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jeudi 26 février 2026

« Bogue » ? « Gobie » et crabe bleu... (8)

Parenthèse sur la pêche du jour mais non sans rapport avec notre thème. Hier, le sujet de « Voyage en cuisine », émission d'Arte, parlait d'une recette à Venise, un « risotto di go » “ monté ” petit à petit avec un bouillon de poisson, de gobie exactement (le bouillon restant clair, on dirait que le chef n'a pas passé pas sa préparation oignon-céleri-gobies au presse-légumes). Aussitôt j'eus souvenance d'un épisode de pêche raconté par Yves Boni, intitulé, mystère et inspiration décalée du témoin plutôt que du rapporteur, il me semble : « Les bogues du capitaine au long cours », à propos d'Yves, pêcheur local jamais parti mesurer des profondeurs, tel Marius de Marseille, dans des mers lointaines. 

Quelques gobies « Voyage en Cuisine » Arte (25 février 2026). 
 

Et là, le gobie composant l'apport principal au risotto vénitien, je me suis égaré dans une question de phonétique, une métathèse de spécialiste, entre nous, une inversion comme dans “ aéroport, aréoport ”. Était-ce le cas avec “ bogue gobe " concernant le gobie, gobi en occitan, ce petit poisson puissant par rapport à sa taille, ne sortant de son trou que pour aller manger. 

Hier cette recette de risotto est venue corriger mon méli-mélo existentiel : plus grands et en pleine eau, les bogues ne sont pas des gobies. Cela ne m'a pas bridé dans la relecture de l'article datant de plus de dix ans... Si ça vous dit de m'accompagner pour cette reprise de cet écrit d'août 2015 :   

LES BOGUES DU CAPITAINE AU LONG COURS (VI) 

« La bogue (1), ils en sont friands à Toulon, malheureux ! J’avais un copain, il était à la Seyne ; sa mère vendait sa pêche. Un jour il fait une soixantaine de kilos de bogues.

« Qu’est-ce que tu vas en faire ? » je lui dis, nous, là-bas, on les jette...

— Vous les jetez ? mais tu veux pas rigoler, ça vaut un prix d’or !

— Ça vaut un prix d’or ? Nous, on les donne aux goélands !

— Mais vous êtes cabourds (2) ! C’est prisé ici ! 

Du coup, plutôt que de les jeter, la fois d’après, je les porte au chef, un grand chef de cuisine qui nous régalait de ses pâtés, au déjeuner. Je lui précise que c’est vraiment pas terrible, la bogue. (à suivre)

(1) Boops boops, communément appelée bogue est une espèce de poisson marin de la famille des sparidés. La bogue, Boops boops (Linneus, 1758) est une espèce largement répandue aussi bien en Atlantique oriental qu'en Méditerranée. Elle présente un caractère semi démersal (benthique si vous aimez mieux...) et vit au-dessus du plateau continental sur tous les fonds jusqu'à 490 m ; elle est plus abondante dans les cent premiers mètres.
Elle doit son nom de bogue a la taille de ses yeux qui sont particulièrement grands par rapport a sa tête, comme un insecte (en anglais « bug »). WIKIPEDIA. 

(2) à l'origine "mouton qui a le tournis" ; signification dérivée : "idiot". 

Boops_boops_Karpathos 2011 under the Creative Commons Attribution 3.0 Unported license. Author Roberto Pillon.


 

jeudi 2 juillet 2020

ITALIA ! / Mon cinéma italien !

Revenir par Vienne, la Styrie, la Carinthie, ensuite les Dolomites avec ce nom de col "Falzarego", faisant sourire, en français, phonétiquement, mais "mnémotechniquement" infaillible. Le lac de Garde puis Milan, Gênes, la Riviera et la Côte-d'Azur du temps où ça circulait même sans l'autoroute !

Venise Place Saint-Marc wikimedia commons Author Clément Bucco-Lechat

Une autre fois, le Frioul, Venise. La Sérénissime au début des années 60, c'est sans les foules d'aujourd'hui et cette mauvaise conscience d'envahisseur pollueur. Terrible la progression d'un mastodonte de croisière le long de la Giudecca, qui fait son tour, qui voudrait réduire la Place San Marco à une attraction de parc de loisirs ! Belle alors, Venise même à partager avec les cartes postales et la gondole qui s'éclaire sur le buffet de la salle à manger dans le souvenir éteint d'un voyage de noce.

Plaine du Pô Wikimedia Commons Roggia_Forcellina Auteur Neq00

Contre toute attente, l'Italie palpitante m'a jailli à la figure, plus loin, dans la platitude de la Pianura Padana, monocorde, en apparence seulement, par son décor, ses vastes étendues de maïs, l'alignement des peupliers, les saules des fonds humides, les vaches dans l'herbe grasse. Un paysage de plat pays, les Pays-Bas presque, ses canaux d'irrigation ou de drainage.
Une fausse quiétude, avec ces montagnes qui, sur trois côtés ferment l'horizon, ce ciel, de plomb, pas la grisaille pluvieuse des vents d'ouest, non, la fulgurance orageuse des confins continentaux. Et ces eaux toujours courantes dans les fossés, les canaux, les villages sur les buttes, les fermes massives, fermées, les digues dantesques. La vie qui s'en écarte le dit sans détour, les ponts sont peu nombreux, le Pô reste sauvage, impétueux, torrent du Monte Viso puis écumeur de son bassin versant. Les hommes doivent se protéger des inondations, se garder du fleuve, en tirer tout le profit possible mais rester hors de portée.

plaine du Pô Ciria_Vecchia_a_Olmeneta wikimedia commons Auteur Grasso83.

La fin d'après-midi ramène la chaleur cumulée en une lourde menace. Est-ce la raison qui les a fait sortir, les hommes car on les trouve partout au bord de l'eau ? De tous âges, des jeunes, des grands-pères, des enfants, tous, un roseau à la main, à taquiner le fretin. On sent alors la vie pas facile, les moyens limités, le petit profit naturel et apprécié de cette pêche familiale.
Moi j'ai l'âge de n'y voir que le plaisir des reprises du bouchon vers le fond avant de crever, à force, le front entre les fluides pour s'enfoncer vers le poisson. 
Plus loin, peut-être à Cremona sinon Piacenza, avec l'embouteillage du soir mêlant les Fiat, de la Topolino aux petits utilitaires et aux modèles plus selects ou encore la Giulietta d'Alfa Romeo, l'Italie du Nord décline sa reprise industrielle... (à suivre).