Affichage des articles dont le libellé est fête foraine. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est fête foraine. Afficher tous les articles

vendredi 27 mars 2026

Affenage, chevaux de bois, Boulonnais, lexique (13)

Par centaines : dans chaque village de vignerons on comptait plusieurs centaines de chevaux de trait...

Affenage : la pension en quelque sorte où ils accueillaient les chevaux en déplacement (soins, logement). Papa m'en indiquait l'emplacement sur une vieille carte postale, en face de la boucherie Pélissier (aujourd'hui « Le Pérignan », le seul café du village), là où Séraphie et Odette vendaient tabac, confiseries et articles de bazar (dont le caoutchouc à section carrée pour les “ frondes ”)(1) : 

« [...] affenage qui abritait pour quelques heures les chevaux venus le samedi des « campagnes » parsemant notre territoire communal... », « [...] En lieu et place du bureau de tabacs de Séraphie Dauga se situait l’affenage : sur une vieille carte postale on peut voir le grand portail surmonté de deux portailhères... » (fenêtres à ras du plancher pour monter la paille et le foin). Une époque avec neuf cafés au village... 

« [...] Au premier abord, on ne manque pas de s’étonner de ce nombre de bistrots, qui paraît nettement exagéré pour une agglomération de deux mille habitants. Mais en y réfléchissant un peu, songeons que le village était, en fin de semaine, le point de convergence de tous les ouvriers de nos domaines ou « campagnes », et que nombre de ces dernières possédaient souvent douze ou treize chevaux, donc treize familles qui vivaient là et venaient presque toujours en fin de semaine, au village passer le dimanche. . D’où les affenages pour les chevaux, l’église pour les femmes et les rencontres au café pour les hommes, jeunes et moins jeunes... » Caboujolette, 2008, François Dedieu. 

Affenage encore à Saint-Pierre-la-Mer : lors de la procession du premier dimanche de mai, « ...Avant les vêpres célébrées symboliquement sur le rocher La Vallière, nous mangerons près de l'immense Affenage déjà presque vide de ses chevaux... » Caboujolette, 2008, François Dedieu. 

À propos des déplacements en ville : 

 « [...] la « cuisinette », sous le pigeonnier. Cette petite pièce renfermait en particulier le stock de charbon, ou le coke que mon père et l’oncle Noé étaient allés acheter à Béziers à l’usine à gaz, avec les deux chevaux et les deux chariots (quelle expédition, mais c’était bien meilleur marché que le charbon d’Huillet, de Coural ou de Pérucho !)... » Caboujolette, 2008, François Dedieu. 

Chevaux_de_bois,_chanson._Poésie_de_Paul_Verlaine (1844-1896), compositeur Jacques Soulacroix (1863-1937) Domaine public. Source Bibliothèque Nationale de France.

La fête foraine du 11 novembre : « [...] le manège Carboneau des chevaux de bois, actionné encore par un fort cheval... » Caboujolette, 2008, François Dedieu. 

Couverts, les chevaux : Janvier 1950 - 8 degrés presque tous les matins... les chevaux ont tous leur couverture... 

Quand Raymond Grillères (1925-2018) travaillait à Marmorières : « [...] J’ai appris encore qu’il y avait au moins dix chevaux de trait à Marmorières, que Raymond allait avec d’autres chercher de la terre rouge à la « mine de fer » pour remettre près des écuries à l’endroit abîmé par les sabots des chevaux. Ils damaient ensuite le tout pour obtenir la magnifique « terre battue » que nous envient les joueurs de tennis venus chaque année au tournoi de Roland Garros... » Caboujolette, 2008, François Dedieu. 

Bambou_étalon boulonnais de_2_ans 1999 under the Creative Commons Attribution-Share Alike 3.0 Unported, 2.5 Generic, 2.0 Generic and 1.0 Generic license. Auteur Ib51. Incapacité de ma part à trouver sa trace auprès de l'IFCE, plus de 2000 équidés répondant au nom de « BAMBOU »... 

Boulonnais : et encore de la part de papa qui fait tout le boulot ! 

« [...] J’ai regardé la dernière émission de l’été et de l’année de la « Carte aux Trésors » (2). La deuxième énigme t’aurait particulièrement plu, centrée sur l’élevage ressuscité du cheval de trait boulonnais. Nous avons ainsi fait connaissance de l’un des principaux éleveurs de cette race et d’un « étalonnier » itinérant qui propose à l’éleveur les saillies de sa magnifique bête : une tonne de muscles ou peu s’en faut, dit-il. Et avec ça un animal très doux et fort docile. Quant à l’éleveur, il aime tellement ses chevaux qu’il refuse parfois de les vendre, ce qui fait qu’il garde une quantité de juments. Cet élevage, qui a failli disparaître (et avec lui cette belle race), voilà une vingtaine ou une trentaine d’années, peut compter, pour sa promotion, sur les concours, les courses d’attelages, et bien sûr le tourisme. Tu aurais admiré aussi ces chevaux blancs (il faudrait dire gris, le blanc n’existant pas pour les chevaux !) si imposants, à la croupe rebondie et aux fortes jambes (les chevaux ont droit à ce terme), au boulet bien garni de longs poils. » Caboujolette, 2008, François Dedieu. 

(1)... et les têtes de nègre du dimanche après le cinéma sans la moindre insinuation à un racisme imaginaire (de la maison Poux du Tarn)... et le moulinet de la pêche au muge... aïe, autant de circonstances qui m'amèneront un jour, par l'écriture, à des aveux sur le sale gosse que je fus...   

(2) Présentée de 1996 à 2005 par Sylvain Augier (1955-2024). 

vendredi 12 novembre 2021

La SAINT-MARTIN, la FÊTE du VILLAGE... un bon coup de fourchette

Des goûts moins cosmopolites, plus de terroir dirions-nous... 

Extraits du livre de François Dedieu, Caboujolette 2008.

"... Lettre du 12 novembre 1947 (un mardi). La fête est finie maintenant, il y a eu beaucoup d’étrangers, aussi avant 1 heure du matin il était impossible de danser. Il y avait les casseroles, un manège d’enfants, les barques, la chenille, un tir, la roulette et une bonbonnerie, ce soir il y a bal encore. Hier, nous sommes allés manger chez Tante, à midi nous /(p.2) avons eu un canard avec un cassoulet et le soir le potage et un poulet rôti nous n’avions pas de gâteaux il nous manquait les œufs, mais nous nous sommes bien régalés quand même ; cette nuit Norbert devait faire réveillon avec ses camarades chez Tailhan. Ils avaient un filet de bœuf, une dinde …" 

Cassoulet Carcassonne Wikimedia commons Auteur BrokenSphere

 
La broche qui tourne et mamé Ernestine qui a l’œil.

 "... La Saint-Martin 1954. Et nous sommes arrivés a la fête de la St Martin le temps passe si vite, nous avons passé une bonne fête. Tes parents sont venus dîner et souper a la maison et je leur ai payé un dîner de choix voici le menu : hors d’œuvres variés – beurre – saucisson – olives vertes – olives noires – bouchées à la reine – Tête de veau sauce verte – langue de bœuf sauce piquante – canard rôti – gâteaux – fromage – café – fine – et le soir potage et poulet rôti, comme vous le voyez nous avons fait tourner la broche, et le jour d’après nous avons continué la fête, pour le dîner nous avons mangé les restes et le soir Noé est allé à Aigos Claros chercher des herbes fines et nous avons clôturé la fête en nous soignant la santé avec des herbes, cela nous a permis de faire fête deux jours…" 

Bouchées à la reine wikimedia commons Author Heipedia

 
Tête de veau du marché de Louhans wikimedia commons Auteur Arnaud 25

Langue de bœuf wikimedia commons Auteur Yuko Honda

 

 

La FÊTE du VILLAGE, la SAINT-MARTIN à FLEURY.

 Il y a bien longtemps...

"La foire. 

La fête du village est le jour de son saint patron, Martin, évêque de Tours.

A l’époque, notre fête, souvent accompagnée des températures clémentes de « l’été de la saint Martin », « l’estivet de san Marti », durait plusieurs jours, selon la place du 11 novembre dans la semaine. Les baraques des forains et les manèges s’installaient tout au long de la rue devant la mairie. Les manèges se dressaient sur la place du village : le « Colimaçon » ou chenille devant le café Gazel devenu café Combes, puis Rochut et enfin Calavéra avant d’être transformé en marché couvert et perception. Les « casseroles » certaines années (avant une certaine interdiction après de graves accidents), le « Mur de la mort » et ses motos près de l’église, et, avant cela, le manège Carboneau des chevaux de bois, actionné encore par un fort cheval. 

Sujet de manège - Moto Fonlupt wikimedia Commons Auteur Dinkum

 Seul, le manège des autos tamponneuses (à l’époque avec des roues importantes, à rayons), se dressait tout au loin, sur la place du ramonétage beaucoup moins étendue qu’à l’heure actuelle.

Les « petits forains » se faisaient une place auprès des loteries traditionnelles : billard japonais, stands de tir, tir aux pigeons vivants… Il y avait là le marchand de « gisclets », tubes remplis d’eau pour arroser gentiment les filles et qui pouvaient resservir (on ne payait alors que la recharge).  

Et naturellement la roulette (limitée à vingt numéros et à quatre zéros [A, B, C, D] au lieu d’un seul pour augmenter les gains du tenancier) avait aussi droit de cité..." 

François Dedieu / Caboujolette / 2008. 

dimanche 29 novembre 2020

"AUX MORTS", échos de novembre 2007 / La fête du village.

Fleury-d’Aude, mardi 13 novembre 2007 / 11h17 / 11,4 degrés (ce matin à 8 h : 6,6°), très beau temps ensoleillé, pas de vent. 

Au bord de l'autoroute, on regarde passer les camions...

Bien cher fils,

Les forains sont en train de repartir pour la plupart. La fête battait son plein samedi et surtout dimanche après-midi. Bonjour de Fleury où tout va bien.

Dimanche 11 novembre, je me suis habillé plus correctement pour marquer la fête paroissiale, et à onze heures j’ai suivi de loin le cortège officiel qui se dirigeait déjà vers le cimetière. C’est la première fois que j’allais ainsi voir déposer la gerbe qui honorait la mémoire des tués de la Grande Guerre. Quand j’y suis arrivé, cela venait d’être fait, et le maire descendait déjà les quelques marches pour repartir avec les nombreuses personnes présentes vers le Monument aux Morts. Une halte rapide devant la tombe de nos disparus y compris ceux que je n’ai pas connus, pour constater le bon état des fleurs, et je me trouvais quelques instants plus tard assis pour récupérer un peu mes quelques forces en face de notre monument, au beau soleil de novembre qui illuminait la scène. La foule était ma foi nombreuse pour cette cérémonie traditionnelle. Les drapeaux avaient pris place sur la gauche. La flamme du souvenir fut allumée dans la vasque située devant les gerbes de fleurs, ce qui nécessita un léger déplacement vers l’avant du lutrin provisoire des futurs « orateurs », et Pierrot Chamayrac ordonna « Aux Morts ! » Je m’étais bien sûr levé et avais traversé la rue pour mieux entendre ; mais pour une fois aucune voiture passant vers Salles ou tournant vers la mer ne vint vraiment troubler la cérémonie.

Pour ce quatre-vingt-neuvième anniversaire de l’armistice de 1918, ce fut une nouveauté : un jeune garçon de nos écoles lut, dans l’ordre alphabétique, les noms inscrits dans le marbre suivant la chronologie, et après chacun d’eux, une écolière placée face à lui répétait « Mort pour la France », tandis que les pompiers de la délégation s’étaient figés dans un garde à vous impeccable.

Alors suivaient les communications habituelles du ministère des Anciens combattants, puis du maire, avant la remise de quelques décorations, moment où M. Llobet s’est approché des bénéficiaires pour leur épingler leur médaille.

Invitation au « pot de l’amitié » à la Maison vigneronne, et à la fête foraine place du Ramonétage. 

Daniel Villanova / Convertimage
 

L’après-midi nous avons décidé de nous rendre vers 17 heures à l’immense hangar municipal, fort bien chauffé et occupé déjà par plus de quatre cents personnes, pour écouter le désormais célèbre Daniel Villanova que tu connais aussi, et qui a actualisé certains de ses sketches en y ajoutant bien sûr Sarkozy. Il y avait même des personnes debout. 

Le village depuis Besplas (Nord-Ouest)