Irrésistiblement aimanté par un des si nombreux beaux poèmes de Victor Hugo « Lorsque l'enfant paraît », j'ai toujours eu du mal à accepter de la part de cet éminent esprit guidant le peuple, une dernière strophe perturbante à propos des oiseaux, à tort, venant de moi, bien sûr... Si dans « Demain dès l'aube », l'auteur, passant soudain du vaporeux mais vivant amour, nous fait trébucher presque d'un coup vers l'inéluctable matérialité de la tombe, ici c'est moi qui me fais un croc-en-jambe :
« [...] Seigneur ! préservez-moi, préservez ceux que j'aime,
Frères, parents, amis, et mes ennemis même
Dans le mal triomphants,
De jamais voir, Seigneur ! l'été sans fleurs vermeilles,
La cage sans oiseaux, la ruche sans abeilles,
La maison sans enfants !... » Les Feuilles d'Automne (1831) Victor Hugo (1802-1885).
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La_Bastide_Neuve_de_Marcel_Pagnol pour la_gloire_de_mon_père 2020 under the Creative Commons Attribution-Share Alike 4.0 International license. Author Clementp.fr. (dans ce post pour faire diversion aux remords, au cas de conscience...).
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Piège traquenard à traction sur détente under the Creative Commons Attribution-Share Alike 3.0 Unported license ATTENTION émanant des Musées départementaux de la Haute-Saône photographe MONNIN Jacques... avec l'appréhension qu'il est toujours possible de s'en procurer, le commerce en ligne étant aussi capable du pire... |
À tort je disais... j'insiste. Bien sûr qu'encore dans les années soixante de mon siècle, pas celui de Victor Hugo, nous avions, enfants, l'instinct de chasse : frondes maison (1) ou en fer de chez la buraliste avant la carabine Diana, pièges tels ceux utilisés par Lili et Marcel dans « La Gloire de mon Père », surveillance des nids en vue de la capture d'oiseaux chanteurs, les catarinettes, chardonnerets étant parmi les plus recherchés, volières-prisons... Je dois avouer avoir été moi-même tueur de moineaux et le souvenir d'une pauvre mésange dans ma main ensanglantée ne m'absous en rien de cette marque d'infamie... Cette domination instinctive de l'humain sur la nature a forcément cessé avec le sentiment toujours plus fort d'appartenance à cette nature, avec la prise de conscience que de ne pas la ménager conduit à l'autodestruction de notre espèce. À propos des oiseaux, je reste critique sur le manque de profondeur sur les soutiens inconsidérés pour une
_25_ao%C3%BBt_2021%20under%20the%20Licence%20Ouverte%201.0%20(License%20text,%20English%20license%20text).%20Auteur%20Institut%20national%20de%20l'information%20g%C3%A9ographique%20et%20foresti%C3%A8re%20(IGN).png) |
Méga-bassine_à_Cramchaban_(17170)_25_août_2021 under the Licence Ouverte 1.0 (License text, English license text). Auteur Institut national de l'information géographique et forestière (IGN) |
... agriculture pourtant plus exportatrice qu'assurant notre autonomie alimentaire et pour cela employant des moyens aussi abusifs que l'emploi de la chimie ou la prédation sur les nappes d'eau par les méga-bassines. Critique aussi sur les faveurs aux chasseurs certes devant être soutenus pour leur rôle dans l'atténuation des déséquilibres lorsqu'ils prélèvent des sangliers par exemple, mais bridés en ce qui concerne certains piégeages... encore préservés par nos gouvernants, au début des années 2020... parce que, par dessus tout ça, des ministres, des élus, dévoyés, sont plus en souci des bulletins de vote que du bien collectif... ceux-là mêmes qui ponctionnent le peuple sans jamais remettre en cause leurs privilèges exagérés, les mêmes qui favorisent une catégorie influente, les mêmes qui sans vergogne mais du bout des lèvres seulement, osent se poser la question d'une désaffection générale pour la politique, oiseaux de malheur et d'iniquité qu'ils sont...
Autant se nettoyer l'esprit avec nos attentions pour les oiseaux. Hier, par un beau soleil et malgré des rafales dangereuses, autant partir pédaler pour voir si la rivière était plus accueillante pour la gent ailée que nos milieux humanisés par trop d'artifices. Du réconfort même teinté de blues avec encore Lamartine en tête... Et ce matin, avant les premières lueurs de l'aube, les appels fidèles et valeureux du rouge-queue, devant et derrière la maison, plus tard, des chants joviaux de passereaux et dans la sphère autour du clocher, deux hirondelles.
(1) ... mais pas au point de partir en “ Guerre des Boutons ” (Louis Pergaud) contre nos voisins sallois, juste à se cacher des gardes-champêtres...
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