Épisode 5 de la série d'Ariane Ascaride, cet été, sur Marcel Pagnol :

Marcel Pagnol vers 1931 Domaine public Auteur anonyme
Étoffant son riche bagage, Pagnol va passer du théâtre au cinéma plus accessible en dehors des villes. Suite, en 1930, à la rencontre de Pierre Blanchar (1892-1963) (1) qui, à Londres, a vu quelque chose d'admirable, d'extraordinaire, un film parlant, d'une heure et demie, Broadway Melody.

Pierre Blanchar 1936 domaine Public Auteur RamblerBiondo at the Italian Wikipedia project.
Dès le lendemain, à Londres, Pagnol voit le film et y revient pour deux autres séances. Au retour, il est d'avis que l'industrie du cinéma va complètement mettre à bas le théâtre, ses salles, ses meilleurs comédiens. Créateur de films, dans le but de court-circuiter les intermédiaires, Pagnol fonde sa propre société dès 1932.
Suite au succès de sa Trilogie Marseillaise, de sa collaboration avec Jean Giono viendront Jofroi (1933), Angèle (1934, d'après « Un de Baumugnes », Regain (1937, d'après le roman éponyme de Giono), La Femme du Boulanger (1938, d'après un épisode de « Jean le Bleu », toujours de Giono.
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| Fernandel et Raimu dans Les Rois Du Sport-1937-GrayFilms Domaine public Permission Travail collectif, photographie datant de plus de 70 ans. |
Ce sont aussi les débuts de Fernandel (1903-1971) avec Pagnol. Le statut de l'enfant naturel, de la fille-mère, de l'honneur perdu des femmes pour la famille, et des hommes qui les abusent reste récurrent chez Pagnol.
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| Henri Poupon-1940 Domaine public Permission Anonyme ou travail collectif, photo de plus de 70 ans. |
« ... Cet enfant, je le veux pas, il est pas de chez nous... Si tu l'avais fait comme on doit le faire, ce serait été pour cette maison le plus beau cadeau du bon Dieu. De la façon que tu la fais c'est ???, c'est notre malheur qu'il respire. C'est une honte qu'il bouge, qu'il crie... Maintenant tu es revenue, toute maigre, toute sale, tant pis pour toi, tu l'as voulu... » Clarius Barbaroux (Henri Poupon), enferme sa fille et le bébé dans sa cave. Orane Demazis (1894-1991) joue Angèle, la fille perdue, Fernandel, Saturnin, le brave valet venu la persuader de rentrer à la maison ; Jean Servais (1912-1976) est Albin, l'amoureux d'Angèle mais qui s'est fait damer le pion par Louis, (Andrex, 1907-1989), le beau parleur en réalité proxénète qui l'a vite mise au tapin à Marseille ; enfin André Belmont (1883-1955), le vieux journalier, finalement embauché à la moisson mais en réalité, venu pour son copain Albin, chercher ce que devenait Angèle.
Je sais, tout ça c'est sur Wikipedia, et mieux cadré et exprimé encore, mais, que voulez-vous, rapport à Marcel Pagnol, à son cinéma avec des acteurs employés à l'année sur fond d'amitié, en remerciement aussi à Ariane Ascaride, porté par le surplus d'émotion due à l'extrait si beau du retour (on n'ose parler d'accueil) d'Angèle, en prime, la sublime musique de Vincent Scotto (1874-1952) ! il fallait que je me raconte, une fois de plus, le film...
En 1935, Merlusse et Cigalon, films de Pagnol, voient se poursuivre la collaboration avec l'acteur Henri Poupon (1888-1953). (à suivre)
(1) curieux, dans ces circonstances, qu'il n'ait jamais tourné, apparemment, pour Pagnol...


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