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vendredi 10 janvier 2014

MAYOTTE EN DANGER / LA COLONISATION DE MAYOTTE PAR LES COMORIENS.

La colonisation à Mayotte, ce sont d’abord les Arabes dont est issue une élite métissée de kabailas, de nobles, se réservant la pratique de la religion (les mosquées historiques ne pouvaient recevoir qu’une poignée de fidèles), et laissant volontairement dans l’ignorance la population autochtone qu’ils peuvent ainsi assujetir, exploiter, vendre et exporter en tant qu’esclaves.

Ces élites sont surtout subordonnées au sultan d’Anjouan qui dispose de Mayotte à sa guise et organise des razzias de mercenaires malgaches qui, lorsqu’ils ne sont pas engagés, pillent et font des prisonniers pour leur propre compte. Aux exactions venues d’Anjouan vont s’ajouter les raids venus de Madagascar et plus tard, la traite européenne. Ces criminels iront jusqu’à planifier leur prédation, laissant aux misérables populations indigènes le temps de se reconstituer et l’un de ces scélérats aurait même laissé entendre que l’île est un vivier clos idéal où il suffit d’attendre que les esclaves se reproduisent !

Au XIXème siècle, c’est la France qui, au nom de sa "mission civilisatrice et de protection", va perpétuer cette exploitation inhumaine. Il n’y a plus que 3300 habitants (et seulement 350 originaires de Mayotte environ) dont une majorité se regroupe sur la position défendable de Dzaoudzi. La Grande-Terre est pratiquement vide d’hommes. Il n’empêche qu’à partir de 1843, date de la cession "officielle", la cupidité des aventuriers de la canne à sucre voudrait transformer l’île en pays de cocagne. Si la rentabilité de l’exploitation sucrière tient du mirage, l’esclavage, l’indigénat, le travail forcé qui l’ont accompagnée relèvent malheureusement d’une triste réalité historique.

La situation sera, en cela, comparable, mais plus tard, à Mohéli où, en 1865, le colon Lambert, favori de Djumbé Fatima Ière, reine malgache, se retrouve propriétaire foncier de l’île. Á la Grande-Comore, en 1885, Humblot, « ... un paisible collectionneur d’orchidées... / ... qui cachait en lui l’âme ténébreuse d’un Pizarre... » (Philippe Decraene / Le Monde du 01/12/1972), en accord avec le "tibé", le grand sultan, dispose des terres qu’il va rétrocéder aux planteurs (au bout de quelques années, plus de la moitié de Ngazija va leur appartenir).

Pardon pour ce long préambule sans lequel, la clique de menteurs, d’usurpateurs, de bonimenteurs de l’Histoire, aujourd’hui menée par Ikililou Dhoinine (Youkoulélé Idoine, pour le plaisir de la caricature), continue d’y aller de ses manœuvres d’intoxication. Parce qu’il faut dire, qu’à leur échelle, les Comores sont aussi coupables d’impérialisme et de colonisation, dans l’Histoire et aussi dans un passé bien plus proche !

En effet, lorsque le XXème siècle vint heureusement consacrer l’émancipation des colonisés, la France, désireuse de se désengager, encouragea l’emprise comorienne sur Mayotte par des lois. Celle de 1961, notamment, a légalisé les faveurs faites aux Comoriens aux dépens des Mahorais : les fonctionnaires favorables aux Comores, les « Serre-la-main » sont nommés aux postes clés tandis que les « Sorodas », partisans de Mayotte département français, sont exilés sur les autres îles. Les aides de la métropole iront seulement aux zélateurs de Moroni dont le camp s’exonère des impôts, pique allègrement dans la caisse et s’attribue, pour quelques roupies de sansonnet, d’immenses superficies de terres. Ainsi personne n’est sans savoir qu’entre Poroani et Chirongui, l’une des rares plaines facilement exploitables de Mayotte appartient aux héritiers de la famille Abdallah, le bon musulman qui, par l’entremise de ses "mapinduzi", revendait le riz offert par l’aide internationale... De même la zone portuaire (300 hectares !) a-t-elle dû être rachetée par la Collectivité (donc nos impôts), au prix fort, à un ex-coprésident des Comores...

En quel honneur, au nom de quelle morale, un légalisme forcené devrait-il de la sorte officialiser des spoliations frauduleuses avérées (excusez le pléonasme) ? Le bon droit ne relèverait donc que de l’utopie ? L’honnêteté devrait donc toujours s’apparenter à une faiblesse indéfendable de doux rêveurs ?

« Ra hachiri », restons vigilants contre cette bande de malfaiteurs organisés, se cachant derrière les mensonges, dont celui de la défense du peuple alors qu’ils n’ont pas honte de passer, dans leurs grosses voitures (1), à côté de la misère qu’ils entretiennent !

(1) étonnant pour un pays "moins avancé", le parc automobile de BMW !! Et quand, en 2011, la fondation des Comores écrit « Parce que le destin il faut le provoquer, et que nous sommes un tout petit pays de 800.000 habitants, presque l'effectif du groupe BMW... », on se demande si c’est du cynisme, de la provocation ou la nue expression d'une vérité !!!

Sources historiques diverses dont Jean-François Hory pour les faits contemporains et plus particulièrement la loi de 1961 et ses conséquences.