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vendredi 25 octobre 2013

Mayotte en Danger / LETTRE OUVERTE DE LA SMS (Majorité Silencieuse de Mayotte).

Lettre ouverte de la MSM (Majorité Silencieuse de Mayotte).
PLAIDOYER POUR MAYOTTE SANS LES BAVARDS DE SERVICE...

Il a bon dos le visa Balladur, en tant qu’énième expression de l’ennemi extérieur vilipendé mais ne masquant que l’impéritie intérieure d’une impuissance entretenue d’un état comorien démissionnaire parce que la corruption n’arrange que ceux qui en profitent aux dépens du peuple !
Une gangrène qui ne date pas d’hier : rappelons pour mémoire que le président Ahmed Abdallah achetait les fonctionnaires « comme des sacs de riz » et s’enrichissait dans l’import-export, en confisquant, par exemple, un cargo de riz envoyé par l’aide internationale, alors que des enfants mouraient de faim dans le Nioumakelé.
J’entends déjà les bonnes âmes qui mettent en avant Denard et la France, toujours à l’origine d’un chaos bénéficiant par alternance à des factions politiques locales complices. Il en est des pays puissants comme des individus en vue : l’action fluctue entre grandeur et ignominie, entre idéal et réalisme, l’action peut devenir agissement. Quant à qualifier l’attitude des pays émergeants, dépendants, en voie de, plus ou moins avancés, ce ne serait pas inutile non plus...
Considérant le point de vue présenté ci-dessus, le Président Ikililou Dhoinine fait seulement preuve d’un parti pris hypocrite lorsqu’il refuse toute responsabilité : « ... l’entrave administrative imposée sur la libre circulation des comoriens sur l’ensemble de leur territoire naturel, constitue un fait qui, jamais, n’arrêtera la perte de nombreuses vies humaines"(sic) . De même, Maître Fahmi Said Ibrahim ferait mieux de retourner ses litanies véreuses (sa langue de bois vermoulu si vous préférez) à sa majorité présidentielle, à savoir qu’il doit d’abord agir auprès des autorités comoriennes « pour que ce massacre puisse être arrêté », puisque ses éructations ciblent des « massacreurs » !
Dans le même ordre d’idée, d’autres effets de manche, fussent-ils plus mesurés, et pour cause, s’avèrent insupportables. Je veux parler de Maître Saïd Larifou , qui au titre de la double nationalité, accable d’abord la France qui le fait vivre plutôt que les Comores qui ne veulent pas de lui. S’il fait montre d’un certain courage, cela n’a pas empêché l’Union des Comores, sa deuxième patrie, de l’héberger parfois dans ses geôles, au nom de la démocratie en vigueur !
Et monsieur Djaanfar Salim Allaoui, ancien ministre de Mohamed Bacar ? Encore un qui change de discours à un mois d’intervalle, à entendre comment ont tourné ses propos honorables et impartiaux (entretien Patrick Millan / France Mayotte). A présent, il ne met plus en cause que le pays qui l’accueille en tant que réfugié politique. Cependant, plaidant en sa faveur, le fait que, contrairement à d’autres, l’ancien ministre ne s’accommode pas d’avoir le cul entre deux chaises : au mois d’août 2012, il prétendait vouloir rentrer dans son pays avant la fin de l’année nonobstant le comité d’accueil qui viendra lui rappeler quelques principes démocratiques en vigueur. Est-ce à cette action suicide qu’il fit référence, ne retenant plus son exaspération lors de cette récente conférence de presse ?
Quoi qu’il en soit, il est opportun de rappeler aux bonnes âmes que le machiavélisme de l’ancienne puissance coloniale s’est aussi traduit par l’octroi en grand nombre de la double nationalité ; il est bon encore de ne pas occulter que la France continue d’aider les Comores (13 millions d’euros en nom propre et en participation aux 9,62 millions d’euros du FED de l’Union Européenne / chiffres de 2011).
Et si nos consciences se doivent d’abord de compatir et de refuser la mort tragique en mer de tant d’enfants, de femmes et d’hommes, si notre sensibilité déplore la brutalité légale du rejet des clandestins, si notre sens de la République condamne les bavures qui peuvent entacher les procédures, est-ce déplacé de remarquer que nos services de soins et de santé ne sont pas fermés aux étrangers ? Est-ce mesquin de relever que les établissements scolaires accueillent sans discrimination ces enfants d’ailleurs sans discrimination aucune, que non seulement ce sureffectif coûte au contribuable mais qu’il affecte la progression des nationaux (locaux insuffisants, rotations de deux divisions pour une seule salle de classe, handicap de niveau, réussite compromise) ?

Pour ce qui est de la conscience des gouvernants comoriens qui hélas se résume exclusivement par tant de haine entretenue, parce qu’ils maudissent et n’acceptent pas le choix des Mahorais, nous les laissons face à leur responsabilité.
Maintenant il ne faudrait pas que le problème d’ingérence ne se pose que chez nous ! Il ne s’agit en aucun cas, de faire taire les voix en contradiction ou qui contestent (c’est à l’honneur de notre démocratie, cela fait avancer le débat). Non, cette prise de parole vient exposer ce qu’une grande majorité de nos concitoyens souffre en silence. Et quand les chatouilleuses d’aujourd’hui viennent rappeler à tous la résistance historique de notre île, nous choisissons l’engagement plutôt que le silence, le choix de nos convictions plutôt que la honte de l’inaction !
Mais nous voulons aussi être une force de proposition, n’en déplaise aux donneurs de leçons, et suite à ce plaidoyer pour Mayotte qui ne doit rien aux "bavards" de service (en argot, les avocats), dans un deuxième temps, notre prétention ira jusqu’à proposer des pistes susceptibles de faire évoluer une situation grave et tragique par bien des aspects.

Messieurs les gesticulateurs, messieurs les manipulateurs de l’extérieur et de l’intérieur, messieurs les professionnels de l’intrigue et de la provocation, bavards de service et de tout poil, souffrez que notre point de vue trouve sa place dans le concert d’idées !
Messieurs, mesdames nos gouverneurs, daignez vous intéresser à ces doléances fondées.
Bonnes âmes de partout et d’ici , tempérez un concours irresponsable, par trop à sens unique.
Au nom de la MSM (Majorité Silencieuse de Mayotte), pour une large diffusion et en tant qu’appel solennel à nos représentants légaux. 


PS : que ceux qui ne connaissent que de loin la situation de Mayotte n'hésitent pas à demander infos et éclaircissements : ce débat ouvert concerne tous nos concitoyens.