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mardi 20 juin 2023

SÉTE 8. Jouteurs et massacre au micro.


Gilbert_Bécaud_in_Rome 1972 Domaine public Auteur inconnu

À boire et à manger... Avant de donner à voir et à entendre, du moins, « Les marchés de Provence » de Bécaud complètement massacrés quand la ferveur amassée jusque dans les coquilles de noix serrées au bord et tolérées, contamine l’animateur qui n’arrive plus qu’à interpréter l’indécence criarde d’une ivresse, du moins d’une liesse non contrôlée, discordant avec un protocole harmonieux loin d’empeser l’ambiance, honorant tant les présents que le passé. J’ai vite arrêté la vidéo, une inconvenance que la mairie devrait remplacer. Que dirait-on si le rameur soucieux jusque du ruban autour du canotier, ne se satisfaisait pas que de la perfection de l’image donnée ? Que dirait-on si le règlement des joutes se relâchait par démagogie ? Non, ne tombons pas dans ce travers sociétal confondant un état comateux avec une ambiance festive ! Et, entre nous, à pousser le bouchon, ne serait-ce pas, avec le grippage démocratique, un des signes de la chute de l’empire ? de la mort d’une civilisation ? Non, j’exagère, je le pousse trop loin, ce bouchon... Il n’empêche, c’est vraiment moche ce moment braillard...

Joutes_sétoises 2006 permission CC-BY-SA-2.5 Author Clio64

Allons, ne contrarions pas tout ce que la joute languedocienne a d’honorable et de champions à Sète, dans la catégorie reine, celle des lourds : Audibert « L’Esperança », huit victoires entre 1846 et 1857, Martin « Lou Gauche » (gaucher ? Est-ce possible ?), neuf victoires entre 1858 et 1877, Louis Vaillé « Lou moutou », dix titres entre 1904 et 1923. Chapeau pour la longévité, dix-neuf ans pour Martin et Vaillé ! Les caïds actuels, Aprile (2009, 2013, 2015, 2016), Arnau (2014 et 2022) seront-ils à la hauteur. ? Et comment oublier Aurélien Évangélisti, sept succès entre 2001 et 2012, encore en lice en 2016 mais qui, exaspéré suite aux coups bas de tous ceux qui, faute de le battre, ont voulu le faire perdre, a jeté sa lance sur l’adversaire déjà à l’eau (Marseillan) ? Bien qu’il ait regretté sa conduite inacceptable, une lourde sanction de huit tournois de suspension est tombée. Dégoûté mais peut-être davantage par ce qu’il y a de plus lâche et sournois chez les humains, le champion a même déclaré que même en spectateur, préférant se consacrer à sa famille et à son bateau, il n’irait plus jamais aux joutes de la Saint-Louis... 

Sète Saint_Louis 2006 Creative Commons Attribution-Share Alike 2.5 Generic uploader Clio64 at French wikipedia

Enfin parce qu’il n’y a pas que les Sétois qui gagnent et en la circonstance, parce qu’ils portent le même nom qu’André, dit « Tarzan », le courageux qui essaya en plein mois de novembre, de sauver les marins du Roger-Juliette, citons Alain Massias, grand vainqueur en 1986, Claude Massias, en 1991, 1993, 1997, également de Frontignan.

Me concernant, plutôt que de rapporter ce que les autres ont vécu, avec le risque d’en répercuter des erreurs, les joutes de la Saint-Louis, je les inscris dans un agenda à venir. 

mercredi 7 juin 2023

FRONTIGNAN (3), Achille Munier, le Thalamus.

" Qui cherche trouve "dit le dicton, pas toujours ce qui nous importait mais plus sûrement, ce qu'on ne cherchait pas...

La région proche m’arrête plus que prévu et va peser lourd alors que le Sud provençal jusqu’à l’Italie se fera plus léger au fur et à mesure de l’éloignement...      

« Notes sur Frontignan pour servir à son Histoire », Achille Munier 1874, deuxième édition, Montpellier C. Coulet Libraire-Éditeur, Paris E. Dentu Libraire-Éditeur, 376 pages. 

Villeneuve-lès-Maguelone_projet_de_canal_des_étangs_1742_-_Archives_départementales_de_l’Hérault domaine Public wikimedia commons

Pour avoir seulement picoré :

* page 172. D’après Pline l’Ancien (23-79 suite à l’éruption du Vésuve), les riverains de « l’Étang de Lates » (peut-être le Méjean actuel) se faisaient aider par les dauphins pour pêcher les bancs de mulets. Achille Munier en déduit donc que cette association devait se faire dans les autres étangs. Par contre, il constate qu’à son époque il y a longtemps que les dauphins n’approchent plus, les hommes étant trop intéressés par leur graisse.

En plus des explications historiques, l’ouvrage raconte bien des détails sur la pêche, la chasse, dont le procès contre les gens de l’évêque de Maguelone qui barrent les graus au moment du frai avec un filet prohibé nommé « brugine ». 

Grandes_compagnies_miniature_XIIIe_BNF domaine public wikimedia commons

* page 225. Un exemple des rudes temps (vers 1350, époque de Du Guesclin) d’insécurité avec la venue et la prise de Frontignan, à l’enceinte non close du côté étang, par Seguin de Badefol, anglais ou gascon selon les dires. Ce routier descend d’Auvergne avec 3000 soudards qui brûlent, pillent et ravagent. Après Aniane, Gignac, Villeveyrac, Pomerols, Florensac, c’est le tour de Frontignan.

Le Thalamus, de Montpellier, archive manuscrite sur trois siècles, jusque vers 1600, en témoigne « dans la langue de nos pères »... Surprise, c’est bien écrit en occitan ! (tous ceux qui se disent « fiers » du patois parlé par le papé ou la tantine, plutôt que de persister à ressasser « patois » « patois » sans réaliser que le mot a été imposé par l’envahisseur pour mieux soumettre, sont priés de dire désormais « occitan » ou « languedocien » concernant notre langue historiquement première... il n’y a pas de tradition qui tienne... ce n’est pas parce que mon père et mon grand-père acceptaient Pétain que je dois manifester une quelconque indulgence à l’égard de ce maréchal qui faisait le salut fasciste... Putain va !).

Donc, « En lan... de nostre senhor... MCCCLXI... en lou mes dabril... matin a la poncha del jorn a XII dabril, et intret ame sas companhas... per l’estanh... aqui non avia gis de mur... » Les assaillants perdirent deux-cents des leurs, les défenseurs trente. Mais les bandits restèrent sept semaines à piller, violer et incendier. Quand les troupes alliées au lieutenant du roi se mirent en branle, les bandits partirent au Vigan pour revenir en mai enlever plusieurs personnes. Absent pour défendre la ville, le capitaine-châtelain fut destitué par lettres patentes.

Arrêtons de picorer même si cette provende reste des plus intéressantes, entre autres, sur la naissance de la ville de Sète, quitte à revenir sur nos questions de territoire déjà évoquées !