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mardi 10 février 2026

Lettres de Fleury (4)

 Dimanche 30 octobre 1994. 

«... Je suis ravi que La Fontaine ait encore beaucoup de succès auprès de tes élèves. Ici de nombreux professeurs semblent en avoir fait leur deuil pour le remplacer par d'obscurs poètes dits “ modernes qui ne savent plus les règles de la poésie”. Je vois dans un livre de troisième : Nazim Hikmet, poète turc, Charles Reich, philosophe américain, Gunter Grass (allemand), Jacques Charpentreau, Pierre Ferran, Charles Dobzynski, Walt Whitman, Adam Mickiewicz, Alexandre Block, Rilke, Essenine, Tagore, Michel Leiris, Pablo Neruda, Juan Liscano, Nicolas Guillen, Mao Tsé Toung, Lu You, Hô Chi Minh ! Ainsi, s'ouvrir à toutes les sensibilités se résumerait à gommer notre culture. De Rutebeuf à René-Guy Cadou, pour ne citer qu'eux, ils doivent être des dizaines dignes d'une anthologie or aucun ne figure... Pauvre France ! 


Depuis Bouisset, vue sur la plaine de l'Aude (au fond les collines de Nissan). 

Rouzilhous, lactaires délicieux.

[ ...] 18 heures. Nous venons d'arriver d'une promenade à Bouisset (1). Pendant que le chien faisait le fou, que Laetitia et Pierre-François s'amusaient et que je m'adonnais à un petit safari-photo, maman a trouvé quelques lactaires délicieux (elle est en train de nettoyer ces petits “ rousillous ”. Il faisait très beau, de belles flaques d'eau témoignaient des grandes pluies subies. Nous n'étions pas seuls : toujours ces “ 34 ” qui aiment bien notre garrigue. La température dépassait les 20° (il fait encore 17°), c'est doux pour la saison. 

Hier, à Saint-Pierre, j'ai compté plus de cinquante personnes sur la plage, les enfants ont les vacances de Toussaint jusqu'au 6 novembre inclus. Je vais monter l'Atlas des Champignons à maman et allumer le feu. 

19 h 30. Ça flambe dans le poêle, je redescends auprès de toi. Concernant mes lectures je tourne au ralenti : j'ai laissé Troyat pour les 826 pages d'Henri Amouroux « La page n'est pas encore tournée », le dernier tome de la série de dix « La grande histoire des Français sous l'occupation ». 

Après l'enterrement de Mme Soldeville, en pensant à la Tchéquie et au pauvre tonton Honza (de ma main gauche, nous avons envoyé les condoléances à Kàja), nous avons placé les deux pots de chrysanthèmes au cimetière. Nos derniers disparus ont été : Camille Massol (1 mois 1/2 après sa fille Michèle), la mère des frères Zorn (72 ans) et Cazals Juliette veuve Soldevila, 88 ans. Camille avait 89 ans (2).  

En espérant te lire sous peu, nous t'embrassons bien fort, 

Papa et maman, François et Jirina. »  

 

Les pins de Bouisset (60 m. environ) 1973 © diapositive François Dedieu.
       

(1) dans la garrigue de La Clape. 

(2) Nous parlions de cigarettes hier, à propos de mon oncle Honza décédé. Camille, lui, les roulait à une vitesse incroyable... ce n'est qu'un témoignage... n'en faisons pas une pub, fumer TUE !    

dimanche 8 février 2026

Petite CHRONIQUE du PAYS, octobre 1994 (2).

 [...] Un bon repas fut servi dans une belle salle voûtée (1) aux poutres apparentes : « olives, assiette de charcuterie avec jambon de montagne, cuisse de canard confit, haricots verts au beurre et champignons, fromages variés, miel de pays, millefeuille, blanquette et café. » Ensuite, à Carcassonne, au Conseil Général dont la remarquable salle des délibérations « ...très belle, moderne et fonctionnelle avec beaucoup de marbre rouge de Caunes-Minervois, salle inaugurée le 28 juin 1985, par François Mitterand, Président de la République... »

[...] « Les vendanges sont terminées depuis une quinzaine de jours et ces jours-ci, elles se terminent dans le Minervois et la région Carcassonne-Limoux. 

Lac de Vézoles Hérault 2013 under the Creative Commons Attribution-Share Alike 3.0 Unported license. Auteur Christian Ferrer. Le barrage du Saut de Vésole(s), autres orthographes, date de 1956 sur le Ruisseau de Bureau se jetant dans le Jaur près d'Ardouane où notre pauvre copain d'enfance Patrick Grasseau (dit Froisseau) (1952-2002) donna du fil à retordre aux pères du collège religieux Saint-Benoît (“ aujourd'hui ” [l'info n'est pas datée] en grand danger de délabrement).  

La semaine dernière, plus précisément le mardi 27 septembre, nous sommes allés, maman et moi, aux champignons après Saint-Pons, exactement au Saut de Vésole, dans la forêt du Somail et celle de Riols. Nous en avons rapporté quelques uns, mais si nous y étions allés directement et plus tôt, certainement nous aurions fait une belle cueillette. Heureux de voir encore des colles de vendangeurs dans le Minervois héraultais, ce qui nous changeait des machines rébarbatives et froides de notre “ pays bas”, nous l'étions aussi de manger dehors. 

Depuis, le temps s'est rafraîchi le matin (10° mais ça monte à 20 l'après-midi). 

Photo de l'ouvrage « De Pérignan à Fleury », Les Chroniques Pérignanaises, 2008. Intérieur de l'église Saint-Martin de Fleury-d'Aude avant le dépouillement perdurant depuis. 


Deux remarques sur ta lettre : tu dis à un moment et certainement par inattention que nous sommes au trois de la rue : et non, au 2 seulement, le 3 étant la remise ancienne écurie de « Toutou » et José. Quant à la réflexion «... n'y aura per toutos... » (f. pl.) (2), nous ne la devons pas à notre ancien curé mais à notre sacristain de l'époque : Basile Lignières, père d'Eugène, ancien organiste de Fleury, et de sa sœur Alphonsine. Il habitait à la maison jouxtant la pharmacie. C'était lui qui sonnait les cloches des offices et des glas... Même d'une vigne lointaine, mon père reconnaissait si le défunt était un homme, une femme ou un tout jeune enfant... Maintenant tout a été mécanisé, électrifié, automatisé et... uniformisé. 

Pour ce soir (il est 22 heures 30 et minuit et demi à Mayotte, je vais m'arrêter là. En te souhaitant une bonne année scolaire, une santé en tous points parfaite, des élèves attachants, un temps idéal et des loisirs agréables, nous t'envoyons nos plus tendres embrassades. un grand bonjour à ton patron Jean-Pierre et à son épouse. 

Ton père dévoué, François »  

(1) une cinquantaine maximum de convives dans cette salle à manger (le château est magnifiquement restauré « ils vont continuer au second étage » F.D. 

(2) Ne réalisant pas que le panel de chemise dépasse de sa braguette, Basile (de son surnom Lou Craquet, me soufflent Max et Josette...) qui donne l'hostie, croit que les femmes qui, par gestes, veulent le lui signaler le font par peur de ne pas en avoir ; pensant qu'elles se troublaient pour rien, il aurait eu alors le mot devenu historique « N'y aura per toutos » (il y en aura pour toutes). 


mercredi 19 avril 2023

FAUT SE LANCER !

 Le Bon À Tirer (BAT) est validé !


c'est au mot, même au caractère près... mais les 296 pages sont là !

vendredi 7 janvier 2022

VISITE DU PARC DU CHÂTEAU, SALLES-D'AUDE (suite des photos).

 

Toujours au centre, mis à l'honneur bien que se marchant un peu sur les pieds, deux essences remarquables...


Le cèdre du Liban et le platane commun d'Orient ou d'Occident...



Au sol, des marrons d'Inde, non ?

Quant aux champignons, l'avis d'un mycologue averti est indispensable !


mercredi 18 octobre 2017

DIX-SEPT ANS, IL Y A DES LUNES (fin)... / Československo, Holoubkov


Devant nous, l’usine. Pour ne pas être en reste avec la forêt qui fume, sa respiration paisible (le rythme n’est plus celui, plus poussé, de la semaine) exhale des bouffées de vapeur diaphane qui se lovent puis déroulent au-dessus des ateliers. 
 

Une fois en bas, il faut prendre à gauche. Le vieux corps de logement ouvrier, aux allures de château, haut perché sur un soubassement de pierres de taille, nous domine. J’y connais des gens aimants qui en faisaient trop pour un petit Français resté si tchèque... La grand-mère de Tonda y habite. Sa cuisine reste imprégnée des senteurs d'épices, du cumin (khmin), de skořice, la cannelle de tous les strudel sortis du four ! Côté usine, c’est le réfectoire transformé parfois en cinéma, le samedi. J’y ai vu “Sur un arbre perché” ; Louis de Funès parlant tchèque, ça ne s’oublie pas ! 
  
Le raccourci débouche sur le barrage avec la route de Hůrky ou Medový Újezd suivant qu’on prend à droite ou à gauche après le pont du chemin de fer, là où le vallon se resserre. Elle a décrit une longue boucle descendant vers le lac. Sur l’eau, se mêlent aussi des écharpes de brume... Sûr qu’au-dessus du déversoir, le vodník, le génie des eaux, médite dans les ronds de fumée de sa pipe... 
Dans l’air frais qui les fait résonner, des halètements de locomotive se font entendre. A la faveur de la nuit passent souvent les lourds convois de l’armée. Enfant, je ne voulais que l’éruption d’escarbilles des machines à vapeur, aux grandes roues couplées patinant sur les rails, crachant leurs entrailles d’acier dans la rampe. Par la suite, malgré les bâches de camouflage, j’étais bien obligé de voir, souvent, braqués vers les étoiles, les canons des tanks d’une troisième guerre mondiale en suspens, des fûts autres que ceux, souples, oscillants, des épicéas abattus. 
Un sentier dévale vite le remblais à main droite. Strěda (tonton) s’arrête pour pisser et nous nous retrouvons à trois à arroser longuement (la bière) les pieds de bardane qui n’en demandaient pas tant. Silence. Le regard se perd au loin ou plus loin encore. Là-bas, montant du thalweg, les volutes de la loco de tête se détendent ; elles voilent quelque peu la lune. Plus bas, à l’arrière du convoi, la machine qui pousse crache, dans une quinte n’en finissant pas, un panache puissamment comprimé dont les boursouflures cachent un instant la forêt qui fume.

“ Dedo, grand-père, quand pourrons-nous aller aux champignons ? “

En descendant vers le fond glauque de la smrdlava ulička, la ruelle puante pas si désagréable pourtant (il faut que je la raconte un jour, promis), grand-père se lance dans une tirade improvisée, presque un exposé sur la pluie, les sorties, la pousse, la croissance, les lieux propices, ceux à explorer en début de cycle si les circonstances ne sont pas favorables, les conditions météo dans les mois sinon l’année qui précède. Il se laisse même aller à raconter le cèpe roi, les gros cachés sous la mousse, la rencontre avec le cerf, des histoires à repasser des dizaines de fois, dont on ne se lasse jamais, parce qu’elles sont ces pulsions de vie léguées en héritage, ces petites graines fragiles, semées à tous les vents et qui ne peuvent toutes s’éteindre.
La maison n’est pas loin et sous le pont j’aimerais plutôt prendre la route forestière de  Hůrky pour l’entendre encore des kilomètres durant, par cette nuit à la magie éternelle... Il marche, nous parle, parle aux grands arbres. Dans le fossé, les biches, les chevreuils, les lutins des sources, les gnomes des mines, les sorcières apaisées, le vodnik pensif, apprécient et se confortent de voir passer un émissaire des hommes auprès des sylves... 
  

Děda n’est plus, strejda non plus et papa qui a parfois été de la sortie vient de nous quitter. Pourtant, pas seulement l’envie, la nécessité aussi de les garder vivants, s’impose telle une évidence... L’oubli, la fuite en avant ne peuvent que précipiter la perte de la seule espèce prétentieuse de sa capacité à se pencher sur son passé.

Aujourd’hui comme quand j’avais dix-sept ans, la forêt continue de peser dans notre histoire au point de conditionner notre survie. Malheureusement, la toute puissance mortifère de l’argent sape et réduit dangereusement sa biodiversité : plus de la moitié des oiseaux a disparu depuis 1980... 

Doit-on, peut-on décemment accepter une mise à mort programmée des générations à venir parce que nous sommes coupables d’avoir tué la poule aux œufs d’or, lâches que nous sommes d’accepter des poisons chimiques dans un présent trop facilement lié à un progrès global ?   

“Rien n’est plus vivant qu’un souvenir.” a dit Federico Garcia Lorca... Que ce ne soit pas celui d’un monde mort et disparu à jamais... Quel malheur ! quelle honte pour notre génération de devoir raconter un jour à nos enfants un paradis qui leur serait interdit... 

J’avais dix-sept ans... il y a bien des lunes... 

photo autorisée : 2. l'usine derrière le barrage http://www.obecholoubkov.cz/cs/o-obci-holoubkov/

mercredi 31 août 2016

NA HOUBY / Kronika / srpen 2016 / TCHÉCOSLOVAQUIE, Holoubkov ma forêt perdue.


10 / 08 / 2016 V. : « Chtěla bych se zeptat jak to vypadá z houbami na Volduchách předem děkuji. »
10 / 08 / 2016 A. : « proV.: Volduchy včera půl košiku hnědáků za 3 hodiny - více než polovina červivých. Jinak pár klouzků.»
17 : 08 / 2016 T. : « Zbirožsko a Holoubkov. Plné koše praváků - poměrně i málo červivé - jen někdy nohy. Ostatní vč. kovářů - červivé. Také jsme našli i pěkné křemenáče. Je to nádhera. Konečně jsme se dočkali. »
17 / 08 / 2016 J. : « včera Zbirožsko - malinké a zdravé hřiby hnědé, krásné malé babky. Nádherné mladé hřiby nachovýtrusé. Nebylo to v Mýtě ani v Holoubkově. V tomhle lese rostou houby "dýl", a proto teprve začínaí. Ale mělo by zapršet. »
19 / 08 / 2016 M. « Pěkný den všem - nepohybujete se někdo v okolí Zbiroha a nebo Radnic a nevíte náhodou jak je to tam s houbama? Děkuji ."»
19 / 08 / 2016 H. : « pro M. dnes ráno ve Skomelně,no ve dvou 2 košíky,ale už víme,že lepší je to ve Sklené Huti,oboje blízko Radnic. Praváky nádhera,klouzky,ale borováky-hnědé hříbky k pláči. Flíček 2x2 m. 7 hříbků a jen 2 nečervavé a tak se dá říct,že z 80 % všechny eé,u bílých 95% zdravé. Začíná být sucho,tak pospěšte! My tam byli dnes s mužem ,jeli jsme z Kladna! »
21 / 08 / 2016 M. : «Sobota neděle - okolí Strašic. Pohádka: křemenáče, praváci, kozáci, klouzci, kováři - mraky masáků a poddubáků, ty jsou ale většinou červavé. Proti loňsku nebe a dudy.»
21 / 08 / 2016 A. :    « Dnes Holoubkov a okoli překvapivě je dost, i hub hodné, ale hřibů hnědých dostatek (přebytek), dále 50-60 praváků, klouzci, jeden strakoš(a to jen za 3 hodiny tři plnych košika!!!). Z nehřibovitých masáci, holubinky a ryzce. »



23 / 08 / 2016 h. : « Dnes ve Strašicích nádhera, po deštíku roste všechno, i červivost je nižší »
25 / 08 / 2016 m. : « Lesu a houbám -zdrar,kde rostou teď na Rokycansku?díky za zprávu, »
29 / 08 / 2016  K. :    « Pro m. : Na Rokycansku už neporoste ani Prašivka o to se postarám,leda hovno najdeš. »
30 / 08 / 2016 p. : « Právě jsem se vrátil ze svých místeček a dva plné koše hřibů, převážně smrkové, část dobových a pár kovářů. Ale chtělo by to vodu, je dost sucho. Zdravím všechny houbaře. »
31 / 08 / 2016 S. « Pro m. : hodně jsme našli u Radnic, ale je to již týden... ».

počasí v srpnu 2016 :
le 8, grisaille et pluie
le 9, pluie baisse des températures de 28° à 17°
le 10, t° fraîches 18°
le 11, t° fraîches 18° pluie et grisaille
le 13, nuages présents et menaçants dans le sud averses voire orages 26°
le 14, orages en Šumava et Bohême Sud 28° 



LES CONDITIONS FAVORABLES AUX CHAMPIGNONS :
Pokud se chystáte na houby, jděte tam, kde poslední dva týdny opakovaně pršelo
Díky lepším podmínkám vláhy rostou houby více v podhorských lesích s výškou kolem 500 m a výše. Pak i tam, kde se opakovaně v posledních dvou týdnech přehnaly deště.

Source http://tn.nova.cz/clanek/houby-rostou-hlavne-hriby-tvrdi-mykolog-vime-kam-na-ne.html

Ivan K. a mis les photos 1, 2, 3, 4 les 16 et 22 août. 
François Dedieu a pris la photo 5 en 1964 et la 6 en 1970.