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dimanche 5 novembre 2017

ENCORE UN COMITÉ THÉODULE ? / Mayotte, France en Danger !

Par l'intermédiaire d'un questionnaire, le citoyen lambda peut participer aux Assises des Outre-Mers. Un questionnaire seulement plus sur les formes que sur le fond. mais je me débrouillerai pour leur faire savoir que je ne suis pas dupe !  Surtout que plus nous serons nombreux pour la bronca, plus le vent de révolte sera fort, plus ils seront susceptibles de revenir à la place qui aurait toujours dû rester la leur, à faire passer le bien commun avant leur vie personnelle, ce qui devrait être un idéal politique ! 
 
L’Outremer pour la France continentale et Mayotte plus précisément ? 

Encore un comité Théodule ? L'artifice laissant croire aux gogos qu'ils seraient citoyens et au centre des préoccupations des gouvernants et prétendus "grands serviteurs" ?

Dégoût, désespérance. Une élite politique, une administration plus États dans l’État et plus à leur compte que pour le bien de tous. Une révision de la Constitution s’impose puisque le dévouement dans l’honneur à la res publica semble enseveli sous trop de bassesses et de turpitudes.

Ah, ils vous diront que Mayotte avance pourtant ! Oui mais comme un père et une mère indignes diraient de l’enfant qu’il maltraitent qu’il grandit avec les années ! Belle lapalissade ! Et quelle image lamentable collée au symbole viré à l’aigre de « mère-patrie », presque un gros mot désormais...

Un substrat institutionnel glauque et mouvant sur lequel les principes d’égalité, de solidarité, de fraternité ne peuvent s’appuyer.

A Mayotte cela se traduit par des visites répétées de spécialistes patentés, des missions redondantes de députés, de sénateurs, de ministres, de chefs de l’État, qui ne font pas progresser (ou si peu) puisqu’elles ne font que ressasser, que répéter à l’infini un état des lieux qui ne peut qu’aller en se dégradant.

Tout en haut, instrumentalisée par ces cabinets ministériels, la politique d’efforts demandés consiste à serrer la ceinture des moins bien lotis, à favoriser les plus riches (1,5 million d'€ chacun dernièrement) et pour eux, à se payer sur la bête avec 20% d’augmentation (administration Macron par rapport à l’équipe Hollande) !
L’État institutionnel sait aussi modeler et jouer des citoyens de seconde zone ! L’égalité républicaine est de fait toujours promise et reportée aux calendes grecques (2037 pour Sarkozy l’hyper-actif ! 2025 pour les sociaux-traîtres de Hollande le président normal ! 1974 pour l’électron libre actuel qui voudrait nous rétrograder, pour notre bien, en une énième déclinaison de la collectivité territoriale ?). Une mesquinerie sans nom quand on sait que Mayotte pèse 0,7 % du budget de la France !
 
Donc des droits incomplets, amputés... Mais de quoi se plaint-on puisqu’ils progressent ! Une gestion pourtant d’autant plus au rabais qu’il faut partager l’école, l’hôpital et la dotation par habitant avec le clandestin qui n’existe pas puisqu’il n’est pas compté dans les statistiques de l’Insee aux ordres ! Déjà limitée cette dotation est donc encore à diviser par deux !
Oui, une sous-France avec peu de continuité territoriale, plus d’insécurité, moins d’éducation, moins de santé !

Pour ce qui est de la politique étrangère et de coopération c’est plutôt l’omerta. Donc nous sommes en droit de penser qu’en haut lieu, on continue, avec l’argent du contribuable à alimenter et encourager de fait la corruption des "élites" ici comoriennes puisque le problème de l’immigration ne cesse de métastaser. Nous venons de voir comment le gouvernement souhaitait traiter, avec une dissimulation coupable, le problème du visa avec une « feuille de route » dont Mayotte n’avait rien à savoir (Mais la France est toujours si complaisante concernant les chantages de Moroni !) ! 
A les entendre et Macron l'a exprimé dernièrement, Mayotte c’est la France comme ils le récitent tous, toute honte bue, urbi et orbi. C'est pourtant de leur fait si Mayotte n'est pas la France en réalité. Est-ce la France si les autorités s'accommodent d’en faire un camp de clandestins "Calais puissance 10" , avec l’assurance pour "la mère-patrie", de ne pas les voir débarquer en métropole (c’est vrai que Marseille est déjà la première ville comorienne au monde !). 

Coopération dites-vous ? Ouverture sur la région ? Île de prospérité relative et menaçant d’exploser, Mayotte a volontairement été laissée dans une poche utérine toujours liée au cordon ombilical confié aux bons soins des multinationales du business. Quand l’eau viendra à manquer, il nous restera les packs de la grande surface déjà 6 fois plus chers qu'en métropole hors pénurie ! 
Il y a 20 ans, un caboteur arrivait de Madagascar chaque semaine avec ses tomates, des oignons entre autres marchandises. Depuis législation européenne oblige, la tournée a été coupée (Pourtant l’Europe qui enquiquine de contraintes cumulées le petit pêcheur local, édicte des dérogations et ne met pas de bâtons dans les roues quand il s’agit de laisser les thoniers seneurs piller plus près des côtes !) ! Depuis, alors que les beaux parleurs postillonnent depuis toujours que la port de Longoni a vocation à devenir un hub régional, c’est à peine si on voit un début de commencement... Même pas capables de faire un dépôt pour les thons qui seront stockés à l’étranger (les thoniers immatriculés à Mayotte, optimisation oblige, n'y jettent jamais l'ancre !) ! Depuis, en dehors de Madagascar et peut-être pour des raisons peu avouables, les projets d’échanges, la promotion des circuits courts, avec les Comores, avec le Mozambique, la Tanzanie peut-être, restent vœux pieux et lettre morte !

L’appareil d’État n’assure pas ses missions et les émissaires de la « haute fonction » outremer ont une efficience en rapport. C’est « Je parle bien et je gesticule ! » « Après moi le déluge » et « Je passe au purgatoire pour bénéficier d’une promotion à terme » ! On vient pour deux ou quatre ans, pour faire ses preuves, non celles du dévouement au peuple, mais celles d’esprit de corps. Carriéristes ils tiennent surtout à ne pas se faire remarquer en demandant ce que coûterait le rattrapage ! C’est « Tout va très bien madame la marquise... »... Ils se sont longtemps employé à maintenir le couvercle sur la réalité pour que des vapeurs peu ragoûtantes ne remontassent point à Paris. On s’autorise même le n’importe quoi puisque c'est Mayotte et qu’on s’en lavera les mains après. Ainsi l’argent jeté pour avoir construit une école sur un terrain privé (Chiconi). Aussi le gâchis dû aux malfaçons parce que le maître de l’ouvrage n’a pas assumé le contrôle des travaux ! Encore le gaspillage avec une gendarmerie nouvelle mal implantée, à côté de la précédente sous-dimensionnée (Sada)... Des collèges prévus pour 600 et accueillant le double d'élèves ! Des routes d'une durée de vie trois fois moindre, faites trois fois moins bien et pourtant trois fois plus chères (merci la Colas) !
   
Et pour ce qui serait constructif, des projets restant d’autant plus dans les tiroirs à cause de la rotation des apparatchiks sur les postes... On prend les mêmes et on recommence parce qu'il n'y a pas toujours eu de suivi, de passage de relais...   

Ne parlons pas de développement durable sur une île surpeuplée qui va crever de soif. L’aquaculture, autre exemple, faisait les unes des médias locaux jusqu’à ce qu’on laisse tout tomber ! Quant à évoquer l'autosuffisance avec des importations à hauteur de 98 % !

A Mayotte, l’État est coupable jusqu’aux oreilles !

Et si encore les élus locaux, conseillers départementaux, maires, affichaient une volonté sincère d’aller de l’avant ! Au contraire, suivant l’exemple supérieur, ayant plus que rattrapé et devançant même en cela leurs homologues métropolitains, ils forment une caste qui, par la grâce du suffrage universel, va pouvoir faire bénéficier la famille, les amis, le clan de la manne républicaine... Le pouvoir pour le fric et le fric pour le garder ce pouvoir ! Peu est fait pour la gestion des déchets, la protection des espaces naturels, contre l’implantation sauvage de quartiers clandestins. On vient d’en voir un exemple flagrant avec la réforme des rythmes scolaires : des maires appâtés par les 50€ de subvention par enfant, le complément de 40€ des allocations familiales et qui, pour cette raison, toujours naviguant entre deux eaux turbides, ne tiennent pas à dire qu’en matière d’éducation la priorité n’est pas à des réformes lamentables et non adaptées. La défense de la population serait-elle le dernier de leurs soucis ? 
 
Au niveau départemental, nous pourrions lister (pour ce qui me vient à l’esprit) ces promesses n’engageant que ceux qui les croient :
  • la route nord-sud à partir de Longoni vers le centre-ouest !
  • le développement d’un pôle centre-ouest Chiconi-Sada !
  • l’évitement de la capitale par les hauts, ce qui entre nous ne semble pas l’idéal pour le transit des conteneurs !
  • le traitement des embouteillages pires qu’en ceinture parisienne, par manque de volonté politique pour des transports en commun terrestres ou maritimes depuis Koungou au nord et Dembéni au sud ! 

J'ai hésité longtemps tant je n'y crois plus. Alors tant pis si j'ai spontanément réagi, en improvisant presque. Je n’allais quand même pas passer la journée à rabâcher ce qu’ils font semblant de ne pas savoir et qu’ils vont faire semblant d’entendre. Toujours patiner en dressant l’état des lieux, quelques « y a qu’à » « faut qu’on » pour de vrais cons dont moi qui vous parle, qui ne vais plus voter tant que les règles resteront dévoyées, persuadé qu’il faut abattre ce monde pourri pour en bâtir un de neuf ! 
Et si les protagonistes actuels ne valent pas mieux que les précédents (et leur manque d'envie pour faire changer la donne ne plaide pas en leur faveur...), si les notions de respect, de fidélité, de solidarité, d'honnêteté, d'honneur doivent rester des coquilles vides, qu'ils partent avant qu'on ne les mette dehors... La marâtre France a longtemps renvoyé sa fille Mayotte dans le jardin quand quelqu'un sonnait à la porte. Qu'elle ne la cache plus, qu'elle lui assure des habits décents, c'est tout ce qu'on lui demande !  

Démocratie ou semblant seulement, les assises de l'Outremer invitent à participer. Ou est-ce libérer la parole pour que la tension retombe, pour que le marasme perdure ? Dans ce cas, nos meneurs font erreur car le mécontentement foncier exprimé sur le Net rend le divorce plus visible entre les petits et la politique des dirigeants pour les riches. La bronca qui gronde leur a aussi donné à réfléchir. On sent bien que certaines inflexions politiques traduisent la peur, en haut lieu, d'une révolution de toute façon inévitable.