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samedi 11 novembre 2017

LE 11 NOVEMBRE...


« ... Le 11 novembre, nous commémorerons l’armistice de la première guerre mondiale. elle dit et redit à nos enfants combien ce jour sans école est celui du souvenir des enfants de la commune morts pour la France et celui du respect de l’Histoire de notre pays... »


L’épigraphe de monsieur le maire dit bien l’essence même de ce jour particulier, serait-il aussi celui de la Saint-Martin, de notre fête patronale. Elle nous dit que le respect que nous devons au passé est loin d’être vain, qu’il pèse sur le présent et conditionne l’avenir. Cette conscience (1) sans laquelle l’humanité ne pousserait pas à la roue de son évolution est un trait propre à notre espèce. La  mémoire, le recueillement en sont des corollaires, ce qui ne veut pas dire qu’il faille les considérer comme un tout. Mais que la vie serait étriquée, sinon triste et morbide à s’en tenir seulement à une dignité susceptible de passer pour une posture. Il y faut ces liesses inscrites dans nos gènes par le cours des saisons et qui viennent naturellement équilibrer le fil ténu de la vie. Puritains, passez votre chemin ! 
La convivialité, le vivre ensemble : des valeurs qu'exprime le maire de Fleury, Chico du temps des copains (2), fidèle, par ses racines, à son terroir, avec des mots déjà gourmands pour une foire gastronomique... Des valeurs ancrées dans le temps pour les passeurs que nous sommes : le village, la pêche à l'Aude, la Barjasque sur la plage, un vol de perdreaux, la jeunesse en partage... Passons sur la date, une semaine avant la fête du village, calendrier moderne des festivités oblige... Et puis je ne vais pas chicaner alors qu’une mode aussi insidieuse que dangereuse veut nous imposer une célébration des courges qui n’a rien à voir avec nos traditions sudistes, macarel ! Bref, l’épicurisme, les plaisirs de la vie n’ont rien d’indécent... Montaigne en témoigne. Alors, à chacun de savoir ce qu’il a au fond du cœur sans s’abaisser à fustiger ce qu’il croit voir de mauvais chez les autres ! Le premier magistrat évoque donc les tripes, les langues de bœuf, les poulets aux champignons, les cochons de lait à la broche et autres agneaux rôtis ! On croirait Garrigou possédé par le démon de la gourmandise dans les Trois Messes Basses ! Tombent les flammèches de gras capiteux dans la lèche-frite ! Grésille le tourne-broche trop chargé devant la cheminée rouge de la braise vive des souches ! Tout le village communiait dans des ripailles déjà chantées par Rabelais ! 
  
Le 11 novembre, un bon repas marquait la fête du village, réunissant les familles. On s’habillait de neuf, on étrennait le manteau pour descendre dépenser ses sous à la foire, aidés en cela par les flonflons et les tirades racoleuses des forains. 

Estivet de la Saint-Martin ou Cers glacé descendu des Hauts-Cantons, il y avait dans ces réjouissances la récolte rentrée, le tas de souches pour l'hiver, le cimetière avec les chrysanthèmes à arroser, la cave avec le vin à naître dans le ventre des foudres chenus mais féconds...  
 
 
Et la Grande Guerre venue se greffer sur ces entrefaites ? Était-ce celle de 40-45 qui, telle la vague destructrice d’un tsunami, passée avec ses horreurs inédites par-dessus la première, en avait réduit les générations concernées à accepter un mal aussi ordinaire que banalisé ? C’est l’impression qui me reste et si l’instituteur amenait les enfants au monument, ce n’est pas en classe qu’il nous sensibilisa à nos morts (peut-être n'ai-je rien retenu et dans ce cas c’est que j’étais encore plus que je ne croyais, sur une autre planète...). A l’opposé du bourrage de crâne des hussards noirs de la République pour les « Provinces perdues » en 1870 et la fameuse « ligne bleue des Vosges », les vertus patriotiques ne sont plus exaltées ! Tout peut advenir d'une greffe...

« Ceux qui pieusement sont morts pour la patrie, ont droit qu’à leur cercueil la foule vienne et prie » a écrit Victor Hugo pour les combattants de 1870... oubliés depuis si longtemps... Aujourd'hui, le 11 novembre honore les morts de toutes nos guerres et France Info ne devrait pas si facilement excuser ceux que les anciens combattants agacent. Sans transmission mémorielle, sans conscience, l'humain, roseau d'autant mieux pensant que sa panse est pleine, ne se départirait pas de sa condition animale... 
  
(1) « La sagesse ne peut pas entrer dans un esprit méchant, et science sans conscience n’est que ruine de l’âme. » Rabelais / Pantagruel.(2) j'en souriais encore cet été quand dans l'été de Saint-Pierre, il présenta le tour des chant des Gypsies Kings...
Diapositives du siècle passé de François Dedieu :
1. Le clocher version XXème siècle."Quand on regardait l'heure au clocher".
2. Mamé Ernestine devant la cheminée... et une "piote" au tourne-broche !
3. Le cimetière en novembre 1967.
4. Croix de Pailhès / vue sur la plaine à l'amorce de la montée vers les Pins de Trémolières.
  
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Diapositives du siècle passé de François Dedieu : 
1. Le clocher version XXème siècle : "Quand on regardait l'heure au clocher".
2. Mamé Ernestine devant la cheminée...et une "piote" au tourne-broche !.. 
3. Le cimetière en novembre 1967. 
4. Croix de Pailhès / vue sur la plaine à l'amorce de la montée vers les Pins de Trémolières.