Melons, Cavaillon, Mallory, Robion, Pagnol, mur de la peste...
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Cavaillon_Le_marché_aux_melons 2012 scan old postcard Author unknown early XXe |
Alexandre Dumas père (1802-1870) a fait don de sa bibliothèque publiée à Cavaillon en échange de douze melons par an. Le conseil municipal délibéra en ce sens et la rente lui fut servie jusqu'à sa mort.
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Cavaillon,_panorama depuis la via ferrata 2013 under the Creative Commons Attribution-Share Alike 3.0 Unported license. Author Poiesia |
« Redis-moi, Mallory, la chanson que tu me chantais
Ta chanson de l'été dans le bleu du ciel irlandais... »
Le Chant de Mallory, à la radio, dans une maison aux fusains du jardin comme des arbres, que nous aimions, nous l'entendions sans que je sache, à propos de la chanson, qu'elle devait arriver quatrième sur seize à l'Eurovision 1964, interprétée par Rachel (1942-), native de Cavaillon.
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Robion la pompe-fontaine 2008 under the Creative Commons Attribution-Share Alike 3.0 Unported, 2.5 Generic, 2.0 Generic and 1.0 Generic license. Author Technob105 |
Ouvert sur une de ces plaines alluviales qui font du secteur un jardin à légumes et à fruits (plaine du Calavon), le vieux village de Robion se cale sur l'achèvement occidental du Lubéron. Notons, avec Henry Gauthier (? vivant), René Métayer (1935-), la présence d'Armand Meffre (1929-2009) dans ce trio de peintres robionnais (aucun n'est cité dans la liste des peintres wikipédia. Armand Mestre, par ailleurs écrivain et peintre, joue Philoxène, le maire du village, celui qui a le téléphone, dans « Manon des Sources ». Rappelant encore le thème de l'eau rare et précieuse dans le diptyque de Marcel Pagnol, l'Escanson qui a sa source au-dessus du village, jadis captée dans une citerne alimentant la fontaine sur la place aux platanes. Avec tout un public qui s'y fournit et plante à son tour, Robion a le mérite d'entretenir un conservatoire botanique de fruitiers dont des variétés rares et en danger de disparaître.
Moins bucolique, l'évocation du Mur de la Peste, ce rempart devant protéger le Comtat contre la peste noire de 1720-1722.
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Mur_de_la_peste 2004 under the Creative Commons Attribution-Share Alike 3.0 Unported license. Author Psycho Chicken |
« 1720. La peste, parce que de riches marchands impatients de gonfler leurs fortunes ont ouvert la ville, sans respect d’une quarantaine, à une cargaison d’étoffes et coton contaminée par le bacille, a décimé en deux ans la moitié de la population soit 30 à 40000 personnes... » (article Partager le Voyage: MARSEILLE (2)). (1) Ce mur de pierre sèche ponctué de guérites gardées, s'allongeait sur 27 kilomètres du SO au NE, entre la Durance et les gorges de la Nesque. Ce rempart a relativement protégé le Comtat (22 % de victimes // 36 % en Provence et 17 % en Languedoc malgré les barrières naturelles des cours d'eau). L'épidémie épargna Cavaillon.
Alors que la peste progresse de 45 kilomètres par mois, à Noves, proche de Châteaurenard, si le premier décès date du 6 août 1721, on compte 146 morts en à peine un mois. Cela augurait mal de la suite sauf que le bilan en resta là (dernier décès en septembre) ; le village avait su réagir par des mesures cumulées bénéfiques : soins, circulation limitée et contrôlée, mise en quarantaine dans des cabanes éloignées, destruction des cadavres à la chaux vive (une rue infectée a même été murée à ses deux bouts) (2)...
(1) Apportée par le navire « Le grand Saint-Antoine ». Concernant Marseille, le chiffre de 50.000 victimes est avancé par certains.
(2) Au titre de médication et de désinfectant, on préconisait des vins légers ou coupés d'eau ainsi que du vinaigre dont celui « des quatre voleurs ». L'apothicaire de Ménerbes (non loin dans le Lubéron, à l'Est de Cavaillon et Robion) proposa avec succès une panacée contenant de l'opium.
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