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lundi 16 mars 2026

Lexique passionné sur LAMI, le cheval... page 2.

Crottin : souvent accompagné de pissat, à l'odeur reconnaissable ; embêtant pour le passant et le cycliste mais si prisé par les dames aux géraniums... Vues peut-être depuis le préau de l'école, deux mamés, veuves ou vieilles filles, qui, avec balayette et pelle à escoubilles, sortaient le récupérer devant chez elles. 

En face de la mairie et des anciennes écoles, l'église Saint-Martin de Fleury. 


Les mémés ne sont plus ; les maisons, détruites pour mettre en exergue notre église du XIIème (un mur du Xième siècle), ont libéré l'espace d'une place de village digne de ce nom mais aux jeux d'eau désormais à sec (1) ; le crottin au pissat n'ajoute plus ses tons caca-d'oie au goudron du boulevard... 

Crottin encore mais là je m'en veux de ces jeux bêtes de gosses idiots parfois, comme de taquiner la croupe du cheval à l'écurie avec un long sarment jusqu'à ce qu'il rue en hennissant de dépit... une galette de crottin au pissat s'est alors tartée sous la cravate à élastique du cousin, sur la chemise blanche... ce qui eut au moins le mérite de mettre aussitôt fin à notre bêtise... Pardon, pardon Lami, nous ne savions pas ce que nous faisions... j'ai encore honte en l'écrivant... presque j'en aurais pas parlé...  

Fumiers : si je n'ai jamais vu vider la fosse à purin, je sais que le fumier s'entassait au pâtis, un enclos pas clos qui n'avait rien d'une lande ou d'une friche mais tout de la cabane au fond du jardin ; ne nombreux pieds d'acanthe s'y plaisaient. 

Le village depuis le coteau de Caboujolette ; en bas, la partie en vignes, urbanisée depuis...
Photo prise vers 1960 © François Dedieu.  

En attendant de fumer les vignes, les vignerons ne disposant pas d'un espace à eux, posaient leurs tas de fumier sur le chemin à la sortie du village (un usage certainement ancien vu la largeur du chemin, encore toléré par la mairie), en direction de la garrigue, après les cabinets et la dernière lampe de l'éclairage public ; la vigne de Perucho se situait au dessus du talus planté d'acacias faux robiniers ; en face, au dessus d'un mur de pierres sèches courues par les colombrines (lézard des murailles) d'autres parcelles propriétaires... Aujourd'hui, des lotissements, le tennis, les padels... de mon enfance, ne demeurent que quelques lambeaux du coteau, un boutelhetier (azerolier), trois amandiers...   

Le p'tit ch'val... oui... Non, il ne les grattait pas en parlant pointu, Georges Brassens, les octosyllabes... 
 
« Le p'tit ch'val dans le mauvais temps, 
Qu'il avait donc du courage... »  (paroles Paul Fort, musique Brassens 1952). 

Et moi j'écoutais le disque sur le Marconi, impressionné par le «... jamais de beau temps... jamais de printemps... », ému par le petit cheval toujours content, le gris du ciel par dessus le fusain du jardin, pas loin, l'image du livre de lecture, cet écolier à capuchon pointu bravant les éléments sur le chemin de l'école. Faut dire qu'en suivant, y avait aussi le parapluie... Mais les chansons passent comme les chagrins de gamins, l'âme passe vite du gris au bleu et « La Chasse aux Papillons » me laissait songeur sur ma nature de « bon petit diable... », déjà « la jambe légère et l'œil polisson... ». (à suivre)  

(1) la Révolution ayant mis à bas les maisons collées entre les contreforts, restaient encore, en face de la mairie, les pissotières, l'abri aux vagabonds, le réduit aux explosifs du 14 juillet...