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vendredi 2 novembre 2018

A QUELLES & DANS QUELLES CONDITIONS DE TRAVAIL ET DE LOGEMENT ?



Les photos proviennent du fonds André Cros aux archives Municipales de Toulouse. A ce propos, voir le précédent article sur les travailleurs temporaires espagnols : VENDEMIOS… VENDIMIAS, vendimiadores / Les vendangeurs espagnols. 



A QUELLES CONDITIONS viennent-ils, ces vendangeurs ?
Un migrant, temporaire ou définitif, accédant à un autre pays, subvient mieux à ses besoins mais gagne moins que les nationaux si les montants légaux horaires ne donnent pas à s’appliquer, en cas de travail dissimulé notamment. 

En 1966 le salaire est de 3,5 Francs de l’heure avec 3 litres de vin pour les travaux d’hommes (soit 36,34 euros de 2017 + 3,60 € de vin sur la base du vrac à la coopérative) et de 2,75 Francs pour un travail de femme avec 2 l de vin (soit 28,55€ + 2,40€ de vin). Pour info, le kilo de pain est à 0,76F soit 0.99 € de 2017.  

En 2018, avec 30 % de plus par rapport à l’Espagne (9,88 €/h au lieu de 6,54 €) et des heures supplémentaires mieux payées, le travail en France reste intéressant.

1966 – 2018, difficile de comparer l’INSEE étant complètement à la botte du pouvoir… Juste pour nous donner à réfléchir… un comparateur d’inflation dit crument que les 78,80 € de 2018 ne correspondent qu’à 9 € de 1966… Les vendangeurs d’aujourd’hui seraient 4 fois moins payés qu’en 1966 ? N’en faisons pas une vérité même si la tendance est plausible avec la mondialisation, la planète se déclinant seulement par le fric qu’elle rapporte, qu’elle rapportait plutôt puisque nous avons entamé le capital début août cette année et que ce sera en juillet en 2019…   

Bénéficiant de salaires encadrés par la loi, une majorité satisfaite de vendangeurs passant les Pyrénées souhaite revenir travailler dans les vignobles français, d’après le syndicat UGT FICA. Mais combien viennent encore sans la protection apportée par des contrats en bonne et due forme ? En 1998, cette main-d’œuvre représentait encore le tiers des effectifs : sans contrat, sans Sécurité sociale, exclus des congés payés, ils se retrouvaient, qui plus est, sous-payés par des patrons malhonnêtes et sans scrupules ! La façon de les loger participe aussi des conditions qui leur sont faites. 



DANS QUELLES CONDITIONS SONT-ILS HÉBERGÉS ? 
Dans les années soixante, comme pour nous, une ampoule électrique blafarde et l’eau froide au robinet étaient la norme. Beaucoup se lavaient au puits et allaient chercher l’eau potable aux fontaines publiques.  

Dans Le Carignan j’avais noté  « Les vendangeurs, parfois logés à la rude, dans la paille », ce qui était le cas pour ceux de notre voisin d’alors, par ailleurs un brave homme.
Dans Caboujolette, mon père avait précisé :
« … Ce jour-là, le voisin préparait la paille pour ses vendangeurs. Il la montait à l’étage, portaillère grande ouverte. J’ai raconté cela à mon père (mon grand-père donc), qui l’a vivement critiqué :
« Traton lo mounde como de bèstios. Nosautris b’avem pas jamai fait. Los vendemiaires cochabon à l’ostal e manjabon amé nosautris. » (« Ils traitent les gens comme des bêtes. Nous autres, n’avons jamais fait ça. Les vendangeurs dormaient à la maison et mangeaient avec nous. »)
 Quand on se conduit comme il faut, on peut demander du bon travail… »



A Fontcouverte, chez le docteur Lignières (2013), des petites maisons individuelles jouxtent le château et chaque semaine, la patronne leur fournit un surplus de nourriture : riz, pommes de terre mais aussi poisson et viande…

A Rivesaltes, en 2014, un propriétaire souligne les complications contractuelles qui l’obligent, pour se protéger, à mentionner sur le contrat qu’il est interdit de vendanger pieds nus et de dormir à l’ombre sous le tracteur, et même qu’il ne faut pas mettre ses doigts entre les lames du sécateur. Il ajoute qu’aujourd’hui, si on logeait les vendangeurs comme dans les années 60, ce serait pour finir au tribunal tant les conditions devenues excessives contreviennent à de nombreux articles du Code du Travail ! Il finit en disant que tout doit être désormais cadré et que parallèlement on a perdu le bonheur des vendanges, qu’on ne chante plus dans les vignes, qu’on ne caponne plus les filles qui ont oublié un raisin (un garçon que l’usage autorisait à embrasser, lui barbouillait le visage avec la grappe qui devait compter un nombre minimum de grains !).

Le puissant syndicat UGT FICA conclut en définitive en critiquant l’agriculture en Espagne où des conditions indignes « étaient » faites aux travailleurs ! Aucun respect des conventions collectives, avec des contrats non valables, trop d’heures au rabais et certainement pire encore concernant la main-d’œuvre clandestine.
Nos vendangeurs viennent d’Espagne alors qu’à l’époque de Zapatero premier ministre (vers 2010), c’étaient des Bulgares et des Roumains qui récoltaient en Castilla la Mancha, dans ce qui est désormais considéré comme le plus grand vignoble du monde.  Grâce à Zapatero justement, des amendes sont tombées contre les gros propriétaires, ces caciques influents, ces exploiteurs continuant à recruter leur personnel au noir le matin sur la plaza, laissant les indociles sur le carreau dans un même mépris cynique que celui perpétué par la clique franquiste  !