comptent également dans les sempervirens. 
Parmi les arbres à feuilles caduques, plantés pour l'ombre voire l'industrie du bois, les micocouliers et platanes. 
Entre les deux, afin de désigner les arbres dont les feuilles ne tombent que très tard, parfois aux portes du printemps, et seulement parce que l'adjectif intrigue et pose problème en orthographe, on peut dire “ marcescent ” pour le chêne pubescent, dit “ blanc ” en Provence... mais le même peut être dit “ noir ” en Périgord... peut-être parce qu'il est truffier ici ou là-bas truffier... 

La mythologie ? une prémisse de réponse au sempiternel questionnement sur notre réalité ici-bas. Jupiter lance les cailloux de la Crau sur les ennemis d'Hercule, le fils, traversant la Provence après avoir ouvert les Alpes. Le christianisme prend le relais en faisant échouer la barque des trois saintes, les Marie Jacobé, Salomé, Madeleine ; une barque déjà pleine de migrants, basse sur l'eau ; en débarquent aussi Marthe qui libèrera les Tarasconais de la monstrueuse Tarasque, les propagateurs Maximin et Lazare, Jacques dit “ le Majeur ”, Jean, Sidoine, les servantes Sara et Marcelle... Entre paganisme et christianisme, des histoires sans queues ni têtes, de dragons multiformes comme la Tarasque ours bœuf, tortue, crocodile, tête de lion aux oreilles de cheval et visage de vieillard... entre nous quel pastis lorsque ces légendes “ dorées ” font état de soixante-douze et non des douze apôtres classiques. 

Illustration Les_trois_Messes_Basses 1886 dans La Belle Nivernaise d'Alphonse Daudet Domaine public.  Auteur Louis Montégut 1855-1906


Lié à la mythologie, le religieux, les papes du Comtat Venaissin et surtout, à travers les auteurs dont Daudet avec les « Trois Messes Basses », une Lettre de son Moulin qui chaque année enchante mon Noël d'abord pour la neige que nous ne cessons de rêver, en notre Bas-Languedoc, ensuite pour le magnifique menu de réveillon : 

« Deux dindes truffées, Garrigou ? »
Et l'Élixir du Révérend Père Gaucher ?  

Le divinatoire avec les Prophéties de Nostradamus... Excusez-moi, Monsieur, je n'ai pas étudié cette leçon... 

Le pastoral avec les moutons, les transhumances et ses petits ânes gris si attachants. 

Les monuments romains, l'art roman provençal, les églises fortifiées jalonnent un poids de l'Histoire pas encore abordé. Sur plus de 500 ans, suite aux victoires et conquêtes de Rome, les villes de Nîmes, d'Arles connaissent leurs apogées... Certes, il est instructif de se faire une idée, serait-elle globale, de tout ce patrimoine historique, pourtant, c'est un attachement plus attentionné et intime, rappelant pour qui le souhaite Joachim du Bellay, qui nous lie à une belle mais humble statue du cheval de trait à Mollégès, à l'ouest des Bouches-du-Rhône, vers le grand fleuve... 

“ Plus mon petit Midi que le monde romain... ” (à suivre)  

Cyprès cimetière Fleury

(1) N'incitent-ils pas à se recueillir, ces hospitaliers du vieux cimetière  ? À Fleury, l'alignement des cyprès du parking de la Salle des Fêtes est mis à mal, ce n'est pas une critique, seulement un constat et sûrement la nostalgie d'une époque où, sans jouer à Tarzan, de bout en bout, nous passions de l'un à l'autre sans mettre pied à terre. 

samedi 28 septembre 2024

PROVENCE RHODANIENNE...

 Avec un clin d'œil à René, Robert, cadets de Ginette, aînés de Jacqueline, puisque leur nom est lié au village du raphia autour d'un fromage de chèvre dans une feuille de châtaignier... sans oublier Francis, le poids-lourd sympa installé dans cette plaine qui me fait tant parler... 

S'il est un lieu de convergence de flux aussi puissants que divers, physiques, géographiques, climatiques, mythologiques, historiques, divinatoires, religieux, culturels, intellectuels, pastoraux, ruraux, c'est bien ce coin que l'appellation « Provence Rhodanienne » essaie de délimiter. 
Dans cette idée de circonscrire, d'y poser sa grille de lecture afin d'en dénicher le fil conducteur, à peine ressent-on le sentiment de mal étreindre que de ces flux, les ricochets débordent plus fort et plus loin encore, sans compter, toute modestie bue, le grain de sel que nous ne pouvons empêcher d'ajouter. Du calme... Soljenitsyne ne disposait-il pas des dizaines de paquets de fiches sur une grande table et autres plans de travail contigus avant d'en réunir le nécessaire sur le petit bureau où le chapitre se construirait ? (encore une fois... en toute modestie...). 
Considérons d'abord que le petit nombre de ces paquets, une petite dizaine seulement semble-t-il, devrait rassurer. Les deux premiers, déjà, n'en feront qu'un, pour la géographie physique. 

Mont Ventoux depuis Bédoin 2014 under the Creative Commons Attribution-Share Alike 3.0 Unported license. Author BlueBreezeWiki

Le Rhône à Avignon 2011  under the Creative Commons Attribution-Share Alike 4.0 International license. Author Txllxt Txllxt


Un pays que couronne le Ventoux, le Mont Ventoux, le “ Mont Chauve ” plutôt “ Géant de Provence ”, statique mais en apparence seulement. Un pays que limite le fort débit du fleuve, le Rhône, l'infatigable travailleur, créateur, entre terre et eau, du delta magique. La Durance il faut lui adjoindre, qui dans sa joute œdipienne lui tient tête, avec le dur, sec et pelé de la Crau en réponse au mou, mouillé et touffu de la Camargue. Et puis n'a-t-elle pas bousculé le grand fleuve au point de le pousser dans la faille de Nîmes et vers les étangs de Montpellier ? 

Fontaine-de-Vaucluse 2022 under the Creative Commons Attribution-Share Alike 4.0 International license. Auteur Mathieu BROSSAIS

Banon 2009 under the Creative Commons Attribution-Share Alike 3.0 Unported license. Auteur Jean-Marc Rosier  httpwww.cjrosier.com + httpwww.gordes-immobilier.com

Le relief encore, impliqué dans les apports liquides puisqu'une bonne part de ce qui s'infiltre sur le Plateau de Saint-Christol-Albion jusqu'à la Montagne de Lure exsurge à la Fontaine-de-Vaucluse, la vallée fermée. 
Relief toujours avec un arrière pays modeste, lui, dans sa quiétude, évoqué dans « La Femme du Boulanger », la mention de la diligence de Banon, pays de truffes et de lavandin, des vers à soie jadis et aussi, aujourd'hui, d'un fromage de chèvre dans une feuille de châtaignier. 
Un mot seulement pour le Luberon, parce que cher à Henri Bosco (son père y est enterré) (1), sinon dénaturé par l'indécence des parvenus du plein-la-vue. 
Et encore les Alpilles, la Montagnette itou, en tant que petits reliefs mais si riches culturellement. 
Enfin la plaine qui a vu passer des peuples, des armées, carrefour nord-sud et est-ouest, d'une fertilité renommée. (à suivre). 

(1) correction : le père d'Henri Bosco qui a longtemps vécu à Lourmarin est enterré à Marseille (21 février 2025).  
Fromage de Banon 2015 under the Creative Commons Attribution-Share Alike 3.0 Unported license. Author Coyau




vendredi 27 septembre 2024

Par la DURANCE vers l'ITALIE... (1)

1. Hannibal, le Rhône, les Alpes, Gaulois, Romains... 

Punique, la deuxième, cette énième guerre... Rome, Rome, Rome : sur les bancs du collège, seule Rome a droit de cité, d'être citée ; Carthage ne doit d'être mentionnée qu'en tant que puissance vaincue et détruite. « Delenda est Carthago », pour le plaisir rhétorique des racines latines, la formule scandée par Caton l'Ancien, au début sinon à la fin de ses discours, quels qu'en fussent les sujets : Carthage devait être détruite... Si Hannibal n'avait pas remonté les côtes ibériques puis le littoral du Golfe du Lion pour porter la guerre en Italie, le renom de ce célèbre général, relevé par ses éléphants, n'aurait jamais éclairé la destinée de Carthage. Mais pour aller au devant des Romains, trois barrières forment obstacle : un fleuve, le Rhône, des montagnes, les Alpes, et les Romains, débarqués à Marseille, qui ferment la route côtière, soutenus, sur le fleuve, par des tribus gauloises.  


Hannibal's_army_crossing_the_Rhone 1878 Domaine public Auteur Henri Motte (1846-1922).

Pour passer le Rhône, il y a le débit du fleuve mais aussi, de l'autre côté, ces tribus gauloises alliées aux Romains, qui défendent la rive. La configuration du lit et des îles ne pouvant être celle de 2250 ans en arrière, il est admis que, suite au passage préalable de Hannon, un des commandants d'Hannibal (chargé de redescendre attaquer l'ennemi sur l'autre rive), la traversée fut possible entre les confluences avec l'Ardèche au nord et la Durance au sud, en gros, entre Pont-Saint-Esprit et Avignon. 

Vue_sommets_Alpes 2017 under the Creative Commons Attribution-Share Alike 4.0 International license. Auteur Chabe01

Quant au passage des Alpes, autant l'empreinte laissée par Hannibal et ses éléphants reste forte dans les esprits, autant le mystère demeure concernant l'itinéraire et le passage d'un col donnant sur la Gaule Cisalpine, la plaine du Pô habitée par des Celtes, des Gaulois... l'Italie n'était pas si romaine encore que cela... 

L'Occitanie, les rivières qui vont vers le fleuve et la Méditerranée, les flux de tant d'écrivains provençaux, l'Histoire que parasitent sensations et souvenirs personnels, ouvrent le champ des possibles pour cette part du Midi, du Sud, faisant passer du climat des cigales aux eaux vives et aux neiges des montagnes. La grande aventure du train y prend aussi sa part, notamment grâce à ce magnifique auteur qu'est Henri Vincenot (1912-1985), bourguignon, pas occitan pour vingt sous sans que cela accrochât quelque part, au contraire... Les personnages emblématiques sont universels, sont à tout le monde, surtout parce qu'ils s'ouvrent aux autres, sans distinction, ce qui ne peut que valider l'ouverture en grand, à l'opposé d'un repli sur soi mortifère ou consistant à tout ramener à soi (Paris, si tu nous lis...). À force de pression, nous en sommes arrivés à ingérer des propositions lapidaires de « France périphérique », de « diagonale du vide », pire, de « “ désert ” français » ! Nos chers professeurs de géographie auraient-ils contribué à imposer ces décrets laconiques (à corps défendant, j'espère), sans contrebalancer, avec l'évocation des petites villes, de tous ces foyers si nombreux de vie sociale, artistique, intellectuelle, de culture populaire, ces partis pris restent banals et boiteux ? À nous de ne pas rabâcher tels des zombies !  (à suivre). 

dimanche 29 octobre 2023

Encore DAUDET Alphonse... sur la Camargue, pour toujours.

Qui essaie de cultiver un art se nourrit de tout ce qui s'est fait avant lui comme un arbre se nourrit des couches de feuilles mortes des saisons passées sans lesquelles il lui serait impossible de pousser...

Arles 2016 Creative Commons Attribution-Share Alike 4.0 International Author Chensiyuan

Arles est à l’entrée du delta, sur le bras principal du fleuve alors que le Petit Rhône, lui, en amont de la ville, est déjà parti divaguer vers l’ouest, vers Saint-Gilles. Dans sa  lettre ” « En Camargue », Alphonse Daudet nous livre quelques impressions liées au delta d’un temps où le vapeur assurait le service dès le matin :

«... Avec la triple vitesse du Rhône, de l’hélice, du mistral, les deux rivages se déroulent. d’un côté c’est la Crau, une plaine aride, pierreuse. de l’autre, la Camargue, plus verte, qui prolonge jusqu’à la mer son herbe courte et ses marais pleins de roseaux... /... 

Camargue 2017 Creative Commons Attribution 2.0 Generic Author Jac. Janssen from Baarlo lb. NL


Saladelles de l'Étang de Vendres parfois appelées « vendangeuses », 2016

Les terres cultivées dépassées, nous voici en pleine Camargue sauvage. À perte de vue, parmi les pâturages, des marais, des roubines, luisent dans les salicornes. Des bouquets de tamaris et de roseaux font des îlots comme sur un mer calme. pas d'arbres hauts. L'aspect uni, immense, de la plaine, n'est pas troublé... /... Comme de la mer unie malgré ses vagues, il se dégage de cette plaine un sentiment de solitude, d'immensité, accru encore par le mistral qui souffle sans relâche, sans obstacle, et qui, de son haleine puissante, semble aplanir, agrandir le paysage. Tout se courbe devant lui. Les moindres arbustes gardent l'empreinte de son passage, en restent tordus, couchés vers le sud dans l'attitude d'une fuite perpétuelle... »

Et sur le Vaccarès, l’étang le plus grand et le plus emblématique de la Camargue :

«... le Vaccarès, sur son rivage un peu haut, tout vert d’herbe fine, veloutée, étale une flore originale et charmante : des centaurées, des trèfles d’eau, des gentianes, et ces jolies saladelles bleues en hiver, rouges en été, qui transforment leur couleur au changement d’atmosphère, et dans une floraison ininterrompue marquent les saisons de leurs tons divers... »  

Étang_de_Vaccarès martelhières 1964 Creative Commons Attribution 2.0 Generic Author Dr Mary Gillham Archive Project

Va pour les centaurées, les gentianes maritimes mais pour les saladelles, monsieur Daudet, vos détails ne peuvent que laisser interdit un natif du delta (serait-ce celui de l’Aude) : même pour la variante audoise de la saladelle (limonium narbonense) la couleur varie du bleu au mauve pour une floraison en fin d’été ! Alors seuls des Parisiens peuvent se pâmer en imaginant des saladelles rouges, en été qui plus est ! 

S’il s’agit peut-être d’une confusion avec les salicornes qui rougissent mais en hiver, ce qui est sûr est qu’Alphonse Daudet, aspiré par la capitale (nous parlions de Pergaud, dernièrement, monté lui aussi à Paris), ne peut éviter l’écueil du détail inexact !
S’il a su parler néanmoins de Nîmes, de la Provence rhodanienne, parce qu’il y a passé les neuf premières années de sa vie (et peut-être trois ans comme répétiteur au collège d’Alès après la ruine de son père alors que la famille était installée à Lyon), il n’est plus du Midi... les dernières lignes des Lettres de mon Moulin en attestent :

«... Et moi, couché dans l’herbe, malade de nostalgie, je crois voir, au bruit du tambour qui s’éloigne, tout mon Paris défiler entre les pins...
Ah ! Paris... Paris !... Toujours Paris ! »

Si l’erreur est humaine, perseverare diabolicum se doit-on d’ajouter même si, pour tout ce qu’il a su offrir de beau, notamment dans ces Lettres de mon Moulin, on ne peut que pardonner. Vivre c'est aimer. Merci, monsieur Daudet !