Le globe redescend alors pour n'être relevé que suite à un bon quart d'heure d'attente. Posé à portée des habitations, il appartient à tous et est utilisé par roulement (1). Ceux qui possèdent un tel filet à titre privé (ils sont 17 dans les années 1920 (2)) ne peuvent caler qu'en amont...
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| Robert Vié (1927-2007), ravaudant dans son impasse (années 74-77). |
Ce que faisait notre regretté voisin, Robert Vié (1927-2007), homme d'une convivialité constante, ouvert aux autres, recevant les écoliers dans son petit musée de la pêche avec maquettes (dont celle du globe avec les poteaux, le filet, les tourets de bois), qui m'invita plus d'une fois soit à la pose de palangres dans la rivière ou à la pêche à l'anguille sur l'Étang de l'Ayrolle, sinon à la traîne entre Pissevaches et la plage des Cabanes même. Dans la deuxième moitié des années 60, suivant la période, secondé par son fils Claude, cadet d'Élian (poutous à eux deux, à Hélène, la petite sœur et Jeannette la maman !) il calait son globe plus ou moins haut dans l'Aude.
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| Le cabanon de La Treille en 2021. |
En été, c'était entre La Pointe et Joie, exactement au cabanon de La Treille, nous y arrivions en bande, six ou plus (Jean-Marie, Joseph, René, Robert, Guy, JF... nous y allions, comme Montand, à bicyclette) en pleine pêche au muge. Les treuils de Robert et Claude à côté, cela n'empêcha pas leur accueil toujours aussi aimable et souriant... comme nous aurions aimé l'avoir plus longtemps... (à suivre)
(1) Robert Boni (1927-2019) (si quelqu'un dispose d'une photo autorisée, elle sera la bienvenue), ancien inscrit maritime aux Cabanes, compte un poste de plus pour la pêche au globe, celui dit « du Canalet », à la sortie du port. Il précise que la pêche au globe bénéficie d'une tolérance vu qu'il est interdit d'entraver la circulation dans un port ; il ajoute que cette pêche, réservée aux « demi-soldiers », aux retraités, permettait « d'arrondir les fins de mois », qu'ensuite le droit à cette pêche a été élargi à tous les inscrits justifiant d'au moins neuf mois d'armement par an (ils étaient alors 22 pêcheurs). Le roulement se tirait au sort en avril : les périodes et saisons, les aléas climatiques alimentaient jalousies et tiraillements. D'après cet entretien, il ne reste plus que le globe à l'usine (dit « de la mer »), entre les deux ports édifiés.
Depuis (l'entretien date de septembre 1998 dans « Le Cagnard » n°11 “ magazine de tous les Pérignanais ”) Les-Cabanes ne comptent plus d'inscrits maritimes, (l'inscription date de Colbert il fallait cinq ans de marine royale et ensuite passer par le noviciat et le matelotage pour devenir patron). Désormais il ne faut ni être inscrit pas plus que diplômé pour être pêcheur.
(2) regroupés au sein d'une « Société des barres fixes et souffertes ». Le premier règlement à la prud'homie de Gruissan date de 1902. Sont fournis les poteaux (rails), les pieux d'ancrage, les souffertes (câbles). En cas de non respect du règlement, les contrevenants doivent payer une amende, faute de quoi ils ne pourront travailler.
Informations que l'on doit à François Marty (1953-2008) dans une « Étude Inachevée... » (et pour cause) (voir le site « archives du sensible / Parc Naturel de la Narbonnaise Etude pêche Marty_août2010 ).
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| François Marty emprunt aux Archives du Sensible, Parc Naturel de la Narbonnaise... qu'ils en soient remerciés... |
(voir aussi Par-delà les lagunes avec, à la fin, une étonnante recette de cassoulet à la seiche... Pauvre Chaffou, parti à l'âge de profiter de sa retraite).
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