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vendredi 20 mars 2026

Quel cheval acheter ? lexique passionné page 7.

 Après ces généralités laissez moi imaginer papé Jean et plus encore l'oncle Noé (plus accessible, convivial, attentionné...) partis en Bretagne, certainement auprès d'éleveurs patentés, ce qui représente une garantie de race (suivie et protégée depuis 1909), d'âge aussi sans avoir à contrôler la dentition et les salières au-dessus des yeux, d'état général encore (pas de fausses cicatrices de castration). 

* Comme l'écrit ma grand-mère, ils savent que l'animal doit avoir cinq ans avant d'être utilisé sur route ; nous ne savons pas précisément non plus pour quel sexe ils optent, le cheval entier revenant plus cher à entretenir, sujet aux hernies, plus difficile et potentiellement dangereux à conduire ; la jument, irritable jusque dangereuse en période de rut (« nymphomanie » potentielle, d'après le Larousse Agricole) ; les hongres, en principe dociles et calmes, d'entretien facile, sont préférables... en principe : Lami avait une fois mordu le grand-père à la fesse, obligé depuis à ne l'approcher qu'avec un bâton (était-ce la fois où il s'est retrouvé coincé contre le bat-flanc ?) (à rapprocher d'un épisode avec Louis)...    

* le blanc en couleur de robe est dévalorisé (Lami de papé l'avait alezane, Mignon de l'oncle, pommelée). 

Cheval de trait_breton à Landivisiau 2006 under the Creative Commons Attribution-Share Alike 2.5 Generic license Auteur Daniel Vaulot. Sur le poitrail, des points de suture on dirait, peut-être une cicatrice de cornage ? Un bruit à la respiration (sifflement, ronflement) peut être à un œdème du larynx, souvent, chez le cheval à la paralysie d'une moitié du larynx, ce qui constitue un vice rédhibitoire excluant tout travail (loi du 2 août 1884). 

* de caresser le cheval tenu en main hors l'écurie et sans le moindre équipement, éprouve ses réactions, son caractère. Le bout du nez ne doit pas être marqué, ce qui dénoterait une indocilité patente.  

* les hommes qui ont eu le temps de partager leurs savoirs et points de vue, sont attentifs à la conformation des jambes, des pieds, aux articulations solides, à un fort tour de poitrine, de même pour l'encolure (la relation particulière avec l'humain fait dire aussi « nez », « bras », « avant-bras » et non  « patte »).  

* engagés ensuite par le bon œil, l'expression de la figure, ils pincent à la main la trachée pour faire tousser l'animal (contrôle de la poitrine, pas de cicatrice de cornage qui interdirait toute transaction). 

* ne reste plus qu'à l'essayer, des travaux pratiques en quelque sorte : bien habitué au collier, il ne doit pas réagir lors du harnachement. Au commandement « hue », à la pression du mors lors du changement de direction, le cheval bien dressé ne doit pas marquer d'hésitation. 

Il y aurait tant à apprendre, à dire encore, ce qui dépasse nos intentions. Une indication sur le prix ? (1) la première des variables étant l'âge (le rendement maximal de l'animal se situant entre 5 et 13 ans), je suppose qu'en allant aussi loin plutôt que de s'adresser à un maquignon local, nos huit vignerons du village investissaient à long terme et à meilleur compte... cela me fait comparer avec ceux qui partaient acheter directement leur voiture à l'usine... (à suivre) 

(1) reprenons : succéda à Coquet (page 5 du lexique), le « vaillant » “ Mérens ”, le premier Lami acquis auprès d'un maquignon de Narbonne et qui, malheureusement, dénutri, sanglé, bien que démontrant encore un appétit de vie, devait finir chez le boucher pour anticiper sa mort certaine. 

« [...] C'est ce Lami à la robe alezane que je ne devais plus revoir et dont je parle à la page 10 de ma chronique d'exil (avril 1944). On le prit pour la boucherie, et je crois que c'est Pélissier qui le débita, mais papé Jean, pourtant amateur de viande surtout à une époque où elle était si rare, refusa absolument d'en goûter une seule bouchée, tu comprends aisément pourquoi... » Caboujolette, 2008, François Dedieu.  

 « [...] Entre-temps était arrivée la libération, avec ses joies et aussi ses malheureux et inévitables excès, et il fallait penser à acheter un nouveau cheval. Sans argent, avec des vignes non travaillées (zone interdite et minée !), c'était là un difficile pari. Mamé Ernestine fut chargée de demander un peu d'argent au richissime oncle Gérard du Quai Vallière à Narbonne, représentant de commerce enrichi par les deux guerres. Son épouse était tante Marie, sœur de mamé Joséphine et de tante Pauline la muette. Elle devait essuyer un refus poli mais définitif. Ce fut alors Emmanuel Sanchon (1892-1986, ami de longue date, fleuriste Avenue Daumesnil, Paris / note JFD) qui sortit papé Jean d'embarras, et cela mes parents ne l'ont jamais oublié... » Caboujolette, 2008, François Dedieu.  


mardi 19 septembre 2023

Du RIZ bio (fin).

Canetons_(Canards_Mulards),_élevés_en_semi_liberté 2012 Creative Commons Attribution 3.0 Unported Author Ethique & Animaux L214

« Aux innocents les mains pleines... » qu’il nous dit, le riziculteur «... En 2011, j’ai essayé avec 300 canards, sur 3 hectares, ça fait 100 pour 10.000 m2, autre chose que l’élevage des barbarie, pour le même nombre, sur 15 m2 à peine... 

Bien sûr, ils m’ont pris pour un fada... les étrangers nous cataloguent vite... ils disent qu’entre le Mistral violent, le soleil brûlant, le goût du sel, ce n’est pas notre faute... ce qu’ils ne savent pas, c’est qu’un fada est avant tout habité par les fées... 

Alors, ces canards... faut bien calculer, les faire coïncider, canetons, avec la sortie des mauvaises herbes qu’ils adorent... Ils ne touchent pas au riz, coriace à leur goût : il contient de la silice... Ils sont grégaires, vivent ensemble... Je les lâche dans un périmètre protégé ; pour dissuader le renard, rien de tel, sur la clôture, qu’un petit poste radio, à intervalles... France-Culture, toute la nuit, ils arrêtent pas de parler et le goupil il se dit « Y a un type là-bas, j’y vais pas ! ». 

Pour ne pas qu’il s’éloigne, goulu et gourmand comme il est, ce canard, il suffit de lui mettre une mangeoire pour la provende, toujours à la même place... 

Que voulez-vous, en prime, on est loin de l’élevage industriel qui élimine les femelles, pour le foie gras, responsable, qui plus est, des grippes aviaires : là elles sont dans le riz. C’est le bio contre le chimique, de patauger oxygène la submersion, les déjections forment un bon engrais et en fin de cycle, je vends une partie du troupeau, des canards de qualité, ce n’est pas négligeable. » 

Bande_de_canards_dans_les_rizières_(Ubud)_-_panoramio 2008 Creative Commons Attribution-Share Alike 3.0 Unported Auteur Eric Bajart

Qu’est-ce qu’il nous dit encore Bernard Poujol ? Que “ l’oikos logos ” l’écologie au sens premier, le fait de parler de la maison commune, distingue le statut de travailleur de la terre, accapareur, encouragé par Bolsonaro par exemple, s’opposant à la position historique pourtant émanant de peuples premiers, néanmoins moquée, de serviteur d’une terre qui nous fait vivre depuis toujours et que nous ne pouvons que transmettre.

Bernard Poujol a partagé son expérience avec au moins le riziculteur de Sainte-Cécile non loin de la roubine de la Triquette, à qui il a transmis sa pratique.  Ils ne vendent qu'au mas sinon localement, surtout pas aux mastodontes des “ grandes surfaces ” tels ces honteux propriétaires de l’enseigne Carrefour, riches à en péter, bêtes à se pavaner, à Rome, tous habillés de blanc, tels les adeptes d’une secte grotesque du fric à millions (1).

Notes : 1. Liés à la présence des pesticides dans les poissons, des produits interdits néanmoins utilisés (comme par certains viticulteurs), des herbicides répandus par hélicoptère sans tenir compte du temps, des vents... ne parlons pas de l’eutrophisation des milieux à cause des engrais. 

un exemple de riz rond

2. Jusqu’en 1980, la Camargue produisait plus de riz rond. Depuis ils se sont adaptés à la demande de riz long. Tant pis pour les amateurs de paella obligés de se rabattre sur la “ bomba ” d’Espagne (ma dernière, entre nous, date d’avant-hier, samedi 16 septembre 2023). 

3. Et qu’est-ce qu’il fout l’ambassadeur ? N’est-il pas en place pour espionner et copier ? Il faut le voyage et l’observation d’un particulier pour s’initier à une pratique agricole vertueuse ? Ou les grands groupes de la chimie ont-ils fait obstruction pour continuer à fourguer des produits nocifs ? Et les Japonais, se sont-ils gênés, à l’époque, pour copier l’optique allemande ?

(1) Attention, la tirade sur Carrefour, c’est de moi, pas de Poujol ! (source Envoyé Spécial sept. 2023).