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lundi 6 avril 2026

CHEVAL de GUERRE, lexique (19)

La scène où les “ Tuniques bleues ” tuent le cheval de « Danse avec les loups » me crispe le visage, tout comme je n'aime pas les scènes de galops effrénés... même si ce n'est que du cinéma (1)... la mort interpelle, celle des animaux libres dits sauvages et plus encore celle de ceux que nous nous sommes associés, que nous avons apprivoisés, domestiqués, asservis afin de nous faciliter la vie. Malheureusement on tue, serait-ce avec le remords de transgresser un tabou, celui d'attenter à la vie. Alors que je recherche pour ne pas oublier, les noms des chats, des chiens qui ont accompagné mes années, à propos du cheval, l'imbrication mort et vie vient compliquer la situation... Faut-il élever le  cheval pour le manger, afin qu'il ne disparaisse pas des paysages ?        

Autre chose,  que n'a-t-on fait subir à ces bêtes serviables, chevaux, mules, ânes, dévouées jusqu'à la mort puisque, menés par des cinglés, les peuples s'en vont trop vite en guerre, la fleur au fusil ? La « Grande Guerre », affreuse de nationalisme exacerbé et d'entêtement, et comme si cela n'avait pas suffi, celle du fou furieux à moustache (si bien singé par Charlot)... et de trois en soixante-dix ans, ont  encore utilisé les chevaux, non plus de cavalerie d'assaut (2) mais en auxiliaires de transports, en y perdant, hélas, toute humanité ! 

Paris 2 août 1914. Régiment de cuirassiers partant pour le front. Domaine Public. Auteur inconnu.

— sur les huit millions de chevaux servant les armées, un million d'entre eux a succombé, et plus encore ont été soignés dans des hôpitaux vétérinaires afin de retrouver les théâtres des batailles. 

— lors de la première bataille de la Marne (début septembre 1914), le général Jean-François Sordet est accusé de n'avoir pas laissé boire les chevaux par grande chaleur. 

— lors de la seconde bataille de la Marne (mai à août 1918) l'une des dernières charge de cavaliers, du 10ème de chasseurs à cheval, pourtant seulement affecté à la liaison et surveillance, a permis de refouler une partie de la 9ème division bavaroise et de sauver ainsi le 299ème régiment d'infanterie français.    

— les Anglo-Saxons déplorent le manque d'empathie des soldats français qui ne marchent pas à côté quand c'est possible, qui ne changent pas les fers et laissent la selle causant des inflammations. (à suivre)  

(1) « I jamaï que de cinema ! » disait une spectatrice lorsque les films passaient à l'étage du « Grand café Billès » disparu depuis belle lurette. 

(2) Les charges des cuirassiers de Reichshoffen, en août 1870, marquent la fin, en Europe, des assauts à cheval ; ceux-ci furent encore utilisés au Moyen-Orient contre l'Empire Ottoman, moins équipé techniquement.   


vendredi 2 août 2024

INDIEN des vieilles LUNES, le voyage en TCHÉCO (6)

Mercredi 19 juin 2024.

Un arrêt impromptu dans la nuit, vers 1h 30, quand l’attention commence à s’embrouiller, quand il serait dangereux de persister. Plus tard, juste à côté ; une porte coulissante qui claque et réveille… Le propriétaire ? Seront-ils empêchés de partir ? Un vieil Indien se réveille à l’aube ; le fourgon voisin n’est que celui d’un de ces pros de l’ère moderne, roulier des transports internationaux, avaleur de bitume, immatriculé principalement en Lithuanie, Roumanie ou Pologne, se nourrissant au jour le jour avec les trois bricoles achetées au supermarché directement accessible, chargé de transports peu en rapport, poids et volumes, avec les capacités des vrais routiers... Complémentaires ou déloyaux du commerce international ? Entre parenthèses, on ne voit plus la plaque TIR qui, du temps de pays plus fermés sur eux-mêmes, pouvait ouvrir grand nos rêves de voyages.

Le jour pointe à peine, rien n’empêche ; partir à la cloche de bois tel “ un ” du voyage, fragilisé, loin d’un cadre familier, comme ébranlé par l’absence de tribu désormais introuvable puisqu’il se sent de ce bout devant tomber pour céder la place à une nouvelle tranche de vie, de celles qui mûrissent trop vite et poussent les vieilles générations qui s’érodent avant de périr.

Comment imaginer fouler l’arc de cercle d’ici à Sézanne, cadre de batailles multiples dites de la Marne,  depuis le Mesnil-Amelot donc l’aéroport, l’Ourc ? On ne se souvient que des Taxis de la Marne sauf qu’à Montceaux-les-Provins et cinq kilomètres plus au sud, les mentions « Néc. nat. » reviennent nous dire le suicide fou d’une Europe immolant sa jeunesse, inconsciente et aveugle sur le sens de l'Histoire, n'anticipant pas la marche d’un Monde pourtant à ses trousses, ne faisant pourtant que suivre son exemple en s’en émancipant. Si la deuxième Guerre Mondiale a précipité un déclin annoncé, est-ce que la situation ne va pas empirer vers la décadence, la déchéance, la chute ? L'Empire romain ne s'est-il pas effondré pour avoir confié sa défense aux Barbares ? L'évolution qu'on voudrait positive des mœurs, n'est-elle pas signe de dépravation ? Des événements climatiques extrêmes ne pourraient-ils pas mettre un terme au désastre final ? Tailler la route... fuite en avant... C'est fou les projections que le voyage peut générer !  

Esternay, Sézanne, Vitry-le-François, leur élan vers l’Est, aussi léger que celui des Français à toujours se prendre pour des conquérants sans réaliser qu’à chaque fois, ils auraient à subir sur leur sol et dans leur chair, les ravages de la guerre … Ils avaient prévu le lac de Der à vélo : avec la pluie, ça tombe à l’eau.

Pas assez ? trop d’eau ? Sècheresses ? inondations ? Si tout le monde exècre les excès, de chaleur, de froid, le soleil, la pluie sont diversement ressentis. Pas d’objectivité dans ce domaine. Et lui, des sud chauds et lumineux, immergé dans ce dépaysement, cet exotisme, il aime le gris, la pluie de cette route vers l’est… souvenir de ces perturbations atlantiques jusqu’en Tchécoslovaquie, du moins la Tchéquie, apportant cette composante humide, rassurante, apaisante, face aux rigueurs du climat continental. 

Route, “ montagnes russes ” et pluie, en résumé d'une marche du Monde subjective et pessimiste... Photo de Florian, 19 juin 2024.

Photo de Florian, 19 juin 2024.

Et cette nationale 4, aussi route des vacances, collée aux vallonnements du Bassin Parisien, il la fredonnerait au même titre, avec un plaisir égal à celui de Trénet pour la nationale 7. Des camions, des camions, des camions, sympas même si on ne peut que regretter le rachitisme du fret ferroviaire, le “ faire du fric ” du patronat plutôt que le “ faire pour tous ” de toute une humanité inquiète du pire à venir, de la nature, de la vie mises partout à mal. (À partir d’aujourd’hui, après avoir dévoré les intérêts du renouvelable, on bouffe le capital planétaire qu’ils disent à la radio, ce 1er août 2024 ! Dans ce classement, le Quatar dilapide dès le mois de février, la France dès le mois de mai, les pays pauvres compensent même si nous leur reprochons de déboiser, de défricher...). 

 


7h 10 Sézanne au nom aussi joli que celui du peintre… Brie, Champagne, Bourgogne, Anglais, sièges, religion, foires médiévales, incendies volontaires ou par accident. « Un lièvre en son gîte songeait... », un humain à son volant passe du coq à l'âne... À parler du climat, ici ce serait le climat océanique “ dégradé ”… un souci de précision pour une palette de nuances qui peuvent compter jusqu'à délimiter des microclimats. (à suivre)