Puisqu'un lien ténu tenant à l'enfance, existe entre les plages de Mayotte et celle de Tambaú au Brésil, ne devait-il pas risquer une remarque, une seule, d'après lui ? Sur l'île du Canal de Mozambique, aussi, bien que moins nombreux et perdus dans la végétation, des cocotiers non loin du bord. Si cela se remarque aisément, par contre, face à la mer, relevant apparemment d'un mystère, un détail d'abord impalpable, posant question et d'un très long moment, sans explication possible, l'a laissé suspendu.
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| Baobabs de la plage de Sakouli Mayotte 2017 under the Creative Commons Attribution-Share Alike 4.0 International license. Auteur frédéric Ducarme |
C'était sur la côte Est, la sèche, d'ailleurs sur la plage des baobabs. De longues minutes de perplexité avant que la lumière ne jaillisse... Oui c'était bien ça, l'Océan Indien ne sentait rien alors qu'un instinct, un rapprochement avec l'Atlantique l'obligeait à attendre de pouvoir comparer. Peut-être parce que ce n'est que le lagon tel un plan d'eau autour de l'île, qui sépare de l'océan ? Loin, la fragrance d'algue de Tambaú... Pensée pour la senteur iodée perdue aussi de notre Méditerranée (1), à cause des Hommes, c'est certain, de cette minorité de milliardaires sans limites qui assujettissent les autres... L'argent n'a pas d'odeur, tant pis pour le parfum. Quant au lagon, attention, ce n'est quand même pas une piscine, la baignade sans risques est possible mais il est vaste et si les passes sont éloignées, il faut tenir compte de la marée, faire attention à d'éventuels courants dangereux, notamment à proximité des îlots de sable blanc qu'ils ont façonnés. À ses débuts sur l'île, un fait divers heureusement bien terminé, l'avait marqué.
De façon générale, dans l'intention de garder une certaine fidélité à l'enfance, dans la construction même ténue qu'elle mettait en place pour plus tard, tout ce qui touche à elle le retient.
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| Bergman and Quinn tiré du film « The visit » 1964, Domaine public. |
Dernièrement, à l'occasion d'un film, d'un classique à voir absolument une fois, ce qui n'était pas son cas, un prolongement sur l'enfance l'a particulièrement choqué. Le film, « Stromboli », de Roberto Rossellini (1906-1977), avec Ingrid Bergman (1915-1982) dans le rôle principal. En prolongement, sur le Web, un propos de Pia Lindström (1938-)la fille de la star, avec le reproche à sa mère de ne pas s'être occupée d'elle et la réponse qu'elle lui fit, à savoir que l'enfance n'est pas une période clé, qu'elle passe vite et que la vie qui s'ensuit est bien plus importante. Eût-elle mieux fait de ne pas répondre de cette façon ? Il est vrai que la vie privée de ces grandes vedettes internationales est souvent sacrifiée, revers de la célébrité. Très prises par leurs obligations professionnelles, ces personnes à part ne peuvent que s'abandonner aux travers d'une vie chaotique faite d'absences fréquentes, de relations instables, tant en amitié qu'en amour, de superficialité.
Ingrid Bergman était une actrice très indépendante, multipliant les rencontres, quitte à provoquer des scandales. Suite à sa liaison tumultueuse avec Rossellini (trois enfants en neuf ans de mariage), pendant huit ans, elle n'a pas vu sa fille Pia... Mais n'était-ce pas dû à Rossellini, un drôle de type, assez brute pour lui interdire justement, de voir sa fille ?
Autant terminer avec des passages apaisés sur l'enfance :
« ...C'est pourquoi j'ai la conviction que c'est la part d'enfance que nous aurons été capables de préserver tout au long de nos existences étroites et souvent dérisoires, qui nous sauvera le jour où nous serons délivrés des misères du temps. » Trésors d'Enfance, Christian Signol, Brive. Mai 1994.
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| Maurice Genevoix-1949 Domaine public Auteur Studio Harcourt |
Puisque tu es sur mon chemin,
Mon enfance, quelle envie
Aller chez toi finir ma vie. »
(1) la réponse à une lettre du 31 juillet 1955, reçue au Brésil, évoque aussi un fumet d'enfance, le dimanche à la mer : « ...En trente-deux mois d’absence, il se sera produit beaucoup de vides. Je ne croyais pas non plus que Gili serait mort à notre retour. Les estivants des Cabanes ne savoureront plus sa fameuse bouillabaisse... » François Dedieu (1922-2017).


