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mercredi 8 avril 2026

CHEVAL de GUERRE, lexique (20)

 — le soldat de 14 était bien nourri au point que ce qu'il jetait attirait les rats. Les chevaux eux, étaient mal nourris... chez les Allemands beaucoup sont morts de faim.

— si ¼ des chevaux mourut directement des batailles et bombardements, les ¾ périrent à cause des maladies, du manque de soins, de la nourriture insuffisante, de dysenterie, par noyade, faibles au point de ne plus pouvoir lever la tête dans des boues liquides montant jusqu'aux chevilles des cavaliers. Au vu des dures conditions, le retour du cheval de Bompas, accompagné de son ramonet, il est vrai, s'avère aussi spectaculaire que chanceux et exceptionnel. (art. « Cheval toujours ». 

— inoculer la morve, la gourme, la maladie du charbon chez les chevaux de l'adversaire fait partie des armes de guerre. 

—  « Les chevaux et les mulets de l'armée se sont montrés d'une valeur inestimable en conduisant la guerre à une fin heureuse. On les trouvait sur tous les terrains d'opérations, remplissant leurs tâches fidèlement et en silence, sans pouvoir espérer aucune récompense ni compensation. » Général Persching. (« Une fin heureuse », un mot bien mal choisi quand vaincus et vainqueurs y perdent tous...). 

— en 1917, certains états-majors informent certaines unités que la perte d'un animal est devenue plus importante qu'une perte humaine... 

— Maurice Genevoix, admiratif des Poilus se battant et mourant pour la France (3), parlerait-il du soldat qui s'arrache à vif une balle dans un testicule, de cet autre qui maintient dans sa chemise ses tripes alors qu'il a le ventre ouvert, démontre une belle émotion pour les bêtes innocentes mais entraînées dans la folie guerrière... 

1915 En_Alsace,_une_voiture_de_ravitaillement_trainée_par_dix_chevaux_-_btv1b90442648 Domaine public Auteur Agence de presse Meurisse. Agence photographique (commanditaire). 

Pauvres chevaux, pauvres bêtes si belles, vigoureuses mais si vite fourbues, efflanquées, misérables. Et quand les hommes récupèrent, les chevaux restent tête baissée, ce qui dit tout de leur moral... Genevoix parlerait-il des cris terribles des blessés, bien égaux devant la mort, implorant avec les mêmes intonations, en allemand ou en français, il n'oublie pas non plus le hennissement d'un cheval qui agonise, aigu tel le cri d'un oiseau de nuit « ... le hennissement aigu, poignant, qui montait sous les étoiles devant la misère, la méchanceté des hommes... ».

Les Éparges Dans ce village, alors qu'il souffle un instant dans la « Maison d'école » avec, au tableau le dernier problème du maître, il se tourne vers la fenêtre parce qu'une forme approche, c'est un vieux cheval avec un sillon de sang à l'épaule. Il le fait passer par le couloir pour rejoindre la cour, derrière, offrant un abri plus sûr. Il le revoit, le vieux cheval, huit jours plus tard, mais étalé, entouré des cadavres des vaches mitraillées par les Allemands. 

— autres animaux de guerre, les chiens sentinelles (les meilleurs sentaient l'ennemi à 300 mètres), les pigeons voyageurs, les moutons envoyés paître dans les espaces minés. 

Et puisque des prolongements sont proposés à ceux qui voudraient aller plus loin, ci-dessous, quelques propositions de lecture ou d'audition : 


Sites et références :

" Le Cheval de Guerre ", roman de Michael Morpurgo (1982 en G.B., 2008 seulement en France !), adapté au cinéma par Steven Spielberg.



et sur ce blog :



https://dedieujeanfrancois.blogspot.com/2015/02/un-monument-au-cheval-de-trait-fleury.htm 

(1) Son témoignage « Ceux de 14 » regroupe quatre livres sur la guerre, véridiques, minutieux, fidèles ; chaque lieu, chacun des faits sont bien précisés, chaque homme apparaît par son nom... La deuxième édition de 1925 rétablit les passages censurés en 1916 (il y était fait mention de trois paniques, ce qui, en temps de guerre, n'aurait pu que démoraliser et fragiliser).