mercredi 2 avril 2025

ANDRÉ : perruches et oiseaux de Montréal... (3)

« Les paroles s'envolent, les écrits restent ». À ce jour jamais je n'avais entrevu la possibilité d'interpréter positivement ce vieux proverbe antique « Verba volant, scripta manent » ; ce n'est pas qu'il soit négatif en soi puisqu'il préconise la prudence, l'écrit, contrairement aux paroles, restant incontestable... Certes, la parole... « donner sa parole », « tenir sa parole », des expressions d'un monde virtuel de dignité, d'honneur, de confiance, qui n'a plus cours, seulement bon chez les idéalistes... « Parle toujours » ! C'est bon pour les candides, les naïfs... à d'autres !  

Trêve de barguignage, au fait ! Des écrits capables de faire éclore une amitié en germe, à partir d'une vieille camaraderie de quartier, de village... Ils seraient plus que centenaires, nos deux amis, il n'empêche, cette amitié se transmet par héritage des pères, forgée qu'elle est dans des écrits, tant que les fils la portent... Chronique d'une vie, à grands traits, tout le monde n'est pas Proust... 

Alors, accouche ! arrête de tortiller du séant pour exprimer que de dire cette amitié vivante, plus forte que la mort, ne relève pas du négatif.  

André Pédrola, le fils d'Élise du “ quartier haut ”, a émigré au Canada en 1954, sauf erreur. On a eu dit de lui, non sans un brin de condescendance, qu'il avait vite pris l'accent de la Belle Province, un parti-pris pour le moins lapidaire lorsqu'on apprend qu'André tient fort à ses origines, que pour son entourage familial, en 2001, à 77 ans, il s'est lancé dans sa chronique, son passage de témoin ; ses proches, eux, le savent ; ils envoient ce qui a trait à son pays natal ; Lulu de Fleury qui a émigré à Coursan, soit dit en passant, leur a envoyé « De Pérignan à Fleury » des Chroniques Pérignanaises (2009) de même que « Caboujolette » et « Le Carignan », « Pages de vie à Fleury » notre diptyque à portée limitée de 2008. En interférant, la surprise inattendue que nous fait André tient du miracle ; il nous associe à son clan de confiance, à son passage de témoin, au partage de nos trajectoires, mettant dans le pot commun ce que nous avons chacun, de particulier, de privé, d'intime... 

Simone et André. 

« Chaque homme est une humanité, une histoire universelle » (1861) Jules Michelet (1798-1874). 

Oui je sais, je suis long mais un jour il faudra bien une introduction au legs d'André. Qu'on me pardonne, c'était au sujet des oiseaux, passons lui la parole, enfin... écrite... nous nous comprenons :  

« Longueuil ce 22 mars 2010.

Ce matin, c'est la bonne odeur du café qui m'a éveillé en chatouillant mes narines. Simone, ma merveilleuse épouse, vient d'enlever la couverture de la cage des perruches et leur a ouvert la porte. Aussitôt elles sont sorties pour se dégourdir les ailes. De mon lit je les entends jaboter comme de petites commères. [...] 

J'ai jeté un coup d'œil pour voir si mes voisines, qui logent dans le grand sapin étaient là. 

Les trois couples de tourterelles avaient quitté leur nid, pour profiter du soleil sur le bout des branches, côté levant. En arrière ce sont les magnifiques, mais peu hospitaliers, geais bleus qui ont élu domicile dans le grand cèdre jouxtant le patio. Ils ne tolèrent pas les autres oiseaux dans les parages. Après un bref séjour dans la salle de bain, je suis entré dans la cuisine [...] 

Melopsittacus_undulatus_-Temuka_Aviary-8a 2009 under the Creative Commons Attribution 2.0 Generic license. Author Gabriel Pollard

Entrée triomphale acclamé par mes petits oiseaux grimpeurs l'un bleu, l'autre jaune et vert. Tandis que je m'installais à table ("taple" à Fleury) ils, ce sont des mâles, sont entrés dans leur cage pour manger quelques graines. Puis ça été la comédie habituelle de chaque repas, ils veulent du pain.

Alors le bleu qui, bien que plus jeune que son compagnon, semble tout régenter, sort de la cage et fonce vers moi, frôlant mes cheveux et retourne chez lui attendant le petit morceau de pain rôti. Il est encore plus virulent au repas du midi, car ils adorent les petits pains mollets que je boulange une fois par semaine. [...] Tandis que je fais les mots croisés, cachés et autres, je vois arriver, sur les câbles qui leur servent d'autoroute nos petits amis à la fourrure grise et à la queue touffue, les écureuils. Pas farouches, ils viennent manger dans la main et se laissent caresser. Les autorités conseillent de ne pas les nourrir pour ne pas augmenter leur population, mais Simone est incapable de résister. Il se tiennent debout sur les pattes arrière celles de devant, bien plus courtes, croisées sur la poitrine, en remuant la tête, comme pour implorer, devant la porte du patio. Il y a un qui tape sur la vitre avec son museau, comment veux-tu refuser ! Simone leur jette quelques noix ou pinottes et c'est la corrida. Ça court de partout les écureuils après les geais qui veulent leur part du festin, et aussi entre eux, chacun voulant en prendre le plus possible dans la gueule pour aller les cacher. Ils en enterrent partout et souvent ne se rappellent plus où... ». 

André Pédrola. 

Voir aussi Partager le Voyage: AMITIÉ, AMOUR, TOUJOURS ET A JAMAIS ! / Fleury d'Aude en Languedoc.

mardi 1 avril 2025

Sa COCOTTE ! enfin sa CHATTE !

Pas possible ! on le dit que sur le tard les passions peuvent être tumultueuses ! 

Hier à Fleury, accompagné par une fanfare aussi joyeuse qu'entraînante, après un cortège dans le vieux village, le carnaval des écoles a déboulé sur le plateau derrière la piscine. 

C'est certainement ce qui leur en a donné l'idée... Enfin, à son âge et tout le monde qui le connaît à Fleury ! Figurez-vous qu'il en a profité pour un rendez-vous malin finalement discret dans une belle affluence, au milieu de la foule ! Et qui ? incognito ? assise à côté de lui ? sa cocotte ! enfin, sa chatte ! 

L'air de rien, de ne rien voir, de déambuler, je suis passé devant, pour voir sa réaction ! 

Mais c'est qu'il m'a arrêté ! Quel culot ! Incroyable ! 

C'est que sa cocotte, enfin, sa chatte, c'était sa femme ! 

Pour un poisson d'avril, même un 31 mars !   


Personne pour un poisson d'avril ce jour ! Celui-ci n'est pas terrible mais il n'y avait rien d'autre en magasin...