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samedi 10 octobre 2026

Années 60, les slows des étés... (2)

 Alors, ces slows de l'été... faut que je me secoue pour y repenser, tâcher de m'y replonger une semaine après le premier article, grâce à l'incitation de Francis et Norbert et surtout soixante ans après avoir été témoin puis acteur de ces quelques rencontres avec des filles... la période encore à “ faire ” sa jeunesse avant mariage...  

Michel Delpech, début des années 1970, under the Creative Commons Attribution-Share Alike 4.0 International license., Auteur Eliott-dufour

« Pour un flirt avec toi je ferais n'importe quoi... », 1971, du regretté Michel Delpech (1946-2016). 

Pour ne pas tricher, juste les quatre prénoms spontanément en mémoire, Josiane, Marylène, Véronique que le copain me “ piqua ”... sans rancune, d'ailleurs même au ping-pong, il me battait, camaraderie plutôt avec le pauvre Richard (1953-2010), entre autres, partis trop tôt  ... et Claudine pour un plus long bout de chemin...  

Repensons à ces slows collés serrés, enfin plus ou moins suivant le moment, les circonstances... dansons d'abord sur un tube immortel datant pourtant de 1955, dix ans avant en gros « Only you » des Platters... je vous laisse chewingommer les paroles en anglais que nous ne pratiquions pas :  

« Only you can make this world seem right, only you can make the darkness bright, only you and you alone can thrill me like you do and fill my heart with love for only you... ». 

« Toi seul, peux rendre ce monde si beau. Toi seul, peux illuminer les ténèbres. Toi seul, peux me faire vibrer comme tu le fais, et remplir mon cœur d'amour pour toi seul... »

Et puis le soir venu, en bas du Café des Pins concurrent du Café Bolumar et du Roc à la Mar à l'architecture encore marquante de nos jours, à Saint-Pierre-la-Mer, comme les airs s'accordaient à la mer, au sable, au sentiment, à la nuit de tous les chats sont gris... c'est vrai que l'obscurité compensait une timidité au grand jour... une réserve, disons, mais qui n'empêchait pas de se retrouver sur la plage... en amis...  

1964, « Non ho l'età », Gigliola Cinquetti... pour dire qu'elle n'avait pas l'âge, qu'il devait attendre... 
1965, « Fais-la rire », « Capri c'est fini », Hervé Vilard... aïe, ça fait mal un premier amour qui sombre ou part voir ailleurs... 

Photo_d'identité_de_Christophe,_1965 Domaine public, Auteur inconnu

1965, « Aline » du pauvre Christophe (1945-2020) avec l'orage qui efface le visage qu'il a dessiné sur le sable... 

Identite-FrancoisDeguelt-1964-Sacem Domaine public, auteur inconnu
 
1965 encore, « Le ciel, le soleil et la mer », avec François Deguelt (1932-2014) c'est moins profond, moins engagé, enfin façon de parler car il est question d'un lit pas grand dans une cabane en planches... le soir, ils vont danser quand même... 

Johnny Hallyday-Italie-1962 Domaine public Author Agence Farabola

1965 toujours, comment ne pas retenir Johnny avec « Quand revient la nuit », Johnny qui revient sur ses nuits de soldat loin de Sylvie... 

Pascal_Danel_-_1967 Creative Commons Attribution-Share Alike 4.0 Auteur Kevindax1809

1966, « La plage aux romantiques » avec non plus Christophe qui pleure Aline mais une fille en larmes que Pascal Danel (1944-2024) va consoler et marier illico... cric crac, moun counte es acabat... Il y allait direct, Pascal ! Mais il chante aussi « Les neiges du Kilimandjaro » (à suivre sûrement)



jeudi 4 juin 2020

UN LIVRE, UN JOUR / Alexis Zorba, Nikos Kazantsakis

La falaise de Leucate. wikimedia commons. Author Gerbil.
Hier nous étions à Leucate avec Jacques Lacarrière. Les cheveux défaits par le Cers, le regard fixe vers l'horizon, depuis la falaise blanche, plongé dans les bleus du ciel et de la Méditerranée, la mer mettant un terme à sa marche, il ne pouvait que songer à la Grèce de ses passions, suite à ses nombreux séjours entre 1950 et le coup d'état des colonels. D'ailleurs François qui nous fait la sympathie de suivre ce défi des dix couvertures de livres, nous a dit avoir adoré de lui "L'Eté Grec"... 

Lacarrière a séjourné en Crète or l'île a eu droit aux soleils de la saison 1965 avec le tube de l'été "Sirtaki". Attention ! rien qu'en musique... désolé pour Dalida si attachante par ailleurs avec par exemple les Enfants du Pirée, en 1960 mais qui s'est fourvoyée à chanter des paroles françaises complètement coupées de la Grèce des vacances... Enfin ma critique ne vaut peut-être que pour moi... Cet été là, les nuits de Saint-Pierre-la-Mer c'était quelque chose ! Aline bien sûr, Capri c'est fini, N'avoue Jamais, le Ciel, le Soleil et la Mer et ce sirtaki qui a fait planer mes quatorze ans vers le Levant ! 

Avec la musique de Mikis Theodorakis, il y a la Crète qui sert de cadre au film ZORBA. Un film tiré du livre de Nikos Kazantsakis, Alexis Zorba (1946). Anthony Quinn et son fameux sirtaki si grec, si historique et pourtant créé pour le cinéma, même s'il reprenait des thèmes musicaux authentiques, l'acteur s'étant foulé la cheville la veille du tournage. 

Et après si la jeunesse fait tourner trop vite les pages de la vie, à essayer de savoir qui je suis et pour continuer à être qui je suis, je tombe sur le livre  et rien de mieux pour bien fixer les sensations, ce qui reste vrai même à l'ère de l'Internet, même si ses lignes de force se contredisent parfois avec celles du film. 



Zorba représente le dragueur, le buveur, l'extravagant jusqu'au-boutiste fou de tout dilapider et de toujours repartir à zéro après une nouvelle phase : mille métiers, une mobilité permanente, une femme et souvent un mariage à chaque étape... Pourtant le mythe de l'homme libre qui danse pour exorciser ses doutes et extérioriser son défi lancé à l'existence compense presque. 


Sinon j'ai beaucoup apprécié l'approche sociétale d'une population méditerranéenne vers 1920. Comme en Italie, en Espagne, en Afrique du Nord, en Turquie, en France aussi, la femme assujettie par l'homme, le machisme, le poids de la religion avec ces moines grands propriétaires terriens, ce clergé pour l'ordre établi. Une constante historique aussi, l'incompatibilité viscérale entre christianisme et islam. Lépante et la Reconquista restent ancrées. Zorba s'est battu pour l'indépendance contre les Turcs (serait-ce symboliquement !) ; les Turcs commettent le génocide arménien avant de chasser les chrétiens grecs d'Anatolie... 

1965 : il y a le ciel, le soleil et la mer et le sirtaki qui fait planer mes quatorze ans vers le Levant.    

Pour un sirtaki non frelaté :    
https://www.youtube.com/watch?v=QskFT7AaKH0 

Quelques captures d'écran... merci dailymotion. 
https://www.dailymotion.com/video/xhtkw1