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samedi 13 septembre 2014

Fleury sur le Golfe du Lion / CLOVISSES OU PALOURDES ? QUELLE AFFAIRE ! (3).

Et ce ne sont pas les dictionnaires qui nous feront progresser. Le Larousse indique « nom méditerranéen de la palourde », Hachette donne nos coquillages comme synonymes et seul le Quillet mentionne à l’entrée clovisse : « du provençal "clauvisso", coquillage bivalve comestible ». Sur le Quid, si précieux à l’âge "préinternet", la clovisse et la palourde sont classées, mais séparément, dans les lamellibranches ou bivalves. Quant au dico de l’Académie Française, rien d’immortel avec : « appellation méridionale de la palourde » (1986) (cette année, ils en seraient à la lettre « R »). Wikipedia déçoit aussi : « Le nom de la palourde en Provence est la clovisse » (si quelqu’un a le courage d’aller corriger...). Un clic de plus et le lexique provençal de Marius dans lequel, entre parenthèses, ne figure pas le mot carabène que j’aime tant, livre : « coquillage comestible voisin de la palourde de l’océan »... Et pourquoi pas de la Grande Bleue ? Autant ne pas s’égarer sur la piste des définitions.
En mot-clé, « clovisse » nous mène vers quelques centaines de sites et si l’impatience ne nous fait pas abandonner à la deuxième page, quelques portes viennent encore stimuler et nos neurones et nos papilles :

http://saveurs-de-montpellier.jimdo.com/2008/10/17/faire-le-march%C3%A9-%C3%A0-montpellier
(Si agréable à lire que je cite in extenso)
« Aujourd'hui je voulais cuisiner des"clovisses aux épinards" ; une des recettes de Montpellier. C'est au marché dit du "bas" (halles Laissac) que se trouve la meilleure adresse "le Grand Bleu" pêcheur producteur de coquillages.
La patronne est d'ailleurs très sympathique.
Aujourd'hui, pas de clovisses ! On m'explique qu'on n'en trouve pratiquement plus dans nos étangs. L'augmentation de la salinité, de la température de l'eau et ce maudit réchauffement climatique ainsi que - sans doute - la pollution, sont les causes de ce tarissement, en passe de mettre fin à cette fameuse recette.La meilleure saison pour en trouver est de mai à octobre.
La marchande me propose des palourdes pour les remplacer. C'est sûr, c'est encore meilleur. Mais le prix est aussi le double, voire le triple suivant la grosseur de ces belles striées, aux couleurs chamarrées.
J'avais tellement l'eau à la bouche que j'ai pris mes palourdes ».  



                     Palourde / photo autorisée... merci wikipedia !
 
Ainsi, si les clovisses n’y sont plus, elles se trouvaient néanmoins dans les étangs proches de Montpellier. Un article de La Dépêche, en date du 6 juillet 2013, sur une marchande de coquillages de Mèze qui va vendre loin, à Castres,  confirme pour les huîtres dont la consommation s’est démocratisée, et à propos des clovisses disparues :

http://www.ladepeche.fr/article/2013/07/06/1666263-castres-depuis-50-ans-vient-marche-vendre-huitres.html
« ... Il est bien loin le temps où Michel Jacquet, l’époux d’Yvette, pêchait la clovisse, un fruit de mer aujourd’hui disparu, pour revendre sa récolte sauvage localement...»

Néanmoins, notre clovisse a bien existé et ne procède pas d’une vue de l’esprit. Comment se fait-il, alors, qu’on la confonde si souvent avec la palourde ? Ou n’est-elle qu’une variété moins chère du fait de son abondance ?