À propos de l'épisode 3 : Monter à Paris.
1925 : Pourtant bien accueillie par la critique, sa pièce « Les Marchands de Gloire » est mal reçue par un public encore marqué par la Grande Guerre ; treize représentations à peine. Le thème, un père qui, afin de se promouvoir socialement par la politique, s'appuie sur la mémoire de son fils mort... sauf que ce fils, plus ou moins blessé et déserteur réapparaît et vient ruiner les ambitions du père. En regard du traumatisme toujours à vif, ça n'a pas plu...
1927 : dans une lettre à son père où il confie qu'il travaille du matin au soir, que sa santé va bien mais que son moral en a pris un coup, il admet que son mariage a été une catastrophe.
Sur sa vie privée, la liberté qu'il a de confier à son père sa situation de polygame semble incroyable... dans ses années 1920 avec sa Fanny du théâtre puis du cinéma, Orane Demazis quand Kitty, une danseuse anglaise le séduit... Chantage de cette dernière pour vivre ensemble, agressivité d'Orane ayant son homme à l'œil et capable d'un sale coup contre sa rivale, du moins c'est ce qu'il écrit à son père en novembre 1929.
Sur ces entrefaites, succès en 1927 à Berlin (!) de « Topaze » sur un instituteur humilié et licencié qui va laisser tomber ses valeurs morales pour réussir dans les affaires. Avant d'être consacrée, partant de loin avant de convaincre (1928) sa pièce atteindra une réussite comparable à celle de « Cyrano de Bergerac » en 1897... trente années auparavant !
Succès de Marius, entretiens avec Raimu.
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| Marcel Pagnol-Raimu 1931-Paramount Domaine public Auteur inconnu |
Raimu (Jules Muraire, 1883 Toulon - 1946 Neuilly-s-Seine) s'est vu proposer le rôle de César sauf qu'à la lecture de la pièce, il réalise que l'intérêt va tourner au profit de Panisse, le maître voilier. Alors Raimu pose ses conditions, retenu dans le rôle de Panisse, Raimu aime autant s'imposer dans le rôle de César : César doit être le patron du bar, c'est dans ce bar que se déroulera l'action, c'est Panisse qui viendra chez César et non l'inverse... La pièce qui au départ ne devait être proposée que pour l'Alcazar de Marseille ne comportait pas la partie de cartes... c'est Raimu qui a insisté pour la jouer, ils ne l'ont intégrée qu'aux deux dernières répétitions :
« ... Tout le monde sait que c'est dans la marine qu'il y a le plus de cocus. Quarante ! » Ariane Ascaride reviendra sur cette réplique déconcertante pour qui ne la situe pas dans la pièce.
Raimu avait fait du music-halle, joué au théâtre, dans des films mais c'est sa collaboration avec Pagnol qui assura sa renommée grâce à la Trilogie Marseillaise (Marius, Fanny, César), de même que les films « La Femme du Boulanger », « La Fille du Puisatier ».
« ...Un soir j'attendais Raimu dans sa loge pendant qu'il était en scène. Et puis j'ai pensé tout à coup à tout ce que je lui devais et à son immense génie et avec un crayon, j'ai écrit, dans un coin de la loge, contre le mur, en petites lettres « Monsieur Raimu est un génie » et j'ai signé. mais ce n'était pas pour que personne le vît, c'était comme ça, j'ai écrit ça comme ça parce que ça m'avait pris comme ça. Et le jour de ses funérailles, quand je suis monté dans son bureau, j'ai vu sous un sous-verre, le petit morceau de tapisserie qu'il avait découpé et avait toujours gardé. il ne m'en avait jamais parlé. C'était un homme au fond, très secret... » INA 1961.
À propos de l'épisode 4 : Pagnol joue son va-tout.
1928, fin à Paris des répétitions de Topaze. Marcel confie encore à son père qu'il ne lui reste plus grand chose.
Trois mois plus tard, en octobre, dans sa lettre, ne sachant pas l'accueil qui sera fait à sa nouvelle pièce « Marius », il s'avoue anxieux, agité.
« Si tu veux parler de l'universel, parle de ton village. » Léon Tolstoï.
Épisode 5. Pagnol producteur et réalisateur de films.
